RUE DU JARDINET
COLLÈGE ou HÔTEL de Vendôme. Cet immeuble occupait un terrain irrégulier, de forme trapézoïdale, circonscrit par trois rues, celles du Battoir, de l’Éperon, du Jardinet, et par l’hôtel d’Enneval. Il n’avait pas, à proprement parler, le caractère d’un collège; c’était, comme les maisons d’études fondées à Paris par les Bernardins, les Carmes, les Clunistes, les Cordeliers, les Jacobins, les Prémontrés, une sorte d’hôtel où résidaient les abhés prieurs et religieux de passage à Paris, et où les novices de l’ordre se préparaient à prendre leurs degrés dans les facultés, avant de regagner la maison professe. Le plus considérable de ces établissements était celui des Bernardins, dont le réfectoire existe encore.
Il ne semble pas que le collège ou hôtel de Vendôme ait eu la même importance.
Les bâtiments, dit Berty dans une de ses notes, en avaient été amortis le i5 septembre 1 3 6 9 ; mais ils existaient antérieurement, puisque Berty et, avant lui, La Tynna en ont trouvé mention en 1367. Quant à la date précise de la fondation, elle n’est indiquée nulle part, et on le comprend, quand on songe qu’il 11e s’agissait point d’un établissement scolaire à construire et à doter, mais bien d’une habitation temporaire pour les novices et religieux profès du monastère bénédictin de Vendôme, lesquels venaient étudier à Paris, aux frais de leur couvent.
C est parce que la maison dite de Vendôme était plutôt un hôtel qu’un collège, et peut-être aussi parce quelle avait pour protecteurs les comtes de Vendôme, que nous la voyons, en 1Ô2Ô, confisquée, avec le comté de ce nom, sur Louis de Bourbon, ainsi qu’il résulte do la note suivante insérée par M. Auguste Longnon dans son savant travail, Paris sous la domination anglaise : rPar lettres patentes du 20 septembre 1Ô2Ô, Robert de Willoughhy, chevalier anglais, avait reçu de Bedfort, agissant comme duc d’Anjou, le comté de Vendôme, confisqué sur Louis de Bourbon et relevant du duché d’Anjou; ce don fut confirmé le 21 octobre 1025, par le roi Henri VI. La donation comprenait implicitement, dit Sauvai (R, l’hôtel de Vendôme situé à Paris devant l’hôtel de Rouen et celui de Reims, à la place que le plan dressé par Berty assigne au collège de Vendôme cité, dit-on, en 1 867 W. 11
Le nouveau possesseur du collège, ou hôtel de Vendôme, ne chercha sans doute point à savoir si l’immeuble dont on le gratifiait était propriété seigneuriale ou monastique, s’il servait do logis à un prince ou d’habitation à des religieux étudiants; il s’en empara et le conserva jusqu’à la reprise de Paris par les troupes de Charles VIL E11 iô36, il était gouverneur de Pontoise, lorsqu’il fut appelé au commandement des forces anglaises chargées de défendre la capitale contre
T. III, p. 3 1 G , 58o et 58g; — (!> Paris sous la domination anglaise, clans les .Mémoires de la Sociétc de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France , p. i5G.
Ricliemont cl Villiers de 1 Ile-Adam. On sait qu’il échoua dans cette tâche. Une note de Berty porte que le collège, ou hôtel de Vendôme, fut démoli en ihhi. Naturellement, on ne le trouve figuré sur aucun des vieux plans de Paris, puisque les plus anciens sont postérieurs de plus d’un siècle à sa démolition.
Partie latérale de l'hôtel des archevêques de Rouen. On sait que cette résidence archiépiscopale formait un vaste pourpris délimité par la rue du Paon, celle du Jardinet et le cul-de-sac ou impasse de Rouen. Sur ces deux dernières voies, elle n’avait que des bâtiments latéraux et des dépendances, l’entrée principale étant située rue du Paon , à peu près en face de celle de l’hôtel de Reims.
CÔTÉ MÉRIDIONAL
(d’Occident en Orient).
Débouché oriental de la rue du Paon. — Partie latérale de l'hôtel des archevêques de Reims, dont l’entrée principale était sur la rue et l’impasse du Paon. La chapelle paraît avoir été située sur la rue du Jardinet, à en juger par les vues un peu informes que donnent les plans de Saint-Victor et de Bâle. (Voir la monographie de l’hôtel, à l’article de la rue du Paon.)
