‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 120 sur 202 · LE EE · texte numérisé non relu

LE EE

Eee mo

qui est indiquée dans un titre du 22 juin 1518. fl nous parait, en effet, impossible d'interpréter autrement le passage de ces pièces où il est question d'une

maison, que nous connaissons d'ailleurs, qui, ayant sa façade sur la rue de

l'Égout et faisant le coin de la rue du Four, aboutissait par derrière « à quelzques “myneurs, avee un aultre petit jardin joignant en la rue Saunet le Breton.» À la date de 1723, on trouve la mention suivante : «rue appellée aux Vaches, autre- «ment dite du Sabot.»

Une seule propriété avait son entrée principale dans la rue du Sabot: c'était un petit jardin (1523), remplacé plus tard par une petite maison, qui, située du côté oriental de la rue, séparait l'hôtel de Taranne de la maison faisant le com de la rue du Four. Ge jardin, dépendant probablement de la maison du Sabot, est

celui auquel il fait allusion dans le document énonçant la rue Saunet-le-Breton.

La rue de Seine, prolongée en 1812 jusqu'à la rue de Tournon, commençait auparavant à la rue de Bussy, et elle a toujours fini au quai Malaquais.

La principale destination de la rue de Seine était de conduire les habitants du bourg Saint-Germain et du quartier Saint-André au port de Nesle, et, subsidiairement. au Petit-Pré-aux-Cleres. Confondue avee une partie de la rue de Bussy, elle est énoncée, dans une charte de 12h09, vicus per quem itur ad Secanam; puis, dans les documents postérieurs, «chemin par lequel on va de ladicte abbaye à ricelle rivière» (1449); « chemin allant au Pré aux Cleres et à la rivière» (1510);

chemin qui va de Sainet Germain à la rivière» (1529); «chemin qui tend de

-ladicte rue (de Bussy) aux Prés aux Clercs» (1522); « chemyn de la Rivière» (1598); «chemin du Port» (1529); «chemin du Port aux Passeurs» (1530), et +chemin de l'Abruvoir, de présent appellé la voye de Seine» (1531). Dans un acte de 1521, nous lisons «rue de Seyne, nouvellement ainsi nommée; cependant il y avait plus de trente ans que l'appellation était en usage, puisque nous l'avons rencontrée dans une transaction de 1489.

Du côté occidental de la rue de Seine, entre les rues de Bussy et du Colombier, il y avait des constructions. c'est-à-dire une tuilerie, dès le xiv° siècle, et plus bas, à la même époque, la voie parait avoir été bordée par les murs du Séjour de Nesle: mais les maisons bâties au lieu où était ce séjour, et à partir de la rue du Colombier jusqu'à la rivière, n’ont été élevées que de 1535 environ à 1541,sur des terrains depuis très-longtemps rendus à la culture ou y ayant toujours été

consacrés. Du côté oriental, on éleva les premières maisons en 1530, année qui

doit être celle où la rue de Seine, élargie, reçut l'alignement qu'elle a conservé.

RUE DE SEINE. 237 Elle ne fut pavée, au reste, qu'en 1545, à la suite d’un arrêt rendu, le 30 mars. sur la réquisition de l'abbé de Saint-Germain, et qui avait été précédé d’un autre du 2 janvier 1544 (1545 n. st.) M, La pente devait être d'un demi-pouce par toise. En 1543, la rue semblait assez récente pour qu'on l'appelât + rue de Seine ænouvellement faicte,» et en 15441, alors qu'elle était encore inachevcée, elle. est dite «rue encommancée à faire, par laquelle on va de la porte Saint Germain «sur la rivière de Seine.» Le nom de rue de Seine n'a été d’un emploi général qu'un peu plus tard, et, suivant Sauval, on y a fréquemment substitué celui de rue Dauphine, à cause de l'hôtel Dauphin ou de Liancourt. Nous croyons effeclivement avoir vu un exemple de ce vocable, mais nous n'en avons point ren-

contré deux, ce qui prouve qu'il est extrèmement rare dans les titres.

CÔTÉ OCCIDENTAL

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE SAINT-GERMAIN

Maisons sans désignation (1595), contiguës aux maisons du coin occidental de la rue de Bussy, et faisant le coin méridional de la rue du Colombier. Elles étaient, dans la première moitié du x siècle, confondues avec la tuilerie de Moussv.

F \ (Voir Rue de Bussy, p. 42.) En 1698, entre la rue de Bussy et la rue du Colombier, on comptait neuf propriétés distinctes, et celle du coin de la rue du Colom- Ï ]

bier avait pour enseigne la Bergerie.

