TI
Le 13 février 1792, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés fut supprimée et l'église fermée. Le réfectoire, qui servait de prison en 1793, et dont une partie avait été convertie en fal rique de salpêtre, fut détruit le 2 fructidor an u (19 août 1794) par une explosion. C’est alors que les religieux, complétement oubliés dans leur propre demeure, se virent contraints de chercher ailleurs un asile. Dom Poirier fut le seul bénédictin qui, comme Cassandre sur les ruines d’Ilion, voulut ne pas abandonner les restes fumants de l'abbaye. Grâce à lui, la bibliothèque, qui avait été malheureusement atteinte, fut en partie sauvée. Les manuscrits furent complétement
préservés, et on les transporta en 1795 à la Bibliothèque nationale. On sait que la bibliothèque de Saint-Germain, ouverte tous les à (2)
jours au publie, ne comptait pas moins de L9,387 volumes
imprimés 0 et 7,072 manuscri
Le cloître, la chapelle de la Vierge, chef-d'œuvre de Pierre de Montreuil, le dortoir, la salle du chapitre, furent successivement abattus. L'éplise seule resta debout. Elle était depuis longtemps fermée lorsque, le 6 prairial an vu (25 mai 1799), le ministre de l'intérieur autorisa les membres du Conseil de conservation des objets de sciences et arts à y faire des fouilles, afin d’ y retrouver le tombeau de Charibert.
#Munis de ces renseignements, écrit Lenoir, à qui j'emprunte ces détails S), les citoyens Leblond, Poirier, ci-devant religieux de cette abbaye et tous deux membres du Conseil de conservation, el moi, nous commençâmes à faire faire les fouilles en présence du citoyen Aubry, directeur de la manufacture de salpêlre qui y est établie, et du citoyen Jollain, expert du Conseil. qui dirigea les ouvriers d’ après les renseignements ci-dessus cités. Voici le résultat de nos re-
cher ne
«Le 6 prairial an vn, après avoir creusé environ sept pieds au-dessous de la place où était le grand autel, on découvrit un tombeau de six pieds de longueur, dont le couvercle, fait en dos d'âne, orné d’écailles de poisson, de palmettes et d’un cep de vigne s’échappant d’un vase, était celui qui fut découvert en 1704 et dont parle Montfaucon.
«Le couvercle ayant été levé (ce tombeau avait déjà été ouvert, puisqu'un fragment du couvercle, qu'on avait brisé probablement en l’ouvrant, s’est trouvé dans l'intérieur, sous la tête du mort et lui servant d'oreiller), nous aperçümes un squelette vêtu. .... Les pieds étaient dirigés vers lorient; les draperies dont il était couvert formaient deux vêtements : le premier, assez bien
conservé, parait êlre un long manteau ample et dessinant de grands plis, dont les chutes des-
cendaient jusqu'au bout des pieds; après avoir examiné l’étofle, nous reconnûmes que c’élait un satin d’un tissu très-fort et à grands dessins; sa couleur, quoique passée, parait avoir élé d'un rouge foncé. Le second vêtement est une tunique longue, de laine, couleur de pourpre brun, ornée dans le bas d’une broderie aussi de laine, sur laquelle on avait gaufré des ornements; des espèces de pantoufles, d’un cuir noir très-bien tanné, lui servaient de chaussure; ces pantoufles , ou souliers sans oreilles el sans boucles, n’ont qu'une couture placée à l'extérieur du pied, el
de Ja manière qu'au pied droit elle se trouve à droite, et au pied gauche à gauche.
9,356 in-folios; 11,747 in-quartos; 28,284 latins ;
in-octavos el in-1
783 français;
fonds de Harlay, 1,559.
Voy. Lenoir, Musée des monuments francais; s orientaux; 45a grecs ; 1,644 t. L, p.158 et suiv.
634 manusc
«Au côté droit du cadavre, on a trouvé une canne de bois, que l’on croit être du coudrier, l'environ six pieds de longueur, surmontée d'une petite traverse d'ivoire formant béquille, ouvrage à jour et dont la sculpture peut remonter au vin° ou 1x° siècle. Cette espèce de lau était fixé sur le bois par une espèce de base de cuivre du même travail. La disposition de ce corps, l'espèce d'étole dont il était revêtu, et principalement la longue canne trouvée près de lui, tout semble caractériser un abbé; car on sait que les premières crosses des évêques ou des abbés commendataires n'étaient que de simples bâtons de bois, très-longs, dont la partie supérieure se lerminail en lau, et désignées, dans les ouvrages de Mabillon sur cette matière, par baculus.
s crosses, depuis, ont élé diminuées, et l'on s'en est servi pour s'appuyer...............
+ En continuant de suite les fouilles dont j'ai parlé plus haut, le 7 suivant, à quatre heures du soir, on a découvert un autre sarcophage en pierre de Saint-Leu, fermé simplement d’une
pierre plate et carrée... ... SR D PTE
- Lors de l'ouverture, on a trouvé un squelette vêtu qui avait d'abord été déposé dans un cercueil de bois, dont la légèreté, par sa décomposition, se rapproche de celle du liége, mais en
conservant moins d'élasticité. La cr composée d’enroulemens el de feuilles de vigne, est
sse,
aussi de bois, et s’est trouvée dans le même état de légèreté, posée à droite el près du cadavre, comme s'il pouvait s'en servir.
