‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 127 sur 206 · ACTUELLEMENT RUE SÉGUIER · texte numérisé non relu

ACTUELLEMENT RUE SÉGUIER

Les rues pavées et percées étaient assez nombreuses dans le vieux Paris. La région qui nous occupe en contenait précisément deux qui répondaient à leur étymologie, c’est-à-dire dont l’une avait été ouverte au milieu d’un îlot circonscrit par d'autres voies plus anciennes, et dont l’autre avait reçu un pavage, alors que ses voisines en étaient encore dépourvues.

La rue Pavée Saint-André-des-Ars paraît avoir eu ce privilège de très bonne heure : il en est fait mention dès I2i5, et le nom de Pavée lui est donné en 1292 et 1296 W. Cependant tout porte à croire que la rue Saint-André, ou crgrantrue Saine! Germain n, artère principale du quartier, ancienne voie romaine tendant du Petit-Pont à l’Abbaye, a dû recevoir un pavage avant les chemins qui la bordaient à droite et à gauche, et que l’accensement de 1 17g transforma en rues Celle dont nous nous occupons et qui conduisait en droite ligne au bord de la rivière, où il existait plusieurs abreuvoirs pour les chevaux des nombreux hôtels du voisinage, a dû être pavée peu après. Les autres sont venues ensuite selon l’ordre d’importance, et c’est probablement dans ce sens qu’il faut interpréter les mots suivants que contient un acte de iôô3, lu par Adolphe Berty : terne Gogain et de présent la rue Pavée t>. Au lieu d’en conclure, comme l’a fait Berty, que l’ancien nom de la rue de l’Eperon a été, accidentellement et par exception, donné à la rue Pavée qui n’en est pas le prolongement, et avec laquelle on 11e l’a jamais confondue, peut-être faut-il penser que la rue Gaugaiu, pavée seulement dans la première moitié du xve siècle, comme voie d’une moindre importance, a été désignée momentanément par ce qualificatif, peu après l’achèvement du travail de pavage.

Dans les transactions dont nous avons parlé, à propos de la rue Gilles-le- Queux®, la rue Pavée est énoncée via que est juxla domum que fuit Guillehni de Sancto Marcello, ce qui indique qu’à l’époque où furent passés ces actes, elle

(1) A l’époque où fut levée la Taille de 1292, la rue Pavée avait déjà quelque importance à en juger par le nombre des taillables. Voici les noms relevés par II. Géraud : crJehanne la Seurine et sa iille, Mestre Charles, Enjorren le mesnagier, Guillaume dcCorbueil, Robert aux Mottes, Mabeut la Breite, Gautier le toillier, Thybauclin le passéeur, Thibaut de Gournay, Jehan Petit, Jehanne Joële , Robert Bequet, Pierre du Huic.le concierge de

Néelle,Loys P allouant, Simon le Souffle, Gautier l’allemant, tavernier». Il convient de faire remarquer que la taille ne frappait que les bourgeois et habitants ou manants: la classe des valets, c’està-dire des ouvriers, et celle des écoliers en étaient exemptes.

(î) Voir à l’article de la rue Saint-André-des- Ars.

(3) Voir ci-avant à l’article de celte rue.

RUE PAVÉE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS

n'avait pas encore reçu le pavage auquel elle doit le nom qu’elle a toujours porté depuis; car il ne faut considérer que comme une faute de copiste le nom de rue Barrée, qu on lit dans la Grande Gouache, réduction modernisée du plan de la Tapisserie.

Comprise dans l’accensement de n79, la rue Pavée figurait sur les censiers de 1 Abbaye, ainsi que sur les comptes de la Pitancerie, comme renfermant des propriétés sujettes à cens. Une double redevance de cinq sous grevait «la maison qui fu mestre Adam de Lille, séant eu la rue Pavée n, et une autre maison qui n’est pas même désignée par le nom de son propriétaire «. La localisation de l’un et de l’autre de ces immeubles est des plus difficiles; nous ne la tenterons point.

11 est tout aussi malaisé d identifier deux maisons taxées, en 1281, par les jurés de l’Université , pour le logement des écoliers externes qui en suivaient les cours. Désignées seulement par le nom de leurs possesseurs et par celui d’un propriétaire voisin, elles sont évaluées locativement ainsi qu’il suit :

a La maison de Hugues de Hermen, avec estables, rue Pavée : 8 livres pour la maison ; 1 0 sous pour estables(2ù 11

/La maison des héritiers de Guillaume de Poncel, rue Pavée, près la maison d Etienne de Moret : 6 livres, 5 sous^d.

Nous ne savons si ces louages existaient encore à l’époque où furent fondés les collèges de Saint-Denis, dAutun et de Boissy, plus voisins de la rue Pavée que ne 1 étaient ceux de la Montagne Sainte-Geneviève; en 1281, ces maisons à usage d habitation écolière étaient situées presque à l’extrémité de la région universitaire.

