‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 114 sur 202 · CENSIVE CONTESTÉE · texte numérisé non relu

CENSIVE CONTESTÉE

Par un arrêt du Conseil du 19 juin 1619, et afin de subvenir aux frais de la reconstruction du palais de la Cité, récemment incendié, le roi ordonna de bailler à bâtir les terrains du fossé de l'enceinte, entre les portes de Bussy et de Nesle, où, sur une longueur de cent quatre-vingts loises, on avait inteution de construire soixante maisons, larges chacune de trois toises et profondes de douze. Mais le duc de Nevers, les religieux de l'abbaye de Saint-Germain et les échevins de la

ville, qui, à divers titres, possédaient des droits sur ces terrains, firent une telle

opposition à l'arrêt, qu'il ne reçut point son exécution ®. Cest plus de quarante ans après que furent construites les maisons du côté oriental de la rue Mazarine, à l'exception toutefois des quatre premières, à partir de la rue Dauphine. Celles-ci, qui s'étendaient sur une longueur d'environ dix-huit toises et demie, à compter du coin, existaient dès 1628, et la quatrième avait alors pour enseigne l'Ormed'Or. La place sur laquelle la seconde fut bâtie avait été achetée le 20 novembre 1618. Le due de Nevers avait pris à bail d'abord, le 9 juin 1580, une partie

| du fossé contenant un arpent, puis la totalité le 14 avril 1586.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

JUSTICE ET CENSIVE DE L'ABBAYE

: ! Le côté méridional de la rue de Nesle était formé par les deux maisons faisant | les coins des rues de Seine et du Fossé, ou Mazarine. (Voir à l'article de ces rues.)

CÔTÉ SEPTENTRIONAL

JUSTICE

À ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Mason saus désignation (1h70), faisant le coin de la rue du Fossé. En 1570. elle appartenait à Antoine Briant, qui était « capitaine du bateau du Roi;» le fils de ce personnage la revendit. le 18 décembre 1601, à Dimanche Joulin. Ge n'était

plus alors qu'une place, avec masure, dévastée durant la guerre, et mesurant

ait large

quatre toises el demie de largeur sur quinze pieds de profondeur. Elle 6 de cinq Loises et profonde de dix-neuf pieds, lorsque, le 2 mars 1663, elle fut vendue aux exécuteurs testamentaires du cardinal Mazarin, qui la démolirent, ainsi que les suivantes, pour élever à leur place Îles bâtiments du collége des Quatre-Nations.

| Deux maisons sans désignation en 1595, dont l'une, en 1663, avait pour en-

seigne La Borre-pe-Lornaine. Ces maisons et la précédente avaient fait partie de

la prise de Jacques Audouart. (Voir Quai Malaquais.)

Par convention du 26 août 1647 et moyen- donna à la Ville tous ses droits sur le fossé allant

| nant une somme de 30.000 livres, l'abbaye aban- de la porte de Nesle à la porte Saint-Michel.

RUE DE MEZIERES. 215

Penire maison sans désignation en 1595, puis o8 L'Imace-pe-Sanre-Anxe (1663),

conliguë à celle du coin de la rue de Seine. À l'époque de la démolition, elle avait une superficie de douze toises et demie.

La rue de Mézières commence à la rue du Pot-de-Fer (Bonaparte) et finit à la rue Cassette.

Jaillot, qui a relevé plusieurs erreurs de Sauval, en a commis une relativement à cette rue, el cest Sauval qui a raison contre lui. En effet, ce dernier écrivain ayant avancé que la rue de Mézières s'est appelée « autrement Petite rue Cassette, » Jaillot prétend que Sauval s'est mépris, et aflirme que la seule «Petite rue Cas- «selle» qui ait existé était la rue Beurrière. Or l'erreur est manifeste, attendu que. dans le censier de 1628, la rue de Mézières est énoncée : « Petite rue Cas- «selte, dicte du Jeu de paulme de Messieurs, » et, dans le cueilleret de 1 59b,«rue «du Commissaire Jauneau, dit Petit Cassel. » Les diverses désignations que nous venons de citer s'expliquent par l'établissement, dans la rue, d’un jeu de paume qui apparünt aux religieux de Saint-Germain-des-Prés; par le désir de la disüinguer de la Grande-rue-Cassette, où elle aboutissait, et par les acquisitions de terrains environnants, dont nous avons déjà parlé, et qu'effectua le commissaire Jaulneau 0). Quant à l'appellation moderne, motivée par l'hôtel de Mézières, nous ne l'avons rencontrée et elle n'a prévalu que postérieurement à l'année 1612. C'est alors que l'hôtel, cessant d’être une maison particulière pour devenir un établissement religieux, dut perdre son ancien nom et commença d'en prendre

un autre.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

JUSTICE ET CENSIVE DE L’ABPAYE

HÔTEL DE MÉZIÈRES, faisant le coin de la rue du Pot-de-Fer, d'une part,

tenant, de l’autre, à une maison faisant le coin de la rue Cassette. et aboutissant

rue Honoré-Chevalier, suivant le censier de 1595. I appartint successivement à

® Voir à l'article de la rue Honoré-Chevalier , p- 185.

