CENSIVE DE SAINT-BENOÎT
Partie latérale de la Maison du Lyon Nom, formant l’angle sud-est des rues Pierre-Sa rraziu et de la Harpe. Nous en avons parlé à l’article de cette dernière voie, et nous avons constaté quelle avait été, ainsi que les Maisons de la Prise de Calais et des ^ maiges, acquise par le
Collège de Daimville, Dampville, d’Aymville et d’Inville. La fondation de cet établissement, dont le nom est diversement orthographié tant sur les plans que dans les documents écrits, remonte à l’année i38o. Félibien la raconte ainsi à la date de 1879 :
* L’année d’après fut fondé le collège de Daimville, vis-à-vis de Saint-Côme, le 1 9 avril, par Michel de Daimville, archidiacre de l’Église d’Arras, clerc ou chapelain et conseiller du Boy, tant en son nom propre que comme exécuteur de Gérard et Jean de Daimville ses frères, le premier, évêque d’Arras, puis de Térouanne et ensuite de Cambray, et le second, chevalier et maistre d’hostel des lois Jean et Charles Y. La fondation était de trois cent dix huit livres seize sous dix deniers de rente sur les halles et les moulins de la ville de Rouen. Outre ces fonds, Michel de Daimville donna sa maison rue de la Harpe, pour servir de demeure aux douze écoliers, ou boursiers, en faveur desquels fut faite la donation W Tl.
Cette maison qui s’étendait sur trois rues, celles de la Harpe, des Cordeliers et Pierre-Sarrazin , avait un pourpris considérable, ainsi que le montre le plan dressé
Histoire de la ville de Paris, II, 68G. L’acte de fondation, que Félibien a publié dans ses Preuves ( 1, 5 1 6), spécifie nettement l’établissement et les ressources qu’on y affecte : Certum collegium duodecim scholanum iu gr.mmatica positiva et regulari ac philosopha , nec non in sacrorum canonum scienlia , in donio seu liospitio suo stto Parisius, in vico Cythare, coram ecclesia bcatorum Cos me et Damiani , studere volentmm. ... De bonis lemporalibus fratrum nostrorum et
nobis ah omnium bonorum largitore collatis , videlicet de trecenlis octodecim libris sexdecim solidis etdecem denanis cum obolo turonensibus annui et perpetui reditus, capiendis anno quolibet in duobus lerminis, videlicet medietatem dicli reditus infesto sancte Pasche, per manus nostras in et super hallis et molendinis ville Rothomagensis - eide domo nostra sita Pari¬
sius, vi vico CytHare . . . . prout jacct et se eætendit in longitudine, largitudine et profunditate . . .
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, par Berty; c’était le résultat de plusieurs acquisitions, en maisons et terrains, faites par le fondateur en vue de l’établissement qu’il projetait. Indépendamment de la maison du Laon Nom, qui faisait le coin des rues Pierre-Sarrazm et de la Harpe, le pourpris du collège de Daimvilie comprenait encore les maisons de la Pu, se nr Calais et des Imayges, sur la rue de la Harpe, ainsi que d’autres immeubles sur la rue des Cordeliers. Loin donc de réclamer des agrandissements, comme la plupart des fondations du même genre trop insuffisamment installées à l'origine, le collège de Daimvilie put mettre à profit sa situation sur trois rues, et augmenter ses revenus du produit que lui donnaient les maisons existant au moment de la fondation, et celles qu’il fit construire plus tard. Nous en avons déjà cité trois; il est question, en iAi3, d’une quatrième tt attenant à son jardin ».
Moins d’un siècle après (i5o3), le collège en fait bâtir une attenant également à son jardin, que ces constructions durent beaucoup rétrécir; en i563, il en achète aux Chartreux une autre, la seule qui n’ait pas été édifiée sur les terrains donnés par le fondateur. Ce n’est pas tout : en 1 622 et 162/1 , il en fait construire trois autres; elles sont situées, dit une note de Berty, tt après la grande cheminée faisant saillie dans la maison allant vers la rue Hautefeuille ». La même note porte que dix maisons furent bâties, en 1/180, sur les terrains du collège. Le fait ne paraît point impossible, étant données l’étendue du pourpris de l’immeuble légué par Michel Daimvilie et la petitesse des trois maisons du Lyon Nom, de la Prise de Calais et des Ymaiges.
L’une de ces dix maisons qui paraissent avoir été sans désignation, pour la plupart, doit être I I ma ge Notre-Dame , qu’un titre de 1 4 1 o indique comme située rue Pierre-Sarrazin, et aboutissant rue Saint-Côme.
L’installation matérielle et la constitution d’un ample revenu ne furent pas les seules préoccupations du fondateur du collège de Daimvilie : les études, le régime intérieur, le recrutement des boursiers et autres détails qui 11e nous touchent qu’indirectement, ont été réglés par lui avec une grande sollicitude. Les statuts primitifs du collège, avec les additions et modifications qu on y apporta plus tard, n’occupent pas moins de vingt-six colonnes dans les Preuves de Félibien. Nous les l'^cn mnns h’ps sommairement.
Les boursiers doivent être originaires des diocèses d’Arras et de Noyon, clercs tonsurés, de condition libre et âgés de quatorze ans au plus; la durée de leurs études ne peut excéder six ans, sauf le cas où ils s’adonneraient à l’étude du droit canon, ce qui leur assure une prolongation de quatre ans. Un principal et un procureur, pris parmi les boursiers, administrent le collège. Un religieux pauvre, des diocèses d’Arras ou de Noyon, peut être admis au nombre des boursiers, pour