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SAUTeS
RUE DES PETITS-AUGUSTINS. 17 tier, qui aboutissait sur la rivière, avait été acquis, le 17 mars 1608 , des jardiniers Louis Charly et Antoine Dalleray, après avoir été acheté par Mathieu Aubourg, les 1 6 octobre 1600 et 13 février 1604, des frères Lefèvre et de Julienne Bouchardeau ;
20 Six arpents du Grand-Pré-aux-Cleres, cédés par l'Université, le 31 juillet 1606 (voir, dans le second volume de cet ouvrage, la notice sur le Grand-Préaux-Cleres).
Sur le terrain de Carrel, contigu, vers le nord, au palais de la Reine, et borné, du côté de l'occident, par l'égout du faubourg, avait été élevé un logis de trois «travées » avec une chapelle «bastie d’une nouvelle facon, en forme d'exagone , » et couverte d'un dôme. La première pierre en avait été posée le 21 mars 1608, d'après l'inscription suivante, gravée en lettres d'or sur une plaque de marbre, qu'on y voyait près de la porte: «Le 21 mars mil six cens huict, la royne Mar- «ouerite, duchesse de Valois, peute fille du grand roy François, fille du bon r'OY « Henry, sœur de trois rois, et seule restée de la race des Valois, ayant esté visitée «et secourue de Dieu comme Job et Jacob, et lors luy ayant voué le vœu de « Jacob, et Dieu l'ayant exaucée, elle a basti et fondé ce monastère pour tenir lieu « de l'autel de Jacob, où elle veut que perpetuellement soient rendues actions de «grâces, en recognoissance de celles qu'elle a receues de sa divine bonté, Et a «nommé ce monastère de la Sainete Trinité, et cette chapelle des Louanges, où «elle a logé les Pères Augustins réformez deschaux.»
Les religieux choisis par la reine Marguerite pour accomplir le vœu qu'elle avait fait, lorsqu'elle se trouvait en danger de mort au château d'Usson, étaient au nombre de vingt, soit six prêtres et quatorze frères. Ils avaient à leur tête le P. Mathieu de Sainte-Françoise et le P. Francois Amet, qui avait obtenu, dès le 26 juin 1607, une autorisation royale d'établissement pour le nouvel ordre, dont il fut le principal promoteur. Ce même religieux remplissait les fonctions de prédicateur ordinaire de la Reine; mais il ne conserva pas longtemps sa faveur. Ne rencontrant point chez lui autant d'indulgence qu'elle l’eût désiré pour couvrir les désordres de sa vie, elle gavisa tout d'un coup que les moines, par elle dotés de six mille livres de rente, ne pouvaient, suivant «leurs constitutions, posséder “aucunes rentes, ne possessions, ny mesmes chanter à note, qui étoient choses du «tout contraires à son intention. » Elle les renvoya donc en 1619, et, par contrat du 13 avril 1613, elle leur substitua les Augustins réformés de la province de Bourges, dits Petits-Aupustins. Elle avait promis à ceux-ci de leur construire une grande église; mais elle mourut avant d’avoir tenu sa parole.
La première pierre de l'église des Petits-Augustins fut posée, le 15 mai 1617, par la reme Anne d'Autriche, et l'édifice, achevé au bout de deux années, fut dédié sous l'invocation de saint Nicolas de Tolentin. Les bâtiments du cloître, commencés le 27 juin 1619, et utilisés comme musée, après la suppression du
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monastère en 1790, font actuellement partie de l'École des Beaux-Arts. Nous en
donnons un plan dressé par M. Albert Lenoir.
NOUE OÙ PETITE-SEINE. On a bien souvent parlé de ce canal, mais toujours
avec inexactitude et sans parvenir à éclaircir les nombreuses questions qui sy rat-
tachent. L'origine de la Noue, par exemple, est demeurée fort obscure, et Dulaure ue l'a certes point élucidée, en supposant que la Petite-Seine fut d’abord un fossé destiné à limiter le palais des Thermes. Une pareille opinion ne se discute pas: c'est de l'érudition de fantaisie.
