SECONDE NOTE
Dans la rue de l’Hirondelle se trouvait la maison où logeait Jean de la Vacquerie, 2 G' premier président du Parlement de Paris, sous le roi Louis XI, et, après sa mort, sous l’a régence d’Anne, sœur aînée de Charles VIII, dame de Beaujeu. Il mourut eu juillet 1 i97, Agé de plus de quatre-vingts ans. Son portrait se trouve au Palais, dans la galerie qui conduit à la Chambre des requêtes, qui fut autrefois la Chambre de Saint-Louis. Sou logis était, on le voit, dans une des petites rues du quartier Saint-André-des-Arts, la rue étroite de l’Hirondelle. La maison y existe encore; elle est sombre et n’annonce pas la demeure d’un tel personnage qui eut, sur la dame de Beaujeu, l’influence suffisante pour faire punir Tristan, Olivier le Daim et même Coiclier,
/i 68 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS.
l’hypocrite médecin du roi. On entre dans la cour par une porte basse, sur laquelle on devine, plutôt qu’on ne voit, une sculpture qui serait le chillre du premier president. Le mobilier de l’hôtel était bien modeste; c’était dans la salle ou parloir de réception, une tapisserie qui commençait à souffrir de l’humidité des murs quelle couvrait, quelques escabeaux en chêne sculpté, une grosse table à pieds sculptés et tors, un grand crucifix en fer pendu au milieu de la muraille. Dans la chambre, un lit, des tabourets couverts en cuir de Hongrie estampé, et une autre table de chêne avec des sculptures. Dans un acte authentique du 21 juillet 1A91, il est qualifié chevalier hf
Maison des Deux Moutons (1897), selon Berty. Une note de H. Legrand remonte un peu plus haut ; ccEn i3G8, la Maison (tus II Moutons, à maistie Adam Martine, devait à la Pitancerie de Sainct-Gennain-des-Prez xv s. vi d. n
Deux siècles environ plus tard, sur l’emplacement de la Maison des Deux Moutons et de la Maison du Chapeau P«ouge , s’éleva PHôtel de la Salamandre, appartetenant à la duchesse d’Étampes et communiquant au Palais d’Amour.
L’Hôtel de la Salamandre subsiste encore intact, avec les nombreux lézards symboliques qu’on avait sculptés au fond de la cour et jusque sur la porte cochère. Saint-Foix, qui visita l'hôtel au siècle dernier, s’étonnait déjà de la décadence de ce logis aristocratique ; aujourdhui il s en affligerait, cc Le cabinet de la duchesse d’Étampes, dit-il, sert à présent d’écurie à une auberge qui conserve la Salamandre. U11 chapelier fait sa cuisine dans la chambre de François I", et la femme d’un libraire était en couches dans son petit Salon des Délices, lorsque je suis allé pour visiter les restes du palais^, p Ces transformations se sont opérées partout a Paris; les hôtels des grands seigneurs sont devenus des ateliers et des maisons de commerce; c’est la loi du déplacement qui préside au développement de toutes les grandes villes.
Maison du Chapeau Rouge (i3ij4), aboutissant rue de Hurepoix.Au xvic siècle, les deux tiers de ce bâtiment avaient été incorporés à la Maison des Deux Moutons.
Maison sans désignation Ii5ti3), «laquelle d’ancienneté soulloit avoir estables à chevaux v.
Maison des Trois Mores (1 53 1), ayant issue sur la rue de Hurepoix.
Des actes, des papiers de famille et autres documents que Berty na pas con-
1; Nous engageons le lecteur à rapprocher cette l’avons empruntée. Voir à 1 article de la rue Saintdescription de celle de la Maison de Coyclier, telle André-des-Ars.
que l'a donnée le docteur Chéreau, auquel nous Jl Essais historiques sur Paris , I, p. 58.
