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RUE GARANCIÈRE

La rue Garancière commence à la rue du Petit-Bourbon (Saint-Sulpice) et finit à la rue de Vaugirard.

Circonstance assez singulière : elle doit son nom à l'hôtel de Garancière qu'elle bornait, et cependant on ne le lui a donné qu'après le morcellement et la destruclion au moins partielle du manoir, ce qui, d'ailleurs, n’est point sans exemple. En effet, nous n'avons vu nulle part la mention d’une rue dite de Garancière avant l'année 1540, et certainement alors plusieurs maisons avaient été bâties à la place

du vieil hôtel, dont il ne subsistail plus guère que des bâtiments remaniés. Dans

la première moitié du xvr siècle, la rue Garancière S'énonçait «ruelle par la- « quelle on va à l'église Sainct Sulpice » (1536), et aussi «ruelle Sainct Sulpice » (15292, 1593, 1531, etc.). Le mot ruelle, dans ce dernier cas. était souvent employé au pluriel, comme s'il s'agissait, non d’une voie unique, mais du territoire appelé les Ruelles, dont la rue faisait partie. Rien n'indique si la rue Garan-

cière existait au xv° siècle.

CÔTÉ ORIENTAL

JUSTICE ET CENSIVE DE L'ABBAYE

Le côté oriental de la rue Garancière était formé tout entier par la partie postérieure des grands hôtels bâtis sur l'emplacement du Pré-Crotté, où marché aux

chevaux. Ces hôtels avaient leur façade en la rue de Tournon. à l'article de laquelle ils seront indiqués.

CÔTÉ OCCIDENTAL

JUSTICE

Mason sans désignation (1628), contiguë à la maison du coin de la rue de Vaugirard. Elle remplacait deux petites maisons qui, après avoir appartenu à l'ilustre chirurgien Ambroise Paré, étaient, en 1595, la propriété de ses héritiers. Le 9 avril 1603, ils les vendirent, avec deux autres situées sur la rue des Fossoyeurs, à Mathurin Duhamel. et celui-ci, le 13 mars 1615, les donna à l'avocat Nicole Acard.

Gran wason aboutissant rue Servandoni, et possédée, en 1595, par M. de Genyers, sieur de Massac, maître d'hôtel du prince de Conty. On l'appelait 'Hôre ve Sournéac à la fin du xvi siècle, parce qu'elle passa, en 1631, à Guy de Rieux, seigneur de Sourdéac. Jaillot rapporte qu'elle avait été bâtie par René de Rieux,

évèque de Léon, et qu'on la connaissait sous le nom d'hdtel de Léon. Elle por-

tait. en 1790, celui d'hdtel de Montaigu.

Grawe musox (1576) aboutissant rue Servandoni. Elle est dite, en 1599, appartenir à M. de la Tour, gentilhomme genevois, el, en 1628, à M d'Elbenne. Elle fut plus tard possédée par Marie-Anne de Gampet de Saujon, qui, l'ayant achetée le 26 août 1663, y établit les relisieuses appelées Filles de l'intériewr de la très-sainte Vierge, communauté supprimée par un arrêt du Conseil du mois d'août 1674. M" de Saujon augmenta sa maison d'un lot de soixante-quinze toises de terre qui bordait la rue Palatine jusqu’à la rue Servandoni, et qu'elle acquit, le 13 septembre 1666, de maitre Jacques Bénard, avocat au Parlement.

Par testament du 24 novembre 1690, elle la légua, avec tous ses biens, à Elisa-

beth de Beauvau, qui, le avril 1712, la donna à son frère le lieutenant général comte de Beauvau. La maison était alors divisée en deux, et la plus grande était désignée sous le nom d'hdtel Palatin, d'où est venu celui de la rue dont elle aisait le coin, et qu'on appela d'abord rue Neuve-Suint-Sulpice et aussi rue du Cimetière. Cette rue fut longtemps à l'état de projet; car, dès le 4 janvier 1613, le since de Gonty, abbé de Saint-Germain, avait gralifié les habitants du faubourg d'un terrain mesurant onze toises en longueur sur sept en largeur, pour en faciiter le percement, et un arrêt du 5 février suivant avait chargé les trésoriers de

France d’en faire le devis; mais la chose traîna en longueur et donna lieu à des

rocès contre les paroïssiens et les marguilliers qui voulaient s'emparer du terrain

donné par le prince de Contv. Aussi, quoiqu'une sentence du Châtelet, du 13 fé-

RUE GARANCIÈRE. 173 vrier 1642, eût prescrit ouverture de la rue, cette ouverture n'eut lieu, en définitive, que le 15 janvier 1651, comme nous l'avons constaté sur un vieux plan.

Musox sans désignation (1595), tenant d'une part et aboutissant au cimetière neuf de Saint-Sulpice, dans lequel elle était déjà absorbée vers 1650.

Cmenièes Sunr-Surrice. Le cimetière situé au chevet de l'église Saint-Sulpice, et supprimé lors de la reconstruction de l'édifice, était nommé « le cymetière nou- «veau,» par opposition à l'autre, qui remontait à une époque plus ancienne. Il fut établi sur un quartier de terre cédé aux marguilliers par le savetier 3. Marché0, aux dates des 23 juin et 13 juillet 1539. Ge terrain est énoncé, dans le censier de 1547, «assis devant et contigu la maçonnerye encommencée à faire au chevet « de l'église dudict Sainct Sulpice, où on a faiet un cymetière appellé le cymetère «nouveau; » il aboutissait vers lorient à la rue Garancière, et vers l'occident à l'église; mais rien n’en laisse voir les limites ni la forme.

