PAROISSES DE SAINT-ANDRE-DES-ARS ET DE SA1NT-COME
Presbytère de Saint-André-des-Ars, faisant le coin septentrional de la rue du Cimetière, sur laquelle il avait son entrée.
Maison sans désignation, formant l'angle méridional des rues de la Barre et du Cimetière; elle avait probablement son entrée sur cette dernière voie et touchait, au couchant, tà l’hôtel des Sachettes.
Maison sans désignation, appartenant, en 1 523 , à Amy de Thou, avocat au Parlement. C’était peut-être un démembrement de l’iiôlel du Président de Thou, dont les dépendances s’étendaient de la rue du Cimetière à celle des Poitevins. La partie postérieure de la maison dont il s’agit touchait audit hôtel.
Maison sans désignation, formant le coin de la rue des Poitevins et faisant face à la rue Percée.
CENSIVE DU PARLOIR AUX BOURGEOIS
Grande maison faisant le coin septentrional des rues de la Barre et des Poitevins et désignée, en tô/18, sous le nom de Maison de lImaige saint Andry. Elle était divisée en deux maisons distinctes, en 1578 : la première avait conservé l’enseigne de Y Image saint André; mais la seconde, qui formait l’angle septentrional des rues de la Barre et du Battoir, parait avoir porté le nom de la Corne de Cerf; on la trouve, du moins, ainsi designée dans les litres de i5a2. Mais ne serait-ce point une confusion avec la maison formant l’angle méridional des rues Hautefeuille et du Battoir? Cet immeuble est effectivement désigné sous le nom de la Corne de Cerf, et comme le précédent est mentionné sans enseigne postérieurement à 1 5a 2 . n’est-011 pas autorisé à croire qu’il y a eu méprise ?
Une note lecueillie par Berty , mais non utilisée par lui , nous fournit cette mention à la date de 1 5 A8 :
r Maison devant la Maison de Fescan, les Deux Conins, faisant le coin des rues
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, du Baptouër et des Poitevins, n Pour que cette immeuble fût à l’angle des deux rues, il fallait qu'on ne l’eût point encore divisé en deux maisons distinctes, ainsi que Berty le figure sur son plan. Nous avons dit plus haut qu'il l’était en 1678.
Maison de la Corne de Cerf, dont il est parlé dans l’article précédent, faisant le coin méridional des rues Hautefeuille et du Battoir.
Plusieurs notes éparses dans les papiers de Berty sont relatives à cette maison :
et 1 5 2 2 . La Corne de Cerf faisant le coin du Batoir.
rr 1 5 48 . Maison de la Corne de Cerf tenant à la grange de ITiôtel d’Alègre. v Comme beaucoup de résidences seigneuriales, cet hôtel avait donc ses dépendances de l’autre côté de la rue sur laquelle s’élevait sa laçade.
Autre note de même date et de même teneur.
Il existait, dans la rue Mignon, une autre Maison de la Corne de Cerf, presque adossée à la première; peut-être était-ce un démembrement de l'immeuble primitif. La question d’antériorité est difficile à trancher; cependant la rue Hautefeuille ayant plus d’importance que la rue Mignon, et la maison sise dans cette rue n’étant point maison d’angle, comme celle de la rue Hautefeuille, il y a lieu de croire que cette dernière était de date plus ancienne. (Voir rue Mignon.)
A la suite de ces maisons avec désignation , le plan dessine trois emplacements vides en apparence, mais ayant du recevoir des constructions, à moins qu’ils ne dépendissent des deux Cornes de Cerf, ou de la Maison des Carneallx, sises en la rue Mignon. Toutefois nous devons faire remarquer, en thèse générale, que les façades principales sont sur les rues les plus importantes, et les dépendances sur les voies secondaires. La plus méridionale de ces trois places touchait à la partie orientale de la rue de l’Écureuil, des Petits-Champs, ou du Jardinet, qui fut supprimée pour agrandir les dépendances de l’hôtel de Reims.
Ce ne fut pas la seule suppression causée par l’agrandissement du pourpris de cette résidence archiépiscopale; deux autres voies disparurent, pour que les jardins des archevêques de Beirns fussent d’un seul tenant W : nous voulons parler i° du prolongement de la rue Mignon, qui allait se souder à celle des Etuves, laquelle séparait le collège de Bourgogne de celui des Prémonlrés; q° du cul-desac du Paon, ou ruelle de l’hotel de Reims, dont une partie a subsiste jusqu à ces
1 La ruelle de l'hùlel de Reims a été raccourcie et des écuries sur cet emplacement. Voir les articles de nouveau, parla permission qu’obtint le premier relatifs à la rue des Étuves et à la ruelle de 1 Archeprésident Le Maistre de faire construire une grange vêque-de-Reims (impasse du Paon).