Pendant le procès de 1548, l'avocat de l'Université répondit aux assertions des religieux de Saint-Germain-des-Prés, en leur rappelant que la Noue n'avait été creusée qu'à Fépoque où lon entoura de fossés le monastère. On pourrait citer, à l'appui de cette assertion, l'expression de Fossé neuf, appliquée à la Noue dans une charte de 1368, c'est-à-dire contemporaine de ce travail. Nous pensons toutefois que la Petite-Seine existait bien antérieurement, et que si, en 1368,
on l'énoncçait « un fossé neuf, » c'est uniquement parce qu'elle avait été depuis peu
élargie et approfondie, à l'occasion de la création des fossés de l'abbaye. Nous ne croyons pas, en eflet, qu'il soit possible d'expliquer autrement le passage d'une transaction de 1292, où il est fait mention d'un fossé attenant au Pré-aux-Cleres, ainsi qu'aux murailles de l'abbaye, et débouchant dans la Seine :‘« Extra muros abbatie predicte conjunctos cum ipso fossato, juxta pratum nostrum (Universi- «latis), versus locum in quo cum Sequana conjungitur predietum fossatum. »
Qu'est-ce que ce fossé? Évidemment la Petite-Seimeb.
I y à tout lieu de croire que la Petite-Seine avait été creusée originairement afin qu'on pàt conduire des barques chargées jusque sous les murs du monastère, et amener des bateaux de boys et autres dedans ladicte abbaye, pour la provi- «sion d'icelle.» Ces conjectures sont confirmées par un procès-verbal de bornage dressé en 1515. Subsidiairement, la Petite-Seine alimentait d’eau les fossés du couvent; aussi lappelle-t-on, dans un acte de 1449, «ung gran fossé par le- «quel se vuyde l'eaue des fossez de ladite église et abbaye dudit Saint-Germain «à Seine. » Elle était poissonneuse, et le droit d'y pêcher appartenait aux moines. Utilisée comme voirie, elle fut comblée imparfaitement entre 1530 et 15ho,et. comme elle demeurait à sec, excepté dans les temps de hautes eaux, elle devint une sorte de voie basse qu'on appelait le chemin creux,» par opposition au & hault chemin ,» pratiqué sur sa berge.
Dans les plaidoiries du procès de 1548, on cenviron, qu'il y avoit un fossé entre le Grand et lrouve cette explication donnée par le substitut du æle Petit Pré des Escholiers, faisant séparation procureur général : -d'iceux, qui commençoit à la poterne de l'abbaye
«Il fault entendre qu'il y a srois cents ans, ou et aloit à la Seine.»
A l'époque où la Petite-Seine était encore navigable, c’est-à-dire au commencement du xvi siècle, on la nommait la Noue, le fossé de la Noue, et, vraisemblablement aussi, la Petite Seine, puisque la rue des Petits-Augustins a été d'abord nommée rue de la Petite-Seine. Toutefois, il n’est point un seul titre, à notre connaissance, où la Noue soit ainsi désignée. Si l'appellation de Petite-Seine se retrouve très-fréquemment dans les archives de l'abbaye, c'est constamment pour désigner un territoire qui était situé près de l'ile Maquerelle, et dont nous avons eu une peine extrême à déterminer l'identité, par suite du défaut de clarté des textes et des idées fausses que nous avaient suggérées les historiens. (Voir, dans le second volume de cet ouvrage, le deuxième triage des terres en culture.)
