‹ Topographie historique du vieux ParisChapitre 51 sur 202 · RUE DU DRAGON · texte numérisé non relu

RUE DU DRAGON

La rue du Dragon commence à la rue Taranne et finit au carrefour de la Groix- Rouge, au droit de la rue de Grenelle; mais, anciennement, on la considérait souvent comme se prolongeant jusqu'à la rue de Sèvres. Ge prolongement, c'està-dire la partie comprise entre la rue de Sèvres et la rue de Grenelle. était aussi regardé comme dépendant de la rue du Four.

La rue du Dragon ne porte ce nom que depuis 1806; elle s'appelait auparavant rue du Sépulcre, à cause d'une propriété qu'y possédaient les chanoines du Saint-Sépulcre, de la rue Saint-Denis. Nous trouvons la rue du Dragon énoncée rue allant du Boullouer (carrefour de la Croix-Rouge) au diet Sépulere, » -chemyn du Sépulere» et «rue du Sépulcre,» en la même année 1523, puis, dans un titre de 1441, «rue allant à Fhostel du Sépulchre.” Bien qu'elle date évidemment d'une époque relativement ancienne, nous ne saurions citer aucun

document antérieur où elle soit certainement indiquée. Toutefois il existe une 2] 9

393, où l'on parle d'une maison située dans la grande rue du Four

charte de 1:

#) Jean de Lisieux était aussi gentilhomme» du cardinal de Tournon, alors abbé de Saint-Germain-

des-Prés.

RUE DÜ DRAGON. 91 et faisant le coin d’une voie dite «la rue par où on va à l’église Saint-Père. » Cette

dernière rue est trè

-probablement la même que celle du Dragon, qu'un ensaisi-

nement de 1h26 énonce la rue du Four, apparemment par erreur.

CÔTÉ ORIENTAL

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE SAINT-GERMAIN

Grande maison pes Trois-Rois (15qQ5), faisant le coin de la Grande rue Taranne et s'étendant jusqu'à la Petite. C'était un des deux lots qui résultèrent du morcellement de l'ancien hôtel de Taranne. En 1505, elle appartenait à l'écuver Jean- \] \ Baptiste Vesle; il l'avait fait alors nouvellement rebâtir et la tenait du nommé

Jacques Miot, lequel Favait acquise de Robert Fallentin.

Maison énoncée « d'ancienneté Le cLoz Goruse, aultrement dict l'Hermitaige » (1523), faisant le coin méridional de la rue du Sabot. Cette propriété est également dite sêtre appelée anciennement... l'hostel de Guyon Pernée,» alias Journée (1534). Elle contenait un demi-arpent, s'étendait le long de la rue du Sabot, et n'a été morcelée qu'au xvi siècle; mais il y avait déjà là deux maisons en 110. Le censier de 1365 mentionne un certain « Copiose,» qui doit être un membre de la famille dont le elos avait pris le nom. Quant à Guyon Journée, célait un marchand épicier.

Deux masoxs sans désignation (1595), provenant d'un morcellement de la suivante.

Mason dont la principale entrée était dans la rue du Four, et qui tenait à la maison faisant le coin de cette rue. Les deux constructions n’en constituaient qu'une

dans la première moitié du xvi siècle. (Voir Rue du Four.)

CÔTÉ OCCIDENTAL

JUSTICE

ET CENSIVE DE L'ABBAYE SAINT-GERMAIN

Maison sans désignation (1523), faisant le coin septentrional de la rue de

Entre les rues Taranne et du Sabot

Entre les rues du Sabot et du Four.

Entre les rues de Sèvres

ea

el de Grenelle (carrefour de la Croix-Ronge)

Entre les rues de Grenelle

et Taranne

Sèvres. En 1523 sa superficie était d'un demi-quartier, et il en dépendait un jar-

din renfermant un quartier.

GRANGES AUX MALADES DE NAPLES, faisant un second coin de la rue de Sèvres. Par une ordonnance du 6 mars 1497, où il est dit que la syphilis avait eu « puis «deux ans en çà... grande force en ce royaulme, tant en ceste ville de Paris que “en d'autres lieux, » le Parlement ordonna que les individus atteints de cette maladie, dont on s'exagérait beaucoup le caractère contagieux, devraient, sous peine de la hart, se retirer à Saint-Germain-des-Prés, « pour estre et demourer ès maisons et lieux qui leurs seraient «baillez et délivrez» par des commissaires nommés à cette fin), On avait, en effet, disposé une sorte d'hôpital provisoire, destiné à recevoir les malades du mal de Naples, comme on disait, et moins de trois mois après plusieurs guérisons \ furent obtenues, à ce qu'aflirnia l'évêque de Paris, dans une visite qu'il fit au Parlement, le 23 mai. La propriété où était situé l'hôpital avait jadis appartenu à Lorin Gauldry, et Jean Pasquier, capitaine des archers de la Ville, la prit, dit-on, à bail de l'abbaye, pour le compte du Prévôt des Marchands et des Échevins. Il est très-certain que cet emplacement avait appartenu à Jean Pasquier; mais, suivant les cartulaires de l'abbaye, le bail de 1497,

ayant pour objet une vieill

» grange el une maison avec cellier et bouge, aurait été fait à Jean Ferry, voiturier.

