‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 102 sur 202 · JUST · texte numérisé non relu

JUST

ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Maison sans désignation (1520), faisant le coin de la rue du Brave (de Seine)

et aboutissant rue €

deux en 1 0, ele et quatre sur la ru enseigne la Foi, et

un de €

bail du ter

Maison sans dési

elle formait deux

les Quatre-Vents. À la place de cette maison il s'en trouvait en 1628, on en complait (rois sur la rue des Quatre-Vents : du Petit-Lion. Parmi ces dernières, la deuxième avait pour la troisième, l'Espérance. Nous n'avons pas retrouvé le premier :e$ Maisons.

mation (1522), aboutissant rue des Quatre-Vents. En 1628,

ropriétés, dont la première avait pour enseione la Ville-de-

Clamart, et occupait, à ce qu'il semble, l'emplacement du jardin de la maison

primitive, qui, ver

la Bazoche. + Le contenait environ 1 «tenant d'une par «aboutissant d'un et d'aultre bout à occidentale de l'ilo

Jannin (1399)

[ quel il y avait, à sol de ce jardin, re

Jean de Louvres, €

s 1b4o, appartenait au nommé Jean Yllebec, paticier de errain de cette maison fut baillé, en 1501, à Jean Lefort. Il in demi-quartier, et est dit situé «sur le hault de la voirie; à la voie (rue des Quatre-Vents), d'aultre part aux terres; out à la voie du coing du clos de Navarre (vers le couchant) Jehan de Louvres. » I semble done avoir formé alors l'extrémité , qui aura été allongé plus tard.

ui aboutissail rue des Quatre-Vents, et sur l'emplacement dua fin du xvi siècle, deux maisons avec un jeu de paume. Le fermant un demi-quartier, fut baiïllé, le 26 août 1501, à

4 vingt ans plus lard il était déjà divisé en deux parcelles,

appartenant à des

proprié

ires différents. Nous avons parlé, à l'article de la rue

de Condé, des maisons élevées sur le quatrième lot de terrain, qui, avec les trois

précédemment mer

des Quatre-Vents.

iionnés, a formé l'ilot compris entre les rues du Petit-Lion et

QUAT MALAQUAIS ET EMPLACEMENT DU QUAI VOLTAIRE. 189 I parait avoir existé, en 1608, dans la rue du Petit-Lion, une maison ayant pour enseigne l'Enfant-Perdu.

Au lieu où est aujourd'hui le quai Malaquais, il existait «ung chemin de char- «roy» qui longeait la rivière, et auquel la fermeture répétée de la porte de Nesle ne permit pas de prendre une grande importance avant la seconde moitié du xvi® siècle; aussi n'en trouve-f-on des mentions qu'à une époque assez récente. Îl passait probablement sur le sommet d’une sorte de levée qui protégeait les terrains voisins contre les inondations, et qu'un titre de 1519 énonce «le dodasne (dos d'âne) de la rivière de Seyne.» Ce dos d'âne, que les religieux de l’abbaye louaient pour qu'on y fit sécher des toiles, ayant été exhaussé par des décharges de décombres!), finit par se transformer en un véritable quai, non revêtu de

maçonnerie, si ce n'est peut-être auprès des fossés de la ville, Là se trouvait, en

effet, un emplacement qu'on appelait le Heurt du port aux Passeurs» (1530), et l'expression de heurt, encore usitée dans les campagnes, désigne un petit mur de soutènement. Dès 1510, il est d’ailleurs plusieurs fois question du quai situé en cet endroit; toutefois le nom de quai Malaquais, qui fut d'abord écrit Walacquest, et dont nous ignorons l'étymologie exacte), ne semble pas avoir été anciennement employé. Nous l'avons rencontré pour la première fois dans un document de 1581. En 1636, la voie du quai n'élait encore entièrement pavée que sur une largeur de trois Loises, auprès des maisons, et jusqu'à la hauteur de l'hôtel de Brienne.

Au delà, le pavé ne se montrait que par intervalles.

Placé en face du Louvre, le quai Malaquais fut longtemps le seul point où s'embarquaient les habitants du bourg Saint-Germain, quand ils voulaient se rendre sur la rive droite sans remonter jusqu'aux ponts de la Cité. Avant la construction du pont Neuf, le service de passage, rendu facile par la création d'un bac, devait y être fort actif, circonstance d'où provient le nom de port aux Pas-

? En 1554, le Parlement ordonna aux charre-

peu délicat dans ses acquisitions; en eflet, il n'y a

tiers de ne plus porter leurs gravois au Pré-aux- Cleres, mais de les déposer le long de la rivière, pour prévenir ses débordements.