RUE HAUTEFEUILLE
dernières années, derrière l’amphithéâtre del’Écolede médecine; ce reste de voie publique n’a disparu qu’au moment où a été percée la seconde section du boulevard Saint-Germain W.
Au delà de l’extrémité orientale de la ruelle de Reims, se trouvait la
Maison de Jean de Beaumont, bourgeois de Paris, qui louchait à celle de Pierre Sarrazin, et que les Prémontrés acquirent en 1250, comme nous le disons plus bas. Elle était contiguë à celle, ou à l'une de celles que possédait Pierre Sarrazin, et qui faisait face à la rue de ce nom.
Maison de Pieiuie Sahrazin, immeuble assez important, puisqu’il s’étendait jusqu’à l’angle de la rue des Cordeliers, et qu’il renfermait les étuves ayant donné leur nom à la ruelle qui continuait la rue Mignon. Il était dû quatre livres de cens, sur une portion de cette maison et des étuves qu'elle contenait ('2b
Ces deux maisons furent vendues aux religieux de l’ordre de Prémontré, pour l’établissement de leur collège. Le contrat d’acquisition de la maison de Jean de Beaumont est de 1266 ; nous en donnons le texte en note Quant à la maison de Pierre Sarrazin, elle avait été vendue aux mêmes religieux, quatre ans auparavant, par sa veuve, Gilette de llouzel, bourgeoise de Paris : elle constitua le noyau des bâtiments du collège; la maison de Jean de Beaumont n’en forma que les dépendances. Nous donnons également en note le texte du contrat de vente (a).
(l) Voir aux articles des rue et impasse du Paon.
(î) Voir la pièce latine reproduite dans la note suivante.
<i) Anno 1256. — JNotum facimusquod, coram nobis constitulus Joannes de Bello-Monte, civis parisiensis, asseruit quod ipse babebat, lenebal et possidebat quamdam domum sitam Parisius, ultra Parvuin Ponlem, contiguam domui que fuit Pétri Sarraceni, cum porprisio et pertinentiis ejusdem domus. Asseruit etiam idem Joannes coram nobis quod ipse babebat et percipiebat annualim quatuor libras parisienses annui census, super tribus partibus domus predicte Pétri Sarraceni, et super tribus parlibus Stuflarum domus ejusdem. Quam siquidem domum predictam, cum porprisio etperlinentiis ejusdem domus, et quas quatuor libras annui census idem Joannes recognoscit se vendidisse et quitasse in perpetuum religiosis viris et conventui PremonsLratensi, pro ducentis et quinquinginla libris parisiensibus, tum solutis eidem in pecunia numerata. Et proinisit tide dicta, quod
conLra vendilionem et quitlationem predictas, per se vel per alium, jure hercditario, ratione conqueslus aut alio modo, non veniet in futurum, et quod dictam domum , nec non et dictas quatuor libras census annui babendas et percipiendas singulis annis ab abbate et convenlu prediclis, super tribus partibus dicte domus Pétri Sarraceni, et Stuflarum ejusdem, eisdem abbati et conventui Prefnonslratensigaranlizabit et liberabit quoliescumque oftus lueril , ad usus et consueludines Francie, contra omnes. (Félibien. Preuves, III, p. *208 et suiv.)
(4) Anno 125-2. — Noverilis quod domina Gila dicta de llouzel, civis parisiensis, vidua olim uxor defuncti Joannis Sarraceni, asseruit quod ipsa ex sua propria lieredilate babebat, tenebat et possidebat pleno jure, domum quamdam Pétri Sarraceni nuncupalam , cum porprisio et pertinentiis ejusdem domus sitam Parisius, ultra Parvum Ponlem, in vico de Ilautefeuille , oneratam in duodecim solidos capitalis census , cenlum solidos parisienses incrcmenli census et quatuor libras parisienses annui census, super tribus partibus predicte domus. Quam
Collège de Prémontré ou des Prémontrés. Cette maison fut fondée sous le règne de saint Louis, pour fournir aux jeunes religieux de l’ordre établi à Prémontré, dans le diocèse de Laon, les moyens d’étudier à Paris et d’v prendre leurs degrés. Elle avait donc la plus grande analogie avec les collèges de Saint- Denis, de Cluny et des Bernardins, institués également pour l’instruction des novices.
