‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 137 sur 206 · HUE DES POITEVINS · texte numérisé non relu

HUE DES POITEVINS

Il faut, répéter, à propos de cette voie, ce que nous avons déjà dit des petites rues voisines : ancien sentier, ou chemin de desserte, pratiqué à travers le clos

de Laas, elle a dû demeurer en cet état jusqu’au xiic siècle, époque où faccensemonl ordonné par Hugues V, abbé de Saint-Germain, contribua puissamment à la division du sol et créa, ou morcela encore davantage ces petits champs, parvi campi, dont le nom a été donné à plusieurs rues du voisinage. Tracée d’occident en orient, comme tonies les petites rues transversales de ce quartier et partant de la rue Hautefeuille, la rue des Poitevins n’atteignait pas celle de l’Éperon, ainsi que sa voisine la rue du Battoir, à laquelle elle était presque parallèle; mais elle tombait et tombe encore brusquement dans celle-ci, par un retour d’équerre, que des circonstances ioutes locales ont dû motiver.

Peu de voies, pour un parcours si limité, ont reçu un aussi grand nombre de dénominations. Les titres les [rl us anciens offrent déjà plusieurs variétés. Au dire de JaillotW, celte rue portait, en 1 a53, le nom de Gui le Queux, comme celle qui aboutit dans la rue Saint-André-des-Ars, avec cette distinction toutefois qu’on lui donnait aussi son autre vocable, puisqu’on y ajoutait a dicte des Poitevins n. En 1 288, la première appellation a disparu, et la seconde subsiste seule.

Les titres latins de celte époque fournissent plusieurs variantes, qui sont peutêtre le fait de l’ignorance ou de l’inhabileté des copistes. On trouve, en 1280, viens Guidonis ad Pittaminas; en 1288, viens Guidonis ad Pictavinas; en 1291, viens Grimondi ad Pilas et viens Grimaud ad Pictavinas.

L’année suivante (1292) les noms de Gui, Grvmond et Grwiaud se sont transformés en celui de Guiart: le Livre de la Taille porte, a cette date, c Guiart as Poitevinsn. G’est la dénomination qu’on trouve dans le Dit de Guillot (i3oo); puis viennent de nouvelles variantes provenant soit des corruptions ou transformations populaires, soit de la négligence des scribes. Ainsi le Livre de la Taille de 1 3 1 3 donne crue Guiart aux Poitevins d ; l’acte de fondation du college de Boissy (1 358) porte viens Gerardi aux Poitevins. Mais, dans la seconde moitié du xivc siècle, la forme des, a, as, au et aux Poitevins prévaut: on la rencontre déjà dans des titres de 1 3 3 5 et 1 3 3 8 , et on la retrouve dans le manuscrit de la bibliothèque Cottonienne (1/100), dans les comptes de confiscations faites de 1/122 à 1/127, ainsique dans la description de Paris par Guillebert de Metz (1/10/1). Une erreur de copiste lui fait donner, dans le manuscrit de la bibliothèque Sainte- Geneviève (i/i5o), le nom de rue des Porteurs. O11 trouve enfin dans les anciens plans de Paris crue des Pottevinsu et crue Poitevine ü.

Deux ans auparavant, un acte la qualifie egrant rue des Poitevins n et fournit ainsi une explication du singulier nom donné à la partie de cette voie aboutissant, en retour d’équerre, dans celle du Battoir. Par l’appellation de «Grant rue des

(l) Recherches critiques , etc. . Quartier Saint-André-des-Arts , p. 119.

Page 1