CHAPE
RUE DES SAINTS-PÈRES. 219 réuni à la basilique et transporté plus tard hors de l'enceinte de l'abbaye; puis, au
xu® siècle, il aurait été remplacé, comme paroisse du faubourg, par l'église Saint-
Sulpice 0).
Il est probable, en effet, que la chapelle Saint-Père a été la première paroisse des vassaux de Saint-Germain. C’est l'opinion de Du Breul, de D. Bouillart et de Sauval, opinion généralement acceptée au commencement du xvn* siècle ©). Elle semble d'ailleurs justifiée par la haute antiquité du culte de saint Pierre chez les moines de Saint-Germain, et surtout par un titre du 6 février 1380, dans lequel est indiqué, comme charge incombant au curé de Saint-Sulpice, l'obligation d'aller, à certains jours, faire l'oflice dans la chapelle Saint-Pierre, d'y dire la messe tous les dimanches et de s'y rendre en procession à des époques déterminées. On peut en inférer la suprématie primitive de la chapelle Saint-Père sur l'église Saint-Sulpice : il semble, en ellet, que le curé de Saint-Sulpice ait un devoir à remplir et non un droit à exercer. La queslion, au surplus, n’en de-
meure pas moins indécise, et l'on ne saurait rien aflirmer quant à l'époque où la
chapelle Saint-Pierre a cessé d'être renfermée dans les murs du couvent. En 1597, elle était dans un tel état de vétusté, que le légat du pape accorda des indulgences à ceux qui feraient des aumônes destinées aux travaux de restauration. Au commencement du xvn° siècle, elle ne servait plus que «pour les processions
“el services, en certains jours de l'année. »
Par accord du 27 août 1611, le curé et les marguilliers de Saint-Sulpice cédèrent à perpétuité la chapelle Saint-Père aux Frères de la Charité qui étaient établis dans le voisinage depuis quatre ans et avaient déjà l'usage de cet édifice. D'après un devis du 12 mai 16192, que nous avons vu aux archives des Hôpitaux on se proposait d'agrandir le bâtiment de façon qu'il atteignit quatorze toises d'un bout à l'autre; on voulait, en outre, y annexer de chaque côté quatre chapelles de neuf pieds de large sur douze de long 6). L'ancienne construction fut abatlue vers 1613, et, en cette même année, la reine Marguerite posa la première pierre d'un nouvel édifice plus vaste, lequel ne fut dédié qu'au mois de juillet 1691.
À en juger d'après un plan manuscrit de 1677, la nouvelle chapelle Saint-
? Quartier du Luxembourg, p. ho et suiv. ® La chapelle Saint-Père était sans doute très-
ècle; mais on
® Dans l'accord de 1611, dont nous parlons plus loin, il est dit que «ladicte chapelle estoit santiennement la première église parrochiale du-
«diet faulboure
g, lorsqu'il ne s’estendoit si avant
ævers la ville, comme à présent; en laquelle
æaussy ils (les marguilli
s de Saint-Sulpice) sont «loujours allez en procession à certains jours de -l'année. »
petile au commencement du xvn ne saurail croire qu'elle ne pouvait contenir alors que douze personnes. Il ne faut done point ajouter foi aux assertions contenues dans les nombreux
factums rédigés à l’occasion du procès qui eut
lieu, en 1658 et 1659, entre les marguilliers de
Saint-Sulpice et les religieux de la Charité.
Père formait un rectangle d'environ quinze loises un pied de long sur cinq toises cinq pieds de large. Le croquis de 1548 et le plan de Quesnel donnent à croire que l'ancien bâtiment avait aussi un chevet carré.
Le cimetière Saint-Père, dont le Lerrain, y compris celui de la chapelle, formait un demi-arpent, faisait l'encoignure de la rue Taranne. Il paraît avoir été en dernier lieu large de treize toises sur cette rue et de douze sur celle des Saintsue fort tard, car l'alignement de la muraille dont il finit
par être entouré fut donné par Claude Vellefaux le 19 janvier 1612.
Pères ; on ne l'a clos
Il est fait mention du cimetière Saint-Père, atrium Sancti Petri, dès 1259 ©: on doit le considérer tout au moins comme contemporain de la fondation de la chapelle à laquelle il devait son nom.
