RUE CASSETTE
La rue Cassette commencait, il y a peu d'années, à la rue du Vieux-Colombier:; son extrémité septentrionale a été raccourcie par l'ouverture de la rue de Rennes. Elle finissait et finit encore à la rue de Vaugirard.
Nous trouvons cette voie désignée comme il suit : «chemin tendant de la rue «du Colombier aux murs des Chartreux,» dans un document de 1591, et «che- «min leudant de Sainct Germain aux Poulignis, » ou simplement «chemin des Poutlignis,» dans d’autres pièces datées de 1523. Toutefois elle avait pour nom caractéristique et habituel celui de «chemin de Cassel,» autrement «ruelle de « Cassel; » elle est ainsi indiquée sur un acte de 1419, le premier où il en soit parlé à notre connaissance. Vers 1540, le nombre des maisons bordant le chemin de Cassel lui avait donné la physionomie d’une rue; aussi lit-on dans le censier de 1547 : «rue de Cassel, que naguères on nommoit le chemyn de Cassel.» Pour la distinguer des deux petites rues également dénommées Cassel, on a dit quelquefois : « Grant rue Cassel» (1561) et «rue du Grant Cassel» (1571); mais cette appellation n’a point eu longtemps sa raison d'être et a peu duré. Quant à la transformation du vocable primitif en celui de Cassette, elle a eu pour cause ce
besoin d'assimilation , qui pousse le peuple à donner un sens intelligible à des mots
incompris et plus où moins semblables à certains autres existant dans la langue courante. On a écrit «en Casset» dès 1543, et «rue Cassette» dès 1570.
L'hôtel de Cassel, auquel la rue Cassette doit son nom et peut-être son origine, nest décrit dans aucun des titres de l'abbaye; nous sommes moralement sûr, néanmoins, qu'il était situé le long de la rue du Colombier, entre les rues Cassette et du Gherche-Midi . Le censier de 1355 nous apprend que, après avoir appartenu à un archevêque de Bourges, il était devenu la propriété de madame de Cassel : «Mad. de Cassel, pour le manoir qui fu l'arcevesque de Bourges, au «Colombier, vr s. @» Un registre des archives de Saint-Thomas-du-Louvre nous lait savoir que madame de Cassel n’était autre que « Mad. Jehanne de Bretègne. » Jeanne de Bretagne, née en 1294 et morte le 24 mars 1363, fut effectivement mariée, par contrat passé à Saint-Germain-des-Prés, le jour de la Saint-Matthieu 1329, à Robert de Flandres, seigneur de Cassel, et de là vient qu'elle a été connue sous le nom de madame de Cassel. Sa fille, Yolande de Flandres, comtesse de Bar, hérita de l'hôtel de Cassel, comme il appert du censier de 1365, et elle put voir cet héritage détruit, car elle ne mourut qu'en 1394. Or il est question, dès 1393, de «la place où jadis fut l'hostel de Cassel.» Au reste, sur
® Entre autres preuves, on trouve qu'une place à la rue du Four. — ©) Arch. nat. reg. LL 1033, devant celle où avait été l'hôtel tenait d'une part fol. 14 r°.
Entre les rues Carpentier et de Mézières Entre les rues de Mézières
Honoré-Chevalier
l'emplacement qu'il avait occupé subsistèrent toujours quelques constructions, maisons rurales ou tuileries, et cet emplacement forma un territoire qu'on désigna par l'appellation de «Cassel.» La mention du «lieu dict Cassel» et la locution “en Cassel» se rencontrent très-fréquemment pendant la première moitié du avr siècle. Dans le procès-verbal de l’arpentage de 1529, le canton de Cassel est l'objet spécial d'un triage, sous la rubrique : « Le huictiesme triaige commençant +à la Thuillerye, tirant à la Fosse à l'Aumosnier, jusques au grant chemyn de « Vaugirarl:» ce qui, traduit dans le langage actuel, veut dire : commençant du coin de la rue du Vieux-Golombier et du Gherche-Midi, continuant le long de celle-ci et de la rue du Regard, puis revenant par les rues de Vaugirard et Cassette, En 1599, le terrain du huitième triage élait encore presque complétement en culture, et, en 1523, du côté de la rue du Cherche-Midi, s'étendait un arpent.
lequel s'était «anciennement appellé les Petites Masures. » I PI
CÔTÉ ORIENTAL
JUSTICE
ET CENSIVE DE L'ABBAYE
Tnois maisons sans désignation (1595), dont la première était contiguë à la maison faisant le coin de la rue du Vieux-Colombier; la dernière formait le coin
septentrional de la rue Carpentier.
Maison sans désignation (1595), faisant le coin méridional de la rue Carpenter.
Masox sans désignation (1595), s'étendant en hache sur la rue Carpenter.
Maison sans désignation (1595). dont dépendait une autre maison sur la rue de Mézières.
Maison sans désignation (1595), faisant le coin septentrional de la rue de Mézières.
