‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 130 sur 202 · TE · texte numérisé non relu

TE

tion fut évidemment adoptée en l'honneur du cardinal, et ne saurait avoir pour cause, ainsi que l'a imaginé Jaillot, le voisinage de l'hôtel de Montpensier, qui ne bordait point la rue et n'a jamais été appelé hôtel de Bourbon. Dès 1628, on disait d’ailleurs la rue du Petit-Bourbon, et cette modification, qui a prévalu, provient soit de l'habitude où l'on était de désigner ainsi une rue très-connue des environs du Louvre, soit plutôt d’un déplacement de mot. En effet, la rue dont il s'agit, formant la continuation de la petite rue Saint-Sulpice, a pu être nommée, pendant un temps, pelle rue Bourbon, et, par une légère interversion, rue du Petit-

Bourbon.

Le > mars 1528, Jeanne Montrouge, veuve de Jean Marché, vendit aux marpuilliers de Saint-Sulpice, moyennant quarante livres et la cession d’un arpent de terre derrière les Chartreux. certaine portion de jardin, tenant aux murs de la Foire, + tirant tout du long au pelit jardin du presbytère, depuis le commencement -dudict jardin au bout du pré de la Foire, tirant tout du lông jusques au petit + jardin du presbytère,» et de plus «une esquerre au bout dudiet jardin, qui va «[se] rendre au coing dudiet pignon de ladiete église, à la chapelle Nostre Dame; » ce terrain était destiné à servir de ruelle pour communiquer avec l'église. Dans un autre acte de 1530, il est rappelé que le terrain vendu par Jeanne Montrouge avait été employé à « faire une ruelle pour passer et repasser, et aller dudiet Sainet + Germain à ladicte église Sainel Sulpice; » or on ne voil pas quelle pourrait être la ruelle en question, si ce n’est la continuation de la rue du Petit-Bourbon. Il \ a donc lieu de supposer qu'en 1528 cette rue n'allait point au delà de la rue Garancière, ce qui explique comment, dans une déclaration de 1522, l'hôtel de Garancière, énoncé comme tenant par le haut «aux Clos aux Bourgois, le chemin

«de Vaugirard entre deux,» est dit tenir par bas « aux halles et à l'esglise et jardin

«+de Saint Sulpice,» sans indication d'une ruelle intermédiaire, mentionnée, au contraire, dans les documents plus récents. On voit, du reste, qu'en 1394, un évèque de Coutances ayant acheté deux jardins de la veuve Hélézote, ces deux jardins furent décrits comme tenant d’une part à l'église Saint-Sulpice et d'autre part au comte d'Évreux, én d'autres termes à l'hôtel de Navarre, ce qui implique également l'absence d'une ruelle intermédiaire.

Avant sa rectification, la seconde partie de la rüe du Pelit-Bourbon oftrait plusieurs brisures, que nous avons reproduites d'après un plan manuscrit de 1795. lequel ne laisse voir qu'un état déjà modifié. On l'appelait la rue Saint-Sulpice (1580), la rue du Pent-Saint-Sulpice (1599) ou la pelile rue Saint-Sulpice (1616),

lénominations la rue du Petit-Bourbon,

et lon comprenait fréquemment sous ces « ainsi qu'on le constate par le censier de 1595. Isolée, elle a été quelquelois appelée

rue des Prétres (1649, 165, ete.), et, dès 1636, jusqu'à la Révolution, rue de

l'Aveugle, par corruption: des Aveuples. + Elle se nomme de la sorte, rapporte

RUE SAINT-SULPICE. 267 eSauval, à cause d'un aveugle qui y à demeuré longtemps dans une maison qui «non-seulement lui appartenait, mais toutes les autres encore). » Cette tradition populaire à sans doute 66 amplifiée, mais elle n'était point destituée de tout fondement : un aveugle ayant une certaine notoriété a habité la rue, comme il appert de la phrase suivante du censier de 1595 : « Ces deux maisons appartiennent à «présent à un nommé Estienne Belleheure, et y à un pauvre aveugle nommé. .…C

Le texte de ce document est lonqué.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Le côté méridional de la rue du Petit-Bourbon était bordé, entre les rues de Tournon et Garancière , par l'hôtel de Savoie, et, au delà, par une maison faisant le coin occidental de la rue Garancière . puis par trois ou quatre maisons irrestituables, qui aboutissaient au cimetière et s'étendaient jusqu'à la rue Férou. Ce sont ces maisons qui appartenaient à l’'aveugle auquel la rue devait son nom. Elles ont été démolies peu de temps après l'acquisition que la fabrique de Saint-Sulpice en fit, le 7 septembre 1648 et le 4 novembre 1657. Les plans que nous avons vus n'en présentent d'ailleurs aucune trace, et les titres qui Sy rapportent n'en donnent qu'une idée très-confuse.

