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RUE DES GRANDS-AUGUSTINS

rieurement à celle de Philippe-Auguste. Ou sait que, dans ce système, la barre, ou barrière, de la rue des Grands-Augustins se serait rattachée, d'une part, à celle de la rue Hautefeuille , et, d’autre part, à la tourelle du Château Gaillard. Mais alors on se demande comment cette dénomination, dérivant d’un état de choses qui serait antérieur aux Sachets et aux Ecoles de Saint-Denis, n’a pas été usitée beaucoup plus tôt, et pourquoi, au xiue siècle, on trouve la rue désignée par des périphrases empruntées au voisinage de ces deux derniers établissements.

Un censier de i 485 porte: rue aux Fscholiers de Saint-Denis, nommée la rue de la Barre; un second censier, de i53a, contient celte mention: rue de la Barre aultremenl dicte la rue du Collège Sainct-Denys ; enlin un troisième censier de i 5 h 3 donne les mêmes appellations renversées: rue du Collège Sainct-Denus, aultremenl appelée rue de la Barre. Un arrêt de i5AG emploie même le pluriel : rue des Barres, prez de la porte de Bussi.

Jaillot, sans recourir à l’hypothèse d’une enceinte antérieure à celle du xne siècle, a donné de cette appellation une explication que Berty n’accepte point: et A côté de la maison des Chantés Saint-Denis , dit l’auteur des Recherches, étoit une ruelle qui lut condamnée; on y construisit une écurie et quelques logements, et, pour pouvoir y communiquer plus facilement, une galerie couverte qui lit donner à cette rue le nom de rue de la Barre îd'h

Mais Berty fait observer avec raison que ces sortes de passages, en forme de ponts ou d’arcades, se nomment généralement, dans les anciens titres, arcs ou galeries, comme l’arc de Nazareth ou de Jérusalem à l’ancienne préfecture de police, celui du collège des Jésuites , à Dole, etc., et jamais barres. ((Nous croirions beaucoup plus volontiers, ajoute-t-il, qu’il yavoit, à quelque point de cette rue peu fréquentée, quelque barrière pour laquelle on peut facilement imaginer une raison d’être n. L’explication est un peu vague: la barre dont il s’agit pouvait être soit une limite de juridiction conventuelle, dans une rue où se trouvaient deux grands établissements monastiques, soit une barrière placée devant la porte d’entrée de ces établissements, soit un guichet ou porte de sûreté à l’une des extrémités de la rue, peut-être un c degré n ou barre de défense contre les eaux, à son débouché sur le chemin longeant la Seine.

Jaillot a prétendu encore que cette voie portait, au xvic siècle, le nom de crue des Grands-Augustins -n dans sa partie septentrionale longeant le couvent habité par ces religieux. Berty le contredit de nouveau sur ce point, et affirme n’avoir rencontré, antérieurement au xvne siècle, aucun document où cette appellation soit mentionnée.

La rue des Grands-Augustins, qui n’a pas été entamée par les modernes opé-

(I> Recherches historiques, etc., Quartier Saint-André-des-Arts , p. 90.

rations édilitaires, a conservé en grande partie son ancien aspect, surtout du

côté oriental où se voient encore de beaux hôtels des xvie et xvnc siècles. Les démolitions et reconstructions opérées sur le côté occidental, ainsi que l’ouverture de la rue du Pont-de-Lodi, en ont modifié la physionomie dans la partie confinant au quai. Pour éviter une confusion entre les Grands, les Petits, les Vieux

Auguslins et l’ancienne rue Neuve de ce nom, la voie dont nous nous occupons pourrait s’appeler simplement aujourd’hui rue des Auguslins.

COTE ORIENTAL

(du Sud au Nord).

CEN81VË ET JUSTICE DE SAINT-GERM AIN-DES-PRES. PAROISSE SAINT-ANDRÉ-DES-ARS.

Partie latérale de la Maison de l’évêooe de Théiiouenne, formant l’angle oriental de la rue Saint-André-des-Ars. Elle appartenait, vers le milieu du xiv° siècle, à

rouenne. (Voir l’article que nous avons consacré à cet immeuble dans la rnononographie de la rue Saint-André Ù'.)

Deux maisons sans désignation, contiguës à la précédente et n’en ayant primitivement formé qu’une seule. La première ne semble point avoir été habitée par un personnage de marque. La seconde appartenait, avant 1/12 3, à l’évêque de Lisieux, ainsi qu’il résulte de l’extrait du Compte des confiscations de Paris, de 1 Aa3 à 1 A27 : <t Rue du Collège Saint-Denis, liostel qui fu, — c’est-à-dire avant la domination anglaise, — à l’evesque de Lizieux, scis en ladile rue, tenant d’une part aux louages de l’hostel du comte d’EuiiP). Dans le Compte des confiscations de Pans, de 1A27 à i43A, le même hôtel figure encore avec la désignation suivante: «Hostel qui appartenoit à l’evesque de Lizieux, sciz en la rue du Collège Sainct-

Denis T> Pi.

A quelle époque les évêques de Lisieux étaient-ils venus prendre logis dans la

(1) Le Feuve donne, dans ses Anciennes maisons et en grande considération auprcz d’innocent VII

de Paris , line liste des propriétaires successifs de et de Grégoire XII, demeuroit, en 16a 3, à la rue

Saint-André, contre l’hoslel du Comte d’Eu». L'indication de la rue Saint-André est erronée; mais ce genre d’erreur est fréquent dans Sauvai et nous en avons relevé plusieurs exemples. Autrefois, on dé-

cetle maison ; nous y renvoyons le lecteur, sans garantir l'exactitude des renseignements fournis.

Sauval, III, p. 3 17.

i3) Idem. Cette confiscation persistante donnerait

à penser que l’évêque de Lisieux était un ami de signait souvent la principale artère d’une région de

Charles Vil ; cependant on trouve dans Sauvai (Il , Paris, au lieu des petites voies qui y aboutissaient;

p. 257) ce renseignement au moins singulier: ainsi tel particulier demeurant rues Pavée, Gilles-

rBrande de Chastillon, cardinal et évesque de Li- le-Queux, de l’Éperon, des Grands-Auguslins , etc., zieux, un des émissaires de Ileni'y, roi d'Angleterre, était dit habiter: rren la rue Saint-André".

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