Il paraît n'avoir plus eu qu'une médiocre importance au xvr siècle; c’est alors ,
en effet. qu'il servit à enterrer les pestilérés, a 1rès la suppression du cimetière aux l |
Lépreux, avec lequel les historiens l'ont tous confondu, et qui était situé à l’autre
angle de la rue Taranne. Le cimetière Saint-Père fut ensuite réservé aux prolestants, qui en disposaient déjà en 198, comme lindique le texte de l'édit de Nantes. Ils en furent dépossédés par un arrêl du Conseil, daté du 4 mai 1604, et rendu à la sollicitation des paroissiens de Saint-Sulpice.
Les catholiques © rentrèrent alors en possession du cimetière Saint-Père, et y trouvèrent grand nombre de sépultures huguenotes, entre autres la somptueuse tombe du trésorier Arnauld, mort le 21 mai 1603. «Elle étoit, dit Lestoile, d’un «fort beau marbre noir, tout d’une pièce, estimée à deux cents eseus ou environs, - élevée d'un demi-pied de terre et couchée de plus; autour de laquelle il ; avoil - gravé en lettres d'or ce qui s'ensuit :
« Cit-git noble homme maistre Craups Annauzr, vivant conseiller, notaire el - secrétaire du Roy, maison et couronne de France et des finances de Sa Majesté: -trésorier général de France en la généralité de Paris, et ordonné par le Roy : près la personne de monseigneur le marquis de Rosni, pour [administration des « finances de Sa Majesté, sous le commandement dudit seigneur. »
«Dans le milieu du marbre éloit gravé en leltres d'or ce qui s'ensuit :
# Passant, tu ne liras point ici les louanges de celuy qui est sous ce tombeau + Sa vie les a, comme immortelles, gravées dans le ciel, jugeant indigne qu'elles traisnassent en lerre.
# Quant à ce qu'il a été, tu le pourras apprendre de sa fortune; mais de sa vertu seule, ce qu'il méritait d'estre. + Mestissimo fratri « Plura non permisil
# Dolor.
Dès 1271, on constate l'existence d’une mai- ? Remarques lüstoriques sur Péplise et la pa-
son contiguë à la partie postérieure du cimetière. roisse Saint-Sulpice, p.5
«Au-dessus se voyoient gravées ses armoiries. — Quinze jours où trois semaines après on couvrit de plâtre ce beau tombeau, de peur que la populace, envieuse « de tels monuments, n'achevât de le gaster, comme elle avoit déjà commencé, et «qu'enfin elle ne le brisät et le rompt du tout, comme aussi on fut averti qu'on
“avoit délibéré de le faire en une nuit.»
Cette eervescence fut apparemment la cause déterminante de l'arrêt du 4 mai, qui autorisa d’ailleurs les protestants à établir, de l'autre côté de la rue, un nouveau cimetière dont nous parlons plus bas.
On voyait jadis, auprès de la chapelle Saint-Père, une longue pierre qui avait nom «la Tunbe ou la Mesure du géant Isoret 0.» Cette prétendue tombe du fabuleux géant Isore, auquel on prètait plusieurs sépultures de même sorte, était évidemment un monument celtique, table de dolmen où menhir abattu. Il ny est fait aucune allusion dans les titres de l'abbaye, mais, dans son ouvrage intitulé Oua imperiahia, Gervais de Tilbury, qui écrivait au commencement du xnr siècle, rapporte, dit Du Breul, qu'il avait vu la tombe du géant Isoret, tué par saint Guillaume, et qu'elle avait vingt pieds de long, non compris la partie correspon-
dant au cou et à la tête ?).
Entre les rues Taranne et de Grenelle
TE MAISON sans désignation (1595), contiguë à la maison faisant le coin
méridional de la rue Taranne;: elle devait occuper aussi une partie de lemplacement de l’ancien cimetière des Lépreux. Suivant certain croquis qui existe dans les archives de Saint-Germain des Prés et a certainement eu pour base des données authentiques, cette maison, bien qu'elle soit qualifiée de petite dans le censier de 1595, seul document du xvi siècle où il en soit question, aurait été élevée sur un terrain de vingt-cinq perches, baillé à Jean Pinson le 30 avril 1530.
CLos dépendant de l'hôtel du Sépulere et ayant sa principale entrée en la rue du Dragon.
Tnois masoxs sans désignation en 1547, dont l'une a porté, en 1595, l'enseigne du Cerceau. Elles furent construites sur trois lots de terre baillés, le 19 avril
1535, le premier à Pierre Riflaut, maçon; le deuxième à Israël Roze, brodeur,
et le troisième à Richard Carré, aussi brodeur. D'après le croquis dont il vient
d'être question, ces lots auraient été chacun de douze pereches et demie, comme
les lots correspondants de la rue du Dragon. Ils auraient donc offert une surface
? Du Breul, p. 339.— Sauval dit (4 I, p- 67/4) que de son temps elle était disparue.