RUE DE L'HIRONDELLE
nus, mais qui ont été récemment publiés par M. le docteur Le Paulmier W, établissent que cette maison fut acquise en i56a des héritiers de Jean Mestreau, par Ambroise Paré, qui possédait déjà la plus grande partie de la Maison de la Vache , propriété de la famille Mazelin, dans laquelle il était entré par son mariage. Après avoir acheté, de son beau-frère, la partie de cette dernière maison qui ne lui appartenait pas, il y joignit plusieurs immeubles contigus pour en composer son hôtel. Le célèbre chirurgien , dit M. Le Paulmier, et mit l’entrée de sa demeure sur la rue des Augustins — c’est-à-dire sur la rue de Hurepoix, parallèle à celle de l’Hirondelle , — et y transporta sans doute son enseigne, dont le souvenir se conserva longtemps dans le voisinage; car, en 1 789, existait encore rue de llurepoix, n° 1/1, l’hôtel garni des Trois Maures, où maint écolier étudia la chirurgie près des lieux où Ambroise Paré composa ses ouvrages ® v.
Maison d’Estables ( 1 5 2 g ) . Comme pour la maison qui et d’ancienneté soulloit avoir des chevaux d, il est à présumer que, les étables de celle-ci sc trouvant sur la rue de PHirondelle, sa façade principale bordait la rue de Hurepoix.
Cet immeuble séparait la Maison des Trois Mores de celle de la Vache que nous savons avoir été la demeure primitive d’Ambroise Paré; faut-il donc y voir l une des cinq propriétés possédées par lui, au témoignage du docteur Le Paulmier.
Maison de la Vache (1076), arrière-corps probable de la Maison de la Croix de Bois, ou de la Maison de Lhymaige Notre-Dame, sises l’une et l'autre rue du Pont— Saint-Michel.
Cet immeuble, dont Berty a trouvé une mention en 1076, appartenait en 1 5io aux héritiers de feu Jean Mazelin, valet chaulfe-cire de la chancellerie de France, dont la fille Jeanne épousa Ambroise Paré. Celui-ci l’habita sans doute à partir de son mariage, puisque ses enfants furent baptisés à Saint-André-des-Ars , ainsi que l’a constaté M. Jal, et après lui le docteur Le Paulmier, Il paraît y avoir séjourné plus de vingt ans, puisqu’il n’acquit la Maison des Trois Mores et plusieurs autres maisons voisines qu’en 1 562 , époque où la fortune qu’il devait à son talent lui permit de se créer un logis plus digne de lui.
AI.uson des Deux Portes, sur laquelle Berty n’a rencontré aucune espèce de documents, mais qui nous est connue par les pièces qu’a publiées le docteur Le Paulmier. Contiguë à la Maison de i,a Vache, elle dut entrer dans le pourpris de l’hôtel que se composa Ambroise Paré.
Maison de la Couronne (161 1), dont nous 11e connaissons que le nom etl’em-
01 Ambroise Paré, d’après de nouveaux documents, etc., par le docteur Le Paulmier (Charavay frères. 1 885 ). — (2) Même ouvrage, p. 27 et 3*2.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, placement. Peut-être est-elle le cinquième immeuble acquis par Ambroise Paré pour composer le pourpris de sou hôtel, à moins que ce ne soit la Maison sans désignation contenant des treslahles à chevaux - et contiguë à celle des Trois Mores M.
Maison de l Echiquier (i /162) formant 1 angle septentrional des rues de l’Hirondelle et du Pont-Saint— Michel. Il y avait, dans sa très étroite enceinte, une lorge à maréchal en 1 4 3 8 .
Le côté septentrional de la rue de 1 Hirondelle était généralement bordé de constructions ayant leur façade principale sur la rue de Hurepoix, dont nous allons parler, comme le côté méridional olfrait une ligne de bâtiments dont l’entrée était sur la rue Saint-André-des-Ars.