Portion de rue supprimée, formant antérieurement jonction entre les rues Mignon et des Etuves. (Voir aux articles de ces deux rues et de celle des Cordeliers, pour les circonstances qui amenèrent la suppression de cette portion de voie publique.)
Dépendances de l’hôtel de Reims. Nous avons également, aux articles des rues Mignon et des Étuves, rappelé dans quelles conditions eut heu l’extension de l’hôtel, ou plutôt du pourpris dans lequel les bâtiments étaient contenus. L’hôtel de Reims, comme celui de Saint-Paul, se composait de divers corps de logis, de galeries, d’une chapelle, d’un oratoire, le tout réuni par des préaux, des cours et des jardins. L’entrée principale se trouvant sur la rue et l’impasse du Paon, on dut, lors des agrandissements opérés après la suppression de la portion de rue dont nous venons de parler et dans la direction de celle de la Vieille— Plâtrière , rejeter, à cette extrémité du pourpris, les r grandies, establesn et autres dépendances de l’hôtel.
Après la vente de l’hôtel , les démolitions et lotissements qui en furent la conséquence, il resta, au n° 9 de la rue du Jardinet, une tourelle ayant appartenu aux bâtiments de cette résidence archiépiscopale. Nous l’avons reproduite, d après l’une des planches de la Statistique monumentale, à la page hho.
RUE MIGNON
RUE MIGNON
Le nom de Mignon, relativement moderne, n’est pas le premier que cette voie publique ait porté : elle le doit au collège qui y fut fondé, en l’an 1 3Ù3, inter vicos Scurelli, Parvorum Camporum et Serpentis. Nous connaissons les rues de l’Écureuil et k de la Serpente»; la troisième, celle des Petits-Champs, ne peut être que la voie dont nous nous occupons.
Nous avons déjà fait remarquer, à propos de plusieurs rues voisines, celles du Jardinet , du Battoir, des Etuves , du Paon, etc., que le territoire compris entre les rues Hautefeuille, des Cordeliers et Saint-André-des-Ars est désigné, dans un grand nombre d’anciens titres, sous le nom de Parvi Campi, Petits Champs, dénomination provenant sans doute de l’extrême morcellement du sol. 11 n’est guère possible de savoir si ce fractionnement du terrain en petites portions cultivées était le fait des nombreux sentiers, ou chemins de desserte , qu’on y avait tracés primitivement, ou résultait du grand accensement de 1 179, ordonné par Hugues V, abbe de Saint-Germain. O11 n’est bien fixé que sur l’appellation de n Petits Champs», donnée à plusieurs petites rues ayant remplacé ces chemins, el, en particulier, à celle qui porta plus tard le nom de Mignon.
Jaillot, interprétant mal un passage de Du Breul, où il est dit que la rue Mignon aboutissait à celle de ta Semelle M, a cru que ce vocable lui avait été appliqué (J). Une faute de copiste, ou une erreur d'impression, a défiguré sans doute le nom de Scurel ou Scurelle, traduction du latin Seurellus, écureuil. Nous avons vu la rue Mignon fréquemment désignée par ce nom de Petits-Champs , ou Champ petit, qui a été donné en même temps à plusieurs autres voies. On l’a appelée aussi rue du Petit-Jardin, parce qu’on la confondait avec celle du Jardinet, ou du moins parce qu’on la considérait comme une continuation, en retour d’équerre, de cette dernière voie, privée de son ancien débouché sur la rue de la Vieille- Plâtrière.
La dénomination de Mignon, qu’elle devait, avons-nous dit, au collège de ce nom, ne lui a point été donnée, prétend Adolphe Berty, avant le xvme siècle. Cependant nous avons constaté que Gomhoust en i65a, Bullet et Blondel en 1676, écrivent sur leurs plans crue Mignon».
Le percement du boulevard Saint-Germain a fait disparaître l’extrémité méri-
n) Jaillot écrit Semelle, qui nous paraît être une forme vicieuse; un scribe ignorant et enclin à l’appropriation des termes aura lu Semelle pour Scurelle, traduction française du latin Seurellus, écu¬
reuil. Nous avons cité antérieurement plusieurs altérations de ce genre.
(2) Recherches critiques, etc., Quartier Saint- André-cles-Arts; voir à l'article de la rue Mignon.
