LE ROY MET LA PREMIÈRE PIERRE À LA SOURCE DES FONTAINES DE RONGIS
Le jeudy x1 jour de juillet 1613, Monsieur de Liancour, gouverneur de cette Ville, est
venu en lhostel d’icelle advertir messieurs les Prevost des Marchands et Eschevins que le Roy
désiroit aller samedy prochain veoir les sources des fontaines de Rongis; à ce que mesdits sieurs eussent à donner ordre aux preparalifs necessaires. De quoy mesdits sieurs, se réjouissans de honneur que Sa Ma
té feroit à la dite Ville, ont aussitost envoyé quérir Marcial Coiflier cuisinier ordinaire de la Ville et le sieur Mainvillier tapissier, tant pour faire le festin que pour préparer des meubles précieux où Sa Majesté prendra son disner. Et, suivant ce, le lendemain vendredy 12 du dit mois mesdits sieurs Prevost des Marchans et Eschevins furent au Louvre prier Sa Majesté d'aller aux dites fontaines, et si elle avoit agréable de prendre son disner au chasteau de Cachan: ce qu'ayant promis Sa dite Majesté, mes dits sieurs de la Ville ayant donné ordre à tout ce qui estoil nécessaire, tant pour le disner, meubles, que toute
autre chose, partirent de cette Ville le samedy 13 du dit mois du matin avec me
sieurs les procureur du roy, greffier et receveur de la Ville, et allèrent jusques à la Saussaye attendre Sa Ma-
jesté, laquelle vint incontinent, suivie de Monsieur le due de Monthazon, mon dit sieur le
Gouverneur, monsieur de Souvray, et autres seigneurs , avec aussi sa compagnie de chevaux le-
gers; à laquelle mes dits sieurs firent la révérence. Ce fait poursuivirent leur chemin jusques
Nous réunissons sous ce litre les pièces relatives à cette grande entreprise. La plupart ontété publiées par Félibien, — 1...
aux dites fontaines de Rongis, où eslant Sa Majesté mit pied à terre pour veoir les sources desdites fontaines, où il y avoit cinq ou six cens ouvriers qui travailloient à faire des tranchées et autres ouvrages pour la conduite des dites eaux, dont Sa Majesté receut un fort grand contentement, disant que son peuple en lrouveroit bien de la commodité, Ce fait mes dits sieurs de la Ville supplièrent Sa Majesté de prendre son chemin vers le dit Cachan, où se faisoient les
ralifs du disner; ce qu'il leur accorda, et en y allant fit quelque exercice de la chasse.
arrivez audit Cachan mes dits sieurs de la Ville firent mettre sur table, où il y avoit quatre tables et quatre plats préparez pour le dit festin. Et estoient les chambres salles et cabinets du chasteau fort bien parez de meubles, tant de tapisseries d'or et d'argent, comme les hault dais et le lit où devoit reposer le roy aussi d’or et d'argent. Sa Majesté se mit à table, où pendant son disner mes dits sieurs de la Ville furent autour de la dite table, pour entretenir Sa Majesté, pendant lequel temps les dits seigneurs qui estoient à la suite de Sa Majesté se mirent aussi à table dans une autre salle à part où ils estoient plus de 80 ou 100 seigneurs à table, le tout aux frais et despens de la dite Ville. Et ayant Sa Majesté disné, alla prendre son plaisir de la chasse dans le pare du chasteau de Cachan, où ayant pris congé par mesdits sieurs les Pre-
vost des Marchands et Eschevins, Sa Majesté les remercia et leur demanda quand on feroil
isielte de la première pierre; quelle entendoit et désiroit y estre présente; à quoy mesdits
sieurs firent response que c'estoit trop d'honneur que la Ville recevoit de Sa Majesté, et ayant
fait appeller les ouvriers et entrepreneurs desdites fontaines pour sçavoir en quel temps on
commenceroit à poser la première pierre du grand regard; lesquels firent response qu'ils es-
afin de ne
ioient prests quand il plairoit à Sa Majesté, au plustost dedans cinq ou six jou
relarder leur besogne. Et lors mes dits sieurs les Prevost des Marchands et Eschevins prirent
de rechef congé de Sa Majesté pour s'en revenir en cette dite Ville; où estans
attendu que Sa Majesté devoit mettre la première pierre aux dites fontaines, firent aussitost faire de grandes
médailles d'or et d'argent pour mettre et poser sous la dite pierre, où Sa Majesté estoit repré-
sentée d'un costé, et de l’autre costé la Royne régente sa mère sur un arc-en-ciel signiliant sa
révence.
