CONSIDÉRÉ COMME LE PROLONGEMENT DE LA RUE DU JARDINET
Le cul-de-sac de Rouen forme un passage terminé par une cour. Avant le percement de la deuxième section du boulevard Saint-Germain, il avait pour point de départ, au levant, le petit carrefour formé par les rues de l’Éperon et du Jardinet, et pour aboutissant, au couchant, une grille donnant accès à la cour et au passage du Commerce. De ce dernier côté, son aspect n’a pas changé; c’est encore une sorte de couloir ménagé entre les murs de fond et de (lanc de deux anciens hôtels : celui des Archevêques de Rouen sur la rue du Paon et celui de Navarre, ou séjour d’Orléans, sur la rue Saint-André-des-Ars.
L impasse de Rouen, improprement appelée de Rohan, formait donc une ligue séparative entre ces deux grandes résidences; elle est restée à l’état de cul-de-sac, parce quelle venait buter contre la muraille de Philippe-Auguste, à laquelle sont adossées les petites maisons basses formant le côté oriental du moderne passage du Commerce.
Sauvai et Jaillol ne sont pas d’accord sur la situation, ou plutôt sur la principale entrée de 1 hôtel archiépiscopal, que l’impasse dont il s’agit séparait du séjour de Navarre et d’Orléans. Le premier écrit : et L’hostel de l’archevesque de Rouen estait scis à Paris près la porte Saint-Germain-des-Prés, à l’opposite de l’hostel de RheiinsP).» Le second dit : L’hôtel de l’archevêché de Rouen était situé à l’extrémité du cul-de-sac, et lui en avoit fait donner le noml3hn Ainsi que nous le
111 Voir, dans le Traité île la police, les diverses ordonnances y relatives. — Antiquités de Paris, 111 . année 1 436. — <3> Rechesches historiques, etc. , Quartier Saint-André-des-Arts , n. 35.
disons à l'article de la rue du Paon, la résidence parisienne des prélats normands avait été établie dans les mêmes conditions que celle de leurs collègues de Reims : un vaste pourpris, des bâtiments séparés par des jardins et des cours, deux ou plusieurs entrées pour l’habitation et les dépendances , tel était l’aspect que présentaient la plupart des grands logis parisiens au moyen âge. On comprend alors
Impasse formant le prolongement (le la rue du Jardinet, et aboutissant à la cour de Rouen, d’après une photographie.
que l’hôtel de Rouen ait pu être situé en avant de 1 impasse, et près la porte Saint- Germain ti, où était probablement son entrée d’honneur, et en même temps au fond de ce même cul-de-sac, où s’ouvraient sans doute les issues et dégagements de service.
La cour de Rouen, qui occupe une partie de 1 ancienne rtallee des Mursn, bor-
CUL-DE-SAC OU IMPASSE DE ROUEN
dait à l’occident la maison de ï Abricotier, ou Abri-Coiclier, qui fut bâtie et habitée par le célèbre médecin de Louis XL Nous en parlons plus complètement à l’article de la rue Saint-André-des-Ars, parce qu elle avait été construite sur un terrain démembré de l’ancien séjour de Navarre et d’Orléans.
Maisons construites sur l’emplacement du séjour d’Orléans, et ayant vue sur la cour de Rouen, d’après une photographie.
Une note de H. Legrand, prise sur place, est ainsi conçue : ce Quand on a pénétré dans la première cour, du côté du passage, ou cul-de-sac de Rouen, on y voit un hôtel du xvie siècle, mais dont les soubassements sont plus anciens. A gauche, à la porte encorbellee de I hôtel , conduisant à un escalier, on remarque un puits, dont la margelle de pierre saillit de son épaisseur sur le pavé de la cour; une armature en fer carré simple porte la poulie, et le tout sert encore. C’est le puits de la maison de Jacques Coictier le physicien, médecin de Louis XL II demeurait
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, là, à l’intérieur de la muraille de Philippe-Auguste. On remarque encore là une très curieuse tète, formant gargouille et paraissant remonter à la fin du xvc siècle ou au commencement du xvic. *
Puits de la cour de Rouen.
(Anciennes dépendances de la maison de Jacques Collier.)
La cour ou impasse de Rouen abrite, derrière les murailles de ses vieilles maisons, une des tours de l’enceinte de Philippe-Auguste. Nous en avons parlé précédemment. Voir le chapitre intitulé : Enceintes , tours et portes.
ce Entre la grille fermant la première cour qui conduit au passage du Commerce, et la rue Saint- André-des-Ars, s’étend une terrasse plantée d arbres a haute tige et se prolongeant jusqu’à une petite cour, dans laquelle elle supporte ou ferme plu-