Une addition rabelaisienne a été faite, au xvi' siècle, à l’une des rues pavées du \ieux Paris, celle du quartier Saint-Victor, plus connue sous le nom de rue du Mûrier : dans le plan dit de Saint-Victor, parce qu’il était conservé dans la bibliothèque de ce monastère, on lit «rue pavée d’andouilles». Cette petite voie, qui montait autrefois de la rue Saint-Victor au mur de soutènement du collège de Navarre, et qui a été emportée par les percements nouveaux (rues Monge et des Ecoles), na pas conservé le singulier complément qu’on lui avait donné; elle l’a transmis ù une autre. Sur le plan de Gomboust, qui date de i652 et est, par conséquent, postérieur d’un siècle à celui de Saint-Victor, on lit, d’une part, «rue du Meurier « pour désigner la voie située dans le quartier de la place Maubert,

w Notes relevées dans les Cartulaires par H. Legrand.

(l Les cr estables» ou écuries servaient aux étudiants de batiments de décharge, ou dépendances.

{3) La taxe des logements dans l’Université de Pans, par M. Charles Jourdain, travail inséré dans les Mémoires de la Société de l’histoire de Paris, t. IV, p. 167.

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, et, d’autre part et rue pavée d’andouillesn pour dénommer celle du quartier Saint- André-des-Ars. Piganiol et plusieurs autres historiens 1 appellent ainsi ; Jouvin de Rochefort, Bullet et Blondel la font figurer sur leur plan avec cette dénomination. On peut donc, à cette occasion, rappeler le passage de Rabelais, qui est probablement l’origine de cette appellation pantagruélique, à moins qu’il ne faille y voir une locution servant à désigner les boutiques de tt chaircuitiers r et auties magasins de victuailles, dont les rues en question auraient été pavées ( b

Pour éviter les homonymies, le nom de Séguier, qui est celui dune grande famille parlementaire, a été donné, en i86A,àlarue Pavée, qui le porte encore aujourd’hui

CÔTÉ ORIENTAL

(du Sud au Nord).

CENSIVE DE SAINT-GERM AIN-DES-PRES

PAROISSE DE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS

Partie latérale du Petit Hôtel d’Arras, ayant sa façade et son entrée principaie sur la rue Saint-André. Comme il arrivait le plus souvent en pareil cas, le petit hôtel d’Arras suivit les destinées du grand , c’est-à-dire qu il fut morcelé en même temps que la résidence principale. En i534, dit Berty, les terrains des deux hôtels étaient déjà lotis, et avaient reçu des constructions sur les trois rues qui les délimitaient, Gilles-le-Queux, Saint-André-des-Ars et Pavée. C’est dans une maison bâtie à l’angle de ces deux dernières rues, c’est-à-dire sur l’emplacement du petit hôtel d’Arras, que naquit en 1 6 1 3 et mourut en 1677 le docteur janséniste Sainte-Beuve.

Maison sans désignation, contiguë à celle qui laisait le coin oriental des rues

iusques à présent est appelé la rue pavée d’un-

douilles ri.

M. A. Franklin, qui cite ce texte à propos de la rue du Mûrier, ne donne pas I étymologie comme bien sérieuse, et ne lui trouve d autre mérite que celle d'être contemporaine du plan de Saint-Victor. Peut-être eût-il été bon de rechercher si la dénomination dont il s’agit est antérieure à Rabelais , lequel aurait imaginé la plaisante explication qu’on vient de lire, ou si la lecture de Gargantua a donné à certains écoliers folichons l'idée de l’appliquer à une rue ‘pavée de leur quartier.

(2) Un membre de cette illustre famille, le président Séguier, a demeuré dans la rue Pavée, de i8o3 à 18/18, et il y est mort en cette dernière année.

(1) Au chapitre xlii de Pantagruel, Rabelais raconte que, son héros ayant consenti à parlementer avec Niphleseth, reine des Andouilles, celle-ci promit que ses sujets relui envoycroient soixante et dix huict mille andouilles royalles, pour, à 1 entrée de table, le servir six mois l’an. Ce que feut par elle faict, et envoya au lendemain, dedans six grand 7. briguantins, le nombre susdict d andouilles royalles au bon Gargantua, soubz la conduite de la jeune INiphleseth, inlanle de l isle. Le noble Gargantua en feit présent, et les envoya au grand roy de Paris. Mais, au changement de l'aer, aussy par faulte de mouslarde (baulme naturel et restaurant d’andouilles) moururent presque toutes. Par 1 octroy et vouloir du Grand Roy, feurent, par monceaulx, en ung endroict de Paris enterrées, qui

RUE PAVÉE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS

Pavée et Saint-André-des-Ars, et ayant été bâtie sur une partie du terrain occupé par le petit hôtel d’Arras.