le lundy 15 du dit mois de juillet 1610, mes dits sieurs les Prevost des Marchands et
Eschevins furent encore :
dvertis par mon dit sieur le gouverneur que le Roy et la Royne régente sa mère devoient aller aux dites fontaines de Rongis pour asscoir la première pierre le jeudy ensuivant, à ce que toutes choses fussent prestes pour cet effet. Et suivant ce furent au Louvre prier leurs Magestez de faire l'honneur à la dite Ville de poser la dite première pierre et de prendre leur disner au dit chasteau de Cachan ou en tel autre lieu qu'il leur plaira. Le-
quel Seigneur roy fit response qu'il iroit encore disner au dit Cachan, et après le disner qu'il
iroit poser la première pierre; et la dite dame Royne s’excusant du disner dit qu'elle se trouveroil aux dites fontaines de Ronpgis l'apres-disnée, dont mes dits sieurs de la Ville remercièrent très-humblement leurs dictes Majestez. Et étant mes dits sieurs de la Ville revenus audit hostel
de la Ville, advisèrent entre eux à tous les préparatifs necessaires, tant pour les festins nec
saires, meubles précieux, collalions, tentes, truelle d'argent, trompettes, tambours, médailles, vin pour defloncer en signe de réjouissance, et largesse, que loule autre chose requise, com-
mandant audit Coiflier de préparer quatre plats de viandes les plus exquises, et à Joachim €
Pont espicier de la Ville d’avoir à préparer les plus belles et exquises confitures qu'il soit pos-
sible de trouver, pour faire les dites collations.
\dvenu lequel jour de mercredy 17 du dit mois de juillet, du matin, mes dits sieurs de la Ville eslant advertis que le roy estoit ja parti pour aller audit Cachan et se donner le plaisir
le la chasse en chemin, partirent dudit hostel de la Ville avec lesdits sieurs procureur du roy,
greffier et receveur et plusieurs autres officiers pour le service d'icelle, et allèrent au dit Cachan, où ayant trouvé Sa Majesté luy firent la reverence, le remerciant de tant de peine quelle prenoit et de l'honneur quelle faisoit à la dite Ville; et ayant par mesdits sieurs pris garde si tout estoit bien préparé, l'heure estant venue pour disner mesdits sieurs supplièrent Sa Majesté de vouloir bien se mettre à lable; ce quelle fit; pendant lequel temps mesdits sieurs de la Ville furent autour de la table, l'entretenant pendant son disner, tant du sujet des dites fontaines que de plusieurs autres beaux discours; pendant lequel les seigneurs el autres gentilshommes qui esloient de la suite de Sa Majesté jusqu'au nombre de plus de cent, disnèrent dans une autre salle à part, le tout aux frais et despens de ladite Ville. Après lequel disner, tant Sa Majeslé que mesdits sieurs de la Ville prirent leur chemin pour aller auxdites fontaines de Ron-
où eslant, mesdits sieurs de la Ville reconnurent que tout ce quils avoient commandé
estoit bien préparé, entr'autres deux tentes pour mettre leurs majestez à couvert, crainte du soleil, meublées et garnies de chaises de velours brodées d'or et d'argent, et où estoit dressé une fort belle collation de toutes fort belles confitures exquises et en grande quantité; comme aussi les ouvriers et entrepreneurs des dites fontaines préparez pour faire asseoir la dite pre-
mière pierre.
Et environ les trois heures de relevée arriva auxdites fontaines de Rongis la Royne régente suivie de Monsieur le Duc de Guise, de Monsieur de Joinville, de Monsieur de Reins, de Monsieur le due de Monthazon et autres seigneurs et gentilshommes, princesses, dames el
damoiselles. Au-devant de laquelle dame Royne mesdits sieurs de la Ville furent, et la remer-
cièrent de tant de peine quelle prenoit pour la dite Ville. Et aussitost les trompettes estant en grand nombre avec des tambours, commencèrent à sonner, mesmes fut défoncé trois muids de vin que mesdits sieurs de la Ville avoient fait préparer, qui furent dispersez, lant aux manœuvres et autres ouvriers desdites fontaines estans au nombre de plus de six cent, que plusieurs autres personnes, le tout en signe de réjouissance d'un si bel œuvre pour le publie, que lesdites fontaines. Et à l'instant mondit sieur le Prevost des Marchands suivi de mesdits sieurs les Eschevins, procureur du roy, greffier et receveur, presenta au roy une truelle d'argent. Et
aussitost lesdites trompettes sonnans, le dit Seigneur Roy a esté conduit à l'endroit où se com- 0 J
mence le grand regard, accompagné de ladite dame Royne et de tous les princes el seigneurs cy-dessus, Sa Majesté a assis et posé ladite première pierre, sur laquelle a été mis par Sa Majesté cinq desd. médailles cy-dessus, l'une d’or et quatre d'argent, baillées par lesdits sieurs Prevost des Marchands et Eschevins, lesquelles ont esté couvertes d’une autre pierre, qui ont esté liées ensemble par Sa Majesté, laquelle pour ce faire, avec la dite lruelle d'argent, à pris du mortier dans un bassin d'argent qui estoit à cette fin préparé. Et à l'instant lesdites trompettes et tambours ont recommencé à sonner avec grandes acclamations de joye et cris de Vive le Roy, par tout le peuple.
Ge fait, mesdits sieurs de la Ville ont présenté au roy el à ladite dame royne à chacun une des dites medailles d’or fort belles et pesantes, et à mondit sieur le gouverneur et autres princes et seigneurs leur en a eslé baïllé d'argent; de quoy leursdites majestez ont esté fort aises et contens des libéralitez de ladite Ville. Ge fait, leur a esté présenté la collation qui leur
avoit esté préparée desdites exquises et excellentes confitures que leurs dites majestez ont
trouvées fort belles, et de tout ont remercié mesdits sieurs les Prevost des Marchands et
Eschevins, et ayant pris congé de leurs dites majestez, chacun s’est reliré et sont mesdits sieurs
de la Ville revenus en cette Ville.