Gi
dionale de cette rue déjà si courte; ce n’est plus aujourd’hui qu’un tronçon aboutissant d’un côté sur le nouveau boulevard, de l’autre dans la rue Serpente prolongée (ancienne rue du Baltoir).
CÔTÉ ORIENTAL
(du Sud au Nord).
CE.NSI VE DE SAINT-GERMAIN -DES-PRES
Portion des dépendances de l Hôtel de Reims.
Maison des Carneaux, l’une des nombreuses maisons crénelées du vieux Paris. Aucune particularité ne distingue celle-ci des autres portant le même nom. Elle fut donnée, en i6o5, par arrêt du Conseil d État , à Claude Cocquelet, ancien principal du collège Mignon, pour en jouir à titre de compensation de la perte de son titre, le collège ayant été adjugé définitivement à l'abbé de Grandmont,
CENSIVE DU PARLOIR AUX BOURGEOIS
Maison de la Corne de Cerf, contiguë à celle qui faisait le coin de la rue du Battoir (1 56g) .
Maison formant l’angle des deux rues, et ayant son entrée sur celle du Battoir.
CÔTÉ OCCIDENTAL
(du Sud au Nord).
COLLÈGE Mignon , occupant tout le côté occidental de la rue Mignon et tout I espace compris entre celles du Battoir et du Jardinet. La création de cet etablissement est racontée par tous les historiens de Paris. Félibien, en particulier, résume très exactement l’acte de fondation, dont il donne le texte dans ses Preuves ; mais le récit de Du Breul a plus spécialement le caractère topographique; le voici :
tt Maistre Robert Mignon, clerc du Roy en sa Chambre des comptes, eut de sa femme Jeanne deux enfants, Jean et Robert Mignon. Le premier fut archidiacre de R lois, en l’Eglise de Chartres, et conseiller du Roy; lequel acheta, à Paris, plusieurs maisons contiguës, en la censive et justice de l’abbaye de Saint-Germaindes-Prés, tenant à l’ancien lioslel de Vendosme et aboutissant de trois costés aux rues de Semelle ll\ Petits-Champs et de la Serpente. Le second eut un fils nommé Michel Mignon, lequel, suivant 1 intention de ses père et oncle, fit assortir et convertir lesdits lieux en collège, moyennant trois cents francs dor, qu il bailla aux
fll Voir ci-avant, l’explication que nous donnons de celle forme.
HUE MIGNON
religieux, abbé et convent de Saint-Germain. Et, en outre, réservé à iceux toute justice temporelle et le cens capital de trois sols, six deniers, obole, payable par cbascun an au trésorier de ladite abbaye. Le mesme Michel Mignon fit bastir la chapelle d'icelui collège, comme il se lit engravé en pierre sur le portail d'icelle gui répond à la rue, en ces termes :
et Hanc capellam conslrui fecit Michael Mignon, domini Regis nolarius, ad laudem Del honoremque beatorum Egidii et Lupi, et precipue in commemoralionem omnium fidclium defunctorum. Cujus cmnmemorationis solennilasjit in Ecclesia Deisancta, anno quolibet, secunda die Novembris. v
cr Et dans icelle chapelle, en la première vitre, du costé du chœur est escrit : et Maistre Robert Mignon, clerc du Roy en sa Chambre des comptes, Jeanne sa femme, et scs enfants, v
k En la seconde vitre, du mesme costé droit du chœur : Magistcr Johannes Mignon, olim archidiaconus Blesensis, in Ecclesia Carnolensi, fundavit hoc collegium i3â3^.v
Malingre, ou plutôt Du Breul, paraît croire que la fondation du collège Mignon s’est accomplie sans difficultés : elle a été pourtant très laborieuse. Quoique l’acte lut de l’année t 3A3, rien n’était fait encore dix ans après, et, dans l’intervalle, Jean Mignon était mort, laissant à Robert Mignon, son frère, le soin de réaliser ses volontés. Elles consistaient, dit Félibien, à instituer un collège «pour douze écoliersdesa famille, autant qu’il se pourvoit faire; à quoi il obligeoit tous ses biens et chargeoit les exécuteurs de son testament de donner la dernière perfection à cette bonne œuvre. . . ; mais la fondation fut longtemps suspendue par la négligence des exécuteurs. L’Université en porta ses plaintes au roi Jean, en i353<2).n Après examen de l’affaire, ce prince ordonna que Robert Mignon, le principal exécuteur testamentaire, achèterait «avant Noël prochain, dans le fief du Roy, huit vingt livres parisis de rente amortie, pour l’entretien de douze écoliers, auxquels il donnerait la maison où demeurait son frère, ou autre de mesme valeur, en lieu compétent, avec quinze lits garnis, des meubles à proportion et une chapelle <3). »
(,) Malingre, Antiquités de Paris, p. 329.
