VII. - CHAPELLE DE SAINTE-ANNE
Le long de la rue du Cimetière, toujours à partir de la façade principale de l’église, cette chapelle occupait le septième rang; elle était la troisième, en suivant l’ordre inverse.
Le Beuf n’en parle pas; mais Hippolyte Cocheris lui consacre une ligne dans ses Notes cl additions. Elle était à peu près contemporaine des chapelles de Saint- Augustin, de Saint-Jean-Baptiste et de la Trinité, c’est-à-dire qu elle avait été construite dans la première moitié du xvie siècle.
Le i 7 avril 1 5 1 8 , les principaux paroissiens de Saint-André-des-Ars, assemblés au n revestiaire * de cette église, c’est-à-dire dans la sacristie, entendirent et acceptèrent les propositions d’Olivier Alligret, qui offrait quatre cents livres ttpour ayder et parfaire la seconde chapelle commencée à faire en icelle église, du costéde la rue des Deux-Portes-du-Cimelière -Saint-André, sous la condition ordinaire de clôture et de sépulture pour lui, sa famille et ses descendants. Les membres de l'assemblée paroissiale adhérèrent aux arrangements réciproques à prendre par la fabrique et par Alligret, en faisant toutefois une réserve analogue à celle que nous avons mentionnée pour la chapelle Saint-Jérôme, qui est de la même époque, à quatre années près, à savoir que le fondateur ferait tt faire par luy les voirrieres, clostures, autel, vmages, sièges, pavé et aultres choses nécessaires pour le dedans do la chapelle i).
Ces deux exemples établissent nettement la combinaison selon laquelle se fondaient les chapelles de l’église Saint-André-des-Ars. La fabrique se chargeait du gros œuvre, moyennant le versement d’une certaine somme, et confiait à un architecte de son choix les plans à dresser, ainsi que l’exécution des travaux; la décoration intérieure et l’ameublement restaient à la charge du fondateur. C’est là que celui-ci pouvait se donner libre carrière, multiplier les ornements, les armoiries, les vitraux, couvrir la voûte et le pavé d’inscriptions et de bas-reliefs, individualiser enfin la chapelle qui, extérieurement, placée entre deux contreforts, devait nécessairement, saufles différences de style propres à chaque époque, s’harmoniser avec le reste de l’édifice.
Le surlendemain du jour où avait eu lieu l’assemblée paroissiale, c’est-à-dire
EGLISE SAINT-ANDRE-DES-ARS
le 19 août 1 5 1 8 , les marguilliers prirent une délibération ratifiant celle des paroissiens et concédant la chapelle à édifier sous le vocable de Sainte-Anne. Les premiers possesseurs furent les Alligret; les Montholon vinrent après; ce qui ne les empêcha pas de faire construire, un siècle après la fondation de la chapelle de Sainte-Anne, une chapelle de Saint-François dans la partie de l’église qui longeait la rue Saint-André-des-Ars.
Les épitaphes des Alligret et des Montholon figuraient naturellement dans la chapelle Sainte-Anne. Celle du fondateur donne ses litres et la date de sa mort: il est qualifié de « conseiller et advocat du Roy en la court de Parlement, seigneur de Clichy et de Charentonneau n. Il mourut le 28 novembre i532.
Toutes les parentés et alliances que révèlent ces épitaphes indiquent clairement que Saint-André-des-Ars était une paroisse essentiellement parlementaire.