Deux Maisons sans désignation, contiguës à la précédente, ayant appartenu à la famille Lemaître, dont un membre, Gilles Lemaître, fut président te en la Cour de Parlement il, et étant devenues, en 1700, le siège de nia communauté des frères Cordonniers d, sorte de corporation, ou plutôt de confrérie, fondée, en i6A5, par le baron de Rcnty, qui avait pour associé le cordonnier Buch. Leurs statuts avaient été rédigés par Coqueret, docteur en Sorbonne : ils travaillaient, mangeaient, priaient en commun, allaient vêtus de noir avec rabat et chapeau rabattu ; leur communauté reconnaissait pour patron saint Crépin, et en portait le nom. Les trois maisons k entretenantes n qu’ils occupaient, en 1700, dans la rue Pavée avaient été vendues en cette même année par Anne Lemaître et son mari, Charles de la Boulière, sieur de Chagny, à un sieur Jobard, tt maître cordonnier privilégié, suivant la cour et conseils de Sa Majesté ii. Ce Jobard, qui logeait chez lui cette confrérie, en était sans doute le chef; peut-être aussi avait-il acquis les trois maisons dont il s’agit comme protecteur et représentant de la communauté, selon l’usage des officiers de la maison du Roi, qui couvraient de leur patronage les corporations ouvrières.

Le plan de La Caille montre, au milieu et sur le côté oriental de la rue Pavée, un petit carré teinté en noir, avec ces mots C. des Frères Cordoniers-, le texte annexé au plan compte la chapelle de cette communauté au nombre des trois existant dans le quartier Saint-André-des-Ars. L’écrivain auquel nous empruntons une partie de ces détails ajoute que les maisons habitées par la communauté des Frères cordonniers était grevée d’un cens au profit de l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés ; c’était la condition à laquelle étaient soumis tous les bâtiments élevés dans cette région, en vertu de l'accensement de 1 179.

Sur l’emplacement des trois maisons n entretenantes tt possédées, au xvuc siècle, par la famille Lemaître et occupées, au xviu° siècle, par les Frères cordonniers, le plan de Berty indique quatre parcelles bâties qui figurent dans son texte sous la dénomination banale de s maison sans désignation tt. Nous avons essayé de les identifier. La première était la

Maison du Chapelain de la chapelle des Rametz, dans l’église Saint-André-des- Ars (h. Il y a lieu de croire que cette maison , dont ladite église avait la propriété ou l'usufruit, est celle qu’occupaient ou dans laquelle siégeaient, vers le milieu du xvuc siècle, les marguilliers, administrateurs temporels de Saint-André. Ou les

(1) Voir la description de celle chapelle dans la monographie del’e'glise Saint-André-des-Ars.

fait figurer à celle époque parmi les propriétaires habitant cette rue; ils ne faisaient sans doute quy gérer les biens de la paroisse, et durent favoriser l'installation des Frères cordonniers dans cet immeuble.

La seconde était la Maison de Saint-Jean-Baptiste , dont il est fait mention dans un acte de 1/171, relatif à la Maison du Chapelain.

La troisième était une

Maison sans désignation, qui formait primitivement une dépendance de la suivante, et en fut détachée à une époque que l’on ne saurait préciser.

Maison de lÉveqüe de Lodève, avant 1/176, et depuis, de l’Evêque de Rodez. C’est sous ce dernier nom quelle figure sur le plan de Berty. La situation de cet ancien logis épiscopal, en face du débouché de la rue de Savoie, permet de l'identifier avec 1 Hôtel Saint-Fhançois qui eut, dès les premières années du xvnc siècle, la même destination que l’hôtel de Lyon en la rue de la Contrescarpe. Jaillot nous apprend, en effet, que et vis-à-vis de la rue de Savoie est le bureau des carrosses et messageries pour la Normandie et la Bretagne d. Les évêques de Rodez, auxquels ceux de Lodève avaient cédé leur résidence parisienne, s’en défirent donc dans le courant du xvic siècle; elle fut reconstruite en 1690 et possédée par le président Lemaître, avec les maisons dont nous avons parlé plus haut. Les coches de Bretagne et de Normandie y descendaient dès 1617.

Le vocable de Saint-François, sous lequel cet hôtel était placé, avait donné naissance à une légende que Jaillot a combattue’: et O11 prétend, dit-il, que c’était la demeure de saint François de Sales. Les père et mère de ce saint 11’avaient point de domicile à Paris, et l’un des auteurs de sa vie dit que l’église qu’il fréquentoit le plus etoit celle de Saint Etienne des Grés, la plus proche du lieu de sa demeure. t> L’enseigne de Saint François cju’avoit cet hôtel, dès i64o, suivant les titres de 1 abbaye de Saint Germain, a pu faire confondre le saint dont il portoit le nom avec saint François de Sales, qui 11e fut canonisé que le 19 avril 1 6 6 5 W.*

Les deux dates sont décisives : l’hôtel ne peut avoir porté, en i64o, le nom d un pieux personnage qui ne fut mis au nombre des saints que vingt-cinq ans plus tard.