Maison sans désignation (1547), faisant le coin septentrional de la rue du Colombier, et aboutissant rue de l'Échaudé. Elle fut bâtie sur une pièce de huit perches et demie, baïllée, le 6 mai 1541, à Me Nicole Le Brun, qui en rétrocéda une partie à M° Jean Martin et à Me Léon de Marzelles. Le terrain qu'elle occupe, avec les maisons suivantes, servait encore, en 1b31, à déposer les tthuilleaux» de la tuilerie voisine, dont les propriétaires le prenaient à bail pour cet usage. C'est apparemment lorsqu'on à commencé à y construire qu'a été donné à la rue du Colombier le débouché qu'elle possède sur la rue de Seine, et dont il est fait mention dans le censier de 1547, où ïl est dit que le lieu s'appelait alors «l'Eschauldé » ®,

Masox sans désignation {1590 ), faisant le coin oriental de la rue de l'Échaudé. Elle était en ruines, lorsqu'elle fut cédée, le 28 mars 1590, au barbier Jean

1) La date de ce premier arrêt est indiquée dans texte du second dans ses Preuves (& IV, p. 715). les registres du Parlement, et Félibien donne le

Arch. nat. reg. LL 1195, fol. 392 v”.

Entre les rues de Bussy

et du Colombier

Entre

les rues du Colombier

et de

è ) a : ! Entre 2 les rues de Y'Echaudé » : et des Marais À Û h la rue des Marais et le quai | | !

Leschemains par Marie de Villars. Elle avait été construite sur un terrain cunéiforme de cinq toises de profondeur, baillé, le 7 mai 1586, à Geoflroy Lambert, cette place, est-il dit dans l'acte, ayant été + de tout temps délaissée en voirye et + descharge d'ordures »".

Mason sans désignation en 1543, puis nt Prrir-Sainr-JEax (1628-1720), faisant l'encoignure occidentale de la vue de l'Échaudé. Elle aboutissait à celle de Guillaume Maillard, rue du Colombier, et paraît Jui avoir également appartenu. Elle fut augmentée, en 1543, d'un emplacement de cinq toises carrées, pris sur le terrain du Petit-Pré-aux-Cleres.

Maison sans désignation (159b), provenant d’un morcellerent de la suivante. Vers 1560, le terrain en fut augmenté de vingt-quatre toises et demie, retranchées de la maison Nicolas Baujoan, située rue du Colombier.

Granoe masox couverte d'ardoise (15457), qui fut bâtie par Arnault Palerne , procureur au Parlement, sur un terrain à lui baillé par l'abbaye, le 1% mars 1543. En 1568, elle était au procureur Gabriel Montaigne; en 159, au président Thévin, et, en 1677. au président Boulanger de Viarmes. Elle renfermait, vers 1670, un manége où académie. et s'étendait, vers l'ouest, sur des terrains qui dépendent actuellement d'une maison de la rue du Golombier.

Maison pe La « Mançanire» (159D), puis Des Trois-Pexsées (1628). C'était un morcellement de la précédente, à laquelle elle aboutissait.

Mason sans désignation en 1595, puis pû Féux ( 1628) el be L'ANNONCIATION (1686).

Mason pe «Lc'Imace Saint YPOLLÉ

en (1595), puis pes Trois-Boures (1 628- 1720) el DE LA Viuzs-ne-Cnaumonr (1717). Elle a été quelquefois confondue avec la suivante, dans laquelle, en 1547, elle était comprise ainsi que la précédente.

Mason sans désignation (1547), faisant le coin méridional de la rue des

Marais.

Musox sans désignation en 1547, puis ou Fen-i-Cnevar (159b), faisant le coin septentrional de la rue des Marais. Vers 1698, elle était divisée en deux.

Maison pe a Croix-Branens (1595-1628), provenant d'un morcellement de la précédente.

Masox sans désignation en 1547, puis ou Powr-u-Jour ( 1628-1687). Vers 1547, elle appartenait au peintre + Loys Vachot,n et, en 1595, elle était séparée de la suivante par une autre maison, absorbée plus tard dans une de celles qui lui étaient attenantes.

Cette maison et celles qui précèdent, depuis l'hôtel du président Thévin, furent

La maison construite sur cet emplacement étant mentionnée dès 1590, Jaillot se trompe en disant

qu'on ne permit d'y bâtir qu'en 1608.