GnaxDe musox sans désignation (1595), faisant le coim méridional de la rue
de Mézières, et dite, dans le censier de 1595, appartenir à François de la Porte, « président de Brethaigne 0, »
Maison sans désignation (1595).
” Eustache de la Porte, président des enquêtes Bretagne publié par M. Potier de Courey. Il y eut, au Parlement de Bretagne en 1563,.est le seul per- au surplus, un François de la Porte, seigneur du sonnage qui puisse s'ideutilier avec celui-ci, et dont Boisliet el autres lieux , qui épousa Claude Bochart en
nous trouvions une indication dans le Nobiliaire de 1548 et fut l'aïeul du premier duc de la Meilleraye.
RUE CASSETTE. 51 MaïSON AVEC JEU DE PAUME (15651 6ho), acquise par les Jésuites en février et mars 1639. Elle appartenait, vers 1565, à Pierre de Valles, qui, dès 15/7, élait possesseur, au même lieu, de sept quartiers de terre, où s'élevait une maison.
Mason sans désignation (1571), faisant le coin septentrional de la rue Honoré- Chevalier. Elle fut vendue, le 19 avril 1574, au sieur de F \ubépine, par le charpentier Jean de la Rue, qui l'avait fait bâtir sur un terrain large de huit toises et
profond de seize, à lui cédé par Pierre de Valles, le 13 décembre 1565. Au delà de la rue Honoré-Chevalier, la rue Cassette était bordée par une maison dont la façade principale donnait sur la rue de Vaugirard. (Voir à l'article de cette
dernière.)
CÔTÉ OCCIDENTAL
PAROISS
AINT-SUL PICE, JUSTICE ET CENSIVE DE L'ABBAYE
Maison Avec GRAND JARDIN, contiguë au clos faisant le coin de la rue de Vaugi-
rard. Le 15 juillet 1565, M° Robert de Rémisson, procureur au Parlement, acheta
de Pierre de Valles une pièce d’un arpent et demi et trois perches, que ce dernier
avait acquise, le 9 février 1550, de Laurent de l'Isle, Le 95 juillet de la même année 165, Robert de Rémisson acheta pareillement de Guillaume Bourdin une autre pièce de terre, et, l'unissant à celle qu'il tenait de Pierre de Valles, il forma la propriété dont nous parlons. Elle consistait en un clos d'environ trois arpents, planté en jardin, lorsque, le 11 juin 1583, elle fut cédée à Robert Barat par Léon de Rémisson, ayant cause de son parent Robert. Le 18 octobre 1608. elle fut partagée entre les héritiers Leroy et le nommé Claude Dumont : la partie méridionale, achetée, le 7 juillet 1691, par Nicolas Vivien, fut donnée par lui, le 11 septembre suivant, aux Carmes déchaussés, dont elle compléta l'enclos, vers l’est: la partie septentrionale, d’une superficie de cinq quartiers, fut annexée, le 1° juillet 1659, au couvent des Bénédictines du Saint-Sacrement.
GRanDe MAISON AVEC JARDINS, qui, en 1565, appartenait à Jean-Jacques de Magaures, et, en 1628, au contrôleur Louis Le Barbier U), lequel l'avait acquise d’Antoine et de Henri de Loménie, comte de Monthron; ceux-ci la possédaient vers 1629. Elle contenait environ deux arpents et demi; mais Le Barbier ÿ annexa
® Le même qui figure parmi les acquéreurs de Phôtel de la reine Marguerite : c'élait apparemment un des grands spéculateurs de l'époque.
Entre les rues Honoré-Chevalie
el de Vaugirard
Si Le]
un grand clos de quatre arpents, qui était situé derrière, en bordure sur la rue du ne Mid et avait éLé composé de plusieurs parcelles. Dans cet état, Le Barbier le vendit, le 13 mai 1634, aux religieuses de Notre-Dame-de-Gonsolation, dites du Chasse-Midi. Elles ne s'y établirent que dans la partie donnant sur la vue du Cherche-Midi, et elles cédèrent l'autre, les 2 mars et 8 avril 1658, aux Bénédictines du Saint-Sacrement.
Mason sans désignation (1 59b), contenant un jardin. Elle est énoncée simplement «un jardin clos d'environ un demi-arpent, » dans la vente qui en fut faite par Guillaume Lamy et Jehan Marbais, grand arpenteur de France, à Pierre Boursier, le 4 janvier 1619. Trois ans plus tard. le 18 avril 1622, P. Boursier en céda la partie méridionale à Gabriel Legentil, par lequel elle fut donnée à l'hospice des Incurables.
Mason sans désignation, qui fut achetée, vers 1580, par Robert Barat. En 1619, elle formait hache derrière la précédente. Des remaniements en ont rendu les limites, vers le nord, très-problématiques.
Mason en plusieurs corps d'hôtel, contiguë à celle qui faisait le coin de la rue du Vieux-Colombier. Elle appartint à &M° Liger Duchesne, lecteur du Roy, puis à Robert Barat, qui l'acquit avant les guerres de la Ligue. Elle aboutissait
à l'Académie Chéradame.