‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 5)Chapitre 59 sur 206 · VIII. — CHAPELLE DE SAINT-ANTOINE · texte numérisé non relu

VIII. — CHAPELLE DE SAINT-ANTOINE

Cette chapelle était la huitième qu’on trouvait à droite, en entrant parle grand portail, et la deuxième à gauche, quand on venait du fond de l’église; elle prenait, comme les précédentes, jour sur la rue du Cimetière-Saint-André.

«Elle fut fondée, dit Le Beuf, avant liai, par les exécuteurs du testament de Robert Coissy, clerc des comptes, fut déclarée, par arrêt du 9 juin de cette année-là, n’être pas à la nomination de l’Université; mais il y eut un changement i)W. 11 se peut que Le Beuf ait vu l’acte de fondation; mais cet acte ne se trouve point dans la liasse relative à la chapelle Saint-Antoine. On ne sait combien de temps elle fut possédée par les et hoirs ou ayants cause de Robert Coissy; mais on la voit revendiquée, vers la fin du xvic siècle, par la puissante famille de Séguier. Dans les notes très sommaires laissées par Adolphe Bertv, nous trouvons cette mention : « chapelle Saint Anthoine, prétendue avoir été possédée par la famille Séguier; nulle preuve; mais en 1 5 g G , ier juin, fondation, par la veuve de Pierre Séguier, de deux obils, le chapelain devant être nommé par celui des enfants qui restera sur la paroisse 11 (2).

Les documents que contient la liasse relative à la chapelle Saint-Antoine confirment le dire de Berty : il existe, en effet, de nombreuses pièces témoignant des prétentions de la famille Séguier à la propriété de cette chapelle. La revendication qu’elle fait s’appuie sur deux motifs principaux : l’existence, dans la chapelle Saint-Antoine, de la sépulture de Pierre Séguier, président au Parlement, mort le 25 octobre i58o, et la fondation d'obils faite par sa veuve, le icr juin i5gG. En

ll) Histoire de la ville et du diocèse de Paris , éd. Coclieris, III. p. 3i et 32. — 2) Notes manuscrites non classées.

réponse à ces deux arguments, on fait observer que le droit à la sépulture et les fondations dobits peuvent être des présomptions, mais ne constituent pas , à eux seuls, des titres à la propriété d'une chapelle. Pour en être légitime propriétaire, il faut produire un acte de fondation, ou de concession; justification que ne fait point la famille Séguier.

Malgré l’absence de titres et en dépit des objections de la fabrique, Hippolyte Cocheris, dans ses A 'oies et additions, affirme le droit de propriété des Séguier : "La chapelle Saint Antoine, dit-il, a longtemps appartenu à la famille des Séguier. n II ajoute quelle fut baillée, en 1770, à Henri Boulard, écuyer, avocat au Parlement et conseiller du Pioi.

Les revendications de ce genre devaient être assez fréquentes, surtout pour les chapelles de fondation ancienne. Aussi les marguilliers prirent-ils, à la date du 8 septembre 1763, une délibération portant que tton présentera une requête tendant à ce que les personnes qui se croient des droits à la possession des chapelles, justifient de leurs titres d. Deux mois après, le 1 3 décembre de la même année, le Parlement, ratifiant la délibération des marguilliers, rendit un arrêt qui déclarait vacantes, c’est-à-dire pouvant être concédées à d’autres par la fabrique, les chapelles dont les possesseurs ou prétendants n’ont pu représenter leurs titres. C’est sans doute en vertu de cetle décision que la chapelle Saint- Antoine fut baillée à Henri Boulard; les concessions et fondations devenant de plus en plus rares, la fabrique se voyait obligée de donner les chapelles à bail.

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