? «Nos vidimus sepulerum Isoreti, in suburbio « Parisiensi, viginti pedes in longum habens, præter «cervicem et capul. Quem Sanctus Guillermus peremil.» Cette phrase, empruntée à un manuscrit du
collége de Navarre, ne-se trouve pas dans le texte
des Otia imperialia publié par Leibnitz (ap. Scriptores rerum Brunsvicensium, 1. 1, p. 881, et £. IL, p.751), et peut-être n'élait-ce qu'une glose du chapitre Lxxnr de la troisième partie; dans ce chapitre, intitulé De equinocephalis, il est parlé d'hommes dont les cuisses auraient alteint douze
pieds de longueur,
Entre
les rues de Grenelle
Saint-Dominique.
totale de trois cent lrente-sept toises, chiffre un peu inférieur à la réalité. Dans les censiers, au contraire, la superficie indiquée est de plus de trois quartiers, ce qui parait être une exagération considérable. De la teneur des censiers nous croyons d'ailleurs devoir conclure que, vers le milieu du xvr siècle, la deuxième propriété avait déjà été élargie aux dépens de la première ; il subsiste encore des traces de cet état.
Partie postérieure de trois MAISONS qui avaient leur entrée principale rue du
Dragon, et dont la dernière faisait le coin de la rue de Grenelle. CÔTÉ OCCIDENTAL.
JUSTICE
Piace avec masure (159b), contiguë à la maison faisant le coin de la rue de Grenelle. En 1698, c'était un jardin dépendant d'une maison de cette rue.
Maison sans désignation (1543), dont les limites vers le midi ont subi des modifications que nous ne pouvons préciser.
Maison sans désignation (1543), qui renfermait deux corps d'hôtel en 1595. et dont faisait alors partie un grand jardin en bordure sur la rue des Rosiers (Saint-Guillaume). Ge jardin dépendait déjà de la maison en 143, car on lit, dans le censier de cette année, que Jérôme Dupuis avait augmenté sa propriété de quarante-six perches de terre, étendue qui équivaut à la superficie du jardin. La maison séparée du jardin s'appelait l'hétel de Cossé, à la fin du xvut siècle, parce que, dit Piganiol, elle fut bâtie par Marie de Cossé, veuve du maréchal Charles de la Porte de la Meilleraie. En 1701, l'hôtel fut vendu au maître des requèles Charles Pécoil, dont la fille épousa le due de Brissae, ce qui fit donner ce dernier nom à l'hôtel.
L'hôtel de Cossé et les deux maisons précédentes furent élevés sur trois lots de terre, énoncés comme contenant un quartier chacun , que l'abbaye bailla à bâtir, le premier à Jean Hénart, en 1529; le deuxième à Robert Cosson, le 19 février 1529, el le troisième à Jean Cosson, fils de Robert, le 13 juillet 1530.
Mason sans désignation (1595), qui, en 1687, appartenait au marquis de Vaires. La parte postérieure de cette maison a servi à l'agrandissement de l'hôtel
de Pons.
) Ces indications de superficie semblent être au surplus, qu'en 15 la maison qui devint autant au-dessous de la réalité que celles que nous l'hôtel de Cossé est dite contenir un demi-arpent, venons de signaler sont au-dessus. Nous observons énonciation exacte à très-peu près.
Maison sans désignation (1595). Elle était de la même « prise » que la suivante, et, en 199» , elle appartenait au même propriétaire.
Mason sans désignation (1540), bâtie par Robert Beaugrand sur un. demiarpent de terre pris à bail de l'abbaye, le 2 mars 1599. En 1547, elle était possédée par Louis Vachot, président de la Chambre des monnaies, et, vers 1595. par la demoiselle Tristan et le sieur du Plessis, qui la tenaient du médecin Frontebeuf; elle aboutissait alors à la rue des Rosiers. Dans le censier de 1628. elle est qualifiée de «jardin, » dit appartenir au maître maçon Salomon de la Fond L), dont la veuve, Marie Loiseleur, le céda à un abbé de Saint-Thierry. Celui-ci, ayant acquis la maison précédente, fit construire sur l'emplacement des deux propriétés un hôtel qu'il vendit, le 20 juin 1643, à M. de Creil, auquel l'hôtel fut acheté par la duchesse de Villars en 1658. En 1687, c'était l'hôtel du marquis de Cavoye, grand maréchal des logis de la maison du roi, et, en 1749, l'hôtel de Pons.