BAIL FAIT À JEAN COING POUR L'ENTREPRISE DE LA CONDUITE DES EAUX DE RONGIS À PARIS.
Louis par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre, à tous ceux qui ces presentes lettres verront, salut, Nous ayant esté remontré en nostre conseil qu’en la ferme et lieu de Rongy, distant de trois lieues ou environ de nostre bonne Ville de Paris, il y avoit plusieurs et belle grosses sources d'eauë, lesquelles mises ensemble se pourroient conduire ét amener en nos dicte Ville et apporter grande commodité au publicq; desireux de decorer et embellir nos dicte Ville autant quils nous sera possible, el sur ce faict visiter les lieux par experts et gens à ce cognoissans, desquels veu le rapport et convenu qu'il se pouvoit trouver et fournir jusques à
la quantité de trente poulces desdites eaues en Loute saison, pour conduire en nostre dicte Ville; nous aurions faict communiquer ledict rapport aux Prevost des marchans et Eschevins de nostre
dicte Ville, et ordonné d'assembler avec eulx lesdicts experts et autres personnes entendues, pour
dresser les desseings et devis des ouvrages pour ce necessaires el materiaux dont ils doivent es construicts; ce quils auroient fail le y jour de septembre dernier et presenté en nostre dict conseil
lesdicts desseings et devis, dont plusieurs personnes ayant eu communication: et entre-autres
Hugues Cosnier, il auroit offert de faire lesdicts ouvrages, les rendre faicts et parfaicts dans trois années, el iceux entretenir à ses despens durant douze années suyvantes el consecutives après
lesdictes trois années, faire les recom
enses des moulins, terres, maisons et autres héritages necessaires pour ladicte construction et amener et fournir jusques à ladicte quantité de trente poulces desdictes eaues, assavoir dix-huict poulces desdictes eaux dont nous nous sommes réservé la disposition pour servir ez lieux et endroicts où il seroil par nous ordonné, et douze poulces d’eaues à la dicte Ville pour le ublicq, moyennant la somme de sept cens dix-huit mil livres à prendre sur le prix de la ferme de trente sols par muid de vin entrant en la dicte Ville, destinez à la construction desdits ouvrages, et oultre cent mil livres en la quatrième année, à condition, où il ne seroit adjudicataire desdicts ouvrages sur son offre, qu'il se pourroit départir de l'adjudication à lui faicte de ladicte ferme de laquelle il ne se seroit rendu adjudicataire que pour la considération de l’entreprise desdicts ouvrages, el que l'adjudicataire d’iceulx seroit
tenu de la prendre et l'en descharger, à la charge aussi que le surplus desdictes eaues qui res-
teroit après ladicte quantité de trente poulces fournis luy demeureroit pour en disposer ainsy que bon luy sembleroit, et que les terres, moulins et autres hérilages par luy recompensez luy demeureront en propre. Lequel offre nous avons ordonné estre publié, et sur iceluy faict mettre afliches ez lieux et endroicts accoutumez le x1 dudict mois de septembre, lesdicts ouvrages estre à bailler au rabais le jeudy xu dudict mois en nostredict conseil qui se tiendroit en nostre chasleau du Louvre.
\uquel jour s'estant présentez lesdicts Prevost des marchands et Eschevins et plusieurs en-
trepreneurs sur les lieux pour recognoistre leur assiette, les chemins à tenir pour la conduite
desdites eaues, et nature des terres, ils estimoient ledict advis dressé pour lesdicts ouvrages
estre à changer en aucuns poincts, et qu'aultrement il estoil impossible de les rendre à leur per-
fection et de longue durée. Sur quoy nous les aurions renvoyez pour entrer en communication
avec les premiers qui ouys audict hostel de derez et reformez se
telle et si importante
À quoi avant esté
avoient visité lesdits lieux et dressé lesdicts desseings et devis, et estre
Ville pour y estre de nouveau lesdits desseings et devis, examinez, consion qu'il seroil jugé pour le mieulx, ne desirant faire commencer en une
entreprise qu'avec cognoissance certaine de sa perfection.
procédé, l'advis dressé par lesdicts experts auroit esté présenté en nostre
APPENDIGES ET PIÈCES JUSTIFIGATIVES. 417
conseil, où il auroit esté arresté le 1v jour du present mois, lesdicts Prévost des marchands et Eschevins présens; et sur iceluy ledict Cosnier faict offre de faire les ouvrages y déclarez, les rendre parfaicts et amener et conduire lesdicts trente poulces d'eaue en toute saison, aux moindres et plus basses eaues dans quatre années prochaines, à commencer au premier jour de janvier prochain, moyennant la jouissance durant six années de la dicte somme de cent trois mil liv. sur les deniers de la dite ferme, et de soixante mil liv. à prendre en la septième année d’icelle, et oultres les autres conditions portées par l'affiche susdicte. Duquel offre ayant esté faicte publication et mis affiches ezdits lieux pour estre lesdicts ouvrages publiez au rabais en nostre dict conseil le vr du present mois se seroient présentez de rechef lesdicts Prevost des mar-
chands et Eschevins qui nous auroïent requis leur donner et octr. ï
yer l’intendance et soing sur lesdicts ouvrages, et que l'entrepreneur fast obligé de faire les canaux suivant le devis dressé audit hostel de Ville necessaires pour amener l'eaue destinée pour la commodité de ladicte Ville depuis le dernier et grand regard qui se doibt faire proche la faulse porte du faulxbourg
Saint-Jacques jusques aux fossez de ladicte Ville, et que ledit regard et celuy qui se doibt faire à la prinse des eaues fussent au moins de la grandeur de ceulx qui sont au Pré Saint-Gervais et à Pantin.