Comme il arrivait toujours en pareille occasion , on n’acquérait d’abord cpie les immeubles rigoureusement nécessaires, et l’on s’agrandissait plus tard au fur et à mesure des besoins. C’est pour cela que les religieux de Prémontré n’achetèrent d’abord que les deux maisons de Jean de Beaumont et de Pierre Sarrazin, dont nous venons de parler. La succession de leurs acquisitions immobilières a, du reste, été racontée par les historiens de Paris; Félibien, après Du Breul, l’expose dans les termes suivants :
En 12 5a, Jean, abbé de Prémontré et général de tout l’ordre, crut lui procurer un avantage considérable en établissant un collège à Paris pour l’instruction de ses jeunes religieux.
Il acheta, à cet effet, de Gilettc de Houzel, bourgeoise de Paris, veuve de Jean Sarrazin, une maison qui portoit le nom de Pierre Sarrazin, située au delà du Petit-Pont dans la rue de Hautefeuille, chargée de douze sous de cens capital, de cent sous parisis de surcens, et de quatre livres parisis de cens annuel, sur les trois parts de celte maison. Le prix de l’acquêt fut de cent vingt livres parisis, une fois payées. Et en cas que la vente fût évincée, à Litre de peine et d’intérêt, celle qui faisoit la vente promit de payer aux acheteurs le cinquième denier..., à quoi elle obligea tous ses biens, et particulièrement la maison où elle demeuroil, située au carrefour du Marché Palu, contiguë à celle de Gilles Miette, dans la censive des religieuses de Montmartre, et chargée de six livres de cens. L’acte est de 1252. L’an 1255, Guillemette, abbesse de Saint-Antoine-des-Champs, vendit à l’abbé et à l’ordre des Prémontrés la seigneurie et la censive de neuf maisons situées près des Cordeliers, dans la rue desEstuves, c’est à savoir quatre sous parisis de rente foncière sur la maison des enfants d’Adam le Romain ; douze de rente foncière sur la maison de feu Pierre Sarrazin ; cent sous parisis de surcens sur la même maison ; six parisis de rente foncière sur la maison de Jean de Beaumont ; six de pareille nature sur la maison de Marguerite du Gelier ; quatre sur celle de Nicolas le Romain; autant sur celle de feu Richard du Porche ; quarante deniers de même nature sur la maison d’Agnès de Vilri, et autant sur celle de Denise des Champs; le tout faisant sept livres six sous parisis de cens annuel, qui lut acheté par les religieux de Prémontré pour la somme de trois cent cinquante livres parisis, employée en autres fonds par les religieuses de Saint-Antoine. L’année suivante, Jean de Beaumont, bourgeois de Paris, vendit à l’abbé et aux religieux de Prémontré une mai-
domum,proul cuin suis perlinenliis se comportât ante et rétro et in longo et lato, ipsa Gila, propter hoc coram nobis consliluta, vendidit, quitavit et concessit ex nuncperpeluo, seque vendidisse et nomme venditionis, ex nunc perpetuo, quitavisse et concessisse recognovit viris religiosis Joanni abbati et conventui Premonstralensi , pro pretio cen-
tum et viginli librarum parisiensium jam sibi solulo in pecunia numerala.
Gilette de Houzel, en garantie de la vente par elle faite, engage, avec délégation spéciale, une autre maison lui appartenant et sise au carrefour du Marché Palu dans la Cité. (Félibien, Preuves , III. p. 208 et suiv.)
RUE HAUTEFEUILLE. 459
son qu’il avait au delà du Petit-Pont, contiguë à la maison de Pierre Sarrazin, avec quatre livres parisis de cens sur les trois parts de cette maison de Sarrazin et des étuves de la même maison. Il déclara, par l’acte de vente, qu’il avoit été payé, par les religieux, de quatorze livres parisis qu’ils lui dévoient pour le louage de la maison qu’il leur vendoit, et pour le cens de celle de Pierre Sarrazin.
Les religieux de Prémontré donnèrent le nom de Prieuré au collège qu’ils avoient fondé à Paris. Ils souhaitèrent d’y avoir une chapelle, etc. En 1285, le collège fut augmenté d’une grange et d’un jardin que leur vendit dans le voisinage Gillette du Celicr, veuve de Guillaume le Hongre, le jardin borné par la rue bouchée, ou ruelle des Étuves, qui séparait ce collège d’avec celui de Bourgogne.
Les fondements de l’église qui se voit aujourd’hui dans le collège de Prémontré furent jetés en 1618. En 1672, la porte de ce collège, qui était du côté des Cordeliers, fut changée et placée dans la rue de Hautefeuille, et l’autel fut tourné de l’orient à l’occident.
