CENSIVE ET JUSTICE DE L’ABBAYE
Portion latérale de la Maison de la Nef d’Argent faisant le coin méridional de la rue de la Harpe, sur laquelle elle avait son entrée.
Petit Jardin (i5A8), contigu à la maison de la Nef d’Argent, dont il dépendait probablement, et aboutissant par derrière à la Maison du Pilier Verd , laquelle avait également son entrée sur la rue de la Harpe. A l’article de cette dernière voie, nous avons parlé de ces trois immeubles.
Maison des Trois Boittes, aboutissant, par un retour d’équerre à la rue de la Harpe et confinant à I’Hôtel de Forez et de Bretaigne, qui a dû absorber une partie de ses dépendances, ou dont elle a pu être un démembrement (h.
il) Cet hôtel joue an rôle considérable dans les absorptions, démembrements, ventes, achats, l’histoire topographique de la rue de la Harpe, donations, etc., dont il a été l'objet. Voir l’article tant par l'étendue du sol qu'il occupait, que par que nous lui avons consacré.
ItUE DES DEUX-PORTES.
Portion de l'Hôtel de Tours, selon Adolphe Berty, et
Dépendances de la Maison du Sabot.
Adolphe Berty place ici, sous cette double rubrique, un terrain qui semble avoir été situé sur le côté septentrional de la rue des Deux-Portes, puisqu’il ne pouvait toucher autrement à la Maison du Sabot et du Grand Dauphin, laquelle formait l’angle septentrional de la rue de la Harpe. Quant à constituer une portion de l’hôtel, ou collège de Tours, la chose n’était possible qu’en supposant une double communication avec cet établissement, d’abord par le côté septentrional de la rue des Deux-Portes, puis par les flancs méridional et septentrional de la rue Serpente. Sous le bénéfice de ces observations, nous transcrivons la note de Berty :
"Entre la partie de l’hôtel de Forez qui se trouvait sur la rue des Deux- Portes et l’hôtel d’Alègre, on trouve la mention, en 1/197, d’un jardin qui aboutissait à 1 hôtel de Forez et était une dépendance de la Maison du Sabot, sise rue de la Harpe. Nous n avons pu le restituer, n’ayant aucune idée de ses dimensions. 1)
Partie latérale de l’Hôtel d’Alègre, dont l’entrée était sur la rue de la Vieille- P1 à trière (Hautefeuille). Voir la monographie de l’hôtel à l’article de cette voie.
CÔTÉ SEPTENTRIONAL
(d’Orienl en Occident).
Maison du Sabot et du Grand Dauphin, faisant le coin septentrional de la rue de la Harpe, et pouvant, à travers une portion de terrain non dénommée, rejoindre le jardin dont il est question plus hautW.
Maison ou terrain sans désignation, séparant le Sabot du jardin dont nous venons de parler.
Hôtel de Saint-Brieuc ou de Saint-Briot (1827); puis de Me Robert Hubout, président au Parlement (1/189).
(l) Une noie de Berty place un aulre Grand Dauphin à l’angle septentrional des rues de la Harpe et Pierre-Sarrazin. Voir, à l’article de cette dernière rue, pour l’explication de ce fait. Le défaut capital du plan restitué du Vieux Paris est de
présenter, sur une seule feuille, le travail de plusieurs siècles et, par conséquent, de donner lieu à une confusion entre des enseignes identiques, mais ayant existé à un intervalle de plusieurs centaines d’années.
C’est à travers les dépendances de cet hôtel, que Berty ne nomme pas et dont il se borne à figurer l’emplacement, que le jardin existant sur le côté méridional de la rue des Deux-Portes aurait pu communiquer avec l’hôtel du collège de Tours.
Partie latérale de l’Hôtel de Miraulmont, appartenant, en i5aB, a Jean de Miraulmont, «escuyer de la Roynen, et, en i553, à Bocher «conseiller au bailliage n. Voir la monographie que nous en avons donnée à l’article de la rue Hautefeuiile.
Partie latérale de la Maison du Cheval Rouge et de l’Escu d'Albanïe, faisant le coin de la rue de la Vieille -Plâtrière (Hautefeuille). Elle fut léguée au collège de Laon, en 1 35g.
/y, B. — Les maisons d’angle faisant, aux deux extrémités de cette voie, les coins méridional et septentrional des rues Hautefeuille et de la Harpe, sur lesquelles elles avaient leur entrée principale, ont été plus amplement décrites a l'article de chacune de ces deux rues.
