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L'inseripüon destinée à conserver le souvenir des bienfaits de messire François Audrant avait
voir
sa place dans la vieille église qui a précédé le Saint-Sulpice moderne. Nous n'avons pu ce qu'on en aura fait après la démolition de l'église gothique, dont les substructions existent encore dans la crypte du monument renouvelé; ce qui est certain, c’est que, depuis longtemps, elle git abandonnée dans une des galeries souterraines dont les voûtes portent le dallage de
l'église.
La plaque de marbre noir s'ajusie dans un encadrement de pierre élégamment sculpté. Des moulures en garnissent le pourtour. À la parlie supérieure est placée une tête d'ange, à deux paires d'ailes, avec une flamme sur le haut‘du front. Au-dessus du marbre, deux enroulements accompagnent un écusson qui a été mutilé; on y distingue un chevron et deux étoiles en chef; il y avail en pointe une troisième pièce, qui ne se reconnaît plus. Sur les côtés, se tiennent deux pleureuses, d’un style gracieux, dont les vêtements présentent quelques traces de bordures dorées.
François Audrant élait grand vicaire du cardinal Charles de Bourbon , soixante-treizième abbé
! Les deux mots diev et messire ont été martelés. se lire ainsi : de mons. le reverendissime cardinal de
? On devine à peu près cette ligne qui pourrail Bourbon.
ANICTPININERNECGETS ES ARINUNSNIERPIIGE
de Saint-Germain-des-Prés, que les ligueurs opposèrent à Henri [V sous le nom de Charles X, et qui mourut en 1590. La paroisse de Saint-Sulpice comprenait autrefois tout le territoire sur lequel s’est élevé le faubourg Saint-Germain. L'abbé et les religieux de Saint-Germain-des- Prés en élaient seigneurs et curés primitifs. En sa qualité de grand vicaire du cardinal abbé, François Audrant avait donc juridiction sur l'église de Saint-Sulpice, et c’est pour cette raison que nous y trouvons un monument consacré à sa mémoire.
Le marbre a élé brisé sur un côté de sa partie inférieure, el cette fracture a causé la perte d'une portion intéressante de l'inscriplion. Les révolutionnaires qui ont gratté l'écusson n'ont pas manqué d'effacer aussi, à la troisième ligne, le nom du cardinal de Bourbon. L'histoire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés par dom Bouillart est muette à l'égard de François Audrant. Son inscription nous apprend qu'il élait abbé de Saint-Fuscien-lès-Amiens (; nous espérions trouver quelques détails sur sa vie dans le Gallia Christiana, en recourant au précis
historique qui concerne le monastère; nous y avons lu seulement qu'il en fut le trente-troisième
abbé et qu'il siégea environ de 1567 à 1575. Sa sollicitude pour la dot des orphelines et pour l'instruction des orphelins témoigne du moins de son affectueuse charité envers les malheureux.
Au siècle dernier, lorsque l'abbé Lebeuf écrivait son histoire diocésaine de Paris, la fondation
subsistait encore à l'évard des huit orphelines à marier; tous les ans, le curé de Saint-Sulpice s’adressait au Père prieur de l'abbaye de Saint-Germain pour l'exécution de cette partie des
dispositions testamentaires de messire Audrant. Parmi les anciens titres de la paroisse de
Saint-Sulpice, déposés aux archives générales de la France, il se trouve un dossier de pièces relatives aux fondations de ce généreux bienfaiteur. Son anniversaire était autrefois célébré à
Saint-Sulpice, le lundi dans loctave de la Fête-Dieu (©).
(Texte p. 157 et suiv.)
Feu Berty a résumé en quelques pages les documents relatifs à la foire Saint-Germain. Sauval, Félibien, de Lamare les ont publiés en grande partie, et nous ne pouvons qu'y renvoyer le lecteur. Ce qui nous importe, en effet, c'est le côté topographique de la question, et les pièces dont il s’agit ont surtout trait à l'institution de la foire et à son rétablissement, aux diverses époques fixées pour sa tenue, aux produits qu’elle donnait et aux priviléyes dont elle était l'objet. On y trouve aussi des détails intéressants sur la police qui s'y exerçail, sur le régime intérieur auquel les marchands étaient soumis, ainsi que sur les spectacles qui y prirent naissance, el qui occasionnèrent de nombreux différends entre les acteurs forains et les comédiens du Roi.
