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chaque hone du manuscrit de feu Berly, nous avons recueilh les indications relatives aux pièces justificatives dont il entrevoyait la nécessité, et aux planches qu'il jugeait utiles à l'intelligence de son texte. Des travaux importants se poursuivaient en même temps que les siens : sans parler de la Statistique monumentale, pour laquelle il a dessiné, pris des mesures et des milliers de uotes, une grande réédition de l'abbé Lebeuf se préparait par les soins de M. H. Cocheris, et nous savons qu'il voulait mettre à profit les trésors d'érudition bibliographique et paléographique semés à profusion dans cet ouvrage Enfin, son texte faisant de fréquentes allusions à des documents d’une grande importance pour les discussions qu'il soutient. il avait l'intention de les reroduire, bien qu'ils fussent imprimés dans les grands recuerls ou dans cerains ouvrages de bibliothèque. Confident de sa pensée, nous avons cri devoir déroger, sur ce point, aux habitudes du monde savant : on trouvera. aux appendices, certaines pièces que le lecteur eût pu chercher dans D Bouillart et dans Félibien, dans le Polyptyque d'Irminon et dans le Gartulaure
de Notre-Dame. Feu Berty, qui a placé onze appendices à la suite de son
renier volume,
n'eùt certainement pas désavoué les seize additions de ce
renre que renferme celui-er.
Collaborateur de la Sfahshique monumentale, dessinateur habile, 11 atta-
; PME ; ; srande importance au nombre. à la valeur archéologique et au
chait une mérite artistique des planches. Les deux premiers volumes de la Topopraplue en renferment une quantité considérable; celles qu'il projetait pour le troisième et dont il avait arrêté la liste ne le cèdent en rien à leurs devancières Elles concourent toutes au but qu'il s'est constamment proposé : aider à sa discussion. rendre sensibles ses démonstrations topographiques et faire pénétrer plus profondément le lecteur dans l'intelligence de son texte. Les planches étaient pour lui des documents, des auxiliaires, et Jamais des images.
Le lecteur ne s'étonnera pas de les trouver inégalement réparties dans le cours du volume : l'Abbaye seule en absorbe la plus grande partie, d'abord parce qu'elle joue. dans la région du bourg Saint-Germain, le même rôle que
le Louvre et les Tuileries dans les quartiers précédemment décrits, ensuite
AVANT-PROPOS. XIX parce que la Stahstique monumentale, d'où est sortie la Topographie lustorique du vieux Paris, à fait de l'antique monastère l'objet d'une étude iconographique fort étendue, à laquelle feu Berty a largement participé et quil était bon de mettre à profit. Les anciennes églises Saint-Sulpice, la foire Saint- Germain, la Maladrerie de la rue de Sèvres, le palais Médicis et quelques autres points ou édifices intéressants, tels que le carrefour de la Croix- Rouge, le-couvent des Petits-Augustins, l'hôtel et les jardins de la Reine- Marguerite, se partagent le reste des planches dans des proportions va-
riables.
Mais le document graphique auquel feu Berty reconnaissait le plus de valeur, parce qu'il savait bien au prix de quels efforts il était parvenu à l’établir, c'est la feuille de plan correspondant au volume de texte, en d'autres termes, le parcellaire même de la région décrite. L'étendue du fief de Saint- Germain-des-Prés ne lui avait pas permis de faire entrer dans une seule planche ce vaste territoire: il l'avait divisé en deux parties : la région basse, à l'ouest, se prolongeant jusqu'a la Garennelle ou petite Garenne de l'abbaye (par corrupüon Grenelle), et la région haute, dont le couvent des Chartreux occupait le point culminant. Obligé de seinder ainsi «la seigneurie : Monsieur Sainet-Germain , » il avait cru devoir en rétablir l'unité dans une troisième planche, à échelle réduite, qui embrasse la circonscriplion de la paroisse Saint-Sulpice. Aucune de ces feuilles de plan n'est encore en étal d'être présentée au public. Ghose singulière : ici le texte est en avance sur le parcellaire, et les planches ne montrent que de grandes divisions là où la légende écrite indique des subdivisions et des morcellements plus ou moins certains.