RUE DE HUREPOIX
Cette voie n était, en réalité, que la <r montée 71 ou la tr descente» du pont Saint- Michel, qualifié de tt Pont-Neuf» jusqu’à la construction de celui qui en porte le nom aujourd’hui, et de et Petit-Pont-Neuf, après l’achèvement de ce dernier. Elle continuait, vers l’orient, le ttchemin sur Sainne», ou quai des Augustins, mais sous forme de rue bâtie des deux côtés; c’est pourquoi 011 la trouve désignée, au commencement du xvic siècle, sous le 110m de crue du quai des Augustins». Elle formait donc un étranglement fort incommode entre les rues Gilles-Cœur et du Pont-Saint-Michel, ce qui nécessita plusieurs retranchements dont on trouve trace dans les Registres du Bureau de la Ville. L’extrait suivant fait connaître la manière dont on procédait dans ces sortes d opérations, et la jurisprudence qu’on suivait en matière de tt récompense », ou d’indemnité.
"Le Roy désirant que l’élargissement de la rue du Heurepois, qui faict la coinunication du pont Saint-Michel au marché au pain et à la volaille établi depuis peu sur le quay des Augustins, soit continué pour la commodité publique, Sa Majesté, estant en son conseil, a ordonné et ordonne que la maison de maistre Jacques Mareschaux, advocat en la cour, seize en ladite rue de Heurepois, qui y faict enclave, sera retranchée de quatre pieds, à commencer au mur de face de celle du nommé Philipart, pour revenir d’alignement au mur de face de la
11 M- le Paulmiar a dressé (p. 1 72 de son livre) un petit plan des propriétés formant le presqu’ilol de maisons circonscrit par les rues de l'Hirondelle, de Hurepoix et la place du Pont-Saint-Micliel : c'est l’état topographique contemporain d'A mbroise Paré.
lîerty, qui a figuré sur son plan de restitution le travail de plusieurs siècles, et à qui d’ailleurs les renseignements faisaient défaut, donne sur ce point un parcellaire différent de celui du docteur Le Paulmier.
RUE DE HUREPOIX
maison de Monsieur Bourdeau; et, pour pourvoir au dédommagement qui pourra estre deub tant au susdit Mareschaux, a cause du retranchement de sa maison, qu’audit l’Iiilipart, et aux directeurs des créantiers du sieur président Galard. dont les maisons ont esté cy-devant retranchées pour ledit eslargissement, veut, Sadite Majesté, que les propriétaires des maisons de ladite rue, depuis et y compris la maison d’encoignure dudit pont Saint-Michel, des deux costez de ladite rue, soient tenus, chacun à leur égard, de contribuer pour les sommes pour lesquelles ilz seront employez dans le roolle quv sera arresté audit conseil W.d
Depuis, on a pratiqué de nouveaux retranchements qui ont fait disparaître successivement tout le côté septentrional de cette petite rue; ce qui en reste, du côté méridional, rappelle, par la saillie des maisons, l’étroitesse quelle avait autrefois.
Jaillot explique en quelques lignes sa situation, ses différents vocables et l’origme du nom quelle portait en dernier lieu : a Ou ne la distinguoit pas du quai : on la nommoit rue de Seine allant aux Auguslins; en 1 6 3 G , on l'appeloit rue du Quai des Auguslins. Dès le commencement du dernier siècle, on avoit établi, dans différentes rues, des hôtels garnis pour les personnes de province que la curiosité ou les affaires appeloient à Paris; ces hôtels portoient le nom de quelques-unes de nos provinces dont les habitants alloient s’y loger et le conservent encore. C’est, par suite de cette ancienne destination que nous voyons encore des hôtels garnis, qui portent le nom des provinces et des villes. Il y en avoit un au bout du quai des Augustins, où venoient loger les habitants et les marchands du Hurepoix; il en a fait donner le nom à la rue où il étoit situé (2).n
La rue de Hurepoix, n’ayant point d’existence propre, mais continuant le quai des Augustins, devait tôt ou tard être réunie à cette voie publique. La formation
Registres du Bureau de la Ville, H 1827, loi. 597 , 698.
