‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 131 sur 202 · RUE TARANNE · texte numérisé non relu

RUE TARANNE

La rue Taranne commence à Fancien carrefour Saint-Benoït (place Saint- Germain-des-Prés) et finit à la rue des Saints-Pères.

Elle n'apparait avec ce nom que dans le xvuf siècle, c'est-à-dire assez longtemps après la destruction de Fhôtel de Taranne. Jaillot dit, il est vrai, qu'on lappelait déjà rue Taranne au xv° siècle et rue de la Courtille au xiv°; mais, après une vérification minutieuse, nous avons constaté que la rue de l'Égout est seule ainsi

désignée dans les titres de l'abbaye. Jaillot Sest done mépris, comme nous la-

vons fait, à notre four, en croyant d'abord que ces mentions de maisons sises «rue aus Vaches, devant l'hostel de Tarennes, » que nous trouvions aux dates de 1597, 1939, ele., se rapportaient à la rue Taranne, tandis qu'elles n'indiquent encore que la rue de l'Égout W. Toutefois il ne serait pas impossible qu'il existt quelque titre où la rue Taranne fût confondue soit avec la rue de l'Égout, soil avec la rue Saint-Dominique : toutes deux ont été dites rue des Vaches, et la dernière n'a pas loujours été bien distincte de la rue Taranne, puisque, dans un document de 1523, celle-ci est appelée aussi «chemin tirant dudit Sainet Ger- «main au port de Grenelle, » locution qu'on avait l'habitude d'appliquer spécialement à la rue Saint-Dominique.

La rue Taranne conduisait à l'église Saint-Père; c'est le plus souvent ce fait qu'expriment les diverses dénominations employées dans les actes où il en est question, ef où nous avons lu successivement : vicus per quem ihu ab abbatia ad Sancum Petrum (1267); vicus per quem tu ad Sanctum Petrum (1274); «rue par «laquelle on va de la porte de l'église droit au cimetière Saint Père» (1347); «chemin par où l'on va à la chapelle Saint Père (1393); «chemin qui maine à « Saint-Père » (1468); «chemin qui va par derriere l'église Saint-Père» (1461 ); «chemin de l'aistre Sainet Père » (1526): «chemyn qui va du bourg Sainct Ger- «main à Sainct Père» (1529), et «rue Saint Père» (1604). Dans le censier de 1599 se rencontre la rubrique «devant le cloz de Messieurs les religieux,» et la mention de la «rue du Cloz des Moynes;» dans le cueilleret de 1628, la rue Taranne est comprise, avec la rue Sainte-Maroguerite, sous le titre de «rue des

« Fossez de l'Abbaye. »

Sauval et Jaillot parlent d'une rue qui, dite Madame de Valence de 1319 à 1368, aurait été, suivant eux, remplacée par la rue Sainte-Marguerite. C’est encore là 0 I n'yavail, à celle époque, aucune maison du +lel de Tarennes» se trouvaient dans la rue de

côté septentrional de la rue Taranne, et, par con- l'Egout, aujourd'hui supprimée, où l'hôtel avait sa

séquent, les seules qui pussent être devant l'hos- principale entrée,

l 270 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DI

' une erreur, mais elle est des plus excusables, attendu que l'identité de la rue en question n'était réellement point facile à établir. Elle ressort des faits suivants : Le Ü 3 février 1390, l'abbé de Saint-Germain vendit à Louis I*, due de Bourbon et comte de Clermont, plusieurs propriétés contiguës qui étaient situées « devant la «porte de labbaïer et se composaient, 1° d'une maison appelée «la maison de + lOmosne.» non compris certaine grange où laumônier du monastère resserrail | ses grains; 2° d'une habitation nommée «la Haute Maison; » 3° d'un jardin dont le mur s'étendait jusqu'à l'enceinte du couvent; 4° d'un manoir qui avait appartenu à Jean de Néelle, chevalier, sire d'Offémont; 5° d'une grange qui avait été à Robin Le Queux. L'acte de vente exprime, de plus, que le duc se proposait d'acquérir de Marie de Saint-Pol, comtesse de Pembroke, un autre manoir que celle-ci tenait de feu Aymar de Valence, son mari, et dont dépendait une grange bordant la vue des Saints-Pères 0. Louis de Bourbon devint-il possesseur de la propriété de Marie de Saint-Pol, comme Sauval © le donne à entendre?

