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LES DEUX PREMIÈRES ÉGLISES DE SAINT-SULPICE

(Texte p. 145 el suiv.)

Au milieu du xvn° siècle, c'est-à-dire au moment où lon entreprit d'élever le vaste et superbe édifice que nous voyons aujourd'hui, Péglise de Saint-Sulpice n'offrait aucune unité de style el appart Lenait à quatre ou à cinq époques différentes. Cette diversité provenail de reconsmurs et de

lructions et surtout d'amplifications successives. En effet, les parties basses de

ses piliers subsistant encore intactes dans les eryptes de l'édifice actuel, il est facile, en étudiant le caractère de leurs moulures, de reconnaitre l'âge de chacune d'elles. En partant de celte donnée précieuse autant que certaine, et après un examen attentif de l'appareil des uurs, de la taille et de la nature des pierres qui les forment, on a pu reconstituer graphiquement l'église des xn° et xiv° siècles, en même temps que celle du xvn. C'est l'étude approfondie de ces substructions, conservées par un heureux concours de circonstances, qui a permis d'élablir les planches 4 et B.

La planche À donne le plan restitué de l'église Saint-Sulpice, telle qu'elle existait au

xiv° siècle et telle qu'on la voyait encore en 1530, lorsqu'on s’occupa de l'agrandir vers lorient.

À cette date, le bâtiment appartenait déjà à deux époques, distinguées sur le plan par deux teintes différentes; la plus foncée indique ce qui était le plus ancien. Toutes les parties teintées existent encore, el, conséquemment, ne laissent place à aucun doute; celles qui ne le sont pas ont dû être restituées. Or cette restitution s'appuie, sinon sur une certitude parfaite, au moins sur une vraisemblance dont chacun peut se rendre compte en étudiant la planche même. De plus, nous avons ajouté au simple trait le périmètre des agrandissements postérieurs, c'està-dire le chœur, du xvr siècle, et les chapelles de la nef, bâties au xvu° La partie la plus ancienne, celle qui forme la sixième lravée du bas côté sa était le clocher, seul reste d’un édifice de la seconde moitié du xur° siècle), et qui, lui-même, ne devait pas avoir été le premier. Le surplus des constructions date de la première moitié du xiv° siècle.

Les exemples de celte survivance des clochers ne manquent ni dans les environs ni à l'intérieur de Paris.

\ celle époque, vers 1

30 peut-être, l'église Saint-Sulpice, paroisse d'un pelit bourg isolé et

encore peu peuplé, était modeste dans ses dimensions. Elle n'avait que trente-deux mètres de long

sur dix-huit mètres de large, hors œuvre. Son plan, fort simple, était celui d’une église rurale

telle que celles de Bagneux et d'Areueil peuvent aujourd'hui en

donner une idée. Comme les

dilices ruraux de cette époque et de notre région en particulier, elle avait un chevet plat, s'éle-

vant sur une ligne oblique par rapport à l'axe du bâtiment, qui, comme on le voit, n'élait pas

parfaitement reclangulaire. Cette obliquité avait sa raison d’être dans la néces

un héritage sur lequel on ne pouvait

sence de contre-forts à l'extérieur du mur de chevet. L'héritage dont il sa

possédait la famille Montrouge, au moins dès

pour agrandir édifice. Nonobstant

ité de respeclgr

empiéter; de là aussi cette anomalie consistant dans 'ab-

git était celui que

et qu'elle finit

la fin du xv° siècle, ir céder

e respecl dû à la propriété d'un particulier, rien ne Sop-

posait sans doule, pas plus alors qu'aujourd'hui, à ce qu'il y eût des fenêtres de ce côté.

Comme Pindique la planche À, l'église Saint-Sulpice, au xiv° siècle, se composait d'une nel

omprenant huit travées et de deux la face septentrionale du clocher, e

‘és; les autres, au nombre de dix,

as côtés simples. Deux des pilie

rs, CEUX qui supporlarent

qui dataient du siècle précédent, furent modifiés et renfor-

se composaient d'une grosse colonne cylindrique, sur la-

quelle s'appuyait une colonnette recevant la retombée des arcs-doubleaux et ogivaux de la voûte

de la nef. Enfin, les deux derniers

iliers, qui se

trouvaient dans le chœur, avaient élé élevés

un peu après les autres, el ne diffèrent des précédents que parce qu'ils étaient flanqués de trois

colonneltes, au lieu d'une. Sur les murs des collatéraux, des pilastres, dans le goût de Fé-

poque, s'élevaient en regard des points d'appui de la nef. Au long des mêmes murs, se trou-

vaient des bancs de pierre, qui existent encore en majeure partie. Extérieurement se dressaient

des contre-forts recevant le pied des arcs-boutants destinés à combattre la poussée des

voûtes, Du portail, il ne subsiste aucune trace, et

; o a siluation exacle en reste indécise. Cepen

dant il semble avoir été conservé jusqu au dernier moment, comme on peut en juger d'après la

vue de Marot (!