(S; Le Hurepoix était un petit pays clu gouvernement général de l’ Île-de-France , ayantDourdanpour chef-lieu : borné au nord et à l’est par la Seine, qui le séparait de l’ile-de-France proprement dite et de la Brie; au sud, par le pays Cliartrain et le Galinais Orléanais ; au sud-est par le Gâtinais français; a 1 ouest par le Mantois, il comprenait environ soixante-dix lieues carrées , était arrosé par les rivières d’Orge, de Juine, d’Essonne, de Renarde, d'Yvelle et de Bièvre, et offrait un sol généralement fertile.
"Le peuple de Hurepoix, dit le Dictionnaire de Irévoux, étoit toujours bafoué par les écoliers de 1 Université de Paris; on ne se bâtoit pas de revendiquer ce lieu d’origine, et les plaisants l’appli-
quoient généralement aux gens irascibles et quinteux. » Quand on voulait railler la rusticité des martinets et des galoches, étudiants grossiers et incivils, on disait que l’Université était située en Hurepoix.
Ménage, Faucbet et Expillv donnent diverses étymologies du mot Hurepoix : on nomme ainsi cette région, soit parce qu’elle est hérissée de forêts et par conséquent froide, soit parce que ses habitants ont aies cheveux droits et hérissés comme poil de sanglier, la teste duquel en venerie s’appelle hure*. On a fait aussi dériver Hurepoix de hupe rc qui est une touffe de plumes levées , qu’une espèce de coq porte sur la teste»; de houppe «r floc de soie ou de lîl noué qui jadis se mettoit au sommet des chapeaux et bonnets»; et enfin des mots latins Eurus Pagus, pays du vent d’est, bien que le Hurepoix ne soit pas précisément à l’orient de Paris.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, du quai Saint-Michel entre le pont de ce nom et le Pelit-Pont (1806) en a fourni l’occasion; de nos jours, la création de la moderne place Saint-Michel a donné à ce qui reste de la rue, sur le côté méridional, un nouvel alignement et un nouveau nivellement. Quelques démolitions feront donc prochainement disparaître les dernières traces de cette ancienne voie.
Nous avons, à l’article du quai des Augustius, rappelé diverses circonstances qui intéressent à la fois ce quai et la rue de Hurepoix; nous y renvoyons le lecteur.
CÔTÉ MÉRIDIONAL
(d’Qccident en Orient).
JUSTICE ET CENSIVE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRES
PAROISSE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS
Maison du Dieu d’Amours (1/111), puis du Mortier d’Or (i5ai), faisant le coin méridional des rues de Hurepoix et du Pont-Saint-Michel. Bien que la destination en fût identique, il importe de 11e pas confondre la Maison du Dieu d’Amours avec le Palais d’Amour, lequel tenait l'angle occidental.
Maison de la Couronne (i/ii 1), séparée par une ruelle de la maison angulaire de la rue du Pont-Saint-Michel, c’est-à-dire de la susdite Maison du Dieu d’Amours.
Maison sans désignation (1529). La façade principale de cet immeuble bordait la rue de Hurepoix; mais on accédait à ses «establesn par la rue de I Hirondelle.
Maison des Trois Mores ( 1 5 3 1 ) , avec arrière -laça de sur la rue de 1 Hirondelle.
Maison sans désignation (1 523) , tr en laquelle d’ancienneté soulloit avoir estables à chevaux n.
Maison du Chapeau Piouge (1897). Au xvic siècle, les deux tiers de ce bâtiment avaient été incorporés à la Maison des Deux Moutons, sise rue de 1 Hirondelle.
Maison du Pot d" Estais, puis de ITmaige saint Pierre (1/176), et encore du Pot d’Estain, au xvi" siècle. C’était une portion de THôtel des Deux Moutons, qui est dite tenir à cet immeuble, sis rue de l’Hirondelle, en l’an 1A76.