Maison de la Nasse, faisant le coin oriental de la rue Pavée et du quai des Augustins. Elle 11e formait, en 1 2 1 5, qu’une seule et même propriété avec PHôtel d Arras. Le terrain qu elle occupait avait été concédé à Odon, queux du Roi, à la charge de laisser le chemin libre pour les voitures circulant sur le bord de la

111 Recherches historiques, etc., Quartier Saint- André-des- Arts , p. 116.

RUE PAVÉE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS

rivière , ou y arrivant par la rue Pavée. En 1 563, ia maison de la Nasse appartenait à Simon Cornu, procureur au Parlement; elle devint ensuite la propriété des seigneurs de Bruire.

CÔTÉ OCCIDENTAL

(du Nord au Sud).

Maison sans désignation, faisant le coin occidental de la rue Pavée et du quai des Auguslins.

A cette simple mention consignée dans les notes de Berty, il convient d’ajouter les indications suivantes : en 1 368 , la maison dont il s’agit appartenait à Rifflart, jadis queux de Monseigneur de Beauvais, et payait quatre sols à la Pitancerie de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés; sous la domination anglaise, elle fut confisquée au préjudice de M» Jean Mengin, partisan de Charles Vil; on la voit, en effet, figurer comme telle sur les comptes de confiscations des années 1 623 et 1/12/1.

Entre cette maison d angle et le débouché de la rue de Savoie, les deux plans de Jouvin de Bochefort qui sont, l'un de 1672 et l’autre de 1676, montrent la partie septentrionale du pourpris de l’hôtel de Nemours séparée de la partie méridionale par la nouvelle rue de Savoie, ainsi d’ailleurs que le fait voir le plan de Berty. Ils montrent également les parcelles de terrain, les bâtiments et dépendances utilisés par les spéculateurs qui avaient acquis l’hôtel. Nous exposons plus loin, à l’article de la rue de Savoie, les détails de cette opération édilitaire; ici, nous devons dire d’abord ce qu’avait été l'hôtel dans les siècles précédents, quels en furent successivement les possesseurs et les transformateurs, pins ce qu’on fit, après la démolition de l’hôtel, des terrains en bordure de la rue Pavée, et enfin ce qui reste aujourd’hui de tout ce passé.

Hôtel de Châtillon, de l evêque d’Autun, des évêques de Laon, des DUCS DE SAVOIE ET DE NEMOURS. Le grand logis qui a porté ces divers noms s étendait sur le côté occidental de la rue Pavée, depuis la maison sans désignation formant le coin du quai, jusqu’à celle de la Seraine, dont nous parlerons plus loin ; mais le périmètre était loin d’en être régulier. Selon un usage constant, les résidences, de cet ordre, en façade sur une rue où elles étaient plus ou moins limitées par d autres propriétés, se prolongeaient en profondeur jusque sur la rue parallèle, qui leur servait ainsi de voie de desserte; elles y aboutissaient tantôt largement, tantôt par détroits couloirs; mais en revanche elles remplissaient 1 ilôt intérieur où s’espacaient leurs dépendances.

Tel paraît avoir été l’hôtel que nous étudions. Malgré les délimitations indi-

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, quées sur le plan clc Bertv, plan trop synthétique, on le sait, où le travail de plusieurs siècles se trouve condensé sur une seule feuille, le pourpris dans lequel l’hôtel était enclos atteignait la rue ttà l'abbé et aux eschohers de Sainct-Dcnys r, en écornant, au sud, les jardins de la Maison des Charités , au nord , ceux de I’Hôtel de Sancerre et d’IIercule. Il est difficile de préciser la date de ces diverses extensions : on peut sans témérité faire remonter celles qui eurent lieu du côté des jardins de la Maison des Charite's, à l’époque où les évêques d’Autun et de Laon, possesseurs de l’hôtel, purent facilement traiter avec les abbés de Saint-Denis. Il n’est pas question de l’hôtel qui nous occupe avant 1 année 1 807. A cette époque , Jean de Châtillon, fils du connétable de ce nom, le vendit à Jean dArcy, éveque d’Autun.

Le Dictionnaire île la Noblesse nous apprend que et Jean de Châtillon, le second fils du connétable Gaucher, IIe du nom, comte de Porcéan, et d’Isabelle de Dreux, sa première femme, fut seigneur de Châtilion-sur-Marne, de Gandelus, Troissi, Marigni et la Ferté en Ponthieu, du chef de sa femme. Il est nommé entre les exécuteurs testamentaires du roi Philippe le Bel, en i3iô. Il représenta le Grand Queux de France au sacre de Philippe de Valois, en 1828, et suivit Jean de France, duc de Normandie, au voyage qu’il fit en Flandre, en 1 3k 0. 11 défenditla ville de Tournay assiégée par les Anglais, en i34i, fut pourvu de la charge de Grand Maître de France en 1 35o, se trouva à la bataille de Poitiers en i35G et mourut âgé D) -n.

