‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 146 sur 206 · CENSIVE DE SORBONNE · texte numérisé non relu

CENSIVE DE SORBONNE

Partie latérale de la Maison de l Image saint Martin, qu’on trouve dénommée aussi le Mouton et le Petit Mouton, et qui avait son entrée sur la rue de la Harpe, à l’angle septentrional de cette voie et de la rue Poupée. Nous avons donné, à 1 article de la rue de la Harpe, quelques renseignements sur cet immeuble.

Maison de l’Image Notre-Dame, contiguë à la précédente et appartenant, en 182/1, au prieur de Longjumeau. En i/i5a, la maison de l’Image Notre-Dame est dite «tenant au Papegault, d’une part, et, de l’autre, au Petit Mouton, en la rue Poupée, y ayant issue». E11 1/189, on mentionne la maison de l’Image Notre- Dame comme «tenant à I Hostel du Mouton , faisant le coin d’une ruellen.

Ces renseignements nous sont fournis par deux notes non classées et trouvées dans les papiers d’Adolphe Berty. Une troisième, également à l’état de feuille volante, nous édifie sur la ruelle dont la maison de l'Image Notre-Dame faisait le coin.

A propos d’une «meson neufve en la rue de la Harpe, le censier de 1 3gg constate, dit Adolphe Berty, que cette maison était il l’opposite d’une ruelle oii il

Y a b . , qui fut Aveline des Deux-Moutons n. Les établissements de ce genre

étaient généralement situés dans des ruelles, où se cachaient les «poupées» qui ont donné leur nom à la rue. Nous avons donc, du même coup, l’explication du vocable qu elle a porté et la preuve de l’existence d’une ruelle qui n’a laissé aucune trace dans le parcellaire de cette région. 11 est possible que cette ruelle ait abouti par derrière à l’une des maisons situées au débouché oriental de la Petite Bouderie, ou rue de Mâcon, dans laquelle il y avait anciennement plusieurs lupanars. Quant à 1 existence de celui de la rue Poupée, elle est confirmée pai une quatrième note de Berty ainsi conçue: «A l’opposite de cette maison — la maison neuve de la rue de la Harpe — est la censive de Sorbonne M, ou maison

à haulte justice et voyrie, et y a une ruelle où il y a b . et une plastrière,

qui est à présent à un drapier et à un chaussetier. »

(1> U»e indication aussi vague ne peut servir à délimiter exactement la censive de Sorbonne.

La maison de l’Image Notre-Dame est dite, dans le censier de i53i, avoir appartenu «au prieur de Longueil*. S’agit-il d’un membre de la lamille qui possédait les deux hôtels de Longueil, situés l’un à l’extrémité occidentale de la rue Saint-Benoît, l’autre à l’un des angles des rues Pierre-Sarrazin et de la Vieille- Plâtrière? Gela paraît peu probable. Ces personnages sont qualifiés de «conseillers du Roy*, et le titre de prieur ne leur est donné nulle part. Peut-être le «prieur de Longueil* était-il à la tête d’un des nombreux monastères de ce nom, et par conséquent étranger à la famille. Peut-être aussi y a-t-il confusion avec le prieur de Longjumeau, auquel appartenait la maison voisine.

Petite maison dont la position et l’agencement sont, dit Berty, difficiles à comprendre. Nous croyons que c’est ici le lupanar « qui fust Aveline des Deux-Moulons * , et qui touchait à la ruelle dont nous avons parlé. Avait-il une existence distincte de celui ou de ceux de la rue de Mâcon? Nous ne saurions l’affirmer.

Hôtel du président Philippe de Mesmes, seigneur de Marolles (i5a3), aboutissant à la rue Mâcon. C’était, à en croire une anecdote racontée par Ménage, un fort beau logis, comparable aux pabzzi italiens (l).

Maison qui fut à l’abbé, ou plutôt au prieur de Saint-Eloi de Longjumeau (i 53 1). Contiguë à l’hôtel du président de Mesmes, elle faisait le coin de la rue Hautefeuille et s’étendait jusqu’à la rue de Mâcon. Adolphe Berty s’est demandé s’il ne fallait pas l’identifier avec la Maison de l’Echiquier; mais il a posé la question sans la résoudre; toutefois, dans son plan, il place cet immeuble rue Poupée.

L’existence de deux maisons ayant appartenu aux prieurs de Saint-Eloi de Longjumeau, et situées à chacune des deux extrémités septentrionales de la rue, semble prouver que l’une des deux, probablement celle qui formait 1 angle occidental, était antérieure à l’autre. Les prieurs, 1 ayant vendue, en auront acquis ou fait construire une seconde.

On peut s’étonner que des établissements, du genre de celui qui a donné son

;1) L’anecdole se trouve dans le Menagiana (p. 3 1 9 et 32o); la voici: «Jules Scaliger, dans sa Poétique, dit que les Italiens sont étrangers dans leur langue naturelle qui est la latine : Mirum est ut Itali sint in sua lingun peregrini. A ce propos, M. Adrien de Valois m’a dit qu’un joui’ M. son frère s’était trouvé chez M. le président de Mesmes, le savant, avec M. le cardinal... pour lors nonce du Pape. M. de Mesmes, ayant eu quelques affaires, sortit pour un moment, et

pria M. de Valois d’entretenir M. le nonce. La conversation, qui était latine, tomba insensiblement sur la beauté de l’hôtel de M. de Mesmes, que M. le nonce admirait. M. de Valois prit de là occasion de lui parler, en beau latin , de la magnificence de quantité d’hôtels de cette ville. Le nonce en fut charmé, et, voulant dire qu ils n avaient pas chez eux un grand nombre de palais qui fussent entièrement réguliers , il disait : In Italia , nos habemus pulchros cubiculos , pulchros cabinetos.»

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110m à la rue, se soient maintenus, pendant des siècles , dans Je voisinage immédiat de plusieurs hôtels occupés par un patriarche, un prieur, un haut magistrat. Le lait s explique par les ordonnances et édits reléguant les femmes de mauvaise vie dans certaines rues, ou ruelles, qui leur étaient assignées, et d’où elles ne pouvaient sortir pour se fixer ailleurs W.

N. B. — Nous renouvelons ici une observation déjà faite antérieurement: pour les maisons de la rue Poupée, situées aux coins des rues Hautefeuille et de la Harpe, il faut se reporter aux articles relatifs à ces deux voies, où les immeubles angulaires sont plus longuement décrits, parce qu’ils avaient là leur entrée principale.

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