‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 121 sur 206 · RUE DE NEVERS · texte numérisé non relu

RUE DE NEVERS

Le procès-verbal de la visite de l’hôtel de Nesle par Etienne Grandremv et Léonard Fontaine, tous deux crmaistres des euvres de massonnerye et charpenterye du roy», mentionne, à la date où il a été rédigé (1671 ou îôya), (tune petite ruele entre lesdietz Augustins et ledict hôtel (de Nesle), par laquelle on entre et sort dudict quay (le quai de Nesle et des Augustins) au jardin de l’hostel Sainct DenysW». Cette voie, dont l’aspect actuel ne dément pas l’ancienne et sordide origine, n’était au xiu' siècle, selon La Tynna, et qu’une ruelle qui servait d’écoulement aux eaux de la maison des frères Sachets et du jardin du collège de Saint-Denis... Elle porta aussi, comme plusieurs autres voies de cette région, le nom de ruelle des Deux-Portes, parce quelle se fermait à ses extrémités. Elle a pris son nom actuel de l’hôtel de Nevers, le long duquel elle passait».

C'est sous ce dernier vocable que Berty la l'ait figurer dans son plan : elle aboutit au tt chemin sur Sainne» et vient buter contre la muraille de Philippe-Auguste, à l’extrémité septentrionale du «Jardin des Archiers». Mais elle dut être régularisée dans son parcours et mise en meilleur état de viabilité, lors de l’achèvement du Pont-Neuf et du percement de la rue Dauphine. A cette époque, eu effet, c’est-àdire en 1G06, la compagnie qui entreprit d’ouvrir de nouvelles voies à travers les dépendances du couvent des Augustins et les jardins du collège, ou hôtel de Saint-Denis, fut chargée de construire souterrainemeut deux passages voûtés, pour mettre les propriétés appartenant à ces deux établissements et situées au delà do la nouvelle rue Dauphine, en communication avec les bâtiments conventuels, résidence abbatiale et logis scolaires, ouvrant sur la rue de la Barre. Les propriétés dont il s’agit étaient des maisons en bordure de la ruelle de Nevers, et s’étendant en profondeur jusque sur l’emplacement où fut percée la rue d’Anjou. Nous en avons mentionné, à l’article de cette dernière rue, quelques-unes qui subsistent encore, et qui sont reconnaissables à leur mode de construction.

Moins heureuse que la rue Guénégaud, qui fut prolongée jusqu’au chemin sur les fossés (rue Mazarine), lors du comblement de ces fossés et de la destruction du mur d’enceinte, la ruelle de Nevers est restée au point où elle avait été primitivement arrêtée par la muraille, et son extrémité, formant un petit cul-de-sac au delà du débouché de la rue d’Anjou, marque le point précis où passait la fortification de Philippe-Auguste. Elle fut demeurée elle-même à l'état d’impasse,

! Voir le texte de ce document à l'article de l’iiotel de Nesle.

masquée quelle était par les maisons de fond construites sur les trois voies environnantes, si le percement de la rue d’Anjou ne l’avait pas mise en communication avec la rue Dauphine. Les conditions topographiques dans lesquelles elle est située ont, d’ailleurs, toujours fait obstacle à sa prospérité; la profondeur des constructions élevées en bordure des rues Dauphine et Guénégaud l’ont condamnée à n’être qu’une voie de desserte ou de décharge, comme il en existait au moyen âge, derrière toutes les rues de quelque importance.

CÔTÉ OCCIDENTAL

(du Nord au Sud).

JUSTICE ET CENSIVE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRES

PAROISSE DE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS

Appartenances du Grand Nesle, puis de l’Hôtel de Nevers, et en dernier lieu, partie postérieure des maisons ayant leur façade sur la rue Guénégaud.

Avant que ces deux hôtels eussent leurs dépendances sur la ruelle de Nevers, et que les bâtiments bordant la rue Guénégaud s’y étendissent en profondeur, de manière à y avoir leur mur de fond , on y remarquait, en 1 33a , plusieurs tr maisons entretenantes n au nombre desquelles se trouvait une de celles dont il est question dans l’acte de fondation du collège des Lombards par Jean Renier : tr Et simili modo predictus Renerus obligavit expresse domum suam quam habet Parisius super ripam Secane, prope Nigellam, cum juribus et pertinentiis ipsius domus, cui adhèrent domus Rudolphi Romani . . . dicti Goquus, sive le Queux, ab una parte, hortus Nigelle ab alia, viridarium Nigelle a parte rétro, et via publica a parte ante. M n

La maison dont il est question dans ce texte était située sur le bord du fleuve, et avait devant elle une voie publique, c’est-à-dire le quai ou et chemin sur Sainnen; elle était bordée, d'un côté par le jardin, de l’autre par le verger de 1 hôtel de Nesle; enfin elle attenait aux maisons de Raoul le Romain. L’une de ces maisons devait donc nécessairement faire le coin de la ruelle de Nevers, puisque celle de Jean Renier touchait au pourpris de Nesle, et que, au delà de la ruelle, vers l’orient, on était en plein domaine des Augustins et des Écoliers de Saint-Denis. Les autres constructions se trouvaient nécessairement en façade sur la rivière.

Il suit de là que la maison formant aujourd’hui l’angle occidental de la rue de Nevers a été bâtie sur l’emplacement de l’une de celles que possédait, en i 3 3 q , Raoul le Romain, dit Le Queux. Une particularité plus moderne semblait la re-

(1) Voir l'article relatif au quai Conti.

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