Louis XIII, par lettres patentes de 1 G 1 7, ordonna à tous les abbés de l’ordre de Prémontré en France d’envoyer un ou plusieurs religieux à ce collège pour y être instruits. Cela donna lieu au rétablissement de la vie commune, qui se fit dans ce collège par l’abbé de Prémonlré en 1 G 1 8 (').
Cet extrait résume ce qu’il importe de savoir pour connaître l'histoire topographique du collège de Prémontré. Après les acquisitions du xm° siècle, on ferma sans doute les portes des maisons de Jean de Beaumont et de Pierre Sarrazin, qui s’ouvraient sur la rue Hautefeuille, et l’on fit une entrée nouvelle sur celle des Cordeliers. Cest, en eflet, le long de cette voie et de la ruelle aux Étuves que s’alignaient les neuf petites maisons acquises, en 1255, de l’abbesse Guillemette. Cet état de choses subsista jusqu’en 1G72, époque où l’on crut devoir rétablir la situation primitive, c’est-à-dire l’entrée sur la rue Hautefeuille. Quant au déplacement de 1 autel qui, par suite de la reconstruction des bâtiments et de l’édification d’une nouvelle chapelle, fut, dit Félihien, « tourné de l’orient à l’occident », cette disposition se comprend difficilement, à moins qn’il n’y ait là une erreur d’impression. La chapelle subsiste encore, et, quoique défigurée par des appropriations modernes, elle laisse parfaitement apercevoir sa distribution intérieure : le chevet était, comme celui des Cordeliers de Saint-Côme et de Saint-Andrédes-Ars, à 1 orient, c’est-à-dire sur la rue Hautefeuille, et non à l’occident, c’està-dire du coté du collège de Bourgogne W. Dans quelques années, il 11e sera plus possible de le constater.
Piganiol , qui reproduit le plus souvent les indications fournies par Du Breul et Félibien, affirme également que l’autel «fut mis au couchant». Il donne sur la
(1) Histoire de la ville de Paris, I, p. 2 3 9.
(2) L’un des collaborateurs de l’ Histoire generale de Paris, M. Alfred Franklin, le dit formellement dans ses Anciennes bibliothèques : rr Au coin de la Vue Hautefeuille et de la rue de l’École-de-Médecine
se trouve aujourd’hui un estaminet h qui sa forme a fait donner le nom de Café de la Rotonde : il est établi dans le sanctuaire meme de l’église des Prémonlrés.n (Anciennes bibliothèques de Pans, I, p. 319.)
décoration extérieure du collège et de la chapelle des renseignements qui ont leur
intérêt :
Le bâtiment de ce collège, dit-il, a etc' fait à plusieurs reprises. Ce qu’il y a de plus moderne est un grand corps de logis qui règne sur la rue Hautefeuille , et au milieu duquel est la grande porte de cette maison, qui a été construite sous le généralat du P. Michel Colbert, abbé de Prémontré, général de tout l’Ordre. Sur cette porte sont deux écus accolés, dans l’un desquels sont les armoiries de l’Ordre des Prémontrés, qui porte semé de France, à deux crosses en sautoir; et dans l’autre celles du P. Colbert, son général, qui sont d’or à une couleuvre d’azur, tortillée et mise en pal. Les deux crosses des armoiries de l’Ordre marquent la juridiction au dedans et au dehors du royaume, et sont d’autant plus honorables qu’elles ont etc accordées a cet Ordre par le roi saint Louis.
On commença à rebâtir l’église en 1 (i 1 8 , et elle lut dédiée sous 1 invocation de sainte Anne. La porte, qui était dans la rue des Cordeliers, fut changée et placée dans la rue Hautefeuille, en 1670. L’autel, qui était au levant, fut mis au couchant. L’on mit aussi pour lors, au frontispice du portail de cette église, l’inscription qui suit :
Ecclesia Canonicorum Regularium Ordinis Præmonstratensis SlIB IN VOCATION E BEATÆ ANNÆ
Supprimé en 1790, comme tous les établissements religieux, le collège de Prémontré fut vendu en plusieurs lots, et les bâtiments convertis en maisons de commerce, d’industrie et d’habitation. Ce qui en reste doit èlre démoli, et le sol incorporé au pourpris de ia nouvelle Ecole de médecine, pour être couvert de constructions nouvelles.
Si l’on veut se rendre un compte exact de la situation topographique du collège de Prémontré, ainsi que ses tenants et aboutissants sur trois voies publiques, il est nécessaire de se reporter aux rues des Cordeliers et des Etuves.