Avec lesquelles charges et les autres ey-dessus portées par les afliches ayant esté publié lesdicts ouvrages estre à bailler au rabais et moins disant, à l'extinction du feu, et déclaré le premier rabais estre de vingt mil livres et les suyvans de six mil livres chacun, et le premier feu allumé,
à l'extinction d'iceluy, Jehan Gobelin auroit faict rabais de xx mil livres, sur le second feu Jonas Robelin, Antoine Desnots et lediet Gobelin et chacun de x mil livres. Sur le troisième Aubin Hervy, lesdicts Desnots, Jonas et Gobelin, aussy chacun de x mil livres. Et, s’estant meu contention entr'eulx du dernier moins disant, auroit esté allumé un quatrième feu, sur lequel lesdicts Desnots et Hervy, Robelin et Gobelin auroient encore faict rabois chacun de x mil livres, et se seroit trouvé ledict Gobelin le dernier et moings disant, qui auroit mis lesdicts ouvrages à la
somme de pxzvi mil livres, auquel, comme faisant nostre condition meilleure e plus advan-
iageuse qu'aulcuns des aultres, nous aurions adjugé l'entreprise desdiets ouvrages et conduite d’eaue.
Depuis lediet vi jour dudiet present mois et auparavant la delivrance du bail desdicts ouvrages, qui auroit élé différé sur la contention qui estoit meuë entre lesdicts Gobelin et Robelin du dernier moings disant, seroit intervenu M. Loys Marchant maistre des œuvres de nos basti-
mens, qui auroit fait rabais à nostre profict ez mains de nostre amé et feal conseiller en nostre conseil d'Estat et controlleur général de nos finances le sieur Jehannin de la somme de xzvir mil livres. Duquel s'estant voulu deppartir au moyen de certaine transaction passée entre lui et ledict Gobelin, portant remise et déclaration à son profit de ladite adjudication desdicts ouvrages au susdict prix de pxzvnr mil livres, se seroit présenté René Fleury maistre maçon à Paris qui nous auroit offert de prendre lesdicts ouvrages et les faire et parfaire bien et deuement pour la somme de cinq cens mil livres et faire ledict rabais de xuvut mil livres moyennant qu'il nous pleust lui en faire adjudication sans faire nouvelle publication sur son dict raba
; duquel nostre cher et bien amé Jehan Coing maistre maçon à Paris ayant eu cognoissance, auroit offert nous faire encore rabais de xz mil livres à condition qu’il ne seroit teuu de faire le thuyau et ouvrages necessaires pour la conduite de douze poulces d’eaue destinez pour les habitans de ladicte Ville depuis le dernier et grand regard qui se faict à la faulce porte du faulxbourg Saint-Jacques jusques au bord du fossé de ladicte Ville; par le moyen duquel rabais le prix desdicts ouvrages ne revenoit qu'à la somme de occecx mil livres, condition meilleure et plus advantageuse qu’aulcune des aultres.
Nous, à ces causes, de l’advis de nostre conseil, avons audict Jehan Coing, comme dernier
Il. 53
et moings disant, baillé, adjugé et dellivré, baillons, adjugeons et delivrons par ces présentes
entreprise desdicts ouvrages et conduite d’eaue de Rongy à la somme de cecczx mil livres la-
quelle luy sera payée en six années prochaines et conséculives esgalement par chacune d'icelles,
de quarlier en quartier, à commencer du 1 janvier prochain, des deniers de la ferme de xxx s.
our muy de vin entrant en nostre dicte Ville de Paris par le fermier d'icelle, en vertu des man-
demens du trésorier de nostre espargne qui est la somme Lxxvr mil livres xur sols 1v denniers par
chacune desdictes années, moyennant laquelle somme de cecezx mil livres sera tenu ledict Coing
de faire tous les ouvrages de maçonnerie, pierre de taille, ciment, bricque, corroy, tranches,
ort et vuidanges des terres, recompenses des héritages, payer peines d'ouvriers quil sera besoing
aire et fournir pour parvenir à la construction des voultes, regards, descharges, bassins, recep-
iacles et aquedues pour amener et conduire avec voulle les eaues et sources deppendans de la ferme dudict Rongy jusqu’à la quantité de xxx poulces d'eaue en toutes saisons aux moins el lus basses eaues, depuis ledict lieu jusques près la faulce porte et les tranchees des nouvelles ortifications du faulxbourg Saint-Jacques de ladicte Ville de Paris par acqueducs et voultes, esquelles seront faictes et construites des matières et façons qui ensuyvent.
