MÊME JUSTICE ET CENSIVE
PAROISSE DE SAINT- ANDRÉ -DES- A RS
Couvent des Sachets, puis des Grands-Augustins, formant, avec son église et ses bâtiments conventuels, l'angle occidental du quai et de la rue, sur une grande partie de laquelle ses constructions s’alignaient. L’importance de ce monastère exigeait une monographie spéciale comprise dans un chapitre distinct; nous l’avons placée à la suite de la présente rue.
Hôtel de Tiiemines, non figuré sur le pian de Berty, mais construit entre le couvent des Augustins et la rue Christine, qui fut ouverte eu iGoj. Il occupait une partie du pourprisdu collège et hôtel de Saint-Denis, et peut-être une légère bande de terrain ayant appartenu aux Grands-Augustins. La construction de cet hôtel se rattache aux diverses opérations édilitaires accomplies, dans cette région, par les concessionnaires des rues Dauphine, Christine et d’Anjou.
Hôtel et Collège de Saint-Denis. — Cette résidence fut créée en ia63, par Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis, d'abord comme habitation parisienne a 1 usage deschelsde cette royale abbaye, puis comme établissement scolaire pour les jeunes novices du monastère et quelques autres étudiants, dans des conditions analogues à celles des collèges de Vendôme, de Cluuy, des Bernardins et autres. Voici comment 1 un des vieux historiens de Paris raconte cette fondation :
" L an 1263, dit Du Breul, Révérend Père en Dieu Mathieu, abbé de Sainct- Denys en France, print à cens et rentes des religieux, abbé et couvent de Saint- Germain— des— Prez , certaine place de terre sise au terrouer de Laas, tenant d’un coste aux jardins des frères de la Pénitence de Jésus-Christ, autrement dits Sachets, et d autre à la maison de inessire Gilles, dit Le Brun, connestable de France, ou il fit bastir une maison pour loger les religieux dudict Sainct-Denys,
quand ils viendraient à Paris , et mesme eut permission desdits de Sainct-Germain, défaire construire une cbappelle en ladicte maison, sans toutefois y pouvoir avoir cloches ny cimetière, et sauf tout droict parrochial , et à la charge de vingt sols parisis de chef de cens.
trEten l’an 1268, ledit abbé acheta encore desdicts de Saint-Germain certaine masure et appartenances, chargée envers les susdits d autres vingt sols parisis de pareil cens. Et depuis, en l’an 129g, les bons abbez et religieux d alors, 11e songeant qu’à l’augmentation de l’honneur de Dieu et proufit de leur église, et non à la ruine totale d’icelle (comme font maintenant les commendataires), acquirent de surplus un jardin dun nommé Pierre de Columna, lequel leur fut admorty par lesdits de Saint-Germain, à la charge de vingt-cinq sols parisis de cens, la justice desdits lieux, haulte, moyenne et basse, et tous droits seigneuriaux demeurans ausdicts de Sainct-Germain , comme il se peut voir par les tiltres qui sont au thrésor de ladicte abbaye de Sainct-Germain.
» En l’an iA3i, du règne de Charles VII, la France estant encores toute eu troubles, l’abbé dudict Sainct-Denys ne peut, à cause des voleurs et mauvais garnemens qui couraient par toute la France, tenir ses assises en la ville de Sainct-Denys, et demanda permission aux religieux dudict Sainct-Germain de les tenir en son hostel qu’il avoit sur leur terre et seigneurie, sans toutefois pour ce pouvoir prétendre aucun droict de justice esdicts lieux, et de ce en bailla lettres auxdits de Sainct-Germain, daltées de l’an susdict* W.
Il résulte de ce texte :
i° Que Mathieu de Vendôme acquit, en ia63, un terrain s’étendant depuis le couvent des Sachets jusqu’à la maison de Gilles Le Brun, vers 1 orient, et, dans la direction de l’occident, jusqu’au jardin des Archers, qui régnait en dedans de la muraille de Philippe-Auguste, parallèlement aux fossés de Nesle;
20 Qu’en 1268, il ajouta à ce pourprisune et masure avec ses appartenances*;
3° Que les religieux de Saint-Denis l’accrurent encore en y joignant le jardin de Pierre de Columna;
A0 Que l’abbé y tint ses assises en la calamiteuse année 1 A3 1 .
Sauvai confirme les renseignements historiques donnés par Du Breul, et il en ajoute de nouveaux. Voici son exposé:
«Mathieu de Vendosme, abbé de Saint-Denys et régent du royaume, lit bâtir un autre hôtel à la rue Saint-André-des-Ars, près la porte de Bussi, sur des
" Do Breul, édit, de 1689 publiée par Malingre, p. 576.