La largeur réelle de la Petite-Seine, à partir du quai Malaquais, est mal indiquée partout, car on a constamment répété, d'après Du Boulay et Pourchot, qu'elle mesurait quatorze toises. Or les fouilles qu'on exécuta au mois d'août 1548, afin de reconnaître où passait jadis la Petite-Seine, permirent de constater que, à l'endroit de la première tranchte, près de la rivière, elle était large de onze toises seulement, et qu'elle allait ensuite en se rétrécissant, de façon à ne plus offrir que huit toises et demie de largeur, à la dernière tranchée, près des fossés de l'abbaye. On constata également que la largeur du fond ne dépassait point cinq toises, les parois étant disposées en talus ete venant en quelque manière de roton-
« dité par les angles basses, à cause du roulement des terres. »
Le procès-verbal des fouilles de 1548 nous fournit, en outre, quelques données
précises sur l'emplacement du canal, dont il ne subsiste aucune trace et dont les restitutions graphiques sont purement arbitraires. À la hauteur de la troisième tranchée, où le canal était large de dix toises, l'espace entre la berge orientale el le mur des jardins de Bastonneau (l'hôtel de Ja Rochefoucault) mesurait seize pieds. Vis-à-vis de la deuxième tranchée, où le canal était pareïllement large de dix toises, il était distant, de douze pieds, de la maison de Jacques de Mesmes. Enfin , au droit de la première tranchée, là où la Noue était large de onze toises, la rue, sur un espace de douze pieds, m'avait point été prise sur l'emplacement du canal; le reste occupait une zone de trois toises deux pieds, et la maison de Bouyn sept toises quatre pieds!) Or, l'alignement des maisons de Baston-
Ÿ On lit, en eflet, au fol. 8o du dossier relatif
au procès de 1548 :
LRU Dedans laquelle largeur de unze toises «de fossé, par hault, à l'endroit de la dicte maison «dudict Bouyn, icelle maison d'icelluy Bouyn, qui rcontient sept toises quatre piedz de largeur, de «dehors en dehors, est assize et située. Et le reste «du dict fossé, qui est de trois toises deux piedz «plus large que la dicte maison du dict Bouyn. se
«pourchasse et extend sur la rue et chemin qui a resté faicte entre la dicle maison et jardin d'icelluy
«Bouyn etles maisons et jardins de monsieur Jehan “Jacques de Mesmes, maistre Françoys Bastonæneau el autres, de costé du Petit Pré et de l’hos- «tel de Nelles; de sorte que la dicte rue et chemyn «qui y est aujourd'huy est faict dedans le dict «fossé, excepté douze piedz de largeur en droit la “première tranchée, près la dicte maison d'icelluy
neau et de J. de Mesmes s'étant maintenu jusqu'à nos jours, nous pouvons sans hésitation fixer le passage du canal devant ces maisons. Pour déterminer ensuite la largeur et la direction de la Noue, dans le voisinage de la rivière, il faut tenir compte de Finflexion de l'alignement moderne, un peu différent de l'alignement
ancien. Cette condition observée, on reconnait que la berge du canal, vers Paris
devait passer très-près du point où se trouve l'encoignure actuelle de la rue Bonaparte, du côté de l'Institut.
On franchissait le canal de la Petite-Seme, en amont, au moyen d'un petit pont qui était situé au droi de la rue du Colombier, et dont la destruction fut causée par le comblement du canal, En aval, il ne semble point qu'il y ait eu un second pont. Dans le rapport rédigé après les fouilles de 1548, on lit que les jurés
admettaient la présence du haut chemin sur la rive orientale de la Noue, attendu
que. disaient-ils, «on n'eust sçeu passer le travers dudict fossé et chemyn creux, “quant les eaues y estoient, du costé de la rivière de Seine, sans y avoir ung pont
«dont ne nous est apparu aucune chose; maïs, le long du chemyn, du costé des fossés
+ d'icelle abbaye, on passoit par le petit pont dessus mentionné, et venoit-on par «le hault chemyn, que nous estimons avoir esté du costé du Petit Pré, au port
«de Nesles, sans plus oultre traverser lediet fossé, appellé le Chemyn creux.»