Premierement seront faicts les canaulx et voultes dans les tranchées cy-devant faict faire par
e sieur duc de Suily, grand-voyer, pour ramasser loutes les eaues; lesquels canaulx auront cinq
ieds et demy de haulteur du fond de soubz clef et trois pieds de large dans œuvres, maçonné de bon moellon, chaux et sable graveleux de deux pieds d’espoisseur, garni d'une assise par bas de pierre dure qui sera continuée aux murs du costé des bouches, portant un marche-pied de Avi poulces de large, et le mur du costé des terres plaines sera garni d'une assise de pierre de taille au pourlour, pour la rencontre et ramas des eaues, garnye de chaisnes et ares de bonne pierre de laille de douze pieds en douze pieds, et par bas à l'endroit dudit marehe-pied seront conservez les bouches à l'endroit des sources, de largeur competente; les jours desquelles seront faicts de bonne pierre de taille dure fichée avec bon mortier, chaux el sable graveleux de la trance Le
Rongy jusques au fossé Neuf de la ville hors le faulxbourg Saint-Jacques, sera fondé sur une platte
iée des fortifications de la dicte Ville ou de la rivière de Seyne.
canal de la fontaine de Rongy, qui commencera au regard de la prinse de leaue dudiet
forme de maçonnerie faicte de bloc de sept pieds de large, fondé à bon et vif fonds sur plate forme
el pillolis, si besoing est, au-dessus de laquelle masse seront plantez les deux murs du canal
espacez de trois pieds l'un de l'autre, chacun de deux pieds d’espoisseur, maconnez de bon
moïlon et blocaille avec mortier chaux et sable susdicts elevez jusques en telle sorte qu'il y ail
cinq pieds et demy soubz clef depuis le fond de l'eaue; la voulte duquel canal aura quinze poulces
d'espois à la clef, les reynes remplies « voulte sera faicten raye et conduict en } faire qu'un revers pour rejeter l’eaue « dicts murs du canal garnis de chaines e espacez de douze en douze pieds de mi
Sera faicl le petit acquedue ou condu
costé duquel seront de six poulces d'é
e mesme matière; el le surplus du couronnement d'icelle vente des deux costez, si mieux n'aime l'entrepreneur ne lu costé des valons à l'endroict où il y aura vallon; les arcs de pierre de taille portant parpain, entre deux une, lieu en milieu,
it d'eau au milan d'entre les dicts deux murs, le fond et
oisseur faict de ciment avec cailloux de vigne, le dict
ciment faict et composé de chaux vive
bricque ny sablon.
Item en faisant les dicts murs, s'il s
recherche, sera faicte ouverture de la te
mieulx, et la tranchée pour conduire l’eau sera de deux pieds et demy de large remplye de deux
broyée avec thuilleau de moulle de Paris sans auleune
e trouve quelque cours d'eaue qui mérite plus grande
rre jusques à telle longueur qui sera nécessaire pour le
pelits murs de pierre seche, ung pelit canal entre deux de six poulces de large et un pied et demy de hault, recouverts de pierre de blocaille ou cailloux de la mesme qualité, avec un corroy faict de glaize de six poulces d’espaisseur par dessus les dicts couvertures; ensemble faire des esvents où il sera nécessaire le long des acquedues et les esviers de pierre de taille traversant le mur
pour servir à recevoir les sources qui se rencontreront par voye.
Item rechargera de terre toutes les tranchées, murs et canaulx jusques à telle haulteur qu'il
sera advisé pour le mieulx, et telle que le lieu le pourra requerir.
Item au-dessus desdicts canaulx près les sources au lieu qu'advisé sera pour le mieulx, et à distance et intervalle d’ung pied, seront faictes les vuidanges des terres tant seiches que
mouillé
pour l’assielte d'un grand regard et accueil d’eau, l'auge duquel sera de telle profondeur qu'il appartiendra et en telle sorte, que depuis le fonds de ladite auge il puisse y avoir 14 [l 8 xvur poulces de haulteur jusques au fond du petit acqueduc ou petit canal de passage des eaues, lequel regard sera fondé en mace de maçonnerie sur bon fonds et suflisant pour porter et B ç
soubstenir tel ouvrage; lequel fonds, au cas qu'il ne se trouvast ferme, sera parny comme cv L» 187.1 l ) J d
après sera déclaré.
Sera iceluy regard faict el construict en la forme, structure, façon et grandeur du moings telle que le regard des fontaines de la dicte ville qui est au-dessus du village du Pré-Saint-
3 il 8 Gervais au lieu diet les Maussins, où du regard au bout d’entraalt des canaux des fontaines de
la ville de Belleville sur sablon, le diet regard appellé la Tour où Chapelle, garny de dessente
comme le diet regard, les bouches et descharges des grands canaux faictes comme celles desdicts regards, en laquelle espace d’ung pied sera fait un long corroy de ciment qui commencera au fonds de la fondation du grand regard, et eslevé trois pieds plus hault que le fonds des canaux premiers declarez, continuer ledict corroy le long du mur du grand carré de la recherche des eaues, et de la largeur qu'il sera jugé nécessaire, fondé et eslevé comme le corroy d'intervalle cy-devant declaré, avec lequel les dicts corroys seront liez, et au-dessus dudict corroy sera faic le fonds du dict regard de pierre de Lyez.