Les renseignements que fournissent les archives de l'abbaye paraissen impliquer, au contraire, que, si la maison de la comtesse fut annexée à l'hôtel de Bourbon, cest seulement lorsque cet hôtel apparünt à Mwe de Valence, et plusieurs années après la cession que, le 17 octobre 1346, le duc Pierre de Bourbon en fit à son frère

Arch. nat. porte”, P 1%, — Voici le texte -lrée ne issue sur lesdiz religieux, parmi ledit même de l'acte de vente : emur, tant fait que aflaire... Une autre maison

«Les mesons, granches, jardins el murs qui -dudit mons. Jehan de Nelle... qui tient à laditte -s'ensuivent, que lesdiz religieux avoient appar- haute maison, chargié en un denier de fons de «lenans à leur ditte église, assis devant la porte terre... pour cause de la cave, la sale, la cha -de laditte abbaïe, Premièrement, une meson que «pelle, la chambre et de la cuisine, qui sont comelen dit la maison de l'Omosne, si comme elle prises et adjointes à la maison qui fu audi -se comporte et estent de loutes pars... -exceplé “mons. Jehan de Néele. De rechief une granche,

ant seulement la granche à lomosnier de laditte #si comme elle se comporte, qui est tout au dehors. rabbaïe, en laquèle il meit ses grains, el lient aus #qui fu Robin le Queu.….… Et fu encoires accordé et rjardins de ladite abbaïe..… De rechief une autre +expressément convenancié entre lesdites parties meson que len dit la Haute Maison... tenant que. ou cas où ledit mons. Loys et ses hoirs aud'une part à laditte meson de l'Omosne, el d'au- -roil ou pourroil avoir, par achat ou autrement, «re part à la maison qui fu noble homme Monsein- -de noble dame, hautre (sic) et puissant madame «gneur Jehan de Néele, chevalier, sire d’Auffemont; «Marie de Saint Pol, contesse de Painbroch, dame -laquèle haute maison est où treflons de laditte «de Montignac en Poitou, un manoir et maison... rabbaïe; de rechief le jardin et le mur nouvellement «que ladite dame a de son propre héritage, assis - fait, si comme toutse comporte etestent. du coing à Saint Germain des Prez, qui fu feu noble homedu mur de laditte abbaïe, et la place où jardin +me monseingneur Emart de Valences, chevalier, “oultre ledit nuef mur, lout fendant à ligne jusques «jadis mari de laditte dame ; lequel manoir el mai- ! aus mars qui tiennent au chemin par là où va à «son doivent à la selle dudit monseingneur l'abbé -Seine. Laquèle place et jardin ledit mons. Loys, sept soubz... et la granche qui est pardevers les -ses hoirs ou ceuls qui de lui auront cause feront «champs, joingnant au chemin pardevens la chaclore et maçonner de bons murs et de haus, tout «pelle Saint Père, chargié en trois soubz par. pat rau lonc jusques ausdiz murs dudit chemin; et ne san... «pourra ledit mons. Lovs... avoir ouverture, en- GT, D. 06:

RUE TARANNE. 271 Jacques, comte de la Marche. En effet, dans le livre de la recette du pilancier pour 1372, nous trouvons un article ainsi conçu : « À Saint Germain des Prez. «sur une place où jadis fu ung tres bel manoir, lequel fu Mons. de Bourbon, vel, depuis, Madame de Valences; qui séoit entre la vielle porte el Saint Père, «et fu abatue ou temps Haudouart, roy d'Angleterre, xx s.@» Nous lisons en outre, dans un cartulaire, que, le 10 octobre 1347, le trésorier de Saint-Germain s'étant engagé à fournir lui-même les corporaux nécessaires au service religieux, l'abbé renonça, en sa faveur, à une grande maison énoncée «en la rue «par laquelle on va de la porte de l'église droit au cimetière Saint Père, tenant «aux maisons de l'office de l’Aumosue, d'autre part au mano de noble homme « Mons. Jacques de Bourbon, chevalier, qui jadis fut Jehan de Nesle P), » Ainsi, le grand hôtel que, au dire de Sauval, on appelait le Séjour de Bourbon,

