RUE DES MARAIS, OU VISCONTI
« ladicte pièce de terre, appellée le Petit Pré aux Cleres, sans premièrement avoir « faiet haulser Paire d'icelle, parce qu'elle estoit plus basse que les aultres terres; «au moyen de quoy, elle estoit inondée bien souvent. Et encores à présent, «ajoute-t-il, les eaues qui y sont entrées par l'hiver ne sont retirées. » Cette circonstance a conduit Du Boulay à aflirmer que le nom de la rue des Marais provient certainement des marécages du Petit-Pré 0). Sans rejeter absolument cette hypothèse, nous la regardons comme très-douteuse, ef cela pour plusieurs raisons. On peut objecter, d'abord, que des flaques d’eau disséminées sur un espace de deux à trois arpents, et n'ayant qu'une durée accidentelle, constituent des bourbiers, mais non pas des marais; ‘on peut ajouter :
ensuite qu'il n'est question nulle part de marais au Petit-Pré, où dans les ter-
rains environnants, lesque
Is n'étaient guère moins exposés aux inondations que le
Petit-Pré lui-même; enfin il est un fait qui suggère, touchant l'appellation de la
rue, une explication au moins aussi spécieuse que celle de Du Boulay. Le voici :
En 1529. un certain «Nicolas Maretz (alias Marays), poullalier,» possédait une
pièce de terre) s'étendant entre le pré et la rivière, et, vers 1bhz, le même
individu avait, rue de Seine, une maison attenante presque à la rue des Marais.
ll se pourrait done que cette rue füt redevable de son nom à l'un des anciens
propriétaires du voisinage, ce qui ferait immédiatement comprendre pourquoi ce
nom est écrit en un seul mot («Desmaretz») dans le censier de 15h47 et autres
documents contemporains
La rue des Marais comptait beaucoup de huguenots parmi ses habitants, el
d'Aubigné rapporte qu'on l'appelait à cause de cela «le Petit Genève (. »
? Hist. Universit. p. 68.
I s'y trouvait, en 1532, rdeux petits ca- #veaux facon de voûte. »
6) M. Éd. Fournier, dans les notes qu'il a ajoutées à sa réimpression du mémoire de Pourchot, dit (p. 125) que La Tynna attribue le nom de la rue aux marais qui l'infectaient,» et il déclare que cette hypothèse est meilleure que la nôtre,
parce qu'elle se trouve corroborée par l'opinion de
Du Boulay. Nous ferons remarquer que nous n'af-
firmons rien à ce sujel. que nous nous bornons à
présenter des objections et à indiquer des apparences, après avoir mis sous les yeux du lecteur le seul document dont se soit appuyé Du Boulay.
Aussi bien M. Fournier se méprend en donnant
ni.
la supposition de Du Boulay comme reproduite par La Tynoa, attendu que ce compilateur, dénué au surplus de toute autorité, ne détermine aucunement la nature des marais dont il parle, et qu'il a simplement, suivant son habitude, résumé 'article de Jaïllot.
«La rue des Maraiz, que nous autres appeælons le Petit Genève.» (Les aventures du baron de Fœneste, p. 161, édit. Mérimée:) La même qualification avait été appliquée par les protestants à l'ensemble du faubourg Saint-Germain, où ils trouvaient sans doute plus de liberté pour l'exercice de leur culte : son l'estimoit une petite Genève, comme «ils en parloyent entr'eux ,» est-il dit dans l'Histoire
de l'Estat de France, publiée en 1576.
= KR
CÔTÉ MÉRIDIONAL
JUSTICE
ET CENSIVE DE L'ABBAYE SAINT-GERMAIN
Mason sans désignation (1547), contiguë à la maison faisant le com méridional de la rue de Seine. Elle appartenait, vers 1550, aux héritiers de Phitippot Bouchier, maître brodeur, ainsi que plusieurs autres propriétaires du quartier.
Deux marsoxs sans désignation, qui, en 1547, appartenaient au maître brodeur Honoré Georges.
Deux maisons sans désignation, qui, en 1547, appartenaient au mercier Gérard Davisson. Elles lui avaient été vendues, la première, qui était large de trois toises et profonde de douze, par Gilles de Laval; la seconde, qui avait cinq toises de largeur sur vingt-six de profondeur, par Jean Champont. La moitié de la profondeur de cette dernière maison a été supprimée depuis.
Maison sans désignation, qui est mentionnée en 1547, et parait n'avoir point encore été bâtie en 1543. Elle était partiellement en la censive de l'Université, et, de même que la suivante, elle a subi un retranchement dans sa partie posté-
rieure. Peut-être était-elle d'abord beaucoup plus étroite.