CÔTÉ SEPTENTRIONAL

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Maison sans désignation (1522), faisant le coin oriental de la rue des Canettes. Elle fut acquise par la fabrique de Saint-Sulpice pour être démolie, le 22 juin 1720. Elle présentait alors deux corps d'hôtel, et celui du coin avait nom le cabaret de la Magdeleine. Elle (üt bâtie, ainsi que la suivante, sur un terrain pris à bail le 20 janvier 1506.

Cette maison occupait assez probablement le même emplacement que celle de

QE EF p. 3. — ® Arch. nat. reg. 5 3058, fol. 109 v°.

l'Écu-de-France (1400-1473), qui est dite située «devant le puits de Mau- + conseil. »

Deux maisons sans désignation en 1522, dont l'une à eu pour enseigne L'ImaGE Sunr-Anrone en 1581, et Sunr-Guiraume en 1665. Elles dépendaient l'une de l'autre et sont toujours mentionnées simultanément. La fabrique de Saint-Sulpice les acheta en 1728, pour les démolir. Si les titres sont exacts, elles s'étendaient anciennement vers le nord, aussi loin que le presbytère Saint-Sulpice; leur profondèur était trois fois moindre au moment où elles furent abattues. Dans un acte de 1656, elles sont dites « faire le coin du cloître Saint-Sulpice, » expression qu'on ne trouve ni avant ni après. Le lieu qu'elles occupaient, avec les précédentes, forme actuellement une petite place, portion d'une place beaucoup plus

vaste, laquelle devait être entourée de constructions monumentales et régulières

dont Servandoni avait donné les plans. Le duc de Gèvres, gouverneur de Paris,

mais le projet

eu posa la première pierre au nom du roi, le 2 octobre 1

n'eut pas de suite.

PRESBYTÈRE DE SAINT-SULPICE, mentionné dès 1399 et d'une origine beaucoup plus ancienne. On entreprit de le rebätir en 1967; mais le manque d'argent

fit interrompre les travaux, de sorte que le curé et les vicaires, privés de leur

asile naturel, habitaient divers colléges de l'Université, ce qui donna lieu à des plaintes. Pour parer à cet inconvénient, Henri IE, à la date du 11 septembre 1577. autorisa les maroguilliers à lever sur les habitants de la paroisse une taxe de 1,2 010 livres, destinée à l'achèvement des ouvrages commencés.

A côté du presbytère, vers lorient, se trouvait, en 155 et 1539, un jardin

qui en dépendaut, et que le curé Simon de Montereul unit au sien de sa propre

autorité, en démolissant le mur qui l'en séparait. Mais, comme ce jardin appartenait à la fabrique, les marouilliers, en 1634, protestèrent contre l'usurpation dont il avait été l'objet. Toutelois le terrain, qui était large de treize toises deux pieds et profond de vingt-deux loises, ne leur fut rendu que trente ans plus tard, à la condition d'y bâtir, pour la communauté des prètres de la paroisse, une maison, qui fut commencée dans la mème année 1661. Le presbytère Saint- Sulpice avait aussi pour dépendance un cimetière qui fut béni le 10 juim 1664. et supprimé par lettres patentes du 1% mai 1793.

Maisons sans désignation, aboutissant au mur des halles de la Foire, et conslruites sur le terrain de soixante-deux toises cinq pieds de long baillé, en 1581, à P. Thireul. En 1698, ces maisons étaient au nombre de sept.

Muson sans désignation (1581), faisant le coin de la rue du Brave. Gelte

maison semble oceuper le même emplacement qu'une autre mentionnée, en 1 b/

comme ayant onze loises ef demie dans un sens et quatre el demie dans un autre.

Page 1