(î) L’Université, dans sa requête que reproduisent en substance les lettres du roi Jean, affirme qu’il lui appartient de soutenir les droits et franchises de tous ses étudiants, et elle déclare qu’en ajournant l’exécution du testament de Jean Mignon , on a non seulement fait tort aux écoliers, mais encore retardé le salut de l’âme du fondateur ; c’était invoquer, en même temps, la justice et la religion : rr Licet defunclus loiiffo tempore elapso obiisset, infra quod dicta fundulio , nisi per diclos excculorcs stctissel , fieri potuisset cl cliain debuisset ,
quia tamen nundum facta exliterat, scu etiam inclioata, in maximum prejudicium , detrimenlum et dimiiiutionem sludii parisiensis , ncc non retardalioncm salutis animœ dicli leslatoris, et cjus voluntalem lestamentariam facere et adimplere lemerarie pretermittendo.n (Lettres reproduites dans les Preuves de Félibien, III, 655 etsuiv.)
■3) Félibien, I, 5 95 , 596. Après avoir analysé les lettres du roi Jean, nous croyons devoir en extraire la partie relative à l'installation immobilière et mobilière du nouvel établissement: «Tenebitur magistcr Robertus dure et tradcrc domina
L’arrêt reçut son exécution; malgré le droit d’option laissé par le Parlement, le collège fut installé dans la maison même du fondateur, contrairement à ce qui eut lieu pour le collège de Navarre, auquel avait été légué le petit hôtel de ce nom, à l’extrémité occidentale de la rue Saint-André-des-Ars et qui fut, néanmoins, par la volonté des exécuteurs testamentaires, établi sur la montagne Sainte-Geneviève.
L’intervention du roi Jean dans cette affaire eut plus lard de graves conséquences : ce prince, d’après Félibien, amortit la maison et les revenus destinés au collège, et en devenant par là le fondateur, il en retint, pour lui et ses successeurs, « la garde, le gouvernement, la visite , l'institution et la destitution des boursiers Wn. C’était mettre l’établissement dans les mains du lloi et annuler, dans une certaine mesure, la fondation de Jean et de Robert Mignon, bien qu’on eût réservé à sa famille cia préférence dans les bourses «. Deux siècles plus tard, ce litre de fondateur, gardien et gouverneur fut invoqué contre les descendants du vrai fondateur, dont le nom disparut pour faire place à celui de Grand-Mont, quoiqu’il fût, dit Malingre, «engravé en pierre sur le portail de la chapelle*.
Le collège Mignon, qui ne put naître que grâce à des lettres royales, paraît avoir eu eu outre plusieurs démêlés avec la justice. Trente-huit ans seulement après la décision judiciaire qui imposait à Robert l’obligation d’exécuter les volontés de son frère Jean, un autre litige survint. L’aumônier du roi, c’est-à-dire le grand aumônier de France, eut à se plaindre du principal, « maistre Cosme Courtillier, soy disant maistre des escoliers Mignon*. 11 mit dans ses intérêts le procureur général, et obtint contre son adversaire un jugementpar lequel la cour commettait «maistre Nicolle de Clamanges, pour gouverner ledict liostel, recevoir les rentes et réparer*, sauf à rendre compte de son administration i'2). Ce n’était qu’un arrêt provisoire; nous ne savons quelle suite eut l’affaire.
En janvier i 5a6 (v. s.), nouvelle plainte : on liL ce qui suit dans les Extraits de différons registres du Parlement, publiés par Félibien : «Du samedy xxvne jour de janvier, l’evesque de Troyes, confesseur du Roy, est venu en la Cour de céans, qui a dict que le college Mignon est de la fondation royalle, et auquel a eu, par cy devant, grand nombre d'escolliers et fort bon exercice; toutes fois, deprésent, n’y a aucun exercice, pour ce que le principal dudict college est chanoine de Chartres, et ne se tient ordinairement audict college. Et a supplié la Cour commettre
quant dictus ejnsf râler, lempore sut obtins, lenebal et in ea morabnlur, seu aliarn equivalentem pro liabila- Itotic el mansione dictorum scholurium Parisius, in loco compelenti situalam, una cum quindecim leclis
furnitis et supelleclilibus , ac quadain capella pro divino servicio celebrando. »
(1) Félibien, I, 596.