RUE DE L’HIRONDELLE
Cette voie est une des plus anciennes de ia rive gauche, dont on trouve mention dans les titres. Juillet cite deux textes de l’abbaye Saint-Germain, que nous 11’avons pu retrouver, où elle est appelée rue d'Arrondale en Lans, en 1200, et d’Arondelle en Laas, l’an 1222. L’orthographe de ce nom s’est d’ailleurs beaucoup modifiée, avant d’arriver à être ce quelle est de nos jours. Nous avons successivement lu : viens qui dicitur Hyrundale (i22Ù),r/c Harondale (i23o), de 1 Arundale (1 256), Hyrundal ( 1 2 07). de Lyrundelle (1262), de Lyrondale (1263), de Hijrnndale (1272 et 1292), de la Rundele (1297), de Irondella (1339), de Laron-
RUE DE L’HIRONDELLE
delle (i3g4), de Herondale ( 1 3 g 6 ) , d’Arondelle (i438), de Hérondelle (1/176), de Lérondelle (1/176-1531), de Rondelle, Derondelle et de la Rondelle dans divers titres du xvic siècle.
Cette dernière façon d’écrire a donné l'idée d’un ou de plusieurs ateliers existant dans cette rue, pour la fabrication des boucliers appelés rondelles.
Nous avons, à propos de la rue Saint-André-des-Ars, fait remarquer le peu de probabilité de cette hypothèse, qui se lie, d’ailleurs, aux arcs, aux sageltes et autres armes dont le nom a servi à expliquer la dénomination des rues voisines. Sauvai s’est montré sévère pour ces étymologistes :
tt Selon quelques modernes, dit-il, il la faut nommer la rue de la Rondelle, parce que, disent-ils, elle étoit habitée par des faiseurs de rondelles ou de rondaches, du temps qu’on usoit de cette sorte d’armes. Je ne m’étendrai pas davantage sur une opinion si nouvelle et si absurde; peut-être le nom (Y Hirondelle, qui d’abord a été donné à cette rue, lui venoit-il de quelque enseigne où cet oiseau étoit peint. . . Patru prétend qu’il ne faut pas dire rue de l’Hirondelle, mais rue de l’ Hérondelle , parce que le peuple ne la commit que par ce nom-là ('bu
Jaillot ajoute qu’on trouve, en 1 263, rue d’Hirondale, dans le cartulaire de la Sorbonne, et, en 1 3 /1 2 , viens de Irondella, dans un acte relatif au collège d’Autun(2b
La Taillede îaga cite la rue de Hyrondtde et le bout de Hirondale; mais en revanche la rue Gh-le-Cœur 11’y est pas nommée; il est donc probable que cette dernière 11’existait encore qu’entre la rue de Hyrondale et le quai des Augustins, et que ce retour d’équerre était désigné sous le nom de le bout de Hirondale. Guillot (i3oo) écrit Herondale, et le rédacteur de la Taille de i3i3, rue de Herondale. Ou lit, dans un Compte du payeur des œuvres de la Ville pour i366, rue de Herondelles® ; dans le manuscrit de la bibliothèque Gottonienne (1/100), on trouve ces deux vers :
Et puis après, en ArondeUe,
Un pinson me féry de Telle.
On trouve rue d’Arrondelle et rue d’Arondelle dans le Compte des confiscations de iâ ai M; rue d’Arondelle dans celui de 1/122 à 1 h 27 et dans celui de 1/137 à 1 434<5); rue de l’ ArondeUe dans Guillebert de Metz (1 434, ch. xxxm) ; rue d’Arondelle dans le manuscrit de l’abbaye de Sainte-Geneviève (1 45o) ; rue de l' ArondeUe dans le Supplément aux Antiquités de Du Breul (1 586 , p. 207). Lestoile, dans son Journal,
(1) Antiquités de Paris, 1, p. 1 4 1 .
(î) Recherches, etc., Quartier Saint-André-des- Arts, p. 92.
(3) Sadval, t. Ill , p. 126.
Ibid. , p. 294 et 297.
(5) Ibid. , p. 3 1 8 et 5 80.
écrit tantôt rue de Larondelle (novembre 1 5 8 9 ) et tantôt rue de ïAroiulellc (a5 mars
169/1 et 19 mai 160A). Les plans postérieurs varient.