Telle était l'église Saint-Sulpice au xiv° siècle.

\vant de parler des agrandissements dont elle

voir ce qu'elle avait été aupa

, Sauf peut-être quelques modif

ations dans son ornementation.

ut l'objet ultérieurement, il importe de sa-

want, et lon peut se former une idée précise de sa configuration

de ses dimensions, bien qu'il ne reste comme élément de restitution que la base du clocher.

H faut pour cela supprimer, sur la planche À, les deux travées extrêmes des collatéraux. On ob-

ient ainsi une nef de six travées, avec bas côtés, celui du sud étant terminé par le clocher,

plus un chœur de deux travées, n'ayant de largeur que celle de la nef centrale, et se projelant

onséquemment en saillie vers l'est

Î existe, ainsi que nous l'avons déjà dit, un assez grand

nombre d'églises rurales de cette époque, avec un sanctuaire à chevet plat, sans collatéraux et

»n saillie sur le reste de

lignes ponctuées. Les points d'appui devaient être, selon l'usage du temps

fût cylindrique, sauf le support nord-ouest du clocher, qui était une

édifice ®, Celle disposition est indiquée sur

notre planche par des

de simples colonnes

ile oclogone , canton-

née de colonneltes. Deux de ces colonnettes subsistent; les autres ont été refaites au x1v° siècle.

n même lemps qu'on -renforçail ce pilier. En somme, au point de vue de l'étendue et même

le la configuration générale, 1 y avait peu de différence entre le bâtiment du xnr° siècle et ce-

lui du xrv°.

Dans celte vue, reproduite à la page 148, les

murs fermant de ce côlé la nef et les bas côtés présentent bien l'aspect d’une bâtisse du x1v° siècle, car

ils on! des contre-forts et un pignon en pierre, tan-

dis que les murs au droit des chapelles, qui ne da taient que du xvu siècle, n’ont, comme ces chapelles, ni pignons ni contreforts

L'église Saint-Nicole

-des-Champs, à Paris

BIPANMIEIS

Eu jetant les yeux sur la planche B, qui représente l'église Saint-Sulpice telle qu'elle était en dernier lieu, on voit de suite qu'il en fut tout autrement deux ou trois siècles plus tard. Sur celle planche, on a indiqué, par une teinte plus foncée, les constructions de l'ère ogivale, conservées et utilisées, ce qui, comme nous l'avons déjà dit, faisait de cel édifice un monument disparate. Parmi ces parties conservées, il convient de signaler le clocher, qui, bravant les âges et les remaniements, a existé jusqu'à la suppression définitive de tout l'édifice.

En 1530, lorsque Jeanne Montrouge eut cédé le terrain nécessaire, on s’occupa d'agrandir, vers l’orient, l'édifice du xrv° siècle, en y ajoutant un grand chevet po ygonal, composé d'un sanctuaire demi-cireulaire, avec bas côtés pourtournants el chapelles rayonnantes. Pour cela, on supprima les deux derniers piliers du xw° siècle, qu'on remplaça par deux colonnes cylin-

driques c, e; deux autres colonnes, d, f, s'élevèrent sur l’ancien chevet, complétement renversé.

Toute la nef ancienne avait été conservée intacte, et ce ne fut que plus tard, de 1614 à 1631, que les murs latéraux de cette nef, ayant été en majeure partie démolis, furent reportés au delà des chapelles qu’on ajoutait alors aux bas côtés.

La brisure extérieure qu’on remarque au droit du mur séparatif des chapelles Saint-Fiacre et du Nom-de-Jésus, résulte de l'ancien alignement de la voie publique, alignement qu'on a respecté el sur lequel on s’est établi. De même, le défaut de parallélisme existant entre le mur extérieur des chapelles Saint-Michel et Saint-Claude et l'axe général du bâtiment semble résuller de l'obligation d'épouser la ligne séparant les terrains de Jeanne Montrouge d'avec celui des héritiers Plateau. Enfin, le mur séparant la chapelle Saint-Michel de la chapelle Saint-Honoré n’esl pas d'équerre, parce qu'il a été élevé en prolongement de l'ancien chevet, et vrai-

semblablement suivant une limite d’héritage. Hormis ces anomalies, le reste de l'abside est sen-

siblement régulier.