Le sujet est donc fort étendu : la foire Saint-Germain, celles de Saint-Laurent et du Lendit appellent un lravail analogue à celui de feu Bourquelot sur les foires de Champagne. C'est
® Saint-Fuscien, S. Fuscianus in nemore, an- tructions sans caractère et sans importance. Une cienne abbaye de l'ordre de Saint-Benoît, près communauté religieuse s'est établie sur le même d'Amiens, dont la première origine remonte, dit- emplacement. on, jusqu'au vi siècle (Gall. christ. t. X, col. 13092- * Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse 1307). de Paris, publiée et annotée par M. Hipp. Cocheris. Ü ne reste plus de ce monastère que des cons- t. INT, texte, notes et additions.
l'histoire même du commerce parisien au moyen âge qui résultera de cette étude. Rapprochée du célèbre recueil d'Étienne Boileau, dont la Ville donnera très-prochainement une édition nouvelle, et qui constitue, sous forme de réglementation, un tableau fort curieux de l'industrie parisienne au xr° siècle, l'histoire dont nous parlons est appelée à compléter le Livre des Métiers. Nous croyons savoir que plusieurs érudits ont fait de cette importante question l'objectif principal de leurs recherches. L'un d'eux, M. Rouland, archiviste aux Archives nationales, a
bien voulu nous fournir une note destinée à éclaircir un passage du texte de feu Berty; nous la
sublions, en remerciant M. Rouland de cette obligeante communication. ? Le)
+ On trouve, dans un état des loges de la foire dressé au commencement du xvr siècle, outre “les cinq traverses, six allées ainsi dénommées : la première, rue de Normandie; la seconde, “rue de Paris; la troisième, rue de Picardie (loutes trois principalement affectées au com- -+merce de la draperie); la quatrième, rue de la Chaudronnerie; la cinquième, rue Mercière; -la sixième, rue de la Lingerie. Quant à l'obligation que mentionne l'extrait de règlement cité “par M. Berty, d'après une note du chambrier receveur de l'abbaye de Saint-Germain, elle -était depuis longtemps imposée aux marchands qui fréquentaient les foires du Lendit et de # Saint-Denis (Arch. nat. K 966). Les forains étaient tenus d'indiquer sur une enseigne +en -grosses lettres» la provenance de leurs marchandises. On ne manqua pas d'adopter une mesure qui facilitait singulièrement le contrôle des comptes de redevances fiscales, en même -temps qu'elle fournissait plus de garanties aux acheteurs.
- Sans rappeler ici les multiples conditions qu'on exigeait des marchands, nous citerons celles +*qui concernaient la location des loges. Les négociants élrangers étaient obligés de retenir leurs
loges pour l'année suivante, à la fin de chaque foire; autrement le receveur de l'abbaye pou-
#vait en disposer. Les marchands de Paris devaient se réunir au Palais abbatial, en janvier, le -jour de Saint-Vincent; les places étaient adjugées au plus offrant et dernier enchérisseur. fl
-était expressément défendu d'accaparer plusieurs boutiques, dans le but de les sous-louer. On
+interdisait même à tout locataire de céder la moitié de sa loge sans une autorisation préa-
-lable.
+ L'abbaye de Saint-Germain avait rencontré de puissants obstacles à l'établissement de cette + foire. Les religieux de Saint-Denis, jaloux de conserver la prospérité de leurs marchés, for-
-mèrent (
position devant le Parlement, qui, après avoir plusieurs fois changé l'époque de la
-tenue de la foire, la fixa définitivement au 3 février. La Chambre des comptes attaqua, comme
-préjudiciables au trésor royal, les franchises et priviléges accordés par Louis XI en 1489, re- -nouvelés par Charles VIT en 1485, et par Louis XIT en 1499; elle ne consentit à les confirmer “qu'en 1993.
«Malgré ces difficultés, la foire Saint-Germain devint en peu d'années le centre d'impor- -tantes transactions commerciales. Un inventaire constate que les draps amenés au marché de -1499 sortaient des fabriques de Rouen, de Gournay, de Caen, de Darnetal, d’Argentan, d'A- «miens, de Beauvais, d'Abbeville, d'Aumale, de Blangis, de Meaux, de Senlis et de Paris
(Arch. nat. K 966). Par un registre des loges, on voit lous les corps de métiers représentés à
“la foire de 1511. L'élément artistique y figurait déjà. Plus tard il y tint une large place avec
“l'orfévrerie, les émaux, les peintures flamandes et françaises. »
L'importance de la foire Saint-Germain, considérée au point de vue purement topogra-
phique, nous a déterminé à faire reproduire les aspects les plus caractéristiques que lui
donnent les anciens plans de Paris: c’est l'objet d’une des planches prévues par feu Berty. Mais