RUE CHRISTINE
La voie qui porte ce nom est une (les et quatre ou cinq rues» dont parle Du Breul, qui ont été percées dans les jardins et à travers les dépendances de l'iiôtel des abbés de Saint-Denis, <t après que le Pont-Neuf eust esté proche de baslir». La rue Dauphine était le débouché naturel du nouveau pont sur la rive gauche de la Seine; mais il parut bon de lui donner quelques dégagements à droite et à gauche: telle est l’origine des rues d’Anjou et Christine.
Au moment où cette dernière fut ouverte, l’ancien hôtel ou maison de l’abbé et des écoliers de Saint-Denis, ainsi que la Maison des Charités, étaient bien déchus de leur ancienne splendeur; on les traite de et masures» dans les pièces du temps et notamment dans un arrêt du Parlement rendu en l’année iog5, avant l’achèvement du Pont-Neuf. Toutefois, si délabrés qu’en aient été les bâtiments, les jardins et les dépendances en étaient vastes et se prêtaient fort bien à un percement. Des négociations furent donc entamées avec les ayants droit, au moment où le Pont-Neuf allait être livré ù la circulation; nous les exposons plus loin, à l’article de la rue Dauphine, la plus importante du groupe.
Nous faisons, en outre, la même remarque qu’aux articles des rues Dauphine et d’Anjou : si les Registres du Bureau de la Ville ne mentionnent point cette opération édilitaire, c’est quelle exigea seulement l’expropriation de terrains appartenant aux Augustins et aux abbés de Saint-Denis, et que le receveur de la Ville n’eut point à payer de cc récompenses». 11 en fut autrement lorsqu on eut à percer la muraille et à combler les fossés qui faisaient, dans une certaine mesure, partie du domaine municipal.
La rue Christine fut ouverte, comme celle d’Anjou, en 1607, et reçut le nom de la seconde fille de Henri IV et de Marie de Médicis, qui naquit vers cette époque lsL Les terrains sur lesquels elle fut percée n’étaient pas absolument nus : situés sur le côté occidental de l’ancienne rue «à fnlibé ou aux escoliers de Saint- Denys» et au sud du vaste pourpris des Augustins, ils s’étendaient jusque lallee ou ruelle des murs ; divers bâtiments y avaient été construits, auxquels on accédait
11 Cette rue a été complètement omise par Adolphe Berty.
2 Celle princesse épousa plus tard le duc de Savoie, propriétaire du grand hôtel de Nemours, situé tout près de la, dans la rue Pavée, et sur les dépendances duquel la rue de Savoie a été ou¬
verte. Devenue duchesse régente, après la mort de son mari, Christine de France refusa de livrer à son frère, Louis XIII, le jeune Emmanuel-Philibert de Savoie, son propre fils; ce qui, dit un auteur du temps, mécontenta fort le cardinal de Richelieu.