Complétons ce qui précède par la note suivante trouvée dans les papiers de Bertv :
tr Maison appelée d’ancienneté les Deux Moutons, ayant son entrée, par devant,
RUE DE HUREPOIX. 473
sw la rue des Augustins, et, par derrière, sur la rue de l'Hirondelle, devant les degrés de l’une des descentes de la rivière de Seyne, et, par derrière, rue de I Hirondelle, au derrière du collège. 1607.11
Ainsi cette maison , à appellations multiples, est bien déterminée : elle avait son arrière-corps vis-à-vis de la façade postérieure du collège d’Autun, lecpiel s’étendait jusqu’à la rue de l’Hirondelle, et faisait face à la rivière. La note qui nous fournit ce renseignement contient une autre indication qui a son prix: la Rue des Augustins , où la Maison des Deux Moutons avait son entrée, n’était pas différente de la rue Hurepoix. Au quai succédait cette rue, qui n’était, en réalité, que la montée du pont Saint-Michel. Berty lui a donné ce nom sur son plan et recommande, dans son texte, de ne pas la confondre avec celle qui longeait la façade orientale du couvent des Grands-Augustins.
Maison sans désignation, confinant d’une part à la précédente, d’autre à la Maison des Évêques, s adossant à la Maison de l’Escu de France, et ayant vue, par devant, sur 1 Abreuvoir. G est bien l’immeuble que Jaillot désigne, à propos de la Maison des Évêques, quand il dit : itM. Dauvet, maître des requêtes, qui en était devenu propriétaire, l’agrandit encore en y joignant une maison vis-à-vis la descente de la rivière H) Cet énoncé répond parfaitement à la Maison sans désignation , objet du présent article.
Maison, Hôtel et Palais tour à tour, formant l’angle oriental des rues de Hurepoix et Gilles-Cœur, avec extension sur la rue de l’Hirondelle, et ayant successivement appartenu aux évêques de Chartres (1 3oo) ; au connétable de Sancerre (1 3g6) ; à Gérard Duthies, archevêque de Besançon (1897); “ Martin Gouge de Char- Paigne , évêque de Clermont ( 1 4 1 8 et années antérieures) ; à Jacques de Montberon , maréchal de France et spoliateur du prélat arverne (i4i8); à Guy le Bouteiller seigneur delà Roche-Guyon et second spoliateur du patriote Martin Gouge (i423); à Jean Dauvet, maître des requêtes; au roi François Ier; à Séguier, marquis d’O (premières années du xvri' siècle), et bientôt après à Albert, duc de Luynes, son gendre. Ce dernier propriétaire fractionna l’immeuble en 1671, et le livra à la spéculation.
Nous avons déjà consigné cette mention sommaire à l’article de la rue de l’Hirondelle <2>; la monographie de l’hôtel se trouve à l’article de la rue Gilles-Cœur W.
Recherches historiqoes, etc., Quartier Saint-André-des-Arts , p. g4. - <!> Voir ci-avant, p. 406. — '3) Voir ci-avant, p. 385.
CÔTÉ SEPTENTRIONAL
(d’Occident en Orient).
Abreuvoir dont il a été question plus haut, à propos de la Maison sans désignation sise a vis-à-vis la descente de la rivièren, maison que Jean Dauvet annexa à celle des Évêques, devenue la sienne W.
Maison sans désignation, faisant face au Pot d’Estain, et par conséquent contiguë aux degrés servant à descendre à l’abreuvoir. En i5a3, elle aboutissait à la Seine.
Boucherie appartenant à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (i436). On la trouve désignée comme suit dans un acte de i543 :
„ Maison contiguë aux Trois Lours,ttoù souloit d’ancienneté être une place en laquelle les bouchers de Saint-Germain-des-Prés souloient vendre leur chair par les temps de guerre; encore soumise à cette servitude en t543.r,
Le Journal d’un bourgeois de Paris confirme, dans les termes suivants, l’existence de cette maison et de Tétai quelle renfermait :
g Item, en ces temps (t436), les bouchers de Sainct-Germain-des-Prez firent une boucherie au bout du pont Sainct-Michel , comme on tourne à aller aux Augustins, et commencèrent à vendre la vigille de Toussains, pour Sainct-Quentin*-).» A cette mention succincte, l’éditeur ajoute la glose suivante : ttüne décision des commissaires sur le fait de la justice souveraine autorisa provisoirement les bouchers de la boucherie Saint-Germain-des-Prés à tenir leurs estaulx et à vendre leurs chairs sur la rivière de Seine, au long des murs devant Tostel o îi souloit pendre la Coronne, près du pont Saint-Michel; le Parlement prorogea successivement jusqu’en Carême-prenant, et jusqu à la Saint-Jean-Baptiste de Tannée 1 437,1e délai de Noël 1 43 6, primitivement assigné aux bouchers pour l’exploitation de leur privilège (3>.n
(■) Celte descente a été remaniée, mais elle existe encore aujourd’hui.