el qui, en 13/47, était encore au comte de la Marche, passa certainement ensuite aux mains de M" de Valence; il est done vraisemblable que ce fut elle qui y joignit l'ancienne maison de son époux. Le censier de l'année 1355 f) montre qu'elle disposait alors de la vaste résidence formée par la réunion des deux mauoirs. laquelle eut pour dernier nom celui d’hdtel de Madame Valence et fut abattue au mois d'avril 1360. Une partie de ses matériaux servit à la restauration du Louvre vers 1365 U), et, le 1 1 février 1394, on en bailla l'emplacement, demeuré vide, à Jean Le Bouvier. Or, dans l'acte original, le lieu est décrit comme «une place « où jadis eut maison, qui fut à noble dame Madame de Valences; tenant d'une «part (vers le nord) aux murs de la courtille desdits religieux, et d'autre part «(vers le sud) au chemin par où l'en va à la chapelle Sainct-Père; aboutissant par hault (vers l'ouest) au chemin qui va au jardin à l'aumosnier de ladite séglise, el au dessoubz (vers l'est) aus chemins qui furent faiz pour la clausture

-de ladite ville (lisez abbaye) de Sainet Germain F.

Il résulte bien clairement de tout ce qui précède que l'hôtel de Mme de Valence s'étendait de la rue Saint-Benoît à la rue des Saints-Pores et longeait la rue Taranne. C'est done cette dernière voie qui à été appelée rue Madamede-Valence , désignation entièrement inapplicable à la rue Sante-Marguerite pri-

milive. [l paraït également certain que cette dénomination n’a point été en usage

® Arch. nat. reg. LL 1103, fol. 167 r°.

Arch. nat. reg. LL 1091, fol. 14 v°.

tMadame de Valence, pour la masure qui fu ue du Four, uv; pour la granche qui fu Robert rle Queux, nr; pour la maison qui fu Jehan le «Bourguignon, ur; pour 1 po de terre tenant à ycelle, xn°; pour la granche qui fu Girart le Bou- “cher, nr; pour la masure qui fu mons. Jaques

de Bourbon. 1°.» (Arch. nation. rep. LL 1033,

fol. 14 et 3» v°.) Dans le censier de 1365. il est question de ces propriélés comme appartenant à M°° de Valence.

Région du Louvre et des Tuileries, p. 186.

Arch. nat. reg. LL 1103.

Cest ce que démontre encore ce passage de

comples de 1366 à 1368 : «La rue Madame la Va-

-lence, devant l'abbaye Saint Germain, jusques

raux fossés.» (Sauval, L Il, p. 126.)

dès 1312. puisque ce n'est point avant le mois d'avril 1321 que Marie de Chätillon, dite de Saint-Pol, devint dame de Valence, en épousant Aymar de Va-

lence IL, comte Pembroke et seigneur de Montignae en Poitou ". Le] Le]

CÔTÉ. MÉRIDIONAL

sue . HÔTEL DE TARANNE, faisant le coin des rues de l'Egout et du Dragon. Après

t du Dragon. avoir appartenu à Jean La Bobeline, puis à messire Jean Pillet, à Me Jean Sardigou, et, vers 1/00, à M° Oudart de Trigny, il échut à Jean Tarenne, changeur et bourgeois de Paris, qui le possédait en 1419 © et lui donna son nom. Vers 1495, il appartenait à la femme et aux enfants de ce dernier, et, en 1440, à fut rétrocédé à l'abbaye par Christophe de Tarenne ou Taranne, alors « malade de «lèpre.» Il passa ensuite à Michel de Laillier, reçu conseiller au Parlement en en 14309 5, aux héritiers de celui-ci, et à Jean Le Picard, aussi conseiller au Parlement, qui le donna à son neveu Bertrand Le Picard, licencié ès lois, sieur de Huydeville. Il fut acheté de ce dernier, le 21 septembre 1505, par M° Bernard Roillet, principal du collége de Bourgogne, et passa ensuite à son neveu Georges Roillet, lequel, à la date du 31 décembre 1523, y annexa une place vague, située devant, le long du chemin devenu la rue Taranne, et «contenant icelle place

trente et huict toises de long sur seize toises de large, au bout d'en hault, devers

« l'esglise Sainet Père, et quatre Loises de large au bout d'embas, devers les fossés

+ de l'abbaye, à l'alignement du pignon du corps d'hostel neuf dudiet hostel de

«+ Tarennes; tenent icelle d'un costé (vers le sud) tout du long audict hostel et

«jardin dudict Tarennes, et d'autre costé audiet chemyn; aboutissant d'un bout par