(2) Félibien, Preuves, II, 544.
RUE MIGNON
aucuns des conseillers de céans pour, avec luy, se transporter audict college et procéder à la réformation diceluy. n Le défaut de résidence, qui était alors le vice de 1 épiscopal, parait avoir été aussi celui des principaux, ou tout au moins de celui du collège Mignon. L’abus étant flagrant, la Cour chargea trois conseillers de se transporter audit collège, avec l’évêque de Troyes, et de prendre les mesures nécessaires W.
Elles ne furent pas cependant tellement efficaces qu’il n’ait été besoin, quinze ans après, en août 1 5 3 y , de procéder à une nouvelle réforme. L’historien Le Maire nous apprend que c Jean Le Veneur, cardinal évêque de Lisieux et grand aumosnier de France, restablit la discipline dans le collège Mignon, tant pour le service divin que pour l’entretien des douze boursiers qui y avoienl esté fondez^n. C’est en qualité de grand aumônier de France et par conséquent toujours au nom du Roi, considéré comme le véritable fondateur du collège, au détrimentde Jean et de Robert Mignon, que le cardinal Jean Le Veneur intervient.
Ce précédent amena, en i58û, une véritable confiscation du collège au profit, des Bons-Hommes, ou Minimes de l’ordre de Grandmont. En échange de leur couvent du bois de Vincennes, qui gênait peut-être le Roi dans ses plaisirs cynégétiques, ils reçurent de Henri III le collège Mignon, alors en pleine décadence, et lui donnèrent le nom de leur ordre. Ce fut sans doute à la suite de la fameuse procession faite par le. Roi et ses pénitents aux Minimes de Chaillot, en cette même année i586, que l’arrangement eut lieu O. Malingre, ou plutôt Du Breul, l’expose dans les termes suivants : ce En l'an î 58/t, le roi Henri troisiesme laissa a perpétuité ledit collège a l’abbé de Grammont... Mais la cause a esté, par plusieurs années, débattue, s’opposant maistre Claude Cocquelet, doyen de la grande église de Meaux, et maistre Victor Cayet, docteur en théologie, eux se disant principaux dudit collège. Et à iceux se joignit le recteur de l’Université, n
L’a flaire traîna en longueur pendant les guerres de religion; elle ne fut terminée qu’en i6o5 par un arrêt définitif du Conseil d’État tt déboutant, dit Malingre, les prétendus principaux Cocquelet et Cayet, sinon qu’il est permis audit Cocquelet de jouir de la petite maison sise devant le college, dite des Carneaulx, etc... Et en outre le college s’appellera dorénavant college de Grandmont W. »
Après être resté plus d un siècle et demi entre les mains de ses nouveaux pos-
(l) Félibien, Preuves, II, 67 4.
' Le Maire, II, 5 1 8 , cl Félibien, I. 596.
(3> Hippolyle Cocheris, dans ses Noies et additions an texte de Le Beuf, mentionne, parmi les documents originaux relatifs au collège Mignon , rf |e
contrat d échangé du prieuré de Vincennes, pour le collège, échange ordonné par le Roi et confirmé par le pape Grégoire XIII, le 1"’ novembre 1 5 8 ^ « (III, 3i7).
{4) Antiquités de Paris, p. 3 s 9 et suiv.
sesseurs, le collège Mignon fut réuni à l’Université, comme tous les autres établissements scolaires sans exercice. Peu d’années auparavant , en 1 769 , la chapelle avait été, dit Le Beuf, tt rebâtie beaucoup plus grande que la précédente, et 1 autel placé à l’occident d. Déclarés propriétés nationales en 1790, les bâtiments servirent à divers usages, notamment de dépôt pour les archives du Trésor royal, sous la Restauration; on les aliéna en 182b. Ils ont été convertis depuis en ateliers d im-
Rue Mignon et partie de la façade du collège, d’après une photographie.
primerie. La chapelle, reconstruite en 17^9, est visible à l’extérieur; on retrouve, à l’intérieur, quelques traces de l’ancien établissement scolaire; mais les appropriations modernes tendent chaque jour à les faire disparaître.