Au milieu du xvn siècle, le cimetière s'étendait en bordure sur les rues du Petit-Bourbon, Garane

ère et Palatine; mais il avait alors été beaucoup augmenté par l'adjonction successive de l'emplacement de plusieurs maisons faisant front jadis sur les deux premières rues. Le terrain annexé du côté du midi, «tenant « depuis la rue Garancière jusques au coin de la porte dudit cimetière, sortant en «la rue du Pied de Biche» (Servandoni), fut béni, le 15 juin 1684, par le curé Simon de Montereul, qui en excepta néanmoins une zone de onze toises de lonsueur, au long de la rue projetée (rue Palatine?), laquelle zone fut destinée pour «les enfants mors nez et les noyez non recongnus.» Le nouveau cimetière Saint- Sulpice a disparu sous les constructions de la grande église moderne. n'était point encore clos en 162 h:; car, le 30 mai de cette année, l'abbé de Saint-Germain ordonna qu'on lenvironnät de murailles pour parer à divers inconvénients, et particulièrement pour empêcher qu'on y enterrât la nuit des protestants, des hommes tués en duel et des victimes de la contagion, pour l'inhumation desquels il fut prescrit de chercher un lieu éloigné des habitations.

Mason sans désignation, faisant le coin de la rue du Petit-Bourbon. Elle appartint, avant 1595, à J. J. de Magance, Italien, et fut achetée, le 11 février

1658, pour l'agrandissement du cimetière, auquel elle aboutissait d'abord.

HÔTEL DE GARANCGIÈRE. C’est sur l'emplacement des maisons du côté occidental

Ce savetier était le fils de Jean Marché et de Jeanne Montrouge, l'une des plus riches héritières du bourg Saint-Germain. Le métier qu'il exerçait, ou qu'il faisait exercer par ses valets et apprentis, était sans doute plus considéré et plus productif, au xvr' siècle, qu'il ne l'est aujourd'hui. Peut-être Jean Marché, qui était établi au bourg Saint-Germain,

en dehors de l'enceinte, réunissait-il en un même

alités relatives à l'industrie de

atelier les trois spé la chaussure : le mélier de Cordouannier, celui de Cavetonnier de petits soulers de bazenne, et celui de Cavetier proprement dit. (Voir, dans le Livre d'Ét. Boileau, dont le Service historique de la Ville de Paris prépare une nouvelle édition, les Litres LxxxiV, LXXXV el LXXXVI, 1° partie, où sont énumérés les

charges et avantages de ces trois méliers.)— L. M. T.

de la rue Garancière qu'était situé le grand hôtel de ce nom. Les plus anciens de ses propriétaires à nous connus furent messire Guillaume de Dormans l), puis Me de Dormans et le fizicien maître Guibert. » Il appartenait, en 1399, à Yon de Garancière, chambellan du roi, et, vers 1418, à Mw de Garancière, autrement appelée M de Bruynissant, vicomtesse de Lentrel, veuve du précédent. Le 6 juin 1457, après avoir été mis en criée. il fut baïllé à maître Yves de Seepeaux, président du Parlement. Il n'était point alors en masure, comme le dit Jaillot, mais il en contenait une, ainsi qu'un colombier. Vers 1h72, il était possédé par Jacques Montrouge, un des principaux habitants du bourg Saint-Ger-

main: aussi le trouvons-nous énoncé +le eloz Jacquet Montrouge» dans un acte

de 15: \ cette époque, il avait passé à la fille de Montrouge, Jeanne, épouse de Jean Marché. Leur fils parait être celui qui morcela l'hôtel et le vendit par lots séparés. La cession d’une parcelle, faite par lui à Jean Obelyn le 25 mai 1537, est au surplus la seule transaction de ce genre que nous puissions signaler; car nous n'avons vu aucune indication des autres dans les archives de l'abbaye. La transformation de la propriété, avancée déjà en 1536, était complète en 1543.

quil ne semble pas possible qu'il ait occupé tout l'ilot compris entre les rues

Ôtel de Garancière ne renfermait qu'un peu plus de trois arpents; de sorte

Garancière et Servandoni, dont faisait aussi partie, il est vrai, le pressoir bannier de l'abbaye. (Voir Rue de Vaugirard.) Cependant les limites que lui prêtent les litres sont celles de l'ilot même, et on l'énonce de la manière suivante dans une déclaration passée par Jeanne Montrouge, le 91 février 1599 : «tenant d'une «part tout du long de la ruelle Sainet Sulpice (rue Servandoni), d'aultre aux terres «de Messieurs, esquelles se tient le marché aux chevaulx (îlot entre les rues de

+ Garancière et de Tournon) durant la foire; aboutissant d’un bout au Cloz aux

+ Bourgois (le Luxembourg). le chemin (la rue) de Vaugirard entre deux, et

« d'aultre bout aux halles et à l’esglise et jardin [du resbytère] de Sainet Sulpice. » Le texte du bail de 1457 montre que l'entrée principale était vers l'occident®), sur la ruelle devenue la rue Servandoni, et effectivement indiquée, dans un docu-

ment de 14h, «la ruelle qui va au long de l'ostel de Garancières. »

Vraisemblablement le chancelier de France au grand cymetière, et par derrière à ung cloz de qui mourut en 1373. cvigne nommé le eloz Bruneau ; et lesdits jardins à «Tenant, d'une part. au mur du petit cyme- ung pelit eloz de vigne appartenant à Jehan Ma-

#lière de Sainet Soulpice: aboutissant par devant #checlou.»

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