ASIA A
#chaufoirs communs, faits en forme de cloche, l'un du costé des hommes et « l'autre du costé des femmes, le tout aux despens du Grand Bureau, qui fournit “et satisfait à tout ce qui est de nécessité.
«Plus, audit hospital sont receuz les enfans et pauvres cagñardiers, tant fils que filles, qui sont malades de la teigne, qui l'ont gaignée à coucher es basteaux .
«les autres sous les estaux où par les rues; et sont pensez, médicamentez et guaris,
«lellement que en un an s'est trouvé le nombre de deux cens qui y ont receu x guarison. Encores sonf receues audit hospital plusieurs femmes malades du mal «caduc, nommé le mal Sainct-Jehan, eb autres pauvres alliénez de biens et de «leur esprit, et courans les rues comme fols insensez; desquels plusieurs, avee le
«lemps et bon traictement que on leur faiet, reviennent en bon sens et santé. »
L'administration de lhospice était confiée par le Grand Bureau à un gouver-
neur, chirurgien émérite, qui dirigeait le service médical et y était aidé par un second chirurgien. Quatre portiers excerçaient la police de la maison, où il ; avait deux prisons pour punir les pauvres récalcitrants et incorrigibles. Enfin deux prêtres, logés dans l'établissement, y disaient chaque jour la messe et y accomplissaient les autres fonctions de leur ministère (,
Une croix, dite de la Maladrerie, existait, vers 1419, dans les environs de Fhô-
pital.
La date terminale (1610) que feu Berty s'était imposée l'a condamné a écourter la monographie de la Maladrerie Saint-Germain, comme elle l'avait conduit à abréger la notice qu'il a consacrée à Saint-Sulpice, l'antique église paroissiale de cette région. Cependant la vieille Léproserie du bourg Saint-Germain n'en est pas restée à la transformation que lui ont fait subir les arrêts du Parlement, ainsi que les lettres patentes de 1554. Les Petites-Maisons sont devenues, au commencement de ce siècle, les Petits-Ménages, el c'est sous cette forme que la génération contemporaine à connu l'asile fondé par la piété de nos pères.
L'établissement, réorganisé en 1557 par le Bureau de la Ville et administré par le Grand Bureau des Pauvres, a eu, jusqu'à la fin du sièele dernier, son existence distincte; sa gestion ne relevait ni de FHôtel-Dieu, ni de l'Hôpital général. On y recevait indistinelement les pauvres de loutes les paroisses de Paris, et, comme le nombre s’en accroissait Loujours, le Grand Bureau prit le parti de faire construire, absolument en dehors des « pouretraicts, desseings et modelles» prescrits par les lettres patentes du 11 novembre 1554, an bâtiment considérable devant occuper tout le fond de la cour. Cette construction, dont nous donnons le profil, au-dessous des Petites-Maisons de la fin du xvi siècle et du commencement du xvn', fut élevée en 1785, sur les
plans de l'architecte Buron , approuvés par Antoine. architecte du roi. Elle ne présente point un
? Iexistait, aux Petites-Maisons , deux chapelles L'abbé Saint-Germain, en la censive duquel distinctes : la grande, dont nous donnons une vue, était situé l'établissement, y installa un curé-vicaire qui fut consacrée le 6 avril 1615, et la petite, ou, en 1665. Cel état de choses s'est continué jusqu'à chapelle de linfirmerie, bénite le 10 mai 1656. la fin du siècle dernier, — 1. M. r.
mais elle constitue le dernier agrandissement de la maison aujourd hui dis-
style bien accust
parue, el, à ce titre, il importait d'en conserver l'aspect. Le même sentiment de conservation nous a engagé à reproduire la porte d'entrée ouverte :
sur la rue de la Chaise et contemporaine des premiers travaux de transformation, Enfin il nous a semblé que la monographie architectonique des Petites- Maisons et des Petits-Ménages devail avoir pour complément un plan général des cours el bâliments, avec indication des parlies qui ont été successivement modifiées où supprimées, el de celles qui existaient encore au moment de la démolition. Moins heureux que feu Berty, lorsqu'il découvrit et publia, dans le tome premier du présent ouvrage (région du Louvre et des Tuileries), un plan inédit de l'ancien hospice
des Quinze-Vingts, nous avons dû faire relever minutieusement l'ensemble et les détails de la
, les états
Maladrerie transformée, en ayant soin de distinguer, par des signes conventionne successifs de cetle antique maison.