© Le nom de Matacquest (mauvais acquêt) est peut-être le surnom d’un individu mal famé,

point d'apparence qu'un territoire ainsi appelé ait jamais existé dans les environs de Ja porte de Nesle, à quelques pas seulement de l'enceinte de Philippe- Auguste. On écrit maintenant Malaquais, ce qui est

une orthographe abusive.

t de Seine

es rues du Fossé

seurs, que nous venons de signaler. On disait également «le port de Nesle» (1h91), ou le port Saint-Germain (1510), et nous voyons que des bateaux } venaient décharger leur cargaison; mais, soit que le commerce s’y fût éteint, soit qu'on n'y püt exercer librement tous les genres de trafic, le 11 avril 1580, les vassaux de l'abbaye firent observer qu'ils étaient obligés de se battre au quai de l'École pour avoir du bois, et ils supplièrent le roi de permettre qu'on établit, au bout de la rue de Seine, un port qu'on appellerait «le port du Roy de Po- + longne.» Gette demande ne paraît point avoir eu plus de résultat qu'une requête analogue présentée à Henri Il en 1550, en mème temps qu'on sollicitait de Ini une clôture pour les faubourgs.

Au droit de la rue de Seine existait, en 1543 et depuis, un abreuvoir qui datait sans doute d'une époque reculée, et, au devant du quai Malaquais, en 1500 et 1535, une partie de la rivière, affermée à des-pècheurs, était désignée par l'appellation de «la Tuillecte.»

Le port aux Passeurs et le quai Malaquais commençaient au fossé de la ville, el, Sétendant peu vers l'occident, n'avaient, de ce côté, que des limites vagues. En aval, antérieurement au règne de Louis XIE, le chemin du bord de l'eau n'avait point de nom particulier, ou il prenait celui des territoires qu'il séparait

de la rivière, et que nous examinerons successivement. (Voir planche V.)

ÎLor pe La Burre, compris entre le quai Malaquais, la rue de Seine, la Petite rue de Nesle, et la rue du Fossé où Mazarine. Il eut pour origine le bail fait le 6 septembre 1530, à charge de bâtir, aux nommés Nicolas Canivet, dit Grandval, charpentier de bateaux, et Jacques Audouart, de deux lots de terrain de dix perehes et demie chacun , usurpés sur la pièce de Gilles le Maître (voir Rue Mazarine). Le lot de Jacques Audouart se composait de la moitié orientale de l'ilot, et, en 1539, avait été cédé à Ganivet, qui le confondit avec le sien. Le tout passa ensuite à la veuve de Ganivet, qui épousa le tonnelier Guillaume Mercureau. Leurs héritiers ayant, dans la seconde moitié du xvi siècle, divisé la propriété en parcelles, elle forma, sur le quai, les maisons suivantes :

Musox pe L'Imace-Norne-Dame (1579-1628), puis DE La Croix-e-Lonraine (1660), faisant le coin de la rue Mazarine. Elle présentait trente-quatre toises de superficie, lorsque, le 12 mars 1663, elle fut acquise par les exécuteurs testamentaires du cardinal Mazarin, qui démolirent tout l'ilot, pour élever, sur son emplacement, les bâtiments du collége des Quatre-Nations. Cette maison, ou l'une des suivantes, appartenait, vers 1590, à Georges Renier, « cappitaine du -batteau du Roy,» c'est-à-dire patron de la barque sur laquelle le roi passait la rivière, lorsqu'il se rendait directement au faubourg Saint-Germain.

L'ilot ne contenait pourtant point vingt et le périmètre, car nous n'en avons Jamais trouvé

une perches; nous n'en connaissons d'ailleurs que aucun plan détaillé.

Maison sans désignation en 1595, puis pu Mormer-n Or (1628). Elle fut achetée le 31 mars 1663, et contenait dix-sept toises de surface.

Mason sans désignation en 1595, puis pe L'Image-Sanr-Anroie (1628) el ou Perir-Louvrs (1660). Achetée le 29 mars 1663, elle était large de deux toises et profonde de cinq.

Maison sans désignation (1595), faisant le coin oriental de la rue de Seine, et acquise, pour être abattue, le 15 octobre 1663.

SÉJOUR DE NESLE. Dès le commencement du xn° siècle, l'hôtel de Nesle avait pour dépendances des jardins situés au delà de l'enceinte de la ville. Nous trouvons, en effet, dans une charte de 1317, la mention d’une place qui s'étendait entre la chapelle Saint-Martin-des-Orges et les murs du jardin de Nesle : plalee site inter capellam Sanch Martini de Ordeis et muros jardin de Nipella. Cinquante ans plus tard, ces jardins étaient disparus, puisque, dans un titre de 1368, relatif à la même région, il est parlé de «la place où jadiz furent les jar- «dins de Nesles.» Le souvenir de ces jardins, dont les historiens n'ont point eu connaissance, ne pouvait être effacé en 1380, quand le duc de Berry devint possesseur de l'hôtel de Nesle, et de là lui vint sans doute le projet d'en créer de nouveaux, projet qu'il réalisa en faisant acheter, en son nom, le 13 janvier 1385, deux tuileries, lune renfermant deux arpents et demi, et l'autre cinq. L'acquisition n'eut point lieu d’ailleurs sans rencontrer, de la part des moines de l'abbaye,; une opposition à laquelle mit fin une transaction du 3 avril 1399, qui leur valut la propriété de l'hôtel de Navarre.