Cette biographie sommaire prouve que Sauvai et les auteurs du Gallia christiana ont eu tort de faire de Jean de Châtillon un éveque d Autun : homme de gueue, marié trois fois selon le Dictionnaire de la Noblesse, et quatre fois selon Moréri, il n’eut d’autres rapports avec l’Église d’Autun que ceux de vendeur à acheteur; c’est lui qui se défit, en faveur de Hugues d’Arcy, de l’immeuble patrimonial bâti sans doute à la suite de l’accensement de 1179, lequel mit en valeur et peupla toute cette région. Si la rue Pavée reçut ce nom dès la fin du xuic siècle, cest, ainsi que nous l’avons dit plus haut, parce que l’importance des constructions qui s’y étaient élevées en rendirent le pavage nécessaire. Or l’hôtel de Châtillon était le plus considérable de ceux qui bordaient la rue; tout porte donc à croire qu il avait été bâti dans le cours du xui° siècle.

Jean d’Arcy, d’abord évêque et comte de Mende, puis éveque d Autun et transféré finalement à l’évêché de Langres, avait un neveu, Hugues d’Arcy, qui lut élevé en i33g sur le siège de Laon. C’est lui que Sauvai dit avoir été l’acheteur de l’hôtel de Châtillon!2); mais les auteurs du Gallia christiana relèvent cette erreur

IR Dictionnaire de la Noblesse, article Châtillon. — <’> Antiquités de Paris, II, p. 78.

RUE PAVÉE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS. 513

dans les termes suivants : «Sauvallius ait Hugonem, episcopum Laudunensem, eimsse anno i33y, a Johanne de Chatillon, episcopo Laudunensi, domum sitarn Lutetiæ in vico dicto Pavée; quam Ecclesiæ Laudunensi testamento legavit, anno 1 3 0 2 ’ factus archiePiscoPus Remensis; sed ex iis quæ modo diximus . . . , necesse est Sauvalhum errasse in chronologia anni 1 337 «. y, Sauvai s’est trompé deux lois en effet la première, en plaçant Hugues d’Arcy sur le siège de Laon dans l’année 1 d 07, alors qu il n’en fut nommé évêque que deux ans plus tard ; la seconde, en confondant Jean de Chatillon, le vendeur, avec Jean d’Arcy, l’acheteur. Ce qui a pu contribuer à la confusion, c’est que Jean d’Arcy avait été précédé sur le siège d Autun par son oncle, Hugues I» du nom (1286-1398), et que, avec l’argent de ce prélat, il s’était rendu acquéreur de l’hôtel de Châtillon : ci domum sitarn

utetiæ , in vico suhurhn Sancti Germani , cui nomen rue Pavée. . . , emerat a Johanne Casteliioneo, ex ære Hugoms d’Arcy, cpiscopi Augustodunensis, patrui suir,.

H resuite de ces divers textes que l’acquisition avait un caractère patrimonial : achète avec les fonds de l’oncle, l’hôtel passa au petit-neveu qui en lit don à ses successeurs, lorsqu’il fut nommé archevêque de Reims. Les titulaires de ce siège jouissaient, en etlet, de la magnifique résidence que nous avons décrite à l’article e la rue du Paon, tandis que les évêques de Laon n’avaient point de logis h ans. L hôtel de Chatillon 11’appartint donc aux d’Arcy que quatorze ans, la translation de Hugues 11 au siège de Reims ayant eu lieu en i35i ; l’évêque d’Autun, Jean, ne le posséda que deux ans, ce qui explique pourquoi il 11e lui a pas laissé

Devenu bien de mainmorte, par le don qui en avait été fait aux évêques de Laon , le vieil hôtel de Châtillon demeura plus d’un an entre leurs mains, toujours soumis aux redevances stipulées en l’accensement de 1 1 79. Les nouveaux possesseurs ne s en acquittèrent pas régulièrement, puisque nous voyons l’un d’eux, Jean de Rouci, homme processif, à ce que disent les auteurs du Gallia christiana®, condamné, en 1 3g3 , à payer à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés cinquante sols de cens pour l hôtel de Nemours, comme on l’appela plus tardW.

C’est à ce prélat qu’il faut attribuer la reconstruction de l’hôtel, laquelle eut heu en 1/106; Jean de Rouci, en effet, occupa le siège de Laon de 1 386 à 1/119. E11 rebâtissant la vieille demeure des Châtillon, Jean de Rouci lui donna sans doute de plus vastes proportions, et c’est à cette époque qu’il convient de placer les agrandissements dont nous avons parlé plus haut, agrandissements opérés aux dépens des jardins de I’Hôtel de Sancerre et de la Maison des Charités de Saint- Denis.

(1) Gallia christiana, IX, p. 547 548 <’) Ibid.

() ■-Nomimitur in actis Parlamenti, annorum

i3g3 et 1 4 1 0 , quo tempore de jurisdictione dueatus sui contenait cum procuratore regio.» (Gallia christiana, IX, p. 55 1 .)