liem au passage de la traverse du vallon d'entre les deux montaignes au village d'Areueil sera faict la maçonnerie des pilles, arches, arceaux, petites pilles en nombre nécessaire, qui seront fondez jusques à vif fonds de seize pieds de long et huict pieds de large, ou plus si besoing est, et jusques au rez-de-chaussée, sur pilotis et platte-formes s'il convient et est nécessaire, sinon seront fondez de pierre de Libage joinctises, sur lesquelles fondations de Libage sera posé la pierre de taille desdicts pilles, chacune de quatorze pieds de longueur, compris leurs poincles, sur six pieds de largeur; lesquelles piles seront espacées de trente thoises l’une de l'autre et construites de grands quartiers de pierre dure sans aucun moillon, jusques à la haulteur des eaues sur les plus haultes, pour le regard des deux arches du milieu, à l'endroict
du g
grand cours, et les aultres fondés semblablement de Libage et au-dessus de quartier à pare-
ments de pierre, remplis de moillon maçonné avec bon mortier chaux et sable, et le résidu desd. pilles et arches seront eslevez pour le regard des poinctes et escussons de pierre avec les pilastres au-dessus aussi de pierre, selon la forme, structure et façon qu'il a esté représenté par le desseing; les restes des ares el arceaux portans deux piedset deux pieds et demy en teste et en
douvalles, continuer la face des arceaux avec leur engraissement jusques soubz la plinte; et pour
le regard des deux assises de chacun costé de la clef, auront xvimn poulces de haulteur soubz les
plintes, et continuer leslevation ainsi qu'il est représenté par le des, eing. Les cullées et maces de maçonnerie des deux bouts au passage du dict Arcueil seront faictes
de la même forme, structure et façon que les pilles cy-devant declarées; pour la fondation desquelles pilles et maces, regards et grands canaux, seront faicts les basquetages et vuidanges ( d'eaue, pillotis et platte-forme qui se trouveront nécessaires pour la seureté et conservation des
dicts ouvrages des dictes pilles, maces ou cullées, canaux ou regards.
Item aux deux bouts dudict canal de traverse ou acquedue dans le village d’Arcueil, seront faicts deux regards, dans lesquels seront faicts les descharges pour descharger les eaux desdicts canaux quand besoing sera, garni aussi, si besoing est, de descentes ou montées de marches de pierre environnées de murs comme celles des autres regards ey-après declarez; faire lesdictes descharges de telle forme, structure et façon que les eaues descendans d'icelles ne puissent
endommager le publicq ny le particulier.
Item, à l'entrée du faux-bourg Sainet-Jacques, au lieu qu'advisé sera pour le mieux, sera «| faict un grand regard en forme carrée, lauge duquel contiendra dix-huit pieds de large dans œuvre, compris le marche-pieds, lequel sera fondé en masse avec plate-forme et pillotis et de la même structure et forme comme Île regard de la prinse des eaues ey-devant declarée, en l'auge duquel regard se fera la distribution et séparation des portions des eaues, tant pour nous, | que pour ladicte ville de Paris et pour lesdicts entrepreneurs; savoir pour nous la quantité de xvir poulces d’eaue reduicts en un mousle et calibre, ou eschantillon, et pour ladicte ville douze poulces aussi reduicts en ung moulle, pour estre par iceux calibres derivée l’eaue pour
fparations
en disposer par chacun selon qu'il nous plaira. Et pour cet effect seront pour lesdites s faictes au-dessoubz dudict et joignant icelluy trois petits regards ou receplacles d'eaue, savon
celuy pour nous du costé des Chartreux, et celuy de ladicte ville du costé de la chaucée, et
celle dudict entrepreneur, du costé qu'il advisera, séparé d'ung mur, pour n'avoir aucune com
munication desdicts dérivalions d’eaue, Dans lesquels seront mis les bouches et entrées des
thuyaux particuliers, pour estre l'eaue de la ville conduite près la porte Saint-Jacques.
Item, et en espace desdicts canaux el acqueducs, seront faicts trente regards necessaires
espacez de acc toises en acc toises ou environ qui seront faicts de la qualité et epoisseur que les
murs desdicts grands canaux, garnis de descentes de marches de pierre dure; au haut desquels regards seront faicts les murs de l'enceinte pour les huysseries el entrées qui seront de pierre de taille en ce qui paroistra hors les terres, recouverts de glassis de pierre ou autrement avec tablette de pierre de Liais, selon qu'il sera advisé pour le mieux, à la forme du regard des fon-
laines de la ville, garnis de portes-de menuiserie, serrures, et ferrées comme lesdicts regards:
et en chacune intervalle de deux desdicts regards de descharges seroient faicts quatre bouches | en forme de soupiraux faicts de maçonnerie de murs en quatre sens à ouverture par bas di deux pieds en quarré de la haulteur qu'il appartiendra, chacune desdites bouches recouvertes d'une pierre de Liais d'une pièce de cinq poulces d’espoisseur, franche pierre, pour la fermeture et couverture d’iceux soupiraux, proche de chacun desquels sera assis et planté une borne de pierre maçonnée en lerre saillante de trois pieds de hault, pour la remarque du lieu où seront lesdicts soupiraux.