CÔTÉ ORIENTAL
Ce côté était formé, d'abord, par le derrière des maisons en censive de Saint- Germain-des-Prés, lesquelles avaient leur entrée dans la rue de Seine (voir à l’article de cette rue), telles que l'hôtel de Ventadour et de Montpensier; puis, par la partie latérale de deux autres hôtels en censive de l'Université, celui de Burpensis, faisant le coin septentrional de la rue des Marais, plus tard à Nicolas Des Yveteaux, et la maison de Du Cerceau, formant l'angle méridional de la rue des Marais
ainsi que le coin septentrional de la rue du Colombier (voir Rue du Colombier). [ Ï
“Bouyn; aussi douze piedz de largeur en droit la +Cleres, oultre la douve et hault du dict fossé ap-
«seconde tranchée, à Fendroit du jardin d'icelluy de Mesme; seize piedz de largeur, à l'endroit du rjardin de Bastonneau, à la tierce tranchée; le tout ædu dict costé du dict Petit Pré et hostel de Mesmes. “EL à la quatriesme et cinquiesme tranchées, ne -scaurions donner mesure ne distance, pour ce que “ce sont lerres vacques et où il n’y a nul bastiment. Aussi avons trouvé que le jardin da dict +Bouyn est de plus grant latitude et spaciosité que -sa maison et corps de logis, et s’enclave el entre-
eprent le dict jardin, du costé du Grant Pré aux
epellé chemyn creux, de huic! toises el ung pied rel demy de largeur, comprins l'espoisseur du «mur de la closture du dict jardin, du diet costé “du dict Grant Pré aux Cleres, à prandre à l'enædroict de la dicte maison et corps de logis d'icelluy #Bouyn. Et à l'endroiet de la quatriesme tranchée, #environ le meilleur du dict jardin, icelluy jardin +se pourchasse et extend du costé du dict Grant
«Pré aux Cle de six Loises cinq piedz et demy
«de largeur, aussi compris l'espoisseur du diet mur .» (Arch. nat. carton S 6188.)
-de closture....
RUE SAINT-BENOÏT. 21
RUE SAINT-BENOÏT.
La rue Saint-Benoît commence à la rue Jacob et finit au carrefour Saint- Benoît (place Saint-Germain-des-Prés). à Avant que l’abbaye Saint-Germain fût munie de fossés, le long de son enceinte,
ve
s l'ouest, il existait sans aucun doute un chemin semblable à ceux qui longeaient cette enceinte du côté du midi et du côté du nord. Il est même parlé assez clairement de cette voie dans une charte de 1289, que nous citerons à l'article de la chapelle de Saint-Martin des Orges (voir Rue du Colombier). Du Boulay dit que ce chemin occidental s'appelait la rue des Vaches, ce qui n’est point absolument invraisemblable, puisque la rue de l'Égout, prolongeant la rue Saint-Benoît, a reçu le nom de rue des Vaches; néanmoins plusieurs raisons nous engagent à croire que Du Boulay a fait confusion ®, Quoi qu'il en soit de cette opinion , il est certain que la rue Saint-Benoît tire son origine du chemin qu'on établit le long des fossés creusés en 1368, et dont, vers le couchant, l'emplacement fut pris, pour la majeure partie, aux dépens des terrains du Grand-Pré-aux-Cleres. Ov, le 7 février 149, l'abbé du monastère permit à ses religieux « de parachever la clôture « de sept arpens de lerre, pour iceux joindre aux murailles de l'abbaye, et faire
l;» ce qui signifie que, quand on transforma en
« fossés et reservoirs à poisson vivier le fossé du couvent, on voulait prolonger jusqu'à son enceinte les murailles de la courtille.
À la suite d'incidents sur lesquels nous reviendrons, et dès le 7 mars 1543, les moines réalisèrent leur projet, ce qui causa la suppression complète du chemin latéral au fossé. Toutefois, ce nouvel état de choses, fort contraire aux droits de l'Université, ne subsista pas longtemps, car, le 10 juillet 1548, c'est-à-dire immédiatement après la grande émeute d’écoliers que nous racontons ailleurs, le Parlement ordonna la réouverture de «l'ancien chemin qui estoit derrière les «murailles de ladiete abbaye,» ..... lequel avait « esté estouppé (bouché) par les «murailles du eloz de ladicte abbaye, » et laissait des traces faciles à retrouver. La même prescription fut répétée dans larrèt définitif de 1554, où il est dit que, «relativement à .... la délivrance et restablissement de l'ancien chemyn qui «souloit estre derrière et le long des lossez de ladicte abbaye, commençant par & hault au carrefour de la rue aux Vaches (carrefour Saint-Benoît) comme ancien, «sera et demourera ouvert, et de la largeur de dix-huit pieds, à icelluy com- «mencer par hault audict carrefour aux Vaches, et continuera le long des fossez
OÙ Mém. hist. sur la propriété du Pré aux Cleres , contribue à nous faire rejeter la première asserp. 402. — Du Boulay dit en même temps que la tion. rue Saint-Benoît s’est appelée le Grand et le Haut ® Inventaire de l'Abbaye. (Arch. nat. reg. LL J Le]
Chemin, ce qui est assurément une méprise et 1145, p. 67.)