L’hôtel était dans toute sa nouveauté, lorsque la domination anglaise commença à peser sur Paris; il n’échappa point aux mesures de confiscation qui atteignirent les propriétés des partisans de Charles VII. L évêque de Laon était alors Guillaume de Champeaux, qu’il ne faut point confondre avec le fameux Guillelm us a Campellis, le maître d’Abélard, devenu en m3 évêque de Châlons; un intervalle de plus de trois siècles sépare, on le voit, ces deux personnages. Celui qui occupait le siège de Laon , au moment où il lut dépossédé de l’hôtel, était tout dévoué au légitime héritier de la couronne. Il avait en iôa3 baptisé dans la cathédrale de Bourges l’enfant qui fut depuis Louis XI; en 1Ô29 il assista au sacre du roi à Reims, et fut ensuite l'un de ses principaux confidents. 11 avait donc tout ce qu'il fallait pour encourir une confiscation. Ce qu’il y a d’étrange, c’est que l’hôtel confisqué fut donné à l’un des collègues et voisins de Guillaume de Champeaux, l’évêque de Thérouanne, Louis de Luxembourg, qui tenait pour les Anglais. Nous avons parlé de ce personnage, avec quelques détails, à 1 occasion de l’hôtel d’Arras W. Peut-être est-ce à celui de Laon, nouvellement reconstruit et séparé du premier par la rue Pavée seulement, qu’eut lieu la réception dont parle le Journal d’un bourgeois de Paris®. Les fêtes qui furent données à cette occasion purent avoir les deux hôtels pour théâtre, ainsi qu’on a vu, plus tard, les réjouissances princières s’étendre du Louvre aux Tuileries.

Après l’expulsion des Anglais, l’hôtel de Laon retourna naturellement aux évêques de cette ville, et ils le conservèrent jusque dans la seconde moitié du xvie siècle, époque où ils le vendirent à un prince de Savoie. La date de cette acquisition 11e saurait être précisée; mais il est certain qu’elle eut lieu entre 1 ôfia , date de la majorité de l’acquéreur, Jacques de Savoie, et i585, année de sa mort. Dans cet intervalle, deux évêques, Jean de Bours et Valentin Douglas, se succédèrent sur le siège de Laon; la vente fut donc consentie par 1 un ou 1 autre de ces prélats, plus probablement le premier. II est à croire, en effet, que Jacques de Savoie n’attendit pas les dernières années de sa vie pour acquérir 1 hôtel de Laon; or il mourut en 1 5 8 5 , et Jean de Bours, en 1 58i.

Qu'était le nouveau propriétaire de cette ancienne résidence seigneuriale ? Il avait pour père Pierre de Savoie, fils puîné de Philippe, dit sans Terre, duc de Savoie, auquel François Ier avait, en i5a8, donné le duché de Nemours, possède jusque-là par Louise de Savoie, mère du monarque. Jacques de Savoie, qui 11 avait que deux ans à la mort de son père, obtint à son tour en 1 5 Ù7, du roi Henri II ,

(l) Voir à l’article de la rue Saint- Andrc-des-Ars. (!J M. Tuetey , à qui l'on doit l’édition publiée par la Société de l’histoire de Paris et de l’ Ile-de-France (p. 36 1 et 362), se fonde sur un document conservé aux Archives nationales (X.,a à i48o, fol. 94

et g5) pour dire que la réception eut lieu à l’hôtel d'Arras , résidence du chancelier de Luxembourg , oncle de la duchesse de Bedford. L’évêque de Thérouanne, qui était son cousin, put également lui offrir l’hospitalité.

RUE PAVÉE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS

le duché de Nemours, et cette donation lui fut confirmée par Charles IX en 1 56 1 et 1 563. C’est ainsi que se constitua la branche de Savoie-Nemours, maintenue en possession du duché par Louis XIII et par Louis XIV, et que cette double appellation fut appliquée à l’ancien hôtel de Laon et de Châtillon, acquis par Jacques de Savoie.

Reconstruit en îùoC, par l’évêque Jean de Rouci, dans le style du temps, et approprié à une habitation épiscopale, l’hôtel dut s’agrandir quand il devint la résidence d’un grand seigneur. C’était, d’ailleurs, 1 époque où la Renaissance marquait de son empreinte toutes les vieilles constructions parisiennes, où l’on reconstruisait le Louvre, où l'on bâtissait les Tuileries, où l’on modernisait tous les vieux logis de l’ancienne aristocratie. Mais nous n’avons rencontré aucun document relatif aux travaux dont l’hôtel put être l’objet, et nous en sommes réduit, sur ce point, aux conjectures. Nous savons seulement que sous le règne de Louis XIII, Henri de Savoie, second fils de Jacques W, y hébergeait à la fois sa belle-mère Marie de Lorraine, femme de Charles de Lorraine, duc d’Aumale, Mademoiselle de Sénecterre, fille d’honneur de Catherine de Médecis, son frère M. de Sénecterre, qui fut père du maréchal de la Ferté, et toute la suite de ces personnages; ce qui suppose de vastes appartements t'1 2L

