‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 173 sur 202 · PLAN DE L'ABBAYE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS AU MILIEU DU XVI SIÈCLE · texte numérisé non relu

PLAN DE L'ABBAYE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS AU MILIEU DU XVI SIÈCLE

Le dessin original sur parchemin est conservé aux Archives nationales: il a été exécuté, en 1541, pour un procès qu'eurent à soutenir les religieux de Saint-Germain-des-Prés. On dit

dans l'histoire de l'abbaye par Dom Bouillart, à l'année 1541, page 184, les détails de cette

afaire : +Les religieux de l'abbaye, dont le terrain éloit fort resserré à cause des fortifications t des fossés qu'ils avoient fait faire par ordre du Roy en 1368, voulurent cette année (15h41)

‘augmenter de sept arpens de Lerre situés au bout de leur jardin. Lorsque les murs de clôture

« furent commencés, le prévost de Paris, à la requête du procureur du Roy, leur fit défense de

es continuer, et ordonna même qu'ils seroient démolis, sous prétexte qu'il y avoit un chemin

ublie entre les sept arpens

1 leur jardin, dont ils ne pouvoient disposer. Les religieux en J Î 8

-appelèrent au Parlement, lequel nomma deux conseillers pour faire une descente sur les lieux.

et ensuite faire leur rapport à la Cour. Le procureur général inlervint par son substitut. et le

révost des marchands et les échevins pour la Ville. Les commissaires, ayant entendu les témoins

-de part et d'autre, reconnurent qu'il n’y avoit jamais eu de grand chemin dans l'endroit en

-question, et en firent leur rapport à la Cour. Le Roy, dens le même temps, sollicité appa- -remment par le cardinal de Tournon (alors abbé de Saint-Germain-des-Prés), évoqua cette affaire à son conseil privé, el rendit un arrêt, le 1° mars suivant 1543, par lequel il permit

Saint-Germain de rétablir la démolition et d'achever leurs muraille

“aux religieux de ce qui - fut exécuté la même année.»

Le chemin, objet du procès, est marqué sur le dessin original de la lettre C, el il est tracé

(II mourut le 25 février 1533 (v. st.) âgé de qui longe les murs de l'abbaye, sur un cheval cousoixante-trois ans. ( Gallia christiana , 1. VI, col. 563.) vert d'une housse rouge. Dans l'une de ses gra- Nous n'avons pu trouver l'année de sa naissance; vures, M. de Clarac a transformé ce cavalier en une mais, puisqu'il eut un second fils vers 1470, il ne femme, suivie d'un homme et d'un enfant en pan pouvait être âgé de moins de soixante ans vers 1503. talon. Ce vêtement moderne a été prêté à plusieurs Il était revêtu de la dignité de cardinal, et, un ins- figures de la même planche, où la vue du monas-

tant, nous avons cru le reconnaître dans le cavalier tère présente une fante choquante de perspective.

APPENDIGES ET PIÈCES JUSTIFIGATIVES. 379

entre les fossés de l'abbaye et le clos marqué des lettres F, G, H. Sa longueur était de 36 perches; les divers côtés du clos sont marqués aussi par les mesures de longueur, ce qui était nécessaire pour éclairer les juges; enfin, sur la légende, on a la confirmation du motif qui fit exécuter ce dessin, en y voyant ces mots : CCCGC, le chemin sur les fossez, prétendu étre royal par parties adverses.

Dom Bouillart a publié dans son ouvrage un dessin analogue à celui-ci, mais qui en diffère en plusieurs points; peut-être est-ce le même qu'il a fait modifier par son graveur. H l'indique comme représentant l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, telle que Pabbé Richard la fortifia en 1368. I n'a pas remarqué, sil a eu entre les mains le dessin reproduit à la planche X, qu'il a été évidemment exéculé pour venir à l'appui de la défense des droits de l'abbaye sur le

iemin qui la séparait du clos vers Saint-Père.

Page 1