RUE CHRISTINE
par la me des Grands-Augustins, notamment un séminaire, ou noviciat, pour les jeunes religieux qui venaient étudier à Paris. C’étaient les «escoliers de Saint- Denysii. Les bâtiments de ce collège furent adjugés, le 18 septembre 1606, à la barre delà Cour de Parlement, et divisés en neuf lots faisant front sur la nouvelle rue. Quelques-uns de ces lots furent démolis; mais d’autres ont été respectés, et les portions de bâtiments dont ils se composaient subsistent encore, après divers remaniements et réfections qui en ont totalement changé l’aspect.
Les constructions neuves et les reconstructions donnèrent promptement une physionomie agréable à la nouvelle rue. Du Breul, témoin contemporain , constate qu’il y avait, de long d’icelle, grand nombre de maisons belles et spacieuses, d une telle structure et ordonnance , que la vue extérieure seulement en était fort agréable ; tous lesquels bastiments ayant esté commencés et achevés du règne de nostre défunt Roy, porteront tesmoignage à la postérité combien Sa Majesté a esté soigneux (sic) de l’embellissement de ceste ville de Paris, la capitale de son royaume i>W.
Le groupe de voies publiques, dont fait partie la rue Christine , semble aujourd’hui bien au-dessous d un tel éloge; mais il ne faut pas oublier ce qu’étaient le vieux Paris et la région de 1 Université en particulier, au commencement du xvue siècle. Les rues Dauphine, Christine, d’Anjou, de Savoie purent donc passer, à cetle époque, pour de petites merveilles.
Depuis son ouverture, la voie dont il s’agit a conservé le même aspect; elle fait communiquer entre elles les rues Dauphine et des Grands-Augustins, et débouche dans cette dernière, presque en face de celle de Savoie, qui fut percée peu de temps après.
CÔTÉ SEPTENTRIONAL
(d’Orient en Occident).
CE. N SI VE DE SAINT-GERM AIN-DES-PRES
PAROISSE DE SAINT-Ai\'DRÉ-DES-ARS.
Ce côté de la rue, construit sur les dépendances du couvent des Augustins, offre des maisons moins anciennes que celles du côté méridional, bâti sur les terrains de l’hôtel des abbés de Saint-Denis.
Les divers corps de logis en bordure de la voie publique sont modernes; maisils masquent d’anciennes constructions restaurées ou appropriées, qui prennent jour sur des cours intérieures et se reconnaissent à des escaliers en pierre, dont les marches sont usées, ainsi qu’à des rampes en fer, telles qu’en produisait la ferron-
(l) Antiquité: de Pans , p. 519.
nerie desxvi' et xvuü siècles. Cette observation s’applique aux deux maisons formant
l’encoignure de la rue des Grands-Augustins.
Maison sans désignation, portant actuellement le n° A et ayant servi d habitation à Denis Allain, médecin de Louis XIV. Elle touchait, par le fond, au couvent des Augustins. Reconstruite ou restaurée, en 1608, par Étienne Le Tellier, elle appartenait, vers la fin du siècle suivant, à Jean-Louis Carnot, commissaire des guerres, de l’artillerie et de la marine, à Toulon. Les autres maisons, de ce côté de la rue, n’ont pas d’histoire.
CÔTÉ MÉRIDIONAL
(d’Occidenl en Orient).
Lesneuflots de l’ancien séminaire, ou noviciat des écoliers de Saint-Denis, furent adjugés à divers acquéreurs qui démolirent, réédifièrent ou approprièrent à usage d’habitation les portions de bâtiment à eux échues. Ces lots forment aujourd hui les numéros impairs de la rue et présentent, sur la voie publique, des façades reconstruites ou restaurées, qui ne sauraient être identifiées sûrement avec les parties du collège de Saint-Denis, dont elles occupent remplacement. Une visite minutieuse des arrière-corps de logis permettrait peut-être de reconnaître les portions anciennes et de retrouver trace des anciennes appropriations scolaires. Une de ces maisons appartenait, vers le commencement du xvm' siècle, au chancelier d’Aguesseau ; une autre a été, vers la même époque, la propriété de Pierre de Creil, seigneur du Grand-Mesnil. Pour en suivre la transmission, ainsi que pour établir la série des possesseurs des neuf lots adjugés en 1606, il faudrait consulter les minutes des notaires ; mais ce travail dépasserait de beaucoup les limites chronologiques dans lesquelles le présent ouvrage doit se renfermer.