sw RG trs
« d'icelle abbaye; et à l'endroit où souloit estre le ponceau, à présent descouvert, «dudiet lieu, en tournant un peu à man dextre, se continuera de pareille lar- « geur le long du Petit Pré aux Clercs et jusqu'à la rivière de Seine. » Ge parcours est représenté aujourd'hui par la rue Saint-Benoît, une partie de la rue Jacob et de la rue Bonaparte, ou des Petits-Augustins.
Le. mars 1577. le Parlement rendit, relativement à l'écoulement des eaux croupies de la rue Taranne (de l'Égout), un arrêt contradictoire entre les manants du faubourg Saint-Germain, d’une part, et, d'autre part, les moines de l'abbaye. le Prévôt des Marchands et le sieur de Taranne(. Cet arrêt, dont les habitants du faubourg réclamaient l'exécution le 30 octobre suivant, ayant été sans effet, parce que personne ne voulut contribuer aux dépenses qu'il s'agissait de faire. le Parlement en rendit un autre, à la date du 14 juin 1578. Prenant en considération «l'inconvénient de l'air, qui pouvoit estre infecté au moyen des +eaues» stagnantes de la rue de l'Égout. il ordonna que les frais des « vuidanges «des terres, pantes et pavez nécessaires » incomberaïent par tiers aux habitants du faubourg, à la Prévôté des Marchands et à l'abbaye.
Le 23 août suivant, il fut défendu au Gorps de Ville et à l'Université de troubler les habitants du faubourg
pendant qu'on procéderait à la levée de la taxe, dont les conseillers Jacques Brisart
en les empêchant de pratiquer l'égout projeté,
aires répartiteurs, le 45 juin 1579. Un
et Pierre Violle furent nommés commis autre arrêt, du 16 décembre de la même année, ayant décidé que l'inspection et la conduite des travaux appartiendraient au Prévôt de Paris et au Prévôt des Marchands, on se mit à l'œuvre, et l'on creusa un égout à ciel ouvert. Cet égout. voûté en 1640, subsiste encore sous le sol de la rue Saint-Benoît. I ne fut point, au reste, immédiatement conduit jusqu'à la rivière, car on en abandonna les travaux lorsque la tranchée eut atteint les environs de la rue du Colombier. Demeurant ainsi sans issue, Fégout déversa sur le Pré-aux-Cleres un nouveau cloaque, où «les immundices s'arrestoient..…. au danger du publieq.» L'Université s'en émut et réclama l'achèvement de la tranchée jusqu'à la Seine, ce que preserivit un arrêt du Parlement, du 5 août 15860), rendu à la suite d'un arrêt analogue, en date du 6 septembre 1585.