Sur les terrains vendus au duc de Berry en 1385, il disposa des jardins, des granges, ainsi que des écuries, et le tout prit le nom de Séjour de Nesle. Monstrelet raconte qu'en 1411 les Parisiens, irrités contre le duc de Berry, allèrent saccager son château de Bicètre et le Séjour de Nesle. + En après, dit-il, en faisant « plusieurs autres maulx, vindrent eucore abatre et destruire une autre maison «sur la rivière de Seine, où icellui duc tenoit ses chevaulx et n’estoit point loing «de l'ostel de Néelle, au dehors de la porteU.» Les fragments de comptes que nous publions aux appendices fournissent quelques détails sur les divers travaux de réparation qui furent faits au Séjour de 1419 à 1416, et sur la disposition intérieure des écuries. Le due de Berry étant mort en 1416, le Séjour revint à la couronne, et Charles VIT, en 1446, le donna au due de Bretagne en mème temps que l'hôtel de Nesle. Il est très-douteux, toutefois, que le Séjour eût été complétement relevé de ses ruines après 1411. Quoi qu'il en soit, en 1449 il devait être détruit, puisque les sept arpents qui le formaient sont alors indiqués comme le lieu «où jadis soulloit estre le Séjour de Nesles , » et appartenaient à Antoinette Magnac, qu'une sentence du 2/ mars contraignit à payer ses redevances.

Chron. L IT, p. 197 de l'éd, Douët d'Areq.

Entre les rues de Seinr et des

Petits-Augustins

Suivant l'acte de vente de 1385, les terrains du Séjour étaient limités par le chemin formant aujourd'hui la rue Bonaparte, le Petit-Pré-aux-Cleres, le chemin du bord de l'eau et les fossés de Nesle. Doit-on en induire qu'il atteignait le bord même des fossés? Ge qui tendrait à le faire croire, c'est que l'ilot borné par la rue de Seine, auquel, dans le x siècle, était demeurée l'appellation de Séjour de Nesle, ne contenait guère que six arpens. Mais, d'un autre côté, il est tout à fait invraisemblable que la rue de Seine coupät en deux le Séjour, dont le principal corps d'hôtel, suivant un article des comptes de 1416, paraît avoir été large de quarante loises et profond de vingl-quatre. Cette superlicie se conçoit très-bien dans ilot situé à l'ouest de la rue de Seine, et n'a jamais

pu exister dans lilot situé sur le bord du fossé. Au reste, dans la ce

sion que,

le 17 janvier 1486, Jean Spifame, écuyer du roi, fit au tuilier Robin de Mont-

rouge de la +masure et jardin appellé le Séjour de Nesles,» et de huit arpents

tenants, il est dit que la totalité était bornée par la rue de Seinel. La partie, en bordure sur le quai, de l'ilot compris entre les rues de Seine et des Petits-Augustins, formant une pièce de deux arpents, fut vendue, le 2 sep-

tembre 1519, par Antoine de la Vernade aux gouverneurs de l'Hôtel-Dieu. Elle

la baillèrent à bâtir, l'a

était toute en culture, lorsque ceux 1538, ainsi que

l'exprime article suivant du censier de 15/4 + Nouveaulx bastiemens sur leaue

« de la rivière de Seyne, des terres dudiet Hostel Dieu; par icelluy Hostel Dieu «baillez à rente, Fannée mil cinq cens trente huict. De Jehan Haultebesse orfé-

«vre, Pierre Reboures, la veufve et héritiers feu Jehan Sollayne, Jehan du Mas,

«m° de la poste à Paris, comme ayant droict de Pierre Boutin et Jehan Loret, et

«de maistre Antoine de Gouzolles, ou lieu dudict Boutin, pour six quartiers sept

« perches de terre, faisant ung arpent el demy sept perches ou environ en une « pièce assise audict lieu de Sainet Germain des Prés, le long de la rivière de Seyne. : Esquelz lieux chacun des propriétaires ont basty maisons manables; mesme- «ment lediet du Mas, une maison couverte d’ardoyse, faisant le coin de la rue «de Seyne, tenant la totalité des six quartiers sept perches de terre, d'une part et d'aultre à deux chemyns descendans de l'abbaye dud. Saint Germain des Prés “à ladicte rivière (rues de Seine et Bonaparte). d'aultre part à ladite rivière «de Seyne, el par hault audict Hostel Dieu. Lesquelz six arpens sept perches

: de terre, qui, par les commis de par la cour du Parlement au régime et gou-

Une indication semblable est fournie par le «part à Jad, rivière, et d’aultre part aux lerres de texte de la sentence de 1449, où on lit l'énoncé elad. église; aboutissant d’ung bout à ung grant suivant : rPlace vuyde, masure et terres entrete- fossé par lequel se vuyde l'eaue des fossez de lad

aye dud. Saint-Germain à Seine. el

+nans. contenant toulx ensemble deux arpens ou réglise a

“envyron, où jadis souloil estre le séjour de Nelles, -d'aultre bout à ung chemin par lequel on va de lud

sur la rivière de Seine; tenant toult au long d'une abbaye à icelle rivière.»