Cette anomalie résulte des lacunes considérables que présentent les archives de l'Abbaye et des difficultés d'identification que nous avons signa lées plus haut. Elle a également pour cause l’état maladif dans lequel feu Berty a passé les dernières années de sa vie, et qui ne lui a pas toujours
permis de faire sur place les constatations nécessaires. Son collabora-
teur et le nôtre, M. Th. Vacquer, archéologue infatigable, l'a heureuse-
ment suppléé dans ce rude métier de fouiller. I à profité en outre des
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xx TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS.
grands travaux de voirie exécutés. dans ces dernières années, sur plusieurs points du bourg et du faubourg Saint-Germain, et il a pu étudier, dans de meilleures conditions, le morcellement de cette vaste région, notamment aux abords de la rue du Vieux-Colombier, de la rue de Rennes et du carrefour de la Croix-Rouge. L'exécution de nouveaux percements lui réserve sans doute d'autres découvertes, qui le mettront en mesure de pousser un peu plus loin le parcellaire resté incomplet. Dans cette situation et avec cette perspective, le monde savant voudra bien attendre que les fouilles aient dit leur dernier mot : les deux feuilles du plan d'ensemble, et le plan particulier de la paroisse Saint-Sulpice, à pelite échelle, paraitront alors soit avec le quatrième volume de la Topographie, —Région du faubourg Saint-Germain.
soit avec le cinquième, — Fief de l'abbaye Saint-Germain &tra-muros.
Des raisons identiques commandent l’ajournement du plan périmétral de Abbaye, que feu Berty avait entrepris dès 1865, et dont il a légué la continuation à l'un de ses auxiliaires, M. Bienvenu. Le prolongement du boulevard Saint-Germain à travers l'enelos monastique est une de ces rares occasions qui s'offrent aux archéologues de contrôler sur place le résultat de leurs recherches dans les dépôts d'archives, el de vérifier la lépitimité de leurs inductions. Nous n'avons eu garde de la laisser échapper. MM. Th. Vacquer et Bienvenu ont done mis à profit les fouilles déjà faites, et ils se promettent de tirer tout le parti possible de celles que l'exécution des travaux de voirie ou de construction doit entrainer. Le plan projeté par feu Berty ne peut qu'y gagner : tout ce qui sera constaté matériellement ajoutera à ce que l’on sait. et diminuera d'autant le nombre des restitutions hypothétiques.
Pour suppléer à l'absence momentanée de ces documents, ainsi que pour satisfaire au vœu de feu Berty, nous avons fait divers emprunts à ces plans contemporains, Où « pouretraicts de Paris,» qu'il était loin de dédaigner et auxquels il a donné place dans le premier volume de la région du Louvre et des Tuileries. La Tapisserie, Saint-Victor. Quesnel et Mérian nous ont fourni quatre planches, que d'habiles artistes ont soxsneusement exécutées,
x TA : ; après les avoir réduites au format de l'ouvrage.
AVANT-PROPOS. XXI
On nous permettra de rappeler, en terminant, que les épreuves du présent volume. communiquées aux érudits les plus autorisés, ont été lues par eux avec un vif intérêt. Dans le sein de la commission municipale des Beaux-arts et des Travaux historiques, MM. Léopold Delisle, Hauréau. À. de Longpérier. Viollet-le-Duc. H. Cocheris; au dehors, MM. Jules Quicherat. Henri Bordier. Boutarie. Jules Cousin, de Boislile, etc., ont bien voulu les annoter et faire ainsi profiter l’auteur, ainsi que l'éditeur, de leurs précieuses observations. Cette seconde partie d’un ouvrage honoré, à son début, de tant et de si hautes approbations, se présente done au public dans les mêmes conditions que la premiére, Le patronage de administration municipale lui est acquis, et les
sympathies du monde savant ne lui feront pas défaut.