RUE DE SEINE. 239 construites sur la pièce d’un arpent et demi que le cardinal de Tournon céda, le 25 septembre 1538, à l'avocat du roi Gilles Le Maître, comme dédommage-

sement de la

ment des pertes de terrain subies par ce dernier lors de l'élargi rue de Seine et de la rue sur les fossés. (Voir Rue Mazarine.) I avait été convenu toutefois que Lemaître payerait à l'abbaye, à titre de redevance féodale, un cens de six sous parisis. Le 13 novembre suivant, François Bastonneau, voisin de Le Maitre, s'engagea à acquitter ce sens pour lui, en échange d'une perche de la pièce appartenant à ce dernier. Suivant les titres, la pièce en question offrait une largeur de dix perches, devant et derrière, sur une profondeur de quinze. Elle devait done empiéter sur le Petit-Pré-aux-Cleres, car les limites de ce pré, vers lorient, ne s'éloignaient guère de la rue de Seine que de trente-cinq ou trente-six loises. Cependant on lit dans le censier que cette profondeur de quinze perches se continuait + jusques à un fossé, icelui comprins, qui sépare le Pré aux

«+ Ceres de ladiete terre. »

HÔTEL DAUPHIN, DE BOUILLON, DE LIANCOURT et DE LA ROGHEFOU- CAULD, aboutissant rue Bonaparte. Get hôtel occupait l'emplacement de deux propriétés contiguës, qui bordaient la rue de Seine, et dont la première contenait un demi-arpent. Après avoir appartenu à Charles de Magny, « capitaine de la « porte du Roi, » elle était, dès 1538, à François Bastonneau, notaire, lequel y fit construire une maison. La seconde propriété consistait en un jardin elos, d’environ sept quartiers, lequel, après avoir appartenu aussi à Charles de Magny. et ensuite à Jean-Jacques de Mesmes, seigneur de Roissy, lieutenant civil de la prévôté de Paris, était passé, dès 1543, aux mains de Nicolas Dangu, évêque de

Seez ll), puis de Mende. En 1586, lestdeux propriétés étaient fondues en une seule, et appartenaient à François de Bourbon, duc de Montpensier, dauphin d'Auvergne; d'où le nom de «hostel Daulphin» qu'on trouve dans le censier de 1599, où il est dit que hôtel était alors possédé par M. de Penillac. H fut ensuite acquis par Henri de la Tour, duc de Bouillon, maréchal de FranceP), et après sa mort, arrivée en 163, par Roger du Plessis, sieur de Liancourt, qui le fit «sieur le Vasseur, son segrétaire ordinaire , lasomme

9 D. Bouillart rapporte (p. 191) que le roi

Charles IX alla loger, en 1561, rue de Seine, chez l'évêque de Chälons. Get hôtel était peut-être le même que celui de N. Dangu.

® Le fameux Salomon de Brosse, architecte du palais du Luxembourg, fit dans l'hôtel de Bouillon des travaux de construction , à l'occasion desquels il délivra le reçu suivant, que nous a communiqué M. Ch. Read : sJay (?) soubsioné, confaise avoir eu ret receu de Monseigneur le duc de Bouillon, pre-

æmier mareschal de France, par les mains de mon-

«de trois milles livres tournois sur et tant moins à *comple des ouvrages tant de massonnerie, char- « penterie, couverlure el autres ouvrages que je «fais faire pour mondit seigneur, en son logis du tfaulxbourg Saint Germain des Prés, rue de Saine

rlès Paris; de laquelle somme de trois milles livres

«je tient quite mondit seigneur, le Vasseur, et tous rautres. laict ce xxvmi jour de juing mil six cens

«lreze.n

#Q. de Ja somme de 1" 5. S. px Brosse.»

rebâtir sur les dessins de Lemercier, l'architecte du Louvre. La petite-fille du duc de Liancourt ayant épousé, en 1659, le duc François de la Rochefoucauld, ce- Jui-ci devint propriétaire de l'hôtel, que lon continua à appeler l'hôtel de la Rochefoucauld; cependant il fut vendu, en 1718, par le prince de Mareillae à la famille Gilbert des Voisins. La rue des Beaux-Arts a été ouverte, en 1825, sur l'emplacement de cet édifice, détruit peu auparavant.

Grañoe musox contenant un arpent et un quartier, et aboutissant à la rue des Petits-Augustins. Elle appartint, vers 1543, à Jean-Jacques de Mesmes, puis fut possédée par Gilbert de Lévis, gentilhomme de la chambre, due de Ventadour, el, vers 1595, par le conseiller au Parlement François Lecoq, dont la famille la conserva pendant plus d'un siècle. En 1687, la partie postérieure de cette maison était annexée à l'hôtel de Boulanger, président au Grand Conseil, lequel hôtel était situé en la rue Bonaparte.