QUAI MALAQUAIS ET EMPLACEMENT DU QUAI VOLTAIRE. 193 «vernement du revenu et temporel dudict Hostel Dieu de Paris, furent baillez à «ltre de rente ausd. Boutin et Gelin, dès l'an mil cinq cens trente huit, le «vendredi dixiesme jour de janvier, ausdicts Boutin et Gelin doibvent de cens «chacun an, ledict jour Sainet Remy, au pris de douze deniers par l'arpent, æxxnd ob. p.ll»

Les maisons de Du Mas et consorts sont mentionnées dans le censier de 1543, mais sans aucun détail; celle de Pierre de Sollayne, probablement fils de Jean, est dite, en 1568, n'être que commencée et contenir un jeu de paume. À la fin du xvi° siècle, toutes ces maisons étaient ainsi disposées :

Maison sans désignation (1595), appartenant à M. de Vinot (alias de Minon) et contiguë à la maison de Du Mas faisant le coin occidental de la rue de Seine.

Mason sans désignation (1595), appartenant au contrôleur Du Mas, s’étendant derrière la suivante et communiquant sans doute avec celle du coin de la rue de Seine. Cette maison et la précédente furent démolies pour la construction de l'hôtel de la Reine-Marguerite, et, après le morcellement de cet hôtel ; elles furent remplacées par deux propriétés : 1° une maison double qui apparlint, en 1628, à M. de Sève, sieur de Forût, puis à Mme Dorat (1687), dont l'héritier, Claude-Joseph Dorat, sieur de la Barre, s’en défit, le 25 avril 1733, au profit de Nicolas Talliot; 2° une maison qui appartint à M. de Garsaulan en 1628, puis à Antoine Loisel, conseiller au Parlement, à sa fille Élisabeth. femme de Charles de FAubépine, marquis de Châteauneuf, et, en 1702, à leur fils, le marquis de l'Aupépine, seigneur de Varise.

Mason er seu pe paume dit ou Ror-Cnances (1595).

Maisox sans désignation (1595), faisant le coin oriental de la rue des Petits- Auguslins. Ainsi qu'on le constate par le procès-verbal de 1620, cette maison, ou tout au moins le jeu de paume qui y était attenant, ne disparut point quand on construisit l'hôtel de la Reine-Marguerite, mais y demeura à l’état d’enclave. Sur ce même emplacement, en 1628, il y avait une maison aussi appartenant à M. de Garsaulan, qu'on nomma ensuite l'hôtel d'Hollande (1687).

LA CHARITÉ ou LE SANITAT. On appelait ainsi, au xvi° siècle, le terrain compris entre le quai, le Grand-Pré-aux-Cleres, le chemin de Saint-Père (la rue des Saints-Pères) et la Petite-Seine, ou, plus tard, le chemin de la Noue (rue Bonaparte), à cause de certain hôpital que François I“ voulut y créer, et pour la fondation duquel il donna une somme de 10,000 livres tournois, par lettres patentes du 13 août 1519, où le but et la raison d'être de l'établissement sont indiqués en ces termes : « Gomme pour éviter à la contagion des malades de peste,

«qui peut advenir quant les malades et actainetz de peste sont portez en l’Hostel

® Arch. nat. reg. 44, 1125, fol. 190 v°.

air.

Entre les rues Bonaparte et des Saints-Pères

AE ts aus

«Dieu de nostre bonne ville et cité de Paris, logez et couchez avec les autres ma- + lades de diverses maladies, qui y afluent journellement, nous ayans advisé..... + faire bastir et construire une grant closture de maison qui se nommera la Charité, «hors et audessoubz nostre dicte ville de Paris, et le plus près d'icelle que faire +se pourra, et sur la rivière de Seine. En laquelle seront portez et logez doresna- - vant lesdiets pestillencieux, quant le cas y adviendra. Pour laquelle Charité en- +commencer, ete.»

Le même jour, 13 août 1519, d'autres lettes patentes chargèrent les gouverneurs de l'Hôtel-Dieu de diriger les travaux , de les payer et de faire les acquisitions de terrains nécessaires. Ils achetèrent en conséquence, le septembre suivant, de M° Antoine de la Vernade et au prix de 1 60 livres tournois, deux pièces de terre longeant le quai : lune contenant deux arpents et située entre la rue de Seine et

le canal de la Petite-Seine; l’autre contenant cinq arpents, située au delà du canal.

Le 19 septembre, ils achetèrent une troisième pièce de terre, voisine des fossés de la ville (voir Rue Mazarine); mais ils n’en avaient pas grand besoin, car la pièce de cinq arpents acquise d'Antoine de Ja Vernade offrit assez de surface pour y bâtir l'hôpital, après toutefois qu'on l'eut augmentée d'un champ appartenant au curé de Saint-Sulpice. L'emplacement présentait une superficie totale de cinq arpents

et demi, dix-neuf perches et deux tiers de perche. D'après le registre des comptes

que nous avons retrouvé? les travaux furent commencés dès le 3 septembre 1 b19: un autre document nous apprend: que, le 11, on mesura un fossé de 29 perches de longueur, lequel avait été creusé dans le lit de la rivière et devait servir de limite

à l'édifice.