Quoi qu'il en soit, en 1523, il se trouvait là «deux granches,» en d'autres

termes, deux salles couvertes, puis une petite cour et une masure; le tout occupait une surface de trois quartiers, dont il n’est point possible de retracer les limites. Jean Pasquier tenait le terrain des granges à titre précaire; en 1528, son fils Antoine Pasquier le reçut à rente perpétuelle et y bâtit probablement la maison qui remplaça l'hôpital, sans en occuper tout l'emplacement. Elle a eu pour enseigne la Croix-Rouge (1595-1628), et, en 1628, elle était divisée en plusieurs corps d'hôtel, dont le dernier s'appelait la maison de Notre-Dame-de-Grûce. Masox sans désignation, qui faisait le coin méridional de la rue de Grenelle, etoù, en 1593, étaient construites trois «loges.» Jean Louvet, propriétaire dès

123, y avait arboré pour enseigne «ung petit crucilix et aultres pelites ymaiges

+ que feist icelluy.… Jehan Lonvet, qui les y meist, » et il avait agrandi la maison, en 1529, d'une place large de six pieds par devant, de onze pieds par derrière, et profonde de neuf toises, laquelle formait lencoignure. Vers 1595, la propriété

n'était plus qu'une vieille masure.

Mason sans désignation (1543), faisant le coin septentrional de la rue de

Grenelle et aboutissant rue des Saints-Pères. En 1628, elle était divisée en deux

® Arch. nat, reg. X 1503, fol. 7h r°. La pièce a été publiée par Félibien.

RUE DU DRAGON. 93 dans le sens de sa profondeur. Un peu plus tard, elle a été morcelée en cinq et même six parcelles. Elle avait été construite sur un lot de quinze perches et demie

de terre, «baïllé à bâtir» à Jean de Morvillet, le 19 avril 15

Maison sans désignation (1543), aboutissant rue des Saints-Pores. Elle fut Oo construite sur un lot de quinze perches et demie de terre, baillé, le 19 avril

1535, à Philippot Rebac, bourrelier. Cette maison et les deux suivantes étaient

à l’état de masure vers la fin du xvr siècle.

Mason sans désignation (1543), aboutissant rue des Saints-Pères, et cons-

truite sur un quartier de terre baïllé à Jean Verdureau, le 19 avril 1535. Mason sans désignation (1543), bâtie sur une place d'environ quatre toises de largeur sur seize de profondeur, laquelle faisait partie d’un demi-quartier de terre baillé à Jamet Prévôt, le 19 avril 1535. Maison sans désignation (1543), bâtie sur une place d'environ trente toises de largeur, retranchée du lot de Jamet Prévôt, et cédée par lui à Pierre Puissant, le 106 février 1536. .

Musox sans désignation (154 3), élevée sur un demi-quartier de terre baïllé à

Jean Feauveau, le 19 avril 1535. A la fin du xvr siècle, réunie à la suivante, elle avait pour enseigne le Heaume (1595-1628). Sur le même emplacement ont été construites depuis trois maisons.

Maison sans désignation (1 543), bâtie sur un demi-quartier baïllé à Girart du Cerf, le 19 avril 1535. L'emplacement de cette maison, de celle qui est derrière et de tout le reste de l'ilot, jusqu'à la rue de Grenelle, était occupé, en 1529, par une pièce de terre de cinq quartiers appartenant à Jean Petit, libraire-juré de l'Université.

Ccos dépendant de l'hôtel du Sépulcre, y attenant (15

>3) et aboutissant rue des Saints-Pères. Ce clos contenait cinq quartiers de terre et n'a été couvert de

maisons qu'au temps de Louis XII.

HÔTEL DU SÉPULCRE, dit aussi LE VIEIL-SÉPULGRE (1548) et LE PEriIT- SÉPULCRE, contigu à la maison faisant le coin de la rue Taranne. Cette propriété, qui renfermait une maison d'habitation, une grange, un jardin et des étables, fut acquise, ën 1394, par Pierre Boullard, et, au commencement du siècle suivant, léguée par lui, pour fondation de messe, à l'hôpital du Saint-Sépulcre de la rue Saint-De

l'hôpital ®, étant venue à péricliter, les maitres du Saint-Sépulere réclamèrent la

Une rente de 8 livres parisis, dont elle était chargée envers mise aux enchères de la maison, laquelle leur lut adjugée par sentence du 28 mai 1h26, et de là est venu le nom d'hôtel du Sépulcre, qu'on lui donnait. Baillée à

vie, le 6 mai 1460, au nommé Bonvarlet, et, le 15 septembre 1468, à Henri

? P. Boullard n'avait probablement fait que léguer la rente, et non la maison.

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