RUE DES GRAND S- AUGUSTIN S
rue des Écoles de Saint-Denis? Fort peu de temps sans doute avant la mesure de confiscation qui atteignit l’un d’eux. Le Gallia christiana, en effet, d’accord avec Sauvai, nous apprend que les prélats lexoviens habitaient, dans le cours du xive siècle, une maison du Mont Saint-Ililaire. Alphonse Chevrier, l’un d’eux, morabatur, annoi3yj , Pansus apudmontem Sancti HilariiW. L’un deses successeurs, Guillaume d'Estouteville, fondateur du collège de Torcy, légua, dit le Gallia , pour cette création scolaire, deux maisons qu’il avait acquises près de l’église Sainte-Geneviève. Ce legs est de l’année 1 h i h, et l’ouverture du nouveau collège eut lieu en 1 /122. Le Mont Saint-Hilaire était très voisin de l’église Sainte-Geneviève : il semble assez probable que l’évêque de Lisieux, comme le firent d’ailleurs tous les fondateurs de collèges, acheta des maisons voisines de la sienne, et affecta le tout à un établissement scolaire. C’est alors qu’il aurait acquis un autre immeuble dans la rue des Écoles de Saint-Denis, et qu’il serait allé l'habiter. Brande de Châtillon lui aurait succédé, en 1/122, dans son évêché et dans la jouissance de la maison de Paris. Ce personnage qui était au mieux avec le roi d’Angleterre, puisqu’il était allé négocier le mariage du jeune Henri VI avec Catherine de France, put fort bien, pendant la durée de la domination anglaise, habiter la maison dont il s’agit, malgré la mesure fiscale dont elle avait été l’objet.
Maison dépendante de I’Hôtel d’Eu, lequel avait ses façades antérieures et latérales sur les rues Saint-André-des-Ars et Pavée. Elle formait primitivement une dépendance de cet hôtel, et lui donnait une sortie sur la rue des Grands-Augustins , disposition commune à plusieurs grands hôtels qui se ménageaient ainsi plusieurs issues, ce qui en facilita plus tard le lotissement. Cette maison fut rebâtie en i5/i3 ; elle était alors complètement distincte de l’ancien hôtel d’Eu et de Nevers. (Voir 1 article que nous avons consacré à cet hôtel dans la monographie de la rue Saint-André.)
Maison des Charités ou des trois Charités Saint-Denis!2), formant, tant avec les jardins qui la bordaient au nord, qu’avec le collège et l’hôtel dont elle était séparée par la rue, mais auxquels un passage la rattachait, un grand et vaste pourpris borné seulement, à l’occident, par ceux des Augustins et de Nesle. Ainsi que son nom l’indique, la maison des Charités était l’aumônerie dépendant de l’hôtel et du collège. La maison des Charités, s’élevant sur le côté oriental de la rue, ne fut pas comprise dans l’opération édilitaire relative à l’ouverture des rues Dauphine, Christine et d’Anjou, opération qui amena la destruction des bâtiments et le lotissement des terrains de l’hôtel de Saint-Denis, lequel était
11 Gallia christiana, Diœc. Lexov. , col. 790. celte maison hospitalière, peut-être aussi sont-elles
Ces «Trois charités» sont peut-être les trois les trois vertus théologales personnifiées en une formes sous lesquelles on exerçait la charité dans seule.
situé sur le côté occidental de la même voie. Jaillot nous apprend qu’on l’appelait encore, en 1 6 3 5 , la Maison de Trois-Charitis de Saint-Denis, et Ce n’est, ajoute-t-il que depuis quelques années qu’on a ôté cette inscription, pour y substituer celle A'Iidlel de Sainl-Cyr, quoique la maison abbatiale de Saint-Denis eut été réunie au monastère royal de Saint-Cyr par une bulle d’innocent XII, du a3 janvier i6gin(1). Or, Jaillot écrivait en 1778.
Entre la Maison des Charités et les jardins qui en dépendaient, se trouvaient des écuries et autres bâtiments légers dépendant de l'hôtel de Laon et de Nemours, en façade sur la rue Pavée. Nous faisons remarquer, à l’article de cette dernière rue, que l’ouverture d’une voie nouvelle à travers les biens de mainmorte d’une abbave eût entraîné de longues et difficiles formalités. Tout porte donc à croire qu’une partie des jardins de la Maison des Charités avait été cédée antérieurement aux propriétaires de l’hôtel de Laon et de Nemours !2i.
Jardins de la Maison des Charités Saint-Denis, s’étendant originairement de la Maison des Charités à l'hôtel de Sancerre et d’Hercule. La partie aliénée devait confiner à cette dernière résidence; il est naturel, en effet, que les abbés aient gardé, de leur ancien pourpris, l’extrémité méridionale touchant à leur aumônerie.
Berty a figuré sur son plan les jardins de la Maison des Charités, et il les représente sous la forme d’un vaste rectangle coupé obliquement, au xvnc siècle, par la rue de Savoie. Les propriétaires de l'ancien hôtel de Laon et de Nemours, ou leurs ayants droit, possédaient encore, vingt-cinq ans plus tard, les terrains situés sur le côté oriental de la nouvelle rue: les deux savants éditeurs de Tallemant des Réaux , Paulin Paris et Monmerqué, disent eu effet que, dans l’année i 6 3 2 , la rue des Grands-Augustins séparait seule l’hôtel de Laon- Nemours-Savoie de celui de la maréchale de Thémines. Or, 011 sait que cette dernière résidence fut construite sur une partie du pourpris de 1 hôtel des abbés de Saint-Denis. Donc la partie septentrionale des jardins de la Maison des Charités avait été, à une époque que l'on ne saurait préciser, annexée au pourpris de l’hôtel de Laon et de Nemours.
Maisons construites ou appropriées sur cette partie des anciens jardins de la Maison des Charités, après 1 ouverture de la rue de Savoie. Berty ne les figure point sur son pian; Le Feuve les confond un peu avec les bâtiments démembrés de l’hôtel de Sancerre et d’Hercule; cependant la maison léguée à Brière de Bretteville, laquelle n’était probablement qu’une aile détachée de l’hôtel de Conflans-
" Recherches historiques, elc., Quartier SaintAndrc des-Arls , p. 90. — Voir l’article que nous avons consacre à cel hôtel.