En fondant, sur le fief de l'abbaye, le nouvel hôpital de la Charité, dit plus souvent du Sanitat, on ne satisfit point les moines de Saint-Germain; ils firent une opposition assez vive à cet établissement. «Plus de demy an, estal dit dans le + Journal d'un bourgeois de Paris, y eut grande contrariété par l'abbé de ladicte “abbaye... et les religieux... pour empescher lediet édifice G@,» Nous lisons aussi, dans les comptes, qu'il y eut à ce sujet contestation judiciaire, et qu'au mois de septembre 1520 une enquête fut ordonnée à propos des menées des moines, qui avaient fait combler les tranchées et jeter à la rivière des pierres ainsi que du merrain pris sur Îles chantiers de l'Hôtel-Dieu. Ils espéraient ainsi prévenir l'exécution du projet qu'ils estimaient contraire à leurs intérêts, mais dont ils avaient pourtant admis la réalisation, puisque, le samedi 2 juin 1520, l'abbé Briconnet avait, en personne, posé la première pierre des constructions (.

Quoi qu'il en soit, les taquineries des moines demeurèrent impuissantes; on

Arch. de l'Hôtel-Dieu , layette 7h. Journal, ete, publié par M. Lalanne, p. 84.

Dans les archives de l'Hôtel-Dieu, où il ne Jbid. A y a peut-être quelque confusion dans

porte aucune cote particulière. les dates,

QUAI MALAQUAIS ET EMPLACEMENT DU QUAI VOLTAIRE. 195 poursuivit l'œuvre entreprise, el, si elle fut interrompue bientôt après, le manque d'argent seul en fut la cause. En effet, lorsque les 10,000 livres accordées par le roi eurent été épuisées, l'impossibilité de se procurer des ressources de quelque imporlance amena presque immédiatement la cessation des travaux. D'après le compte fini le 15 octobre 1520 et rendu le 12 novembre 1528, on n'avait fait qu'une dépense totale de 10,84ot 3° 61 ob. pite, plus 345% 195 64 ob. pite. En 1557, on avait définitivement renoncé à continuer les travaux. Aussi, le 13 décembre, François [*, après avoir reconnu qu'il était dans l'impossibilité de les reprendre et fait remarquer que le voisinage de la Charité aurait eu de graves inconvénients pour sa santé pendant son séjour au Louvre, approuva la vente de h5 li 19° tournois de matériaux, à laquelle avaient eu recours les gouverneurs de l'Hôtel-Dieu, les autorisa à se débarrasser du surplus et leur octroya la propriété des terrains dépendant de hôpital.

Les terrains sur lesquels avait été commencé le Sanitat, qui en conservèrent assez longtemps le nom et qu'on appelait encore «la Prés (prairie) l'Hostel Dieu » en 1613, furent ensuite aliénés en deux parcelles (1). L'une, contenant cinq arpents, fut baillée, le 23 avril 1544, à Henry Guyot et Christophe Aubry; Fautre, renfermant un arpent et attenante à la rue des Saint-Pères, fut baillée, le 13 dé-

cembre 15/2, au tailleur François Lebouc, à charge de bâtir « maison manablet

Cependant nous n'avons jamais rencontré aucune mention bien précise de maison

en ce lieu avant le xvuf siècle, à l'exception du manoir de Jean Bouyn, qui occu-

ait l'emplacement du canal de la Petite-Seine, faisait le coin occidental de la rue

des Petits-Augustins (voir à l’article de cette rue), et était séparé des terres du

Le] / ]

Sanitat par le fossé de l'hôpital dont nous venons de parler. Ce manoir fut absorbé

dans la cour de l'hôtel de la Reine-Marguerite, dont la largeur était de trente-huit

toises sur trois pieds, le long de la rue des Petits-Augustins, et de quarante-six

toises le lono de la rue des Saint-Pères, à compter du mur de clôture vers la

e. Le] rivière. On ne modifia point l'alignement de ce mur lorsque, après la vente de

l'hôtel, on construisit les maisons du quai .

Dans l'ouvrage de Sauval (t. LIT, p. 28), où point dans notre cadre, nous croyons devoir en

la fondation du Sanitat est faussement rapportée à 1556, on lit qu'en 1581 le Parlement accorda 1,500 livres pour l'accroissement de cet hôpital; mais celte assertion résulte d’une méprise évidente.

L'inventaire de l'abbaye mentionne le bail fait, le 26 août 1540, à François Ollivier, André Guillart et Pierre Perdrier, d’un terrain à bâtir, de six arpents et un demi- quartier, lequel terrain était situé entre le Pré-aux-Clercs et la Seine; mais on ne voit pas quelles ont été les conséquences de cet accensement.

Bien que l'histoire de ces maisons ne rentre

donner ici l'indication :

Maison faisant le coin.-occidental de la rue Bonaparte et remplaçant celle de Jean Bouyn. Elle apparlint, en 1628, à M° Jean et Jacques de Hillerin, et fut donnée, le 5 mai 1560, par ce dernier à son petit-neveu, M. d'Hillerin, ou du Bucq, seigneur de Boitissandeau, dont Fhéritier la vendit, le 20 avril 1720, à la princesse de Conty. Une note, ajoutée au censier de 1720, dit que la maison ci-devant nommée l'hôtel de Transylvanie avait été achetée, par la duchesse de Grammont, de Marie Pétard de Guiry, veuve de

