‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 136 sur 206 · RUE PIE R RE-S A RR A ZIN · texte numérisé non relu

RUE PIE R RE-S A RR A ZIN

faire ses études canoniques à Paris. Après le décès des fondateurs, la collation des bourses appartient aux chapitres d’Arras et de Noyon. La et visitation et correction il du collège est attribuée au Grand Pénitencier de l’église de Paris, parce que c’est un homme de haute renommée et de grande littérature : tu» ecclesia Parisiensi, magne littérature et famosus homo Penilenliarius semper esse consuevilt. Le procureur doit avoir un état de tous les revenus de la maison, une liste de tous les boursiers et de tous les étrangers logeant au collège. Ceux-ci doivent être convenablement vêtus, silencieux à table, assidus aux prières du matin et du soir, ainsi qu’aux offices; il leur est enjoint de se confesser au moins quatre fois par an. Les grammairiens et les philosophes doivent parler latin. Chaque boursier, en recevant sa bourse, est obligé de payer au procureur quarante sous parisis pour son entrée, et à ses camarades «un septier de bon vin sans plus, pour son béjauneWn. La verge et la férule sont applicables aux grammairiens; la privation temporaire ou définitive de la bourse est la punition réservée aux écoliers des classes supérieures.

Nous passons rapidement sur ces détails scolaires, qui assimilent la collège de Daimville à nos modernes petits séminaires , pour parler de l’installation matérielle des écoliers dans l’établissement. Il n’y a point de salles d’études communes : les boursiers sont logés deux à deux dans une chambre que leur assigne le principal, et qui doit rester ouverte pour assurer la surveillance. L’un des deux est de semaine pour faire les provisions et servir à table; il rend ses comptes tous les vendredis. On mange au réfectoire, et le boursier absent à l’heure du repas «dine par cœur».

Le créateur du collège avait un ami, «vénérable et discrète personne», Pierre Cramette, chanoine d’Arras, l’un de ses auxiliaires daiis l’œuvre de la fondation; il lui assure un logement au collège, et il règle lui-même son installation viagère. Ce détail a son importance, au point de vue topographique. En l'absence ou en la présence du fondateur, ledit Pierre Cramette aura, pour lui et pour ses gens, dans ladite maison, son logement et ses usages là où il habite maintenant, par haut et par bas, avec un cellier et une chambre pour son clerc, droit de se servir de la grande cuisine pour y faire la sienne, du cellier du collège pour y déposer son vin, de la porte enfin pour entrer et sortir®.

(1) Ce détail , qui peint les mœurs écolières du temps et jette un peu de gaieté sur la sévérité des statuts, vaut la peine d'être cité dans le texte original : rr Staluimus quod, in domo nostra, de novo receptus ultra unum sextarium vint non mediocris suis soeùs, pro novo suo ingressu seu bejanno, non solvat. ( Félicien , Preuves , 1 , 5 1 2 . )

(2) Volumus et ordinamus quod dictus magisler

Pelrus ad vilam suam liabeat, nobis absentibus vel presenlibus, moram et usus suos pro nobis, pro se et genlibus noslris et suis, in dicta domo nostra, in parte ilia quam mine inbabitat alte et basse, cum cellario et caméra ubi nunc clericus suus jacere consuevit, usumque su uni in coquina majori donms, cellario et cava ad vina nostra et sua , si opus sit, reponenda, cum inlroilu et exilu porte

Le désir d’ètre agréable à cet ami suggère au fondateur une autre clause qui nous renseigne sur l’aménagement intérieur de sa maison transformée en collège : il retient, pour lui cl pour Pierre Cramette, une chambre haute et une chambre basse sur le jardin situé derrière la maison, chambres dans lesquelles Gérard de Daimville avait fait établir deux cheminées, ce qui était alors une sorte de luxe; puis une écurie, située près de l’entrée de la maison, et servant à loger ses chevaux ainsi que ceux de son ami. Mais il entend qu’après sa mort et celle de Pierre Cramette, l’écurie soit supprimée; on ne devra loger au collège les chevaux de qui que ce soit 1 .

Ces détails ont leur intérêt : ils montrent comme s’opérait la transformation d’une maison privée en collège, et servent à expliquer la fondation, les amenagements et appropriations de la plupart de ces établissements scolaires.

Confirmés en i38o par Ayineric, évêque de Paris, les statuts du collège de Daimville furent modifiés en 1 383 , par Michel de Daimville lui-même ; en 1 384 , par le Grand Pénitencier de Paris, assisté de Pierre Cramette ; en i 389, par ce dernier, assisté de Robert Coille et de Pierre Fauconnier, chanoines de Noyon. exécuteurs testamentaires de Michel de Daimville. Les changements 11e portent que sur la temporalité du collège, le recrutement des boursiers et la discipline intérieure. Il n’est question ni des bâtiments, ni des ventes de terrain, ni des constructions de maisons cpii eurent lieu plus tard. Le vaste hôtel des frères de Daimville dut suffire, pendant longtemps, à l'installation du principal, du procureur, des douze boursiers, des fondateurs et de leur ami Pierre Cramette.

Maison sans désignation, contiguë au collège de Daimville, et 11e s’étendant quà moitié de la profondeur du pourpris de cet établissement. C’est l’immeuble acquis des Chartreux, en iùo3.

Maison sans désignation, dans le pourpris de laquelle la précédente taisait hache, et qui s’étendait jusqu’à la rue des Cordeliers, où elle avait sans doute son entrée. La disposition actuelle des lieux semble justifier cette assertion.

Maison sans désignation, faisant le coin des rues Pierre-Sarrazin et de la Vieille- Plâtrière (Hautefeuille). Le plan de Herty semble placer son entrée à l’angle

dormis. » ( Fondation et statuts du collège de Daimville dans les Preuves de Félibien, I, 5 09.)

(I) rrRetinemus ad usum nostrumet suum, quotiens opuserit, cameram altam el bassam ulteriorem super jardinum, in quibus nuppr dominus frater noster Cameracensis duos caminos conslrui fecit, una cum stabulo prope inlroitum porte

domus noslre, ad usum nostrorum et dicli magislri Pétri equorum, quandiu vixerimus in liumanis, et. non aliorum. Immo statuimus et ordinaraus quod, nobis duobus de rnedio sublatis, in diclo liospitio nostro minime sil stabulum equorum, nec in eo equi personecujusvis hospitenlur.» (Ibid. ,

IiUE PIERRE-SARRAZIN.

même de ces deux voies : si elle n’y avait pas une porte, elle y possédait au moins une tourelle qui subsiste encore, et qui contribue à donner un aspect archaïque à cette partie de la rue. Nous engageons le lecteur à rapprocher cette tourelle de celles des rues Hautefeuille et des Cordeliers, ainsi que des vues restituées par M. Albert Leuoir. pour la Statistique monumentale.

Tourelle à l’angle des ruas Haulefeuille et Pierrc-Sarrazin, d’après une pliolographie.

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