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RUE DES DEUX-PORTES

Il ne faut confondre cette voie ni avec la rue Percée, ni avec celle du Cimetière- Saint-André qui, toutes deux dans la région, ont porté le nom de rue des Deux- Portes W. Elle établissait une communication directe entre celles de la Juiverie (de la Harpe) et de la Vieille— Plâtrière (Hautefeuille), ou tt traversait r de l'une à l’autre, selon l’expression consacrée. L’existence d’une clôture à chaque extrémité d’une voie témoigne, en principe, de son peu d’importance. De nos jours, les voies privées, avant leur classement au nombre des rues, sont généralement fermées par des grilles, la circulation y étant fort restreinte. Il en était de même au moyen âge, et cette considération, autant que le besoin de sécurité, déterminait l’apposition de portes à leurs deux extrémités. Les rues Percée, du Cimetière-

{l) O11 trouve cette appellation sur d'autres points de la Ville : rues des Deux-Portes-Saint-Jean et des Deux-Portes-SainlSauueur. Voir la note y relative, à l’article de la rue Percée.

Saint-André et celle dont nous nous occupons n’ont jamais eu l’importance des grandes voies de la région Saint-André-des-Ars, rues Hautefeuille, de la Harpe. Saint-Jacques, des Cordeliers, etc.; aussi a-t-on pu les clore sans dommage pour les passants.

11 existe peu de renseignements sur la rue des Deux-Portes-Saint-André. Plusieurs auteurs l'ont confondue avec la rue Percée, de même que celle-ci a été prise pour la rue du Cimetière-Saint-André. Nous inclinons à croire qu’elle a été, elle aussi, un viens perforatus, c’est-à-dire un percement à travers les terrains compris entre les rues Serpente et Pierre-Sarrazin. Ces terrains, occupés par les Juifs, étaient bornés au sud par leur cimetière, et on dut, pour aider au lotissement, après la première et la seconde confiscation qui furent faites, l’une par Philippe- Auguste, l’autre par Philippe le Bel, ouvrir une voie qui servît à délimiter les portions à vendre, ou à les bailler à cens. La rue des Deux-Portes établit précisément une séparation entre les terrains occupés plus tard par l’hôtel de Miraulmont, au nord, et par ceux d’Alègre et de Forez, au sud.

Les destinées de cette rue ont été modestes, et sa fin sans éclat. Aucune maison de quelque importance n’y avait son entrée, et 1 ouverture de la seconde section du boulevard Saint-Germain l’a fait complètement disparaître. Il est resté quelques portions de bâtiments en bordure de celte dernière voie; mais diverses réfections -et appropriations les ont àpeu près dissimulées aux regards du passant.

COTÉ MÉRIDIONAL

(d’Orient en Occidenlj.

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