ee ES

LA SAUMONIÈRE. L'ilot dit le Sanitat constituait le commencement d'un grand territoire que les titres appellent «la Saulmonière» ou «la Saulmonerie.» Ge territoire était limité vers le nord par la rivière, vers lorient par le chemin de la Noue, vers le midi par le Grand-Pré-aux-Cleres, ainsi que par le chemin formant aujourd'hui l'extrémité de la rue de l'Université, et, vers le couchant, il aboutissait à l'île Maquerelle, qui n'en faisait point partie, quoique, dans l'arpentage de 1529, elle soit dite «assise en ce lieu de la Saulmonerie.» Les archives de l'abbaye n'apprennent point d'où provenait le nom donné au canton de la Saumonière, dont la plus ancienne mention ne remonte qu'à 1480; mais il semble naturel de croire qu'il y avait eu là une pêcherie où un réservoir pour les gros poissons. Nous voyons même que, dans un titre de 1497. il est question d'une «portion d'eaue appellée la place de la Saulmonière, à la prendre depuys le + commencement de la porte des vignes Jehan Legendre jusques aux haultes mottes « de la Molange.» Gette place attenait à la rive droite de la Seine, à la hauteur des Tuileries, ainsi qu'une autre (peut-être la mème) qui fut baillée, le jour de Pâques 1480, « pour en icelle place faire attrait à poisson et } pescher à la verge. » Celle-ci est énoncée «place appellée les Mottes de la Saulmonière, contenant six

«perches de long sur une perche de lé, à bort et à autre, assise en la rivière de

Nicolas de Fontaine. Elle s'appelait l'hôtel de époque où l'on vendit le palais de la Reine-Margue- Lautrec, en 1775. rite. Pas plus que Jaillot nous n'avons la preuve GRANDE MAISON, possédée en 1698 par Henry- du fait; mais, le Domaine ayant manifesté des pré- Auguste de Loménie, sieur de la Ville-aux-Cleres , tentions sur les terrains de l'hôtel de la reine, il et dite vuôres pe Brrexve, vers 1650. Elle fut en- ne serait pas impossible qu'une transaction pareille suite la propriété de Marie Martinozzi, princesse de à celle que mentionne de Lamarre eût été conclue Conty, qui l'échangea contre l'hôtel de Guénégaud à la date indiquée. Du reste il est sûr que, si cette e 3o avril 1670; puis elle appartint au duc de transaction a réellement eu lieu, elle n'a produit Créquy, gouverneur de Paris (1687), au due de aucun résultat. Mais l'hôtel existait déjà vers 1650. a Trémouille, gendre du précédent, el au duc de l'avait été bâti par Macé de la Basinière, qui le auzun, qui l'acquit d'Édouard de la Tour d'Au- vendit au duc de Bouillon. vergne le 3 juillet 1712. La duchesse de Lauzun, Maison qui appartint en 1687 à M°®° de Bri-

le 12 octobre 17 la céda à Louise-Adélaide de çonnet. Elle avait été bâtie. ainsi que la suivante,

Bourbon-Conty, nommée M'° de la Roche-sur. ostérieurement à 1628.

Yon, après la mort de laquelle on loua l'hôtel our y placer les écuries de la dauphine. Le duc de HÔTEL DE FALCONI (1652)et DE MORSTIN,

faisant le coin oriental de la rue des Saint-Pè

Mazarin en élait propriétaire en 177

Maison sans désignation, qui n'élait point en- Cette importante propriété fut cédée, le 17 juin core bâtie en 1628, et qui, en 1687, dépendait de 1680, avec une autre maison située derrière dans a suivante, avec laquelle elle a été confondue depuis. a rue des Saint-Pères, par Marie de Falcont , femme

de Louis, comte d'Amanzé, à M. de Montbriseul.

HÔTEL DE BOUILLON. L'emplacement était En 1687. l'hôtel appartenait à Jean-André, comte encore vide en 1628. Sauval (4. I, p. 386), de de Morstin, t Lamarre (t. I, p. 83) et Félibien (L IF, p. 1: disent que Louis UT permit à un nommé Marsilly le 29 mars 1710, par le marquis de Bassenage,

rier de Pologne, et passa ensuite

aux filles de ce seigneur, desquelles il fut acquis,

de bätir des maisons symétriques sur le quai, à qui s’en défit, le 27 juillet 1724, au profit de Joa-

certaines conditions, ce qui fut exécuté en 1619, chim Descazeaux.

« Seyne, au dessoubs et près des tuilleries qui sont hors Paris, oultre la porte «Saint-Honoré, sur la dicte rivière. » Il est constant, au surplus, qu'on pêchait anciennement dans la Seine, aux environs de Paris, des saumons, ou, du moins, des poissons qu'on désignait ainsi; car, dans les lettres du prévôt de Saint-Germaindes-Prés, datées de 1433, il est rappelé que, d'après des ordonnances antérieures, les pêcheurs de la ville ne devaient «pescher en ladite rivière aucuns + saulmons, daulphins, ne autres poissons royaulx, sans les apporter en ladite église +de Saint Germain, » et qu'ils étaient tenus de donner aux moines le tiers de ces poissons, s'ils ne préféraient en payer la valeur, le out à peine de soixante sous