Seront faictes les vannes el descharges necessaires pour vuider les eaues lorsquil conviendra nelloyer ou travailler aux acquedues ez endroits où il sera advisé pour le mieux.
Faire et fournir par ledict entrepreneur de toutes matières à ce necessaires, soit de pierre,
blocaille, bricque, bris de thuilleaux faict de thuiïlle du grand moulle de Paris et moulle bas- [eo lard qui sera trouvé bon, et de terre forte, carreau de terre cuite, bris et pouldre de potterie
de grain pour faire ciment, avec cailloux de vigne, bonne chaux vive, sable graveleux des tran-
APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFIGATIVES. A21 chées des nouvelles fortifications de Paris ou de la rivière de Seyne, pillotis et platte-formes, huisseries et fermeture des regards, lesquels huis seront faicts de gros eschantillons de bois de
quartier de deux poulces et demy corroyé bois de chesne sec, les dicts huis ferrez de bandes
flamandes avec boulons rivez, serrures et fermetures bonnes et suffisantes pour tenir tous dicts lieux en sureté, et generalement toutes autres matières à ce necessaires, mesme le plomb qu'il conviendra pour le canal ou acqueduc traversant d’une montagne à l’autre, robinets de cuivre et testes de descharges aux endroits où besoing sera; fournir les mousles de cuivre pour les eschantillons de la distribution et separation des eaues aux susdicts regards, des formes,
ire par les commissaires députez à l'exécution du
longueurs et grandeurs qu'il sera jugé nec
dict devis; comme auss
sera tenu ledict entrepreneur faire garnir les pilles de glassis des couvertures desdicts regards ou canaux avec crampons de fer scellez en plomb, chacun erampon de douze à treize poulces de long entre deux retours, lesquels retours auront deux poulces de long; sera aussi tenu à recouvrir de terre tous lesdicts canaux d'espoisseur suflisante comme il con viendra et que dict est cy-dessus, pillée, battue et dressée d'espoisseur requise en pente vers le
vallon, et le surplus desdictes terres sera applani et mis en telle sorte qu'il ne puisse nuire.
de l'eaue jusqu'à ladiete quantité de trente poulces portez par le present bail, et le surplus des-
ra tenu ledict entrepreneur de fournir en toutes saisons aux moindres et plus basses eaues
dictes eaues; lesdicts xxx poulces fournis, si surplus y à ezdictes moindres eaues, sera audict entrepreneur pour en disposer ainsi que bon luy semblera entre les habitans de ladicte Ville, en sorte que le toul soit faict et parfaict bien et deuement au dire de gens à ce cognoissans dans quatre ans prochains à commancer du 1 jour de janvier prochain.
Sera aussi tenu ledict entrepreneur de toutes les recompenses qui seront adjugées aux par-
ticuliers ou communautez propriétaires des héritages qui seront trouvez recevoir dommage pout l'exécution du present devis, comme moulins, terres, prez, maisons el vignes qui seront prises et dans lesquelles passera le canal, ensemble du reject des terres et de toutes autres choses quelconques, selon lestimation qui en sera faicte par les commissaires à ce deputez; comme
aussi de restablir le chemin qui aura esté rompu, et ce qui restera en nature desdi
s herilages qu'il aura acheptez ou payez outre et par dessus lesdicts ouvrages et iceux faicts et parfaicts, 1l luy demeurera en propre et aux siens pour en disposer à leur volonté; et pour ce -qui se trouvera nous appartenir, s'en pourra accommoder pour le passage sans aucune diminution du susdiet prix; et sera tenu ledict entrepreneur de rapporter tous les contracts qu’il aura faicts avec les particuliers pour les achapts et recompenses desdicts heritages, pour servir à l’advenir à “ause des servitudes acquises pour la commodité desdicts ouvrages.
Sera pareillement tenu ledict entrepreneur de l'entretenement desdicts ouvrages, fournir, conduire et amener ladicte quantité de trente poulces d’eaue en toute saison el aux moindres et plus ba
s eaues, à ses despens, durant douze années après lesdictes quatre années expirées, qu'il fera recevoir lesdicts ouvrages en la manière accoustumée.
Pourra lediet Going entrepreneur associer avec luy telles personnes capables qu'il advisera dans quinze jours, et mettra dans ledict temps les contracts d'association ez mains du secretaire de nostre Conseil, pour y avoir recours quand besoing sera.
Et pour l’accomplissement, perfection et entretenement du present bail, baïllera bonne et suflisante caution de la somme de sept-vingt-dix mil livres pardevant lesdicts Prevost des marchands et Eschevins de ladicte Ville de Paris.
Si donnons en mandement à nos amez et feaux les tresoriers generaux de France à Paris, que du contenu en ces presentes ils fassent jouir et user ledict Coing, ses associez et ayans
cause, plainement et paisiblement, cessans et faisans cesser tous troubles et empeschemens au contraire. Car tel est nostre plaisir. En tesmoing de quoy nous avons faict mettre notre scel à cesdictes présentes. Donné à Paris le xxvu jour d'octobre l'an de grace m.no.xu et de nostre
regne le troisième, (Pris sur une copie du temps de la date.)