PROPRIÉTÉ Avec GRANGE, dite, en 1543, appartenir également à Louis de Vachot. En 1595, elle formait deux petites habitations.
Mason sans désignation (1595), qui, en 1698, se trouvait absorbée dans la suivante. Cette maison et la précédente paraissent avoir été construites sur les deux moitiés d’un quartier de terre baïllé à J. Doillet vers 120.
Maison sans désignation (15/43), faisant le coin méridional de la rue Saint- Dominique. En 1628, unie à la précédente, elle était possédée par M. de Vanelli, qui l'augmenta d’une place de quarante toises, achetée, le 5 mai 1638, de la veuve Salomon de la Fond. Elle appartimt ensuite au nommé Thomas Cantarini, qui la vendit, le 5 juillet 1660, à Olivier Selvois. Marie de l'Épinay, veuve de ce dernier, en retrancha une partie, qu'elle aliéna le 22 juillet 1668, et qui a formé la maison du coin actuel. Les quatre autres maisons attenantes, sur la rue Saint-Dominique, proviennent également de morcellements contemporains effectués aux dépens de l'hôtel de Selvois, que, vers la même époque, on appelait aussi hdtel de Saint-Simon, parce qu'il était habité par le fameux duc de Saint- Simon, l’auteur des Mémoires. On l’a nommé ensuite Adtel de la Force, après que le marquis Nonpar de Caumont la Force l'eut acquis, le 4 mars 1714, de Henri
de Selvois, fils de Marie de l'Epinay.
Maison sans désignation (1595), faisant le coin septentrional de la rue Saint- Dominique, et appartenant à Georges Regnier, fournisseur de matériaux pour le palais des Tuileries et les fortifications de la ville. Nous n’en avons rencontré d'indication positive qu'à la fin du xvi siècle; mais elle dut être construite assez
longtemps auparavant, car elle occupait l'emplacement d'un terrain de cinq
(Salomon de la Fond était protestant et possé- Salomon de Brosse. Ces détails biographiques rédait une certaine notoriété. Il eut un fils qui fut sullent de notes qui nous ont élé obligeamment architecte du roi, et il était lié lui-même avec communiquées par M. Ch. Read.
Entre les rues Saint-Dominique el le quai.
er
Sade
quartiers qu'on bailla à bâtir à Jean Bocheron, le 34 août 1530, et qui devint la propriété de l'orfévre Pierre Delaunay vers 1543: il était alors clos de murailles. Ce terrain se prolongeait probablement jusqu'à celui où a été établi le couvent des Jacobins.
Mason avec moucn à ven. Cette maison n'est pomt mentionnée avant 1599; mais le moulin à vent apparaît plus tôt. Suivant Jaillot, il aurait existé dès 1368. ce dont nous doutons fort U), car il n'en donne pas de preuve, et nous voyons que ce fut à charge de bâtir le moulin que, le 22 juin 1509, son propriétaire, Guillaume Thibaut, prit de l'abbaye, à titre précaire, le quartier de terre qu'il occupait, avec son allée et veuue par le chemin, convenable pour a ler audiet lieu. » Cette cession avait été faite en échange de cinq autres quartiers silués auprès el «le chemin passant parmy.n Dans l’arpentage de 1529, l'enclos du moulin est énoncé contenir trois quartiers; il parait avoir compris plus tard une assez vaste étendue de terrain. À une date que nous ignorons, Mais postérieurement à 1630,
les sieurs de Lalaure acquirent la propriété du moulin à vent: ils y bâtirent des
maisons et vendirent diverses parcelles de terrain à des particuliers qui ÿ cons-
truisirent également.