Berty n’admet pas l’hypothèse suggérée par Jaillot, laquelle consiste à faire dériver le nom de la rue d’une enseigne, et se base sur le fait de l’existence d’une « maison d’hirondelle » dans cette rue , en 12 56. A cette époque, dit-il, lorsqu’on voulait désigner une maison par son enseigne, on 11e se servait pas habituellement de domus avec un génitif, et l’on ne disait pas maison de, mais bien maison à, Domus ad. Ainsi Domus ad Aquilam, Domus ad Citharam, Maison à la Huchette, à la Croix de fer . Maison au Cygne, etc. On employait, au contraire, le génitif , lorsque la maison devait son nom à la famille à laquelle elle appartenait; exemples : Domus Cocatiiicis, la Maison de Glatigny, dans la Cité, etc. Puis il est quelque peu douteux qu’en l’an 1200 la rue de l’Hirondelle renfermât déjà des maisons à enseignes. Enfin les formes les plus anciennes de l’appellation excluent l'idée du mot hirondelle , dérivé de kirundo; et si les chartes offrent quelques dénominations paraissant en venir, c’est parce que cette confusion devait infailliblement avoir lieu avec le temps, la prononciation des deux vocables offrant la plus grande ressemblance.
11 nous semble donc très probable, dit Berty sous forme de conclusion, que la rue doit son nom à une famille de Arondale, qui existait en effet au xne siècle. Le mot hérondelle d’abord, puis hirondelle ne serait qu’une corruption, ou plutôt une de ces appropriations si fréquentes dans le langage populaire h).
Quoi qu’il en soit, le nom de hirondelle est resté à la rue, qui est demeurée ellemême dans son ancien état, jusqu’au moment où la formation d’une nouvelle place Saint-Michel , sur laquelle devaient s’embrancher deux boulevards, a exigé la suppression de la partie orientale do cette voie. Le percement du boulevard Saint- André, encore à l’état d’amorce à partir de la place Saint-Michel, a surtout contribué à cette amputation. Pour lui livrer passage et le niveler avec le sol de la place, ainsi qu’avec la chaussée du pont, on a dû, après la démolition de la moitié de la rue, enterrer de deux mètres ce qui en restait. Afin de rendre cette
tn La rue de Arondelle, de YHérondèle, ou de l' Hirondelle , a fourni ii Sauvai l'occasion d'exprimer, d’après les anciennes grammaires et les auteurs de son temps, son opinion sur chacun de ces trois formes du même mot:
w L’Université aime mieux Hirondelle , à cause de kirundo , d'où il est pris. . .
rfVaugelas, le grand maître de notre langue et qui a traité celte question le premier, regrette arondelle absolument, et préfère hérondelle à hirondelle, pour être plus doux à l’oreille , ce que cherche notre langue, qui aime la douceur.
ff La Molhe leVayer, au contraire, tient que arondelle est le meilleur de tous, et le prouve par nos livres gaulois, où on se sert toujours du mot arondelle; ce qu’on fait encore en Normandie.
rDe cette opinion est aussi l’illustre Palm, autre grand maître pour la langue, avec le savant Guyel, fondés sur l’autorité de Belleau, de Coëflcleau et d’Amyot.
rr Et de fait, Amyot use toujours du mot d'aroudelle; Belleau même a fait une ode de X arondelle; etenlîn dans Coëlfeteau nous lisons: nune arondelle me fait pas le printemps n; car quant à celui à'Iiiron-
RUE DE L’HIRONDELLE. 463
partie accessible, on a ouvert un portique sous l’une des maisons nouvelles, et l’on a établi un escalier de sept marches, fermé le soir par une grille. Grâce à
La partie occidentale de la rue de l’Hirondelle, vue do la nouvelle place Saint-Michel. A, lj, restes de conlrefbrLs ayant appartenu à la chapelle du collège d’Aiilun.
cette disposition, le tronçon occidental de la rue de l’Hirondelle n’est une impasse que pour les voitures.
Une vue prise sur place et figurant l’un des contreforts de la chapelle du col-
(telle , Palru ne le petit souffrir comme étant purement latin , et prétend qu’il faut dire la rue de \' Hcrondellc , parce que le peuple ne la connaît que par ce nom-là.
ffLe Prieur Guyel assure que Hirondelle ne vaut rien , que hirondelle est un correctif d'hérondelle el nullement un mot naturel.
rr Balzac et d’Aldancourt sont opposés à Guyet cl
h 64 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS.
lège d’Autun, qui alignait sa façade latérale sur le côté méridional de la rue,
permet de se rendre compte de cet agencement.
CÔTÉ MÉRIDIONAL
(d’Occident en Orient).
JUSTICE ET CENS1VE DE SA1NT-GERM AlPï-DES-PRÉS.