Ce plan général, dressé par M. Bienvenu, fait honneur à la sagacité et à l'esprit d’exactitude
de ce jeune architecte. Nous l'avons fait réduire, afin de pouvoir le renfermer dans les limiles
d'une planche double.
I nous reste. pour terminer cette nolice complémentaire, à dire en quelques mots ce qu'élaient les Petites-Maisons au moment où la Révolution vint en modifier le régime, et ce qu'elles de-
vinrent sous le Consulat, par suite de la réorganisation du 10 octobre 1801.
Un document, rédigé en 1785 el conservé aux archives de FAssistance publique, donne des délails intéressants sur le personnel de lhospice. On y entretenait alors : -1° Les vieilles gens infirmes, hommes et femmes, de loutes les paroisses et faubourgs de - Paris. pris par ordre d'âge dans ceux qui sont à l'aumône du Grand Bureau... à qui lon # faisait la paie toutes les semaines, pour fournir à leur subsistance ; o° Les insensés ;
-3° Les malades de la maladie vénérienne, pour y être pansés ;
Ceux qui élaient alligés de la teigne:
-5° Toutes les personnes, prètres, religieuses et autres, employés aux différents services nécessaires dans ledit hôpital LU,»
Suivant Tenon, dont les renseignements ont été acceplés pour exacls par M. Husson, l'hôpital des Petites-Maisons contenait, en 1786, outre les places réservées aux indigents valides, 226 lits répartis ainsi qu'il suil :
Pour les pauvres malades de la maison, couchant seuls : 150 lits;
Pour les gardes-fran aises el gardes-suisses atteints d'affections syphililiques : 14 lits;
Pour les malades civils, atteints du même mal: 18 lits;
Pour les fous furieux des deux sexes. déclarés incurables et installés dans un nombre égal de loges : Ah lits.
Un rapport de M. de Pastoret, que cite également M. Husson, et qui complèle ces indications,
! nous apprend que le nombre des places réservées aux indigents valides atteignait le chiffre de
538, el que les infirmeries contenaient près de 200 lits.
Le règlement du 10 octobre 1801, qui réorganisa l'hospice, n'admit point le principe de le juxtaposition des malades, des indigents et des aliénés : il répartit ces derniers, suivant leur
| sexe, entre les hospices de Bicêtre et de la Salpêtrière, et affecta définitivement l'antique Mala-
drerie Saint-Germain aux époux el aux veufs âgés, infirmes el sans ressources suflisantes. De là
sa nouvelle et dernière appellation : Petits-Ménages.
D Archives de l'Assistance publique (Repistres d'inventaire du Grand Bureau des Pauvres et de l'hôpital
des Petites-Maisons, 1785).
NNGES
IDGRSNUMNE
PE
FOSPICEUDES
Les bâtiments avaient été fort négligés pendant la période révolutionnaire. La chapelle, con-
O0 0 ( verlie en orangerie, ne fut rendue à sa destination qu'en vertu d'une ordonnance du mois de
mars 1817. Les loges d’aliénés furent démolies en 1891 et dans les années suivantes: puis, des
suce
travaux de réparation et d'appropriation, exécutés essivement, firent disparaitre, au moins
à l’intérieur, les dernières traces de la distribution de 1557. -
I ne subsiste plus aujourd'hui que l'espace occupé par la vieille Léproserie, lhospice des Petits-Ménages, qui en était le dernier état, ayant été transféré au village d'fssy. Cette destruction radicale à fait entrer dans le domaine de Phistoire l'antique Maladrerie el ses transformations successives. C’est pour ce molif que nous avons cru devoir conduire jusqu'à l'époque contem-
poraine la notice arrêtée par feu Berty à l’année 1645. —1. mr.