RUE POUPÉE
Parallèle à la rue Percée et traversant, comme on disait au siècle dernier, de la rue Hautefeuille à celle de la Harpe, la rue Poupée mettait également en communication les deux églises de Saint-André-des-Ars et de Saint-Séverin Elle allait en eiïet du chevet de la première à la façade occidentale de là seconde, et conduisait ainsi, par les rues qui la contournaient d’occident en orient, du cimetière Saint-André à la place Maubert; ce qui autorise à la regarder comme ort ancienne. C’était probablement un de ces nombreux sentiers, ou chemins de desserte, tracés à travers les terres du clos de Laas pour la commodité de la culture. Aussi la trouve-t-on désignée primitivement sous le nom de Luis ou Laas, comme plusieurs autres voies de cette même région qui n’avaient, antérieurement a l’année 1179, date du grand accensement ordonné par Hugues V, pas d autre dénomination que celle du clos lui-même. «La rue Poupée, dit en effet Sauvai, tut d’abord nommée rue de Lias et de Laas, à cause quelle fait paL lie c u teni toire de Laasl'L n
Les appellations particulières leur vinrent de diverses circonstances: une en-
Antiquités de Paris, 1, 169
RUE POUPÉE
seigne, une clôture, une église, un couvent, le nom d’un propriétaire ou notable habitant, etc. Celle de Poupée, qu’on rencontre dès l’an 1200 et qu’011 retrouve en 1208 et 1262, sous la forme Popée, ■ — nom d’une romaine que ses débauches ont rendue célèbre, — semble avoir une origine beaucoup moins honnête. Comme la rue de Mâcon, l’une des deux Bouderies, qui en était très voisine, la rue Poupée, malgré sa situation entre deux églises, eut pour habitantes des femmes et courtoises, amoureuses et folles de leur corps nW. Nous indiquons plus loin I une des maisons qui leur servaient de retraite.
On sait que le substantif poupée est resté, dans le langage populaire, comme synonyme de femme de mauvaise vie. On n’ignore point aussi que les environs des églises et des cloîtres, lieux calmes et retirés, étaient le séjour préféré des filles de joie, témoin Glatiguy, ou le a Val d\ mour ", voisin de Saint-Landry, Baille-Hou, touchant au cloître Saint-Merry, la cour Robert qui en était assez rapprochée, et le Beau-Bourg qui confinait à Saint-Nicolas-des-Chainps. Guillebert de Metz nous apprend que relà demeuroient pluseurs galloises n W.
Les auteurs ont souvent confondu la rue Poupée avec la rue Percée, qui lui était parallèle. Nous avons nous-même fait cette confusion dans l’ouvrage intitulé Paris el ses historiens aux itv‘ et xve siècles Les deux voies étaient cependant parfaitement distinctes l'une de l'autre, et le peu qui en reste garde cette distinction : la portion occidentale de la rue Percée, qu’a respectée le boulevard Saint-Michel, n est plus aujourd’hui qu’un cul-de-sac auquel on a donné le nom de Impasse Hautefeuille, tandis que la partie analogue de la rue Poupée, élargie et reconstruite, a été considérée comme un prolongement de la rue Saint-Séverin, et en porte aujourd’hui le nom. L’extrémité orientale aboutissant à la grande Bouderie a subi le même élargissement, et a pris la même dénomination. Le milieu de cette ancienne voie est donc représenté actuellement par la largeur du boulevard Saint-Michel.
Le mot Poupée a été diversement orthographié, ou plutôt défiguré: on trouve, dans les titres et sur les anciens plans , Popée, Poinpée, Poupée et Pompée. Toutefois, dès 1 an i3oo, l’expression était fixée, puisque Guillot, dans son Dit, écrit correctement Poupée. Ce vocable, qui avait presque sept siècles d’existence, a complètement disparu de la liste des rues de Paris. Jusqu’à l’époque où le percement du boulevard Saint-Michel el l’amorce du boulevard Saint-André ont fait disparaître la plus grande partie de la rue Poupée, cette ancienne voie était restée fort
(1) Robert Cenalis dit rue traux Poupées», et Via ad Puppes. (Sauval, I, 109.)
(2) Description de Paris sous Charles VI dans
Paris et ses historiens aux nv' el ir' siècles , p. 212, etc.
Ibid.
étroite, comme sa voisine ia rue Percée, dont ii reste un tronçon qui permet d’en
juger les dimensions.
Nous avons cependant trouvé, dans les Registres du Bureau de la Ville, mention d’un retranchement opéré dans des conditions qu’il est assez difficile d'apprécier, étant donné le texte de la pièce. Quelle peut bien être l’encoignure des rues Percées et Poupées (sic)l Serait-ce une maison — 1 hôtel de Cramault — qui en aurait formé les deux angles et dont la façade principale aurait régné sur la rue Hautefeuille? Nous avons examiné l’hypothèse à l’article de cette dernière rue. Quant à la pièce elle-même, nous en avons donné le texte à propos de la rue Percée. Toutefois, nous devons faire remarquer que ces sortes de problèmes ont souvent pour origine une erreur de copie, et sont, par cela même, complètement insolubles.
CÔTÉ MÉRIDIONAL
(d’Orient en Occident).