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ABBAYE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. 101 Clotaire IT était une simple pierre élevée d'un demi-pied au-dessus du sol, sans ornement ui inscription. Le tombeau de Frédégonde était recouvert par une dalle en mosaique, d'un travail curieux, mais qui ne datait que de la fin du xu° siècle, comme les statues tumulaires de Chilpérie et de Childebert (, Aimoin reproduit l'épitaphe qui se lisait sur le tombeau primitif de Childebert; elle avait vraisem-
blablement été rédigée assez longtemps après sa mort, et elle était ainsi conçue :
Francorum rector præclarus in agmine ductor, Cujus et Allobroges metuebant solvere leges; Dac
Hic situs est dictus rex Childebertus honestus.
s et Avernus, Britonum rex, Gothus, Tberus.
Condidit hane aulam Vincenti nomine claram, Vir pietate cluens, probitatis munere pollens, Templa Dei ditans, gaudebat dona repensans.
Millia mendicis solidorum dans et egenis;
Gazarum cumulos satagebat condere cælo.
Une sépulture bien autrement imposante pour les populations que les tombeaux des princes mérovingiens était celle de saint Germain, mort le 28 mai 576. On l'avait enterré dans loratoire Saint-Symphorien, qu'il avait fait élever, et où reposaient, à sa droite, son père Éleuthère , el, à sa gauche, sa mère Eusébie. Le 25 juillet 54, le corps du prélat, enfermé dans un cercueil de pierre, fut levé solennellement et transféré dans la partie orientale de la basilique, derrière l'autel de Sainte-Croix, où l'on avait préparé un caveau pour le recevoir. Le roi Pépin. qui assistait à la fête, gralifia, en celte occasion, le monastère de la terre de Palaiseau, près de Paris. Le fait fut attesté par uue plaque de marbre blanc, en-
castrée dans le soubassement de l’autel de Saint-Germain et entaillée d’une croix
ancrée avec cetle inscription autour : « Hic pausante sancto Germano in die trans- « lationis dedit ei rex Pipinus fiscum Palatiolum cum appenditiis suis omnibus. » Ge marbre faisait, en dernier lieu, partie du cénotaphe dressé, en 1670, dans la chapelle Saint-Symphorien, là où l'on croyait qu'avait jadis 66 la sépulture du prélat. Sur l'une des extrémités de la dalle qui couronnait le monument, était écrit: « Hie primo fait tumulatus beatus Germanus;» mais les caractères et les moulures n'indiquaient que le xni siècle, et la dalle, que nous reproduisons d'autre part, devait provenir d’un tombeau refait alors seulement.
Les richesses de l'abbaye Saint-Germain étaient de nature à tenter l'avidité des Normands, et elles n'échappèrent point à leurs pillages : le monastère fut ravagé
dans l'intérieur du cercueil était écrit avec du ver- ipuon, M. Cocheris, dans sa nouvelle édition,
millon : #Precor ego llpericus non auferantur hinc lui a consacré une note. (T. HIT, p: 0.) — 1.
sossa mea,» et sur le couvercle était gravée cette ‘ Elles ont été transportées à Saint-Denis. Les inscription : Tempore nullo volo hinc tollantur pierres tombales de Clotaire Il, de Bertrade et de
sa Hilperici.» Lebeuf n'a pas parlé de cette Childérie I ont été refaites au milieu du xvrn siècle.
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par eux en 845,857 et 861. Le19 juillet 863, les moines y rapportèrent, pour la seconde fois, le corps de saint Germain, qu'ils en avaient tiré pour le mettre en lieu de sûreté, et, le calme renaissant, l'abbé Gozlin put réparer les bâti-
ments claustraux dévastés. La restauration de l'église paraît avoir été terminée
vers 869, et, selon la remarque de Lebeuf, c'est à cette époque qu'il convient de placer l'une des dédicaces indiquées en marge du martyrologe manuscrit d'Usuard. Ges dédicaces, placées nécessairement entre celles de 559 et de 1163, sont datées du 21 juillet et du 19 novembre: elles indiquent probablement des reconstructions plus où moins importantes. Au mois de février 886. les Normands saccagèrent derechef l'abbaye, et ils y brisèrent le tombeau des parents de saint Germain.
Une nouvelle réédification de l'église fut certainement entreprise par labbé Morard , élu en 990 et mort en 1014. On lisait, en effet, sur sa tombe. placée au milieu du chœur: «Morardus, bonæ memoriæ abbas, qui, islam ecclesiam à “ paganis ter incensam evertens, a fundamentis novam reædificavit. turrim quoque + eum signo ® mullaque alia 1bi construxit. » Morard fut aidé par des libéralités du
7 On lite signo, au lieu de cum sipno, dans le Martyrologe (Arch. nation. reg. LL 1026, fol. 54 r°).
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