De

PS

+ Monsieur le Prince Daulphin, » c'est-à-dire à Louis de Bourbon I, due de Montpensier, dauphin d'Auvergne, qui mourut en 1582; puis à « Monsieur et Madame «de Mézières,» c’est-à-dire à François de Bourbon, duc de Montpensier, aussi

dauphin d'Auvergne, qui mourut en 159, et fut marquis de Mézières, du chef

de sa femme Renée d'Anjou, etil était, en 1 505. à leurs ayants cause. Les archives

de l'abbaye ne fournissent aucun autre détail sur l'hôtel de Mézières, qui, acheté de Claude Genoux, le 3 avril 1610, au prix de 24,000 livres, par Marguerite Lhuillier, fut donné par elle, le mème jour, aux Jésuites, afin qu'ils en fissent

un maison de noviciat pour leur ordre M).

CÔTÉ SEPTENTRIONAL

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Entre Deux maisons saus désignation (1595), dont la première était contiguë à la

es rues Cassellc

ue maison faisant le coin de la rue Cassette.

Mason sans désignation en 1583, puis ayant eu l'enseigne pe L ArBOnIs' (129b), parce qu'elle appartint à René Bassert, herboriste. Ge personnage possédait aussi. sur la rue Cassette, une autre maison qui aboutissait à celle-ci, mais que nous n'avons pu identifier ‘avec certitude. La maison de lHerboriste étail attenante à celle qui faisait le coin occidental de la rue du Gindre, el elle y a été

réunie dans la suite.

Entr La rue de Mézières était bordée, entre les rues du Gindre et du Pot-de-Fer, rues du Gindre

jaéFer par des maisons avant leur entrée dans ces dernières voies.

vu Bonaparte

La rue des Saints-Pères commence au quai Malaquais et finit à la rue de Grenelle.

Cette rue doit être celle qui, dans le rôle de la taille de 1992, est appelée

«rue Neuve Saint Père: » d'où 1 semblerait résulter qu'elle était peu ancienne alors.

Lestoile raconte que, dès le mois de septembre don d'une importante propriété, c'est peut-èlre seu- 1509. le père Cotton avait obtenu l'hôtel de Mé- lement la permission de posséder l'hôtel que le roi zières de la libéralité du roi; mais. au lieu de faire accorda en cette circonslance.

RUE DES SAINTS-PÈRES. 217 Elle paraît avoir eu une certaine importance avant les démolitions effectuées en 1360; depuis, et jusqu'au milieu du règne de François [*, ce ne fut plus une véritable rue, mais un simple chemin, que nous trouvons énoncé «chemin qui tva au jardin à laumosnier de ladite église» (de Saint-Germain), en 1393: cchemin qui tend du Pré aux Cleres à l'église Sainet Père, par lequel on va en «procession,» en 1b23; «grand chemin de Sainet Père,» en 1531: « chemyn «estant entre le cymetière Sainct Père (et la Butte), allant à la Tuillerie » (vers la Croix-Rouge), en 1530; chemin qui va de Sainet Pierre à la rivière,» en 1531, et «rue Saunct Pierre,» en 1535, 1543, etc. Ce dernier vocable a été corrompu, au xvu siècle, en celui de rue des Saints-Pères, qui est demeuré seul en usage, bien que rien ne le motive, puisque la rue a emprunté son nom à la chapelle Saint-Pierre, dite autrement Saint-Père, Au siècle de Louis XIV, on disait souvent vue de la Charité.

Il est arrivé très-fréquenment que la partie de la rue des Saints-Pères, s'éten-

dant de la rue Taranne à la rue de Grenelle, a été considérée comme une voie spéciale et distincte de la partie aboutissant sur le quai. On désignait la première par les noms de «chemin tendant de Sainet Père à la Vieille Tuillerie » (59%) «petit chemin allant dudiet Sainet Germain à Sainet Père» (1939); «chemin «tendant de Sainct Père au chemin de la Justice» (la rue de Grenelle) (1535); petit chemin allant à Sainct Père» (1535); «chemin qui va du Carrefour (de r la Croix-Rouge) à Sainct Père» (1535), et enfin de «chemin du Cimetière aux :Malades» (1531), à cause du cimetière aux Lépreux, situé au coin de la rue Taranne.