PAROISSE DE SA1NT-ANDRÉ-DES-ARS
Maison sans désignation, formant l’angle méridional de la rue de l’Hirondelle et de celle du Pont-Saint-Michel. Berty n’y a vu qu’un immeuble anonyme W; mais, si l’on en croit Jaillot, c’est dans cette maison, sise cran coin de la rue de l’Hirondelle n, et non ailleurs, qu’étaient installés les étaux de boucherie appartenant à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, étaux auxquels les rues de la Bouderie orientale el de la Bouderie occidentale durent temporairement l’appellation de rues de la Boucherie; ce qui advint en 1272 et années suivantes. — Voir les articles relatifs à ces deux voies.
Façade postérieure de la Maison de la Fleur de laz, ayant son entrée principale sur la rue Saint-André-des-Ars (1 li. .). Au xvi° siècle, elle s’annexa sa voisine orientale, sur la rue Saint-André-des-Ars. Berty la figure sur son plan, et n’en dit rien dans son texte.
Façade postérieure de la Maison du Porc-Espic, ayant également son entrée principale sur la rue Saint-André-des-Ars (1Ô67). C est peut-être, selon la conjecture de Berty, YEscu de Sancerre, qui, en 1ÔA6, était contigu à la Maison du Croissant.
Façade postérieure de li Maison du Crescent ( 1 ô 3 g) , qui engloba, au xvic siècle, la Maison de l’Estoille, sise rue Saint-André-des-Ars; ce qui lui donna une façade antérieure sur celte rue.
Maison de la Soulciie (1 Z189). On la confondait souvent avec la Maison de l’Estoille et la Maison de la Chaise, auxquelles elle s’adossait, et qui avaient leur entrée sur la rue Saint-André-des-Ars. 11 est probable que, dans l’origine, les I rois n’en formaient qu’une; celle de la Soulciie ne serait qu’un démembrement opéré an xvG siècle.
à Palru; car, quant a Balzac, dans une de ses lettres qu'il écrit à Chapelain, nous trouvons : ce II est beaucoup moins capable de discipline que rnc sont les rats et les hirondelles , qu'on ne peut rr jamais aprivoiser. *
r El d’Ablancourt enfin, dans son Misanthrope,
dit: rrSon héritier laisse pleurer les autres qui bailrrlaient après moi comme de petites hirondelles, el rr n'ont avalé que du vent.* (Antiquités de Pans, 1, p. iûi.)
(1) Recherches , etc. Quartier Saint-André-des-Arts , p. hv el suiv.
RUE DE L'HIRONDELLE
Façade postérieure de la Maison de Barillet (i44o), puis de la Pomme de Pin ( i i 7 ü), puis des Tnovs Roys (i52i), ayant sa façade principale sur la rue Saint- André-des-Ars.
Les comptes de la fabrique de Saint-Jacques-de-la-Boucherie (de î hkk à ihhi) nous établissent que Nicolas Flamel avait des rentes annuelles et perpétuelles assises sur 1 Hôtel du Barillet, rue Saint-André-des-Ars P).
Ecuries de la Maison des Escuredlx (îfiiol, et des Escureulx (1A76). Sous cette variété d’orthographe, Berty soupçonne un calembour jouant sur les expressions escurie, escurer, escureurs™.
Dépendances orientales du collège d’Autun, et peut-être Maison de FIIirondelle <3). rtOn ne la trouve, dit Berty, mentionnée qu’au xvne siècle, v II est certain cependant que Pierre Bertrand, fondateur du collège, avait, en 1 3 3 7 , pour augmenter son collège, acheté quelques maisons voisines de la sienne W.
Les dépendances du collège sur la rue de FIIirondelle ont fort bien pu faire partie de ces acquisitions contemporaines de la fondation même.
Façade postérieure du collège d’Autun ( l 337). Nous avons, à l’article de la rue Saint-André-des-Ars, sur laquelle il avait son entrée principale, indiqué les diverses constructions dont se composait cet établissement scolaire. La chapelle, régulièrement orientée, profilait sa façade latérale sur la rue de l’Hirondelle. Des quatre contreforts qui la flanquaient, les trois plus petils ont disparu, lorsqu’on a démoli ou remanié les bâtiments du collège; le quatrième, sur lequel s’appuyait la façade, faisait sur l’alignement de la rue une saillie qui est encore visible aujourd’hui (1 2 * * 5).
Maison du Petit Cheval Noir (1 529), contiguë à la chapelle du collège dont elle devait masquer la façade et touchant, par le fond, à deux maisons ayant leur entrée sur la rue Saint-André-des-Ars; c’étaient FImage saint Etienne el le Grand Cheval Noir; au couchant, le Petit Cheval Noir touchait à l’avant-dernière maison de la rue, laquelle était une
Maison sans désignation, correspondant au n° 27 actuel K' et ayant dû, avec la précédente, faire partie des dépendances occidentales du collège d’Aulun.