On aperçoit, dans les six colonnes pourtournantes du sanctuaire, les deux phases de la constuction, phases indiquées par la différence de profil des bases. Les deux colonnes marquées 4 el b ont des bases où se voit encore une certaine réminiscence du style du moyen âge, landis

que les quatre autres sont pleinement dans le goût de la Renaissance. Les colonnes c, d, e, Î

n'ont pas leur base assez bien conservée pour qu'il soit possible de préciser leur date. Le chapiteau de ces diverses colonnes, dont deux fragments se voient engagés dans les substructions de l’église actuelle, était décoré de feuilles d'acanthe molle, d'un caractère analogue à celles qui ornent les chapiteaux les plus anciens de l'Hôtel de Ville de Paris,

Au xvu° siècle seulement furent construites les ç iapelles latérales de la nef, d’abord celles du côté sud, puis celles du côté du nord.

En PP, est la petite porte sur la rue des Fossoyeurs, On ne sait au juste quand elle à été

ouverte; mais ce doit être au moment de la construction des chapelles latérales de ce côté de la nef. Quant à un portail qui aurait existé sur le flanc nord de l'église, et qu'indiquent quelques plans du xvi siècle, il n’en reste aucune trace sur les lieux, et l'on n’en lrouve aucune mention dans les titres. Si ce portail a réellement existé, il a dû se trouver situé dans une des dernières travées, vers le presbytère, et il ne doit pas avoir eu l'importance que semblent lui donner les plans qu'on vient de citer.

Au moment de sa suppression, l'ancienne église Saint-Sulpice avait b1%,18 de long sur 27", 17 de large,

Ta. Vacouer.

est, parmi beaucoup d'autres, un exemple à citer tuant un édifice dépourvu d'unité au point de vue de ces bâtisses successivement utilisées et consti- du style,

it. D1

Les architectes qui ont démoli cet édifice se sont montrés peu soucieux d'en conserver les débris : ils les ont jetés pêle-mêle dans la crypte, ou église dérasée; la Révolution les y a trouvés et mutülés pour la plupart. Nous en avons recueilli quelques-uns qui ont appartenu à la

décoration intérieure de l'édifice.

Le plus important est une cuve baplismale du xwi° siècle en usage dans l'ancienne église et contemporaine, à quelques années près, des agrandissements exécutés de 1530 à 1548. Employée pendant un certain temps dans l'église nouvelle, où lon projette de la replacer, elle à

été descendue dans la crypte, d'où nous lavons extraite pour la photographier.

La gravure qui en a été faite la présente sous ses deux longues faces et rend bien la délicatesse de son ornementation; elle a pour support une sorte de pilier assez grossier d'un autre style et très-probablement d'une autre époque. Nous avons jugé inutile de le reproduire, convaincu, comme fous les savants auxquels nous en ayons soumis le dessin, qu'il n'avait pas

appartenu à l'ordonnance primitive du baptistère.

À côté de celte cuve, lrois monuments funéraires, dans un regrettable état de mutilation, méritent d'être signalés : ils appartiennent au xvur siècle, et ne sont pas dépourvus de caractère ; le premier est incomplet; le second a perdu la table sur laquelle était gravée l'inscription ; le

troisième, fort heureusement, l'a conservée, en partie du moins, et cette table constitue un

monument épigraphique des plus intéressants, puisqu'elle mentionne une fondation qui a son

importance dans l'histoire de Paris. Il s'agit en effet d'une dotation en faveur des filles pauvres

dc |

et des orphelins de la paroisse. M. de Guilhermy a donné celle inscription dans le premier

ass.

volume de son recueil épigraphique. Nous la reproduisons, avec le monument lui-même, après

l'avoir collationnée sur l'épreuve photographique, et nous la faisons suivre de la notice que lui [ l Grapag

a consacrée M. de Guilhermy. — 2. m. 7.

Revenexn pere EN Dieu Messine ) Fraxcois Avpranr PRESTRE ABBÉ DE SAINCT FuSCIAN LEX AMIENS GRAND VIGAIRE DEP. Mn CRE ee een res ac EN LABBAYE DE SAINGT GERMAIN DES Pnerz, NATIF

DE Garcrac DIOCESE DALBY, PAR SON TESTAMENT PASSE

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