parisis d'amende W,

La plus grande partie du territoire de la Saumonière fut acquise par la reine Marguerite et transformée en un pare dépendant de son hôtel. Ce pare se trouvait borné par la rue des Saint-Pères, le Pré-aux-Cleres, le chemin du bord de l'eau. et aussi, de ce dernier côté, par la tuilerie aux Flamands et le lieu dit la Grenouillère, dont nous parlerons plus loin. On n'a presque aucun renseignement sur sa disposition intérieure, et vraisemblablement il ne fut planté et orné que d’une manière très-imparfaite. Nous lisons dans l'adjudication de 1629 : « Dans lequel “pare y a une longue allée qui va de bout à autre, où, des deux costez, fors et “excepté au droict de ladiete thuillerie et jardin eu dépendant, y a une palissade «plantée d'ormes et autres arbres, et, du costé de lad. Grenouillère, au parc, «plusieurs petitz ormes et autres sortes de bois; au bout d'icelluy, du costé du «chemin, plusieurs allées communes et quelque peu de murailles, à l'entour du «pare, fors et excepté à l'endroict de ladicte thuillerie et jardin que y a fossé. »

Un fossé existait aussi entre le pare et le Pré-aux-Cleres, et près de ce fossé, à la hauteur de la rue du Bac, était «le bout de la seconde allée et” estoille « plantée en icelluy parc.» On voit par le procès-verbal de vente dressé en 1620, dont nous donnons le texte, que la grande allée avait quatre cent vingt-cinq toises de longueur; elle s'étendait done Jusque vers le milieu de l'espace compris entre les rues Bellechasse et de Bourgogne, et n'atteignait point la Noue du Pré-aux- Cleres. D'après un arpentage du 18 janvier 1699, le parc contenait quaranteneuf arpents {rois quartiers et demi, soit quarante-quatre mille huit cent quatrevingt-sept toises. Le procès-verbal de 1690, sans doute moins exact, n'indique qu'un chiffre total de trente-cinq mille deux cent quatre-vingt-huit toises, déduction faite, il est vrai, des terres de la Grenouillère, qui en contenaient deux mille cent douze, et d'une pièce de deux mille quatre cents. Dans le même procès-verbal, les experts proposèrent d'ouvrir trois rues en travers du pare et une autre dans le sens de sa longueur. La rue longitudinale projetée, c'est la rue

” Cart. de Saint-Germain-des-Prés. Bibl. de l'Arsenal, mss. H EF 396, fol. 262 v°.

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de Lille. avant la Révolution dite de Bourbon, en l'honneur du cardinal de Bourbon. abbé de Saint-Germain: elle correspond sans doute à la grande allée de quatre cent vingt-cinq toises. De la teneur de certains titres il résulte que l'alignement en était déjà arrêté en 1698: mais, en 1631, on ne l'énoncait encore que la rue qui se doibt faire dans ledict Pré aux CleresÜ),» et nous ne

l'avons pas vue indiquée par le nom de rue de Bourbon avant 1638.

ÉCORCHERIE-SABLONNIÈRE. Au delà de la rue des Saint-Pères, il y avail deux arpents qui appartenaient à l'abbaye, et dont un quartier servait d'abattoir pour les chevaux. de 1510 à 1540. En effet, dans le bail du 25 avril de cette dernière année. fait à François Olivier et consorts, d'une pièce de six arpents et demi-quartier + entre le Pré aux Cleres et la rivière de Seyne, ou lieu dict lEs- + corcherie et Sablonnière, » tenant d'une part à ladite Écorcherie, d'autre à Pierre Marcel, «d’un bout sur le rivaige de lad. rivière de Seyne,» et d'autre bout aux hoirs de Pernet Lescuyer, il est spécifié que, « à l'endroict de laquelle pièce «s'est faict par ey-devant et faict encores de présent la voirie des chevaulx ®,. »

+ L'Escorcherie aux chevaux, » du censier de 1365, diffère notablement, comme nous le dirons ailleurs, de celle qui donna son nom au territoire, appelé aussi et à peu près simultanément la Sablonnière, Toutelois «la Sablonnière, » ou «terres + du Gros Sablon» (1529), étaient plus loin vers l'ouest, et paraissent s'être étendues jusque dans le voisinage de l'extrémité du Pré-aux-Cleres, puisqu'un arpent situé près de ce pré est dit. en 1510, aboutir d'un bout sur la Sablonnière, et de l'autre sur «la Noue» du Pré. En outre, un arpent, à la Saumonière, est énoncé, en 1b47, aboutir & d'un bout sur l'Ozeraye, et d'autre bout aux terres e èsquelles on prent le gros sablon:» or l'Oseraie et la Saumonière ne se rapprochaïent qu'au dela du Grand-Pré-aux-Cleres. Le censier de 1510 indique quatre tuileries établies au Gros-Sablon; mais il n’est plus question d'aucune construction de ce genre en 1523, ni depuis jusqu'au commencement du xvnt siècle, époque où l'on en rétablit une de quelque importance.