- Les ossements, intacts dans leur situation, étaient couverts d’un grand vêtement de taffetas violet foncé ressemblant assez à l'habit des religieux de l’ordre de Saint-Benoît, et offrant exactement les plis que l'on voit dans le dessin que j'en ai fait d'après le naturel. Les pièces qui formaient l'ensemble de ce vêtement ont été assemblées, non par de simples coutures ou par des surjets, suivant notre usage, mais au moyen d'un galon de soie verte étoilé d'une broderie d’or,
qui servait à lier les lisières entre elles; en sorte que le galon dessinait les pièces telles qu'elles
élaient avant d'être assemblées. Cette espèce de tunique, longue et très-ample, est bordée par une grande bande d'étoffe à grands dessins relevés en dorure sur le fond. La mitre de soie blanche ressemble parfaitement à la moire que nous connaissons. La tête était posée sur un
coussin qui avait conservé sa forme, quoique entièrement détruit.
- Les gants qu'on lui voit aux mains sont bien conservés, et d’un tissu de soie à jours, fait à
l'aiguille autour d’une base cylindrique, suivant le savant rapport que le citoyen Desmarest, membre de l'Institut national, nous a donné sur les étoffes que nous avons trouvées dans ces tombeaux. La bague qu'il avait au doigt n'offre rien de curieux ni par la matière ni par la forme, elle est d’un métal composé de cuivre et d'argent mélangé : le chaton, en forme de croissant, renferme une turquoise décolorée.. . . .. RCE ne Cr APE SAGE La chaussure, parfaitement semblable à nos guêtres, est d'une étoffe de soie d’un violet foncé, ornée de dessins très-variés et du meilleur goût, représentant des polygones ou écus,
dans le champ desquels sont tracés des évriers el des oiseaux en or. Les guêtres élaient serrées
du haut et du bas d'une coulisse retenue par un petit cordonnet de soie de la même couleur, el dont la fabrique ressemble parfaitement à la nôtre.»
Lenoir trouva aussi un chapiteau de marbre qui semblait appartenir à la primitive église, el un chapiteau du x° siècle 0).
L'église resta fermée jusqu'au 9 floréal an x1.
Sous la Restauration, on rendit à l'église un baptistère en cuivre rouge, orné de bronze
doré, un médaillon en marbre représentant une mère de douleur, une sainte Vierge en marbre
Voy. Lenoir, Musée des monuments français, L IE, p. 21.
APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICGATIVES. 361 seulpiée en 1430, une stalue de sainte Marouerile sculptée par Bourlet, une statue de saint François-Xavier seulplée par Coustou, des statues de Childebert et de la Vierge, le tombeau de
Charibert, roi de Pari
le mausolée de Guillaume et de Jacques de Douglas, celui de Casimir, roi de Pologne, et l'épitaphe de Bernard Cherin. La partie septentrionale de l'église, qui menaçail ruine, fut étayée en mai 1820 et complétement refaite par l'architecte Godde. C’est à la suite de ces grands travaux de consolidation que les deux clochers latéraux placés derrière celui qui existe encore ont élé abattus. La restauration de Saint-Germain-des-Prés, entreprise en 1845, ne lardera pas à être complétement terminée.
L'intérieur du monument est complétement recouvert de peintures murales. Ces décorations
polychromes produisent toujours, à première vue, le plus grand effet. Ces voûtes azurées, ces
colonnes teintées, donnent à l'église un air sombre et mystérieux qui réagit sur le visiteur et l'invite au recueillement. Mais, lorsque l'œil est accoutumé à ce clair-obseur, le charme diminue souvent el l'aspect n’est pas aussi harmonieux qu'on se l'était figuré tout d'abord, À Saint-Germain-des-Prés, le plus grand inconvénient que présentent ces décorations est de nuire aux fresques, malheureusement inachevées, de Flandrin. Cette suite de peintures religieuses demandait plutôt un cadre brillant qu'une bordure mate et sans éclat.
Saint-Germain-des-Prés renferme encore quelques inscriptions. Dans la chapelle de Saint- Michel, on a placé le monument de Jacques Douglas.
Voici l'inscription gravée sur une plaque de marbre noir, placée devant ee mausolée :
Doucrasipum NOVA SPES, PATRLE LUX, REGIBUS ORTE, Gazzo-Scoricenum pux lacone s4cEs,
Duw LONGA INNUMEROS LANGUENTES PAC Masonum necouts, prénaoue Mante cents,
ARMAQUE DUM PROAYUM REDIVIVO E FUNERE TRACTAS, Heu capis 1N MEDIA Dia PropAco via !
Sarzicer HauD porenar MARS EXUPERARE TUORUN , SCANDERE NEC TE VULT INCLYTA FAGTA PATRUM.
Occivir proPe Duacuw XXI Ocroër. MDCEXXXV æraris XX VIII.
RIUMPHOS
Au fond de la chapelle du Sacré-Cœur-de-Jésus, on a déposé les cendres de Mabillon, Montfaucon et Descartes, qui provenaient du Musée des monuments français. On a gravé sur une
table de marbre noir la triple inscription suivante :
Menonix Menonx
D.Joaxnis. Masizzon PRESBYTERT .
oRDINIS.s.] ACADENLÆ . INSCRIPTIONUM HUMANIORUMO . LITTERARUM soon PIETATE . DOC ELAPSO . JAM . SECULO cLaRI BIBLIOTIHECARUM TUM : NOSTRATIUM , TUM . EX DILIGENTISSIME . INDAGA IN: DIPLOMATUN . SINCERITATH DILUDIGANDA FACILE ; PRINCIPIS AGTORUN . ANNALIUMO .
ORDINIS. SUI COLLECTORIS . CONDITORIS .
RINA « MODESTIA