RUE DU JARDINET
La rue du Jardinet est sans doute encore un de ces chemins, ou sentiers de traverse, qui occupaient anciennement le clos de Laas et les terres de Gibard, et que l’accensement du xu° siècle transforma en rues et en ruelles. Raccourci à ses deux extrémités, ce chemin devait se prolonger originairement jusqu’à la rue Saint-André, d’une part, et jusqu’à la rue Hautefeuille, de l’autre, mettant ainsi en communication deux des voies les plus importantes de cette région. Diverses acquisitions et constructions, l’agrandissement de 1 hôtel de Reims en particulier, le réduisirent au parcours qu’avait la rue avant son absorption par le boulevard Saint-Germain, c’est-à-dire à l’espace compris entre la rue Mignon, au sud, et le cul-de-sac de Rouen, au nord.
Rertv a figuré, sur son plan de restitution, la rue du Jardinet comme s’étant prolongée, vers l'orient, jusqu’à celle de la rtVielz Plastrièrer. C’est là, en eftet, qu’elle aboutissait avant l’extension de l’hôtel de Reims. Les archevêques ayant, en effet, perdu quelque chose de leur pourpris vers le sud, quand le président Le Maistre obtint la permission de bâtir une «grandie et des astables n à 1 extrémité de la ruelle du Paon qui devint alors une impasse, compensèrent cette perte par des acquisitions vers le nord, et raccourcirent ainsi, dans la direction de l’est, le parcours de la rue du Jardinet.
Nous avons déjà fait remarquer que la région dans laquelle était située cette rue portait, aux xmc et xive siècles, le nom de Pelils Champs, Paroi Campi, sans doute par suite de la division du sol résultant de l’existence de nombreux sentiers, et aussi à cause du vaste accensement opéré, en 1179, par Hugues V, abbé de Saint-Germain. La dénomination de viens Parvorum Campormn a été appliquée à trois ou quatre petites rues qui traversaient le territoire ainsi appelé, et celle du Jardinet en était une. s
Ce 11’est pas le seul nom sous lequel on la trouve désignée. I^e Livre de la Taille de 1299 énonce, entre la rue du Paon et celle de Jehan de l^ontenoy, que nous avons identifiée avec celle du Battoir, une rue Martin Alesoires, qui ne saurait être que l’impasse du Paon, ou la rue du Jardinet, lesquelles aboutissaient toutes deux à la rue Hautefeuille, avant l’agrandissement du pourpris de l’hôtel de Reims. Mais il faut écarter l’impasse du Paon, qui portait alors un autre nom, puisque le Rôle de 1 298 l’appelle «rue au Princen. Reste donc la rue du Jardinet, à laquelle seule paraît pouvoir s’appliquer la dénomination de Martin Alesoires; c'était sans doute un des habitants ou notables propriétaires de cette rue.
La pluralité des noms et leur emploi simultané étaient alors chose fréquente,