«hault à l'ostel du Sepulchre, le chemin entre deux, et par bas à la rue de la

# Courtille, autrement dict de Tarennes.»

La superficie de l'hôtel de Taranne était d'environ deux arpents et demi, et non de trois, comme l'indique le censier de 1593. Il renfermait une grange, deux bergeries, un colombier et deux grands jardins. Dans la seconde moitié du

x siècle, il fut divisé en deux grands lots donnant, lun rue de l'Egout, l'autre

Hist. général. & WT, p. 82 c. 1427 (Sauval, & IE, p. 305), il est dit conseiller En 1419, le changeur Jean Tarenne, men- et maitre de la Chambre des comptes, et c'est tionné dès 1385, devait être âgé d'au moins cin- apparemment le même que le Prévôt des Marquante ans. chands élu en 1436; mais peut-être ce dernier

Dans le comple des confiscations de 1423 à élait-il le père du conseiller au Parlement.

RUE DE VAUGIRARD. 281 guerite de France, duchesse de Berry et femme d'Emmanuel-Philibert; duc de Savoie,

Cette princesse la donna à son secrétaire, M° Raymond Forget, notaire du roi, qui, pour en témoigner sa reconnaissance, fit seulpter au-dessus de la porte les mots : De la libéralité de ma princesse. Sauval, en rapportant le fait, ajoute que, «au commencement des troubles de la Ligue, cet hôtel ayant été saisi et loué par le Parlement comme prétendu appartenir à Forget, après que Guillaume Martin, procureur de la princesse, eut remontré à la Cour qu'il appar- « tenait à sa partie, la saisie fut levée en 1970, au mois de décembre, par arrèt, et la maison rendue à Martin avec tous ses loyersÜ),» À Ja date précitée, les registres du Parlement ne contiennent point l'arrêt de mainlevée dont parle Sauval; mais ils en fournissent un autre, du 18 décembre 1570, qui confirme la plupart des détails précédents ®. Sur le croquis de 1581, l'emplacement de l'hôtel de Savoie est marqué par cette phrase : « Yei est la maison de Me Loppin, «conseiller ;» et le censier de 1595 indique la maison comme étant alors aux hoirs de ce Geofroy Loppin, conseiller au Parlement, qui la tenait des ayants cause du chevalier Forget. La différence que nous avons établie entre l'hôtel de Montpensier et celui de Savoie est done doublement jusüfiée.

Ge dernier logis était déjà morcelé en 1628, de façon à former plusieurs maisons. Des deux qui faisaient front sur la rue de Tournon, l'une s'appelait alors l'hôtel de Plaisance; la seconde, celle du coin, a été l'hôtel de Châtillon, qui, en 1687, était possédé par François de Sallevolant, sieur d'Argibé-Langlantière, auquel son père l'avait donné le 31 octobre 1669.

RUE DE VAUGIRARD

La rue de Vaugirard commence à la rue Monsieur-le-Prince, et, en tant que rue, elle finissait à la porte voisine de la rue du Regard.

Il est manifeste que, avant l'existence de l'enceinte de Philippe-Auguste, le chemin de Vaugirard devait avoir un tout autre point de départ que celui de la rue actuelle. Selon toute vraisemblance, il traversait l'emplacement occupé aujourd'hui par le théâtre de lOdéon, et allait se relier à la rue Hautefeuille. La construction de l'enceinte de Philippe-Auguste modifa profondément cet état de choses; le chemin de Vaugirard se trouvant brusquement intercepté par les murailles de la ville, il devint indispensable de lui créer un débouché dans la direction de la porte la moins éloignée, celle d'Enfer, et telle est la cause pour

Q) Antiq. de Paris, . IL, p. 67, 82 et 190.

: i 4 : a cet arrêt, la princesse obtient la remise des pièces ® Arch. nat. reg. X 1631, fol. 138 v°.— Dans

qu'elle avait présentées pour établir ses droits. TI

laquelle la rue de Vaugirard, à son extrémité orientale, s'infléchit vers le sudest. Probablement, d'ailleurs, la partie comprise entre les rues de Condé et des Fossés-Monsieur-le-Prince était elle-même une ancienne voie formant la continuation de la rue des Grès, et s'embranchant sur le vieux chemin de Vaugirard. Le troncon de ce dernier chemin s'étendant de lenceinte à cet embranchement, demeuré sans issue et conséquemment sans utilité, a fini par être supprimé et a disparu complétement, en ne laissant que des traces appréciables seulement pour des yeux exercés à un pareil genre d'études. En 1623, la rue de Vaugirard n'était pas pavée au delà de la porte dépendant de la tranchée. Un siècle auparavant, bordée uniquement de terres en culture et de murs de clos, elle était, d'un bout à l'autre, un simple chemin rural. Ge chemin conduisait au village qui se nommait encore Valhoitron en 1258, et qui a pris le nom de Vaugirard depuis qu'il a été rebäti par Gérard, abbé de Saint-Germain, mort en 1278.