Le 7 août de cette dernière année, la Cour avait aussi décidé qu'on prierait la Reine de faire autoriser par le Roï un emprunt de deux mille écus, montant de la
part de la Ville dans la dépense motivée par l'exécution de l'arrêt de 1578. Celui
(Il avait été précédé d'un premier arrêt, en l'ouvrage de Félibien et les archives de l'Abbaye. date du 9 juillet 1576, qui se rapportait au même ® Il semble pourtant que la tranchée élait sujet. mais que nous n'avons pas plus retrouvé achevée avant cette date, puisque, dans l'acte de dans les registres du Parlement que les divers vente du 7 septembre 158 , cité plus haut, la
autres arrêts dont nous parlons ici. L'indication maison de Bouyvn, aboutissant sur le quai, est dite nous en est fournie par les archives de l'Université tenir «à une tranchée nouvellement faicte. »
RUE SAINT-BENOÏT. 23 dé 1586 autorisa, de plus, l'Université à prolonger la rue Saint-Benoït dans la direction du quai, et à bailler les terrains riverains de la tranchée, à charge par les preneurs de bâtir et de balayer chaque jour devant leur lot. Il existe un procèsverbal de toisé de ces terrains, énoncés les «places que lesd. sieurs (de l'Univer- «sité) entendent baïller à rente pour y bastir et faire closture, le long des deux «costez de la rue naguères faicte de neuf le long dudict pré, pour l'esgout de la «rue de Tournon (Taranne) en la rivière, et empescher que les chevaulx, harnoys «et gens de pied, qui passent ordinairèment par ledict pré et qui le détériorent «et gastent, n'y puissent plus passer, ne y porter d’ordures et immundices comme «l'en faict à présent. »
L'une des places, profonde de huit toises et longue de quatre-vingt-dix-huit toises cinq pieds, longeait la rue Saint-Benoît et sétendait, en réalité, de la première à la trente-troisième borne du Grand-Pré; l'autre place était comprise entre la rue de la Petite-Seine (des Petits-Augustins) et la rue Saint-Benoît prolongée, laquelle est nommée, dans le toisé, «la rue faicte pour l'essout du faul- «bourg Saint-Germain,» et, dans un titre de 1588, «rue neulve prenant depuis «la rue Tarenne, du costé de la rivière. » I ne semble pas cependant qu'on ait Jamais commencé à y bâtir, et le projet en était abandonné quand le quartier se couvrit d'habitations. Entre la rue Jacob et le quai, l'égout, au contraire, a tou- Jours été conservé, et il est encore aujourd'hui en usage, après avoir été restauré dans le dernier siècle. I avait été partiellement recouvert, en 1608, par la reine Marguerite, «ainsy qu'il est justifié par le journal que celte princesse tenoit elle- «même des ouvrages de cette construction, » est-il dit dans un mémoire de 1739 ; le reste fut voûté en vertu d’une transaction de 1611. (Voir, dans le second volume de la Région, la fin de la notice sur le Pré-aux-Clercs.)
La rue Saint-Benoît s'appelait, en 1587, «la rue de l'Esgout, » où «la rue faicte « pour l'esgout du faulbourg Saint Germain, » et, en 1609, «la rue de l'Essout de « derrière les fossés de l'Abbaye.» Dans une permission, accordée le 15 février 1587 à Denis Allan et Pierre Caudeau, d'y passer avec «leurs harnoys et chee vaulx, » elle est considérée comme la continuation de la rue de l'Égout-du-Four. et, pour cela, nommée «rue de Tarenne au long du jardin du s' de Sansac. » Vers 1640, elle a été dite rue des Fossés-Saint-Germain, et, dans un acte de 1649. «rue des Esgoutz, à présent appellée de Sainet Benoist.» Le nom de Saint-Benoît, fondateur de la règle suivie par les moines de l’abbaye, avait été donné à la voie dès 16/41, lorsqu'on vendit, pour y bâtir, la partie des fossés s'étendant du carrefour Saint-Benoît à la porte Papale.
CÔTÉ ORIENTAL
Le côté oriental de la rue Saint-Benoît était formé par le fossé de abbaye Entre la rue du Colombier et la porte Papale, au lieu qu'on nommait le Vivier, il
élait large de dix toises et avait sa contrescarpe parallèle aux murs de l'abbaye. Au-dessus de ka porte Papale, et au moins depuis la création de l'égout, le fossé allait en se rétrécissant, de façon à ce que la contrescarpe passât fort près de la tour d'encoignure du redan de l'enceinte du couvent. Au delà du redan, la contrescarpe redevenait parallèle aux murs de l'abbaye, comme le montre le plan de 1548; mais cet état de choses parait avoir été modifié avant l'année 16/1, durant
laquelle les terrains du fossé, entre le carrefour Saint-Benoît et la porte Papale,
furent baillés à bâtir en cinq lots.
CÔTÉ OCCIDENTAL
Du côté occidental de la rue Saint-Benoît, se trouvait la courtille de l'abbaye, comprenant le derrière de la maison de Sansac, puis le Pré-aux-Clercs, dont les terrains restèrent dépourvus de constructions jusqu'en 1613, époque où les Augustins, à qui la reine Marguerite les avait donnés, les vendirent à des particuliers. Les moines de Saint-Germain vendirent également, en 1615, des places dépen-
dant de la courtille et situées en bordure sur la rue Saint-Benoil.