Le terrain de l'encoignure occidentale du quai et de la rue des Saint-Pères était encore en culture au moment où il fut enclavé dans le pare de la Reine- Marguerite. Après le morcellement de cet hôtel, on fit à un lot d'environ un arpent dix-sept perches, lot que l'abbé de Saint-Germain bailla, le 15 mars 1615,

à Sasbout de Varic, propriétaire de la tuilerie voisine, et qui est représenté au-

Arch. nat., fonds des Théatins, cart, S 4356. autre note fait savoir qu'à l'époque de la Révolu- Ibid. cart. S 2836. Une note ancienne, tion on appliqua le litre aux propriétaires des écrite au revers de la pièce, apprend que le terrain maisons du quai, entre les rues de Seine et des fut abandonné par le preneur à cause des inonda- Petits-Augustins; mais ce fut indubitablement le lions et des défenses, faites par le roi, de bâtir aux résultat d'une errenr, et nous en donnerions toutes, faubourgs:; puis, que la pièce fut ensuite baillée les preuves si le fait dévait donner lieu à une dis-

par le cardinal de Tournon à Jean Moireau. Une cussion.

jourd'hui par la partie orientale de lilot compris entre la rue de Bourbon et le quai Voltaire. Vers 1628, le même emplacement était divisé en trois propriétés : la première, celle du coin, consistait en une maison avec jardin, de quatorze toises deux pieds de largeur, laquelle s'appelait l'hôtel de Tessé, au siècle dernier: la deuxième propriété était large de dix toises deux pieds. Avec la troisième, qui avait une largeur de cinq toises quatre pieds, elle formait une grande maison qui appartenait à Louis Le Barbier, et qui, après avoir été possédée par le président Perrot, est devenue l'hôtel de Labriffe. Immédiatement après se trouvait :

LA TUILERIE AUX FLAMANDS. C'était d’abord un clos avec masure contenant cent cinquante et une perches, que, le 15 septembre 1595, Élépantine du Coudray. héritière de son père Fiérabras du Coudray, vendit à Hiérôme Franco, peintre. et que celui-ci, le 31 décembre 1599, céda à Sasbout de Varie, gentilhomme flamand. De Varie, dans les premiers mois de l'année suivante, s'étant fait donner des alignements par le bailli de Saint-Germain, bâtit là une maison et une tuilerie qui devint connue sous le nom de Tuilerie aux Flamands où Tuilerie Jlamande. Elle est figurée, sur un ancien plan, comme présentant une largeur de cinquante-six loises sur le quai, et une profondeur déterminée par une ligne parallèle à la rue de Bourbon, à cinq toises trois pieds de cette rue, du côté de la rivière; mais il semble qu'elle avait alors été agrandie, vers le couchant, d’une zone environ sept toises et demie de largeur, provenant d'un lot de trente-trois toises de façade sur le quai. Ge lot avait été assigné au nommé Briois, dans le partage que firent entre eux les acquéreurs du pare de la Reine-Marouerite, et il n'avait plus que vingt-six toises trois pieds de largeur; à l'époque où le plan dont nous parlons fut exécuté). La moitié, par indivis, de la Tuilerie flamande et d'une brasserie qu'on y avait établie, fut aliénée par de Varie, le 21 février 1613. au profit de Pierre de Vliet. Ge dernier étant mort en 1634, le 23 février 1635 ses enfants firent procéder au partage de la luilerie entre eux et de Varie, qui en garda la partie orientale, laquelle fut coufisquée le 25 juin 1638, puis rendue aux enfants du sieur de Varie en 1666, à la suite d'événements inutiles à r'apporter.

Sur l'emplacement de la Tuilerie aux Flamands on construisit plus tard les hôtels de Choiseul et de Baufremont, ainsi que l'église des Théatins. Ce dernier édifice fut élevé sur un terrain large de vingt-deux toises trois pieds neuf pouces et d'une superficie de six cent ciuquante et une foises trois quarts, acquis, le 2 juin 16641, de la veuve de Jérôme Tixier, fille de Pierre de Vliet ®. Le reste du couvent des Théatins couvrit le lot de Briois, lequel se terminait à environ dix toises avant la rue de Beaune et échut par deshérence au roi, qui en fit don

Il existe une copie de ce plan, faile en 1663, 857. aux Arch. nat. — ( Arch, nat.. fonds des

dans le carton de Saint-Germain-des-Prés, coté Théatins , cart. S 4356.

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à la duchesse de Guise. Le quai Voltaire, auparavant quai des Théatins, n'était indiqué par aucun nom particulier avant que ces religieux y vinssent demeurer; ou, du moins, on le confondait avec le quai Malaquais et celui de la Grenouillère.

(Voir, pour la suite des quais, Ternes EX CULTURE, 1° triage, 2° volume de la répion).

C'est probablement dans le canton de la Saumonière qu'était placé ce marché aux chevaux, voisin du Pré-aux-Clers, qui remplaça celui du Pré-Crotté. On lit dans un arrêt de 1548 : « Lesdicts religieux (de l'abbaye) ont baillé, près les- + diets prez des escholiers, un certain lieu auquel la foire Saint Germain est, où «l'on vend les chevaux que l’on vouloit vendre en un autre lieu, près de la foire, «lequel autre lieu ils ont baillé pour bastir. . . Et, sous ombre que le lieu nouveau qu'ils ont baillé, auquel de présent l'on vend lesdicts chevaux, est près -lesdicts Prez aux Clercs, les maquignons et autres yont pour mener leurs che-

+ vaux dedans iceux prez, les gastant et corrompant. »

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