<*> Journal d’un bourgeois de Palis, édit. Tuetey, P- 327-
(>) La pièce originale , analysée par Alex. Tuetey, a été imprimée par Félibien. Voici quelle en est la teneur :
Boucherie de Saint-Germain, transférée pour un temps.
tr Du Samedy xvi° jour de mars, aujourd'liuy, pour certaines causes et raisons, la cour a prolongé
jusques à la feste de sainct Jean-Baptiste prochainement venant, le terme et delay qui avoit este donné jusques à Caresme-prenant dernier passé, aux bouchers de la boucherie de Sainct-Germain-des- Prez , pour tenir leurs eslaux et vendre leur chair par provision au bout du pont Sainct-Michel sur la rivière de Seine, au long des murs devant l'hostel où souloit pendre la Couronne, et sans préjudice des droicts du Roy et des bouchers de la grande boucherie de Paris. « ( Histoire de la ville de Paris, Preuves, IV, p. 598.)
RUE DE HUREPOIX
A l’article de la rue du Pont-Saint-Michel, nous suivons l’histoire de cette boucherie intermittente qui, de prolongation en prolongation, avait fini par s’éterniser, sous forme d’étaux en plein vent. Il fallut qu’un arrêt du Conseil, rendu en 1680, prescrivît le transfert de ces étaux sur la place de la Porte-Saint-Michel, pour en débarrasser les abords du pont. Nous publions, aux appendices, les pièces extraites du Registre du Bureau de la Ville et relatives à cette translation.
Maison des Trois Loups (i5Ô3), en mitoyenneté avec la Boucherie ci-dessus spécifiée.
Maison sans désignation, tenant à l’angle septentrional des rues de Hurepoix et du Pont-Saint-Michel.
Il reste à justifier la direction et à déterminer l’assiette précise de trois maisons alignées sur le côté septentrional de la rue. L’une s’élevant «en face du Potd’Etain* était le neuvième immeuble du côté méridional en allant d’orient en occident. La deuxième, où se transportaient, on temps de guerre, les étaux de boucherie de Saint-Germain-des-Prés, était située «devant YOslel où souloit. pendre la Coronneu; par conséquent elle doit prendre place, avec solution de continuité, sur le flanc oriental de la précédente. Enfin venaient « les Trois Loups 11, avant-dernière maison du côté septentrional de la rue Hurepoix, peut-être même formant encoignure sur la rue du Pont-Saint-Michel.
Nous 11e terminerons point cette restitution topographique sans mentionner une dernière maison ayant probablement fait partie de la rue de Hurepoix, et dont l’existence nous est révélée par un événement intime qui donna lieu à condamnation. Aux termes des lettres de rémission accordées par le roi Henri VI, en l’année îôai, il est fait grâce à certaine «femme amoureuse*, nommée Jehannette la Bardine, dite la Noire, laquelle, pour se défendre contre deux Anglais en train de rompre son huys, à une heure nocturne, lapida l’un de ces vanné ans. Qette virago avait son «osteln assez prez du Pont-Neuf, — c’est ainsi qu’on appelait alors le pont Saint-Michel, — «en allant aux Augustins*. Cette indication sulîit pour placer la maison de Jehannette la Bardine dans la rue de Hurepoix, mais non pour la localiser complètement.