Pendant la Ligue, l’hôtel avait été habité par Anne d’Este, veuve de Jacques, duchesse de Savoie et de Nemours. Cette princesse figurait, selon la Ménippée, à la fameuse procession qui eut lieu en î 5 g 3 : crltem venoit Madame de Nemours, représentant la Reine mère, ou grande mère ( indubio ) du roi futui"n(3). Les deux fils de cette princesse, Charles-Emmanuel, duc de Nemours, et Henri, marquis de Saint-Sorlin , habitèrent successivement l’hôtel après elle, et, en leur qualité de princes lorrains par leur mère, ils demeurèrent jusqu’au dernier moment fidèles à la Ligue ; mais Henri étant devenu, par la mort de Charles-Emmanuel, arrivée

(1) Les commentateurs de Tallemant des Réaux, MM. Paulin Paris et de Monmerqué, donnent quelques détails sur ce personnage qui habita l’hôtel de 1 6i i h 1626. C’était, disent-ils, un des plus galants hommes de la cour, le premier qui se soit adonné à faire des galanteries en vers, des dessins de carrousels et de ballets. 11 est l’auteur du ballet des Noces imaginaires de la douairière de Bilbahaut, dansé en i ()2 6. Mademoiselle de Sénecterre, qui logeait chez lui , y avait composé un roman en quatre volumes , intitulé Orasie (Paris, 16Ô6).

(2) Malherbe, dans une lettre à Peiresc, datée du

icr août 1 6 1 1 , raconte tout au long une aventure dont l’hôtel de Savoie-Nemours fut le théâtre et Mademoiselle de Sénecterre, l'héroïne. 11 s’agit d’une

entreprise nocturne, tentée par Henri-Robert de la Marck, comte de Braisne, et suivie d’une demande de réparation faite par René aux Epaules, marquis de Nesle, cousin de la personne outragée.

(3) Les commentateurs de la Ménippée nous apprennent que ff Anne d’Este, duchesse de Nemours, éloit mère du duc de Mayenne, qui auroit bien voulu se faire roi, et grand’mère du jeune duc de Guise, qui aspiroit aussi à la couronne. Elle avoit épousé, en premières noces, François de Lorraine, duc de Guise, qui fut tué par Pollrot, et s’étoit remariée à Jacques de Savoie, duc de Nemours, duquel le fils, duc de Nemours par le décès de son père, prétendoit pareillement se faire roi».

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, en 1 595 , chef de la maison de Savoie-Nemours, se rallia au parti royal et habita paisiblement l’hôtel.

C’est pendant le séjour qu'il y fit qu’eut lieu l’aventure dont nous avons parlé dans une note de la page précédente. Un autre événement plus tragique ensanglanta l'hôtel de Savoie-Nemours, pendant la dernière année de la Fronde. Charles- Amé, fils aîné de Henri, ayant eu quelques démêlés avec son beau-frère, le duc de Beaufort, bien connu sous le nom de Roi des Halles, un duel s’ensuivit. Il eut lieu à la porte de Richelieu, et le duc de Nemours y fut tué. Son cadavre, disent les auteurs du temps, fut porté à l’église Saint-André-des-Ars ttsa paroisse n ; ce qui prouve qu’en 1652 il habitait l’hôtel patrimonial de la rue Pavée. De son mariage avec Élisabeth, fille de César de Bombon, duc de Vendôme, il avait eu, outre deux princes morts jeunes, deux filles, dont l’une, Marie-Françoise-Élisabetli, fut mariée en 1666 à Alphonse VI, roi de Portugal, et en 1668 à don Pèdre, roi de Portugal, son beau-frère, et dont l’autre, Marie-Jeanne-Baptiste, mariée en 1 6 6 5 à Charles-Emmanuel, IF du nom, duc de Savoie, son cousin, vendit l’hôtel à des spéculateurs.

L’ancien logis des Châtillon et des évêques de Laon avait été acquis par Jacques de Savoie, pour être la résidence des ducs français de Nemours; il fut aliéné un siècle plus tard, lorsque les deux filles de son dernier possesseur, éloignées de Paris par leur mariage, n’eurent plus de motifs pour y résider. Cette aliénation du reste, ainsi que nous l’expliquons à l’article de la rue de Savoie, fut provoquée par le Roi et par la Ville.

Ce qui est relatif au percement de la rue de Savoie, à travers le pourpris de l'hôtel, est exposé à part W ; la voie nouvelle, qui ne date que de deux siècles , n a guère d’autre histoire. Mais il convient de dire ici ce que devinrent les terrains et parties de bâtiments restés en dehors. Ouverte dans la partie du pourpris la moins bâtie, afin de faciliter les constructions en bordure, la rue de Savoie a laissé, à droite et à gauche, des ailes ou corps de logis qu’on a du utiliser. G est exactement ce qui s’est passé, de nos jours, lors du percement du boulevard Henri IV à travers l’enclos des Célestins : on s’est borné à pratiquer une ouverture dans les bâtiments, pour le passage de la nouvelle voie, et des portions de constructions sont restées, de chaque côté, à l’état d’isolement.