Des appellations particulières ont été spécialement appliquées aux diverses parties de la rue de Vaugirard, indépendamment de celle de chemin de Vaugirard ou #voye de Valgirard» (1355), qui a été constamment donnée à la totalité de la voie, du moins jusqu'au règne de Henri IT. Dans la partie la plus rapprochée de la ville, où, naturellement, les maisons se multiplièrent d'abord, on la nommait crue de Vaulgirard» dès 1523, et, suivant une charte dont nous n'avons vu qu'une cilalion, «rue qui va de la porte d'Enfer à Saint Sulpice, » en 1289. La même partie s'appelait, en 1323, « chemin qui tend de la porte Saint Michel à

« Vaulgirard:» en 1547, «chemyn de Bel Ayr,» et, en 1559, crue de Bel Air,» 6 7 y À ; É

à cause du territoire de Bel-Air formant l'encoignure du chemin sur les foss

Au commencement du xvu° siècle, comme a eu raison de l’aflirmer Sauval, on l'a désignée sous le nom de rue de la Verrerie, à cause d'une verrerie dont nous indiquerons plus loin la situation. Dans le voisinage des ruelles Saint-Sulpice, c'està-dire entre les rues de Condé et Cassette, la rue de Vaugirard, ou «chemyn )E

+chemyn des Ruelles» (1410, 1529); «chemin qui va à Vaugirard, nommé des

callant de Paris à Vaugirard, » était aussi appelée «la voie des Ruelles» (1353

+ Ruelles » (EUTNE «chemin des Ruelles, par lequel l'on va de Paris à Vauoirard» (1411); «chemin des Ruelles, allant à Vaugirard» (1416, 1529). Enlin l'on disait : «chemin qui va à la Croix de Vaugirard» (1 hhg); «chemin des Carerières,» et «chemin qui va de Sainct Germain aux carrières de Vaugirard » (1529), pour désigner le chemin aux environs des territoires de la Pointe et des Fourneaux. La rue de Vaugirard a porté, en outre, le nom de rue de Luxembourg ; mais il ne semble pas que ce soit avant la construction du palais. Quant à la dénomination de rue des Vaches, que Sauval assure avoir été appliquée à la rue de Vaugirard depuis 1543, Jaillot a eu tort de la révoquer en doute, car on lit dans un acte de 1627, relalif à une maison située près de la rue Férou, «rue

« vulgairement appellée des Vaches; » mais nous n’en avons point rencontré d'autre

RUE DE VAUGIRARD. 283

exemple, et il ne nous paraît pas probable que cette appellation soit beaucoup EE 1 l PP Ï plus ancienne que la précédente.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

JUSTICE DU ROI

CENSIVE DE LA GRANDE CONFRÉRIE

(Kiel du Clos-aux-Bourgeois. )

Maison ou seu ne rauwe Rouce (1559-1614), contiguë aux maisons faisant le coin de la rue des Francs-Bourpcois. Le terrain en fut donné à bail le 16 janvier 137. Le jeu de paume Rouge paraît être le même que celui qu'on appelait le Jeu de paume de Coron en 1576. L'hôtel qui la remplacé s'appelait Adtel de Bissy dans le dernier siècle.

Mason AvEG Eu DE PAUME (1595), counue sous le nom de Jeu pe Pauue or Becouer. Gette propriété a été formée de plusieurs autres, notamment d’un quartier de jardin cédé à Jean Becquet, « maistre esteufier, » le 19 avril 1570, par Marie Chevalier, héritière d’'Honoré Chevalier: puis d’un jardin avec masure, où avait été l'enseigne du « Bastouer, » et que, en lan 1576, Antoine Arnaut abandonna à Becquet en échange d'un autre terrain.

N. B. Les autres propriétés situées sur le côté méridional de la rue de Vaugirard ont été englobées dans l'enceinte du palais et des jardins du Luxembourg. On en trouvera la deserip-

tion dans le chapitre suivant, — L.u.r.

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