Mason sans désignation (1547), qui appartenait, vers 1595, à M. Leclerc, sieur de la Forêt, docteur en droit. Elle était alors divisée en plusieurs «de- + meures,» dont l'une avait nom l’hostel du batteau du Roy.

Deux maisons sans désignation (1595). Elles existaient probablement dès 1545, et furent, ainsi que la précédente et la suivante, bâties sur des terrains vendus, en 1538, par l'Hôtel-Dieu. (Voir Quai Malaquais.)

Granoe maison sans désignation (1543), formant le coin du quai. Bâte par Jean Dumas, maître de la poste de Paris, comme les trois que nous venons d'indiquer, elle fut abattue vers 1606, pour faire place à l'hôtel de la Reine-Mar-

guerite. Îl ne reste aucune trace du plan de ces constructions.

HÔTEL DE LA REINE-MARGUERITE. Cet édifice, qui a subsisté pendant moins de vingt ans, a été en quelque sorte oublié des historiens, qui en parlent à peine. On ne peut suppléer que très-imparfaitement à leur silence, tant à cause de l'absence des comptes de construction que par suite des lacunes existant dans les archives de l'abbaye.

C'est en 1605 que Marguerite de Valois, première fenime de Henri IV, quitta l'Auvergne et revint à Paris, où elle choisit l'hôtel de Sens pour résidence. Elle y demeurait encore le 5 avril 1606, jour où l'un de ses anciens amants, nommé Vermont, tua le favori qui l'avait supplanté près de sa maîtresse. lvre de colère, celle-ci, raconte Lestoile!), jura de ne prendre aucune nourriture qu'elle ne fût vengée, et, afin que le serment ne Jui devint pas trop pénible à tenir, dès le lendemain elle fit exécuter Vermont, sous ses propres yeux, devant la porte de son hôtel. Mais, «la nuit même, tout eflrayée, elle en délogea et le quitta avec «protestation de n'y jamais rentrer.» La reine Marguerite n'alla done habiter le

) T. XLVII,p

526. Coll. Petitot.— Ces détails sont confirmés par d'autres historiens, et Lestoile cite

un mot de Henri IV qui y fait allusion.

RUE DE SEINE. 241 faubourg Saint-Germain que postérieurement au 6 avril 1606, et au mois de septembre suivant elle y avait certainement son t logis, » puisque, comme le r'apporte aussi Lestoile, elle fut contrainte, par la peste qui $y manifesta, de l'abandonner et de se retirer à Issy. Des acquisitions effectuées le 9 août et le 34 juillet resserrent dans de plus étroites limites encore l'époque à laquelle il faut reporter l'installation de la reine Mareuerite au quai Malaquais. Quant à l'époque où

commencèrent les travaux de son palais, nous n'en connaissons qu'une particula-

au mois d'octobre 1610, la chapelle inachevée attendait encore sa toiture 0.

Pour réaliser les plans qu’elle avait adoptés, la reine dut obtenir l'autorisation de supprimer l'extrémité septentrionale de la rue appelée aujourd'hui Bonaparte, ce qui lui permit de réunir une portion des deux îlots compris entre les rues de

Seine et Saint-Père. Le tout forma une propriété large de quarante-deux toises el

demie sur la première rue et de quarante-six sur la seconde®). La superficie totale

était de cinq mille trois cent vingt-quatre toises, savoir : pour les bâtiments bor-

dant la rue de Seine et faisant le coin du quai, quatre cent soixante-huit toise pour la cour venant ensuite, quatorze cent douze; pour le jardin situé derrière la cour et faisant le coin du quai et de la rue des Saints-Pères, trois mille quatre cent quarante-quatre %. Au delà de cette dernière rue, qui les séparait de l'hôtel proprement dit, d'immenses terrains furent achetés pour faire un pare, dont nous parlons ailleurs et qui demeura inachevé. (Voir Quai Malaquais.) On ne termina point non plus certains édifices de l'hôtel, dont la disposition intérieure n’est point connue, parce qu'il n’en subsiste aucun dessin et que les plans de Quesnel et de Mérian en donnent à peine une idée, À défaut de documents graphiques plus complets, nous pouvons du moins citer et nous transcrivons une curieuse description de l'hôtel que renferme un procès-verbal de visite et d'estimation. dressé au mois d'avril 1620. À cette époque, la reine étant morte depuis cinq ans, et ses nombreux créanciers réclamant le payement de ses dettes, la vente du palais légué à Louis XIII par Marguerite fut ordonnée,

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