IT
MÉMOIRE PR TÉ AL CONSEIL DU ROY, AU SUJET DE L'EXÉCUTION DU BAIL PRÉCÉDENT.
Quand il a pleu au roy commander que l'on recogneust les fontaines de Rongis et le moyen qu'il y avoit de faire venir les eaux d'icelle en la ville de Paris, Sa Majesté commanda aussy
qu'il fust faict ung devis contenant la qualité des ouvrages de ma
onnerie el autres qui seroient trouvez necessaires pour la conduite des eaues; ce qui fut faict par la direction de ceux qui avoient esté nommez et deputez à cet effect, avecq ladvis des plus capables et experimentez ouvriers en semblables entreprises; auquel devis furent désignées et particulièrement declarées toutes les qualitez de maçonnerie, vuidanges de terres, et generalement tous les ouvrages el qualitez d'icelle que l’on jugea necessaires, el telles que meriloit un œuvre de si grande importance. Mais lediet advis ayant esté communiqué, aucuns, desireux de s’entremettre en cet œuvre, sans déferer à l'experience de ceux qui avoient travaillé au diet devis, ce quils debvoient faire , puisqu'ils ont pris d'eux la principale invention de ce quils ont faict depuis, violenterent cet affaire de sorte qu'il leur fut permis de faire ung autre devis; ce quils lirent avecq une fort grande diminution des ouvrages portez par ledict premier. Et lors ceux qui se senloient capables de le mettre en œuvre, considerants qu'il n'y avoit que du deshonneur à acquerir et de la perte, se retirèrent et laisserent faire l'adjudication desdicts ouvrages à
d’autres; lesquels n’ayants que le desir d'y entrer, furent rendus adjudicataires de la besongne,
sans mettre en considération qu'elle ne pouvoit subsister selon ledict dernier devis et adjudication. Aussi faisoient-ils leurs comptes qu'estants dedans, il leur seroit loisible de demander en
travaillant le changement de ce qui se trouveroit devoir estre reformé; ne doutant point de la
bonté du Conseil, qui ne les voudroit ruyner, el sappuyants sur la necessité de l'ouvrage, ou qu'on auroit par le temps oublié le changement qu'ils avoient faict du premier desseing et devis.
EL de faict, depuis que lesdicts adjudicataires travaillent, ils ont presenté requesle pour faire rehausser les voulles conformement au premier desseing, depuis les sources jusques au premier regard de Fresnes; ce qui leur a esté permis moyennant augmentation de prix; et depuis ledict regard de Fresnes jusques à Arcueil ils ont continué la même hauteur prests à de-
mander la même recompense, laquelle ils se promettent ne leur pouvoir estre deniée puisque
desja pour semblable chose il leur a esté accordé et le Roy engagé.
Par les premiers devis il avoit esté particulierement declaré ce qui estoit à faire aux arcades d'Areueil, de quelle forme et de quelle matière elles devoient estre, même la voulte couverte de Lyais, le dalot plombé, et de cet œuvre particulier fut faict le plant, la face et le prophile, qui
donnoient intellisgènce de l'œuvre; tout cela veu par Messieurs du Conseil et par Monseigneur le
Chancelier particulierement, ce qui obligeoil les entrepreneurs à ce qu'ils avoient à faire; mais au lieu de suivre une aussi particulière désignation, les dicts et prophile ne se trouvent plus, les entrepreneurs disent ne l'avoir veu, et l'article du bail est si cauteleux et si mal intelligible ,
qu'il ny a nulle declaration de ce qui doibt estre faict; de manière qu'ils ne sont obligez qu'à ce
qu'il leur plaira, et eux voyants bien quils sont subjects à reproche et recherche s'ils ne font
APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 123 l'œuvre comme il doibt estre, ils sont sur les termes de presenter requeste pour surprendre le Conseil en faisant soubz ombre de bonne foy interpreter le contenu audict article, en quoy ils demanderont de grands interests et recompenses; ce qui doibt estre bien considéré.
Quant aux payemens receus par les dicts entrepreneurs et les ouvrages qu'ils ont faictes, il ny a nulle proportion. Car ils ont receu desja cinq quartiers de quatre années dans lesquelles
ils doibvent rendre leur ouvrage faict, et recevoir cccc.zx mille livres. Et partant ils ont receu
sept-vingt-lrois mille cent cinquante livres, qui est quasi le tiers de l'argent el peu s'en fault. Ils doibvent doneq avoir faict le tiers de l'ouvrage à peu près. Neantmoins il se veriliera qu'il n'y a pas la sixième partie de l'ouvrage faicte, quand on y comprendroit l'estimation des materiaux qui sont sur les lieux et ne sont encore mis en œuvre jusques à ce jour xv de may w.p.c.xiv. El si il n°y à encore aucune recompense faicte des terres et moulins qui sont à recompenser.
Mais quand on voudra pourvoir de remede à ce manquement, il s'en trouvera des moyens
raisonables et légitimes pour le service du Roy. (Pris sur une copie du temps de la date.) 8 I À