C’est vers le nord, c’est-à-dire entre la rue de Savoie et le quai, que se trouva la plus grosse partie des bâtiments de l’hôtel de Nemours, non démolis : les deux plans de Jouvin de Rochefort, qui portent la date de 1672 et 1676, et qui, par

Voir à l’article de la rue de Savoie.

RUE PAVÉE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS. 517

conséquent, sont contemporains du percement de ia rue, montrent, en cet endroit et sous ia rubrique Hôtel de Nemours, des terrains et des corps de logis que les spéculateurs Boileau et Brière de 1 Epine conservèrent, pour les revendre et diminuer d’autant les frais de l’opération. On y tailla, sauf appropriations, deux maisons, dont l’une, faisant le coin septentrional des rues Pavée et de Savoie, était au commencement du xvmc siècle le

Petit Hôtel Montholon, appartenant à François de Montholon, seigneur d’Aubervillers, membre du Grand Conseil.

L’autre, contiguë à la première, était le

Petit Hôtel de la Hoossaye, possédé par Pelletier de la Houssaye, intendant des finances.

Ces deux immeubles portent aujourd’hui les n™ 7 et 5. Ils ont été habités par les princes de Carignan, branche de la famille de Savoie, et sont devenus, par héritage, 1 hôtel de Conflans-Carignan ; ce qui prouve que ces parties de l’ancien hôtel de Nemours furent ou réservées lors de la vente, ou acquises ensuite des spéculateurs qui avaient acheté l’hôtel en bloc.

L’immeuble qui vient ensuite, sous le n° 3 et qui est contigu à la maison formant angle avec le quai, a bien authentiquement appartenu à l’hôtel de Nemours, puisqu’on y conserve encore deux écussons de forme ovale, portant les armoiries de Henri de Savoie, frère et successeur de Charles- Amé, qui fut tué par le duc de Beaufort, ainsi que celles de Marie d'Orléans, fille de Henri duc de Longueville W. Cette maison, qui touchait au pourpris de I’Hôtel de Sancerre ou d'Hercule, communiquait avec le jardin des Charités et la rue à l’abbé de Saint-Denis, par une ruelle dont il subsiste encore des traces dans un passage de la Maison de la Tortue, lequel conduisait du quai à la rue de Savoie, et peut encore, quoique fermé, etre utilisé aujourdhui. il existait jadis de ces sortes de voies intérieures dans la plupart des grands hôtels.

Au sud de la rue de Savoie et à son angle méridional avec la rue Pavée, s’élevait, en 1672, une

Maison sans désignation, à laquelle adhérait, en 1 535, une autre Maison, également sans désignation P>. La première, et toutes deux peut-être, avaient dù faire partie des dépendances de l’hôtel de Nemours.

(l) Notre collaborateur, M. Camille Platon, a visité cette maison, s’est fait représenter les deux écussons et a reconnu les armoiries.

(î) C’est dans cette maison , communiquant par le

fond avec une de celles qui bordent le côté méridional de la rue de Savoie, que François-Ambroise Didot, souche de l’illustre maison de ce nom, avait, au siècle dernier, son imprimerie et sa librairie.

Pour achever l’histoire des transformations que cette ancienne résidence eut à subir, il resterait à exposer ce que devinrent les terrains et les constructions en arrière-façade, c’est-à-dire en bordure de la rue à l’abbé de Saint-Denis (des Grands-Augustins). C’est ce que nous avons fait à l’article de cette dernière voie W.

Porte latérale de l’hôtel il’Eu et de Nevers.

mais il n’a pu en faire l’histoire, ni antérieurement ni postérieurement a cette date. D’autres chercheurs l’ont identifiée avec un Hôtel de Moussy cède, en 1690,0 titi e d’échange, par Henri d’Orléans, marquis de Rolhelin, à la veuve do Henri dArgouges, marquis de Rennes, seigneur de Fleury, gouverneur d Alençon. La mar-

( 1 Voir ci-devant, à l'article de celte rue.

RUE PERCÉE

quise de Rennes l’aurait légué à la comtesse de la Palue-Bouligneux , laquelle l’aurait transmis en héritage à son cousin le marquis de la Housse, ambassadeur près le roi de Danemark. Ladite maison de la Serayne, ou Hôtel de Moussy, aurait encore changé de maîtres dans le courant du xvm' siècle; donnée en 1728 à Grossoles, marquis de Flammarens, elle aurait été vendue en 1750 à la veuve de Marigny, grand maître des eaux et forêts.

Maison sans désignation d’abord, et contiguë à celle qui, bâtie sur un terrain détaché du pourpris de l'hotel d’Eu et de Nevers, faisait le coin occidental des rues Pavée et Saint- André-des-Ars; puis Hôtel PoyetÙ) au xvie siècle; Hôtel d'Aguesseau i'2) aux xvu° et \vme ; enfin Hôtel de la Houssaye13) et de la Roche- AymonW.

Façade latérale de l’Hôtel d’Eu et de Nevers (voir rue Saint-André-des-Ars). On y voit encore une porte d’un beau style; nous en reproduisons l’aspect ci-contre.

RUE PERCÉE

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