Jaillot aflirme que la rue des Saints-Pères a été qualifiée de rue des Vaches: mais celle assertion est contraire à tous les documents que nous avons vus, ef nous la croyons erronée.

CÔTÉ ORIENTAL

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE

On ne trouve, au xvr siècle, aucune mention de maisons en bordure sur la rue des Saints-Pères, depuis le quai jusqu'au delà du Grand-Pré-aux-Cleres, qui, à

la rencontre de la rue, présentait une largeur d'environ soixante-quatorze toises.

HÔTEL DE SANSAG. C'était la première des constructions qui commencaient immédiatement au-dessus du Pré. Le 27 avril 1549, Charles Thomas, conseiller

Le a8

le Pré-aux-Cleres el ; la rue Taranne

au Grand Conseil, prit à bail, des religieux de Saint-Germain, une pièce de terre de cinq quartiers, où, moyennant une dépense de quinze cents éeus, il bätit une des belles habitations du faubourg. Mais la plus grande partie de ce terrain se trouvant sur le fonds du Pré-aux-Cleres, lequel avait été envahi par les moines, Thomas s'en vil dépossédé après la fameuse émeute de 1548, durant laquelle sa maison fut saccagée. Il obtint, du reste, en dédommagement, le à novembre 1553, uu arpent retranché de la courtille de l'abbaye, et il lannexa à sa maison, de sorte que celle-ci, par ses dépendances, vint aboutir sur le chemin des fossés du monastère (rue Saint-Benoît). L'hôtel construit par Thomas lut ensuite acquis par Jean de Sansacl), qui, le 16 décembre 1579, le eéda à Sébastien de Chauvigny, +monnoyer de France. » Le censier de 1595 mentionne l'hôtel de Sansac comme étant alors en ruine et mis en criée. Nous voyons qu'il était effectivement trèsdégradé, lorsque, le 19 novémbre 1601, moyennant sept cents éeus, Louis Monthéron (alias Montbron), sieur de Fontaine-Challandray, le vendit à lorfévre Jean Meurier. C’est de ce dernier qu'il fut acquis, le 4 septembre 1606, par le président aux enquêtes, Me Pierre Lescalopier, au nom de la reine Marguerite.

Cette princesse le donna aux Frères de la Charité, en échange de leur maison voisine du quai (voir Rue des Petits-Augustins), qu'elle se proposait d'englober dans son nouveau palais. Suivant Lestoile. au mois de mars 1607, «les pauvres « Frères Fgnorants» se transportèrent dans ce second domicile «pour s'y accom- +moder et estre gardes du sépulehre. » L'hôtel de Sansac a ainsi été le noyau autour duquel sont venus se grouper les bâtiments qui ont formé l'hôpital de la Charité, dont les dépendances S'étendirent, dès 1613, de la rue Taranne à la rue

Jacob. (Voir à la fin de la notice sur le Pré-aux-CGlere

CHAPELLE et CIMETIÈRE SAINT-PIERRE, lisant le coin septentrional de la rue Taranne. Les archives particulières de la chapelle Saint-Pierre sont perdues depuis très-longtemps, et il en est si peu question dans celles de l'abbaye Saint-Germain, qu'on ne peut presque rien en dire. Pour en expliquer l'origine, qui est inconnue, Lebeul et Jaillot ont présenté chacun une hypothèse. Suivant le premier de ces auteurs, la chapelle Saint-Pierre, dite plus souvent Saint-Père, toujours Située au même lieu, aurait été sans doute consacrée sous ce vocable, en mémoire de l'oratoire mérovingien attenant à la grande église du monastère, et dédié au prince des apôtres; eufin elle n'aurait jamais été la paroisse du bourg, si ce n'est d'une façon provisoire el accidentelle ®. Selon Jaillot, dont les conjectures semblent manquer de précision. le service parochial du bourg se serait fait primitivement dans une chapelle voisine de la grande église, chapelle qu'il semble confondre

avec loratoire Saint-Pierre. À la fin du x‘ siècle, ce dernier édifice aurait été

Apparemment Jean de Sansac, capitaine de rie, qui, en 1272, épousa Catherine de Maillé.

la Porte, premier gentilhomme de la Fauconne- » Histoire du diocèse de Paris, t. 1, p. 445.

= = ” En = = - - SA rs is Je: SE ë £ 2e atout oies Ve

DE

PE

Page 1