LA VOIRIE ou LA BUTTE. Le lieu où s'élevait le moulin à vent élait le pont culminant du bourg Saint-Germain, de sorte qu'on comprend facilement qu'il ait élé appelé la Butte. Cette désignation, au surplus, implique sans doute que le mamelon naturel était couronné d’une éminence, créée artificiellement par l'accumulation des matières apportées à la voirie . Celle-ci, dite la vieille voyrie» en 1522, et la voirie Saint-Germain en 1bo9g, consistait, vingt ans plus tard, en une pièce de trois quartiers, qui aboutissait sur la rue des Saints-Pères. Elle tenait. vers le midi, à la terre du moulin; vers le nord, à une autre pièce de trois quartiers, et s'étendait derrière les deux, en présentant une forme analogue à celle d’un T:; du moins cette disposition résulte des détails de l'arpentage de 1529. La voirie Saint-Germain fut probablement supprimée vers 1530; aussi, dans un titre de 134o, estal parlé de «la Butte du moulin à vent où estoit an- « cyennement la voyerie dudict Sainet Germain. » Quant à la Butte du moulin, elle dut être aplanie après l'acquisition des sieurs de Lalaure. Elle avait pour limites, au nord, le cimetière des Huguenots, el, au couchant, le noviciat des Jacobins,
qui est énoncé Y tenir. Mais il ne faut peut-être voir dans ces énonciations qu'un
renseisnement approximatif. Au xvr siècle. les environs du commencement de la
rue Saint-Dominique constituaient un territoire qu'on nommait presque indifté-
L'assertion de Jaillot paraît n'avoir d'autre le dessin de 1548 que nous avons déjà signalé. base que la gravure de l'ouvrage de D. Bouillart, ?) Dans un titre de 1531, il est question de la qui est censée représenter l'abbaye et ses environs voirie à présent appellée la Butte. La butte du en 1368, mais qui a été faite, en réalité, d'après moulin semble done n'être point fort ancienne.
remment la Butte, la Peute Butte, la Butte de la Voirie, la Petite Voirie et le Moulin à
vent.
RUE SAINT-GUILLAUME. Elle remplace un petit chemin par lequel on montait au moulin, et dont nous n'avons jamais trouvé qu'une seule indication; ce renseignement est fourni par un document de 1542, où il est question d’une pièce de terre en bordure sur «la rue de devant Sainet Père descendant à la rivière de «Seyne (rue des Saints-Pères), .... tenant d'une part à la diete rue, d'autre à la «butte et voyrie; d’un bout (vers le nord) au chemyn par où l'on monte audict moulin e« à vent, et d'autre bout au chemyn aux vaches allant à Fsle » (rue Saint-Dominique). La rue Saint-Guillaume ne paraît ni avoir été bordée de maisons avant 1625 où 1630, ni avoir abouti antérieurement à la rue Saint-Dominique. Elle élait appelée rue de la Butte, sur un plan manuserit signalé par Jaillot, et elle est dénommée rue Neuve des Rosiers dans le procès-verbal de 1636. I n'en est, du reste, question ni dans le censier de 1595, ni dans celui de 1628, ni dans aucun acte, à nous connu, de la même période; elle n’est point représentée non plus sur le plan de Quesnel, de sorte que l'emplacement el la direction du chemin auquel elle à succédé demeurent fort incertains.
Prorréré de sept quartiers (1529), où, dès 1543, Jean Fraguyer, conseiller au Châtelet, avait planté un jardin et bâti «une petite maison à la mode ylal- «lienne,» avec un jeu de paume. Attenante au Pré-aux-Cleres, cette maison fut saccagée par les écoliers pendant l’émeute de 1548: on en morcela ensuite le terrain, dont la partie bordant la rue des Saints-Pères forma un jardin large de quinze Loises et profond de vingt-sept, qui dépendit de hôtel situé vis-à-vis et apparlint ainsi à Jean de Sansac, puis au sieur de Fontaine-Challandray et à l’orfévre Joachim Meurier. Celui-ci le céda pour une somme de 700 livres que lui paya le trésorier de l'épargne , suivant une ordonnance délivrée à Meurier le » juin 1604. Le terrain avait été mesuré et estimé par Jean Fontaine le 18 mai précédent, et, par arrêt du Conseil du 4 de ce mois, il avait été + destiné pour la sépulture et tenterrement des corps de ceux de la religion prétendue réformée : » leurs repré sentants en furent mis en possession le 6 du même mois®.
Le cmenère pes Hucuenors perdit naturellement sa première destination à la révocation de l’édit de Nantes, et il fut donné par moiliés, le g juillet 1685, à l'hôpital général et à celui de la Charité: mais il demeura à ce dernier établisse-
ment, qui désintéressa l'autre.
® Dans les environs de la maison de Fraguyer ? Les pièces à l'appui se trouvent aux Archives élait celle de Jean Gentils, joueur d'instrament nationales, car. S 2839. M. Ch. Read, à qui nous (1543), maison dont une partie avait été usurpée les avons signalées, les a publiées dans le Pulletin sur le Pré-aux-Cleres. Nous ne pouvons préciser de la Société de l'histoire du protestantisme, &. XII, l'emplacement. p. 36 el suiv.