(1) Paris el ses historiens, dans la Collection de V. Histoire {générale de. Paris, p. 40o.
(2) Voir à l’article de la rue Saint-André des Ars,
pour la Maison des Escuredlx. C’est là que demeu¬
rait l’avocat Jean de Ja Barre, auquel Jaillot attri¬
bue le nom d’une des sections de la rue Hautefeuille.
(3) Un descripteur contemporain lui donne cette enseigne.
Hist. de la ville de Paris, I, p. 592. l5) Le dessin de M. Hochereau montre parfaitement cette saillie.
(6) Ce numéro représente, avec les deux précé- 5 9
Maison sans désignation, selon Bert.y, qui la marque d'un astérisque sur son plan; mais elle avait existé, dès l’an 1200, avec l’enseigne de I’Hirondelle ; ce qui donnerait raison à ceux qui attribuent ce nom de la rue à te l’image d’un oiseau peint». Elle appartenait au collège d’Autun, qui la baillait en location.
CÔTÉ SEPTENTRIONAL
(d’OccidenL en Orient).
Maison dite des Evêques, formant l’angle septentrional de la rue de l’Hirondelle à son débouché dans celle de Gilles-Cœur sur laquelle elle se développait jusqu’au quai. Nous l’avons décrite à l’article de cette dernière voie; rappelons seulement quelle appartint successivement aux évêques de Chartres (i3oo); au connétable de Sancerre (i3g/i); à Gérard Duthies, archevêque de Besançon ( 1 3 1) 7 ) ; à Marlin Gouge de Charpaigne, évêque de Clermont ( 1 4 1 8 et années antérieures) (1); à Jacques de Montberon, maréchal de France et spoliateur du prélat susnommé ( 1 4 1 8 ) ; à Guy le Bouteiller, seigneur de la Boche-Guyon et second spoliateur de Martin Gouge de Charpaigne ( i 4 2 3 ) ; à Dauvet, maître des requêtes ® ( 1 4 5 4 ) ; au roi François Ier; à Séguier, marquis d’O (premières années du xvnc siècle) . et bientôt après à Albert, duc de Luynes, son gendre, qui fractionna l’immeuble en 1671, et le livra à la spéculation.
La partie delà splendide résidence qui avait façade sur la rue de l’Hirondelle, lit place à
L’Hôtel du Nivernais (1 689) , devenu ensuite la Maison de Saint-Louis. A cette date, relativement récente, on peut, sans crainte d’erreur, recueillir les renseignements donnés par les chercheurs modernes. L’un d’eux écrit : trUn hôtel, nouvellement dit de Saint-Louis, s’étendait sur la rue de l’Hirondelle, mais avec son entrée rue Git-le-Cœur; il fut adjugé, en 1689, au duc de Nivernais, ministre d’Etat, lieutenant général, académicien W. »
D’ici jusqu’à l’extrémité orientale de la rue, Berty 11’a tracé que des lignes sur sou plan de restitution; nous nous sommes efforcé d’identifier quelques-uns des immeubles anonymes qu’il s’est borné à délimiter.
dents 23 , 25 et le suivant 29, l’emplacement occupé, sur la rue de l'Hirondelle, par les bâtiments et les dépendances du collège d’Autun.
(1) Martin Gouge, qui tenait pour le Dauphin, fut l’une des nombreuses victimes des confiscations anglaises, ainsi que le prouvent les Comptes de 1^23 à ih'2 4, publiés en extraits par Sauvai. Son hôtel parisien contigu à la Maison de l’abbé de
Molesmes, ff tenant d’un costé aux Cordeliers et, de l’autre, au collège de Justice, en la rue de la Harpe », fut confisqué sur ledit évêque de Clermont, comme rr absente.
(2) Jean Dauvet, maître des requêtes, devint procureur général en i458 et premier président en i465.
(3) Les anciennes Maisons de Paris , par Le Feove.
HUE DE L'HIRONDELLE. /t67
Maison sans désignation, ayant eu pour enseigne l’Esco de France, en liait . Ce l'ut, au cours du xv° siècle, la résidence de Jean de la Vaquerie, premier président du Parlement de Paris, mort en i ^97.
L’un de nos anciens collaborateurs, H. Legrand, a laissé, sur ce personnage el sur son hôtel, deux notes étendues que nous insérons en entier, autant pour les renseignements curieux quelles contiennent, que pour rendre hommage aux travaux de cet estimable chercheur.