IL — LISTE DU MANUSCRIT DE SAINTE GENEVIÈVE
Rue du Pont Saint Michel.
Rue Saint Andrieu des Ars.
Rue Poinpée (Poupée).
Rue des Porteurs.
Rue à l’Evesque de Rouan.
Rue aux deux Portes.
Rue du Four.
Rue Mignon.
Rue Saint Germain des Prez.
Rue de l’Abbé de Saint Denis.
Rue Pavée.
Rue d’Arrondelle.
Rue des Cordeliers.
Rue Saint Cosme.
Rue Pierre Sarrazin.
Rue de la Serpente.
Rue de Harpe.
La formation de ce quartier est donc l’œuvre d’un siècle et demi environ. Au xve siècle, la construction du pont Saint-Michel détermine un remaniement de la viabilité aux abords du fleuve; la place du pont se forme, et change l’aspect des petites rues avoisinantes. Le xvie siècle, qui fait tant d’innovations dans l’ordre politique et religieux, modifie peu, en topographie, l’ancien état de choses; mais le xvue, qui fut cependant essentiellement conservateur, y apporte de grands changements. La construction du pont Neuf et l’ouverture de la rue Dauphine, qui en fut la conséquence, déterminent le percement des rues d’Anjou (aujourd'hui de Nesle) et Christine, ainsi que la régularisation de celle de la Bazoclie ou Contrescarpe-Saint-André, portion de l’ancienne allée des murs.
L’établissement du collège Mazarin, ou des Quatre-Nations, après avoir complètement modifié les abords de l’ancienne tour de Nesle, en dedans et en dehors de la muraille dite de Philippe-Auguste, donne le signal de la destruction de cette enceinte, déjà entamée par le percement de la rue Dauphine, et permet de créer, sur les fossés, ainsi que dans les rc allées des murs i> , de nouvelles voies qui se raccordent avec les anciennes. De cette époque datent la rue Guénégaud, la place et l’impasse Conti, les rues de l’Observance et de Touraine, qui portent aujourd’hui les noms de deux médecins célèbres, Antoine Dubois et Dupuytren. Vers le même temps, la démolition de l’hôtel de Laon, de Nemours ou de Savoie fournit le terrain nécessaire à l’ouverture d’une nouvelle rue portant cette dernière dénomination.
Depuis, la région que nous étudions n’a eu à subir que quatre opérations édi-
là TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS,
litaires ; mais elles ont été capitales. A la construction du nouveau Théâtre- Français, sur les terrains de l’ancien hôtel de Condé, et au percement de voie» nouvelles, qui en a été la conséquence, se rattache l’ouverture de la rue Racine, dont le prolongement a causé la ruine de l’église Saint-Côme. Peu d années après la création de ce nouveau quartier, la transformation du collège de Bourgogne en école de chirurgie et la destruction du couvent des Cordeliers amenèrent 1 élargissement de la rue de ce nom et la formation d’une place devant le nouvel édifice. De nos jours, l'ouverture des boulevards Saint-Michel et Saint-Germain a radicalement changé l’aspect de la région sur tout le parcours de ces deux grandes voies ; une nouvelle place Saint-Michel a pris le nom de l’ancienne, qui touchait à la porte de ce nom ; les deux Bouderies, les rues de la Harpe, de l’Hirondelle, des Deux-Portes. Percée, Poupée, Serpente, du Jardinet, du Paon, ont ou complètement ou partiellement disparu. Pour retrouver l’ancienne physionomie du quartier, il faut aujourd’hui s’engager dans la rue Hautefeuille, suivre celle des Poitevins, gagner l’impasse de Rouen ou la rue de l’Éperon, traverser celle de Saint-André et déboucher sur le quai par la rue Séguier (ancienne rue Pavée), ou par la rue Gît-le-Cœur, à l’extrémité de laquelle on trouve encore quelques restes de la rue de Hurepoix. Un percement projeté, celui du boulevard Saint- André, dont une amorce a été ménagée à l’angle occidental de la fontaine Saint-Michel, achèvera de faire disparaître ce coin du vieux Paris.