OÙ GRI
La rue des Mauvais-Garçons, à laquelle on a donné depuis peu le nom de Grégoire-de-Tours, commence à la rue de Bussy et finit à celle des Boucheries (de l'École-de-Médecine). Au mois de février 1254, mpyennant un cens annuel de quarante sous, Thomas de Mauléon, abbé de Saint-Germain, céda à Raoul d'Aubusson, chanoine d'Évreux, une place de cent soixante pieds carrés, en s'engageant à faire auprès une rue neuve large de trois toises, dont Raoul d’Aubusson ne posséderait que l'usage. La rue ouverte en conséquence de cet accord est celle des Mauvais-Garçons. Elle à conservé jusqu'à nos jours ses anciennes dimensions et son alignement primitif; mais elle a été successivement désignée par cinq ou six vocables différents. On n'a guère signalé que trois de ces appellations. Nous avons recueilli, entre autres, les énonciations suivantes : « quedam via que in. via « Carnificerie Sancti Germant incipit, juxta puleum qui est in dicla via (1292); «rue «du Champ de la Boucherie» (1292, 1296); cruelle si comme on dessant là «de la Boucherie on (au) Champ des Bouchiers» (131%); «rue qui va au Pré saux Cleres etau Champ de la Boucherie » (1363); «ruelle qui descend par devers «Saine» (1376); «ruelle de la Boucherie» (1338); «ruelle de la Grant Bou- «cherie» (1409); «ruelle de la Boucherie... qui va au Pré aux Ceres» (1415); « pelite ruelle de la Boucherie» (1417); «ruelle allant de la Boucherye au Pré taux Cleres» (1471); « rue de l'Escorcherie, dicte la Follye Regnier» (1518); rue +de la Tuerie» (1527); «rue dicte à present la rue de la Follye de l'Escorcherie + Regnier» (1543); «rue de la Follye Regnier, autrement dicte des Mauvais Gar- «çons» (1595).
Cette dernière dénomination, que nous avons rencontrée dès 1559, et devant laquelle les autres s'effacèrent dans la seconde moitié du xw° siècle, provenait d'une enseigne représentant apparemment quelque groupe de ces coupe-jarrets, «mauvais garçons et ribbleurs, » que leurs méfaits rendirent célèbres vers l'époque de Louis XII. Un certain hôtel de la Folie-Regnier lui a fait donner le nom de rue de la Folie-Regmier, que Jaillot assure mal à propos avoir été le premier employé. Ceux de rue de l'Écorcherie et du Champ-des-Bouchers avaient pour raison d’être un abattoir dont il est encore question en 15h43; puis une place ou voirie. dans laquelle les bouchers prétendaient avoir le droit de déposer leurs immondices, et qu'ils furent contraints d'abandonner à l'abbaye, en 1362, à la suite d'un procès.
Le Champ des Bouchers, situé derrière des maisons ayant leur façade dans la
rue des Boucheries, occupait la plus grande parte de Pilot compris entre les rues des Mauvais-Garçons, de Bussy et de l'Ancienne-Comédie; car il est déerit , en 1369. comme + assis du cousté de la rivière de Seinne (par rapport à la rue - des Boucheries). en alant au Pré aux Clers; tenant d'une part aux fossez de la - forteresse de Paris, depuis environ la porte que l'on dit la porte des Cordeliers, -en descendant aval jusques à une autre porte close qu'on souloit appeller la porte de Sanel Germain des Prez, près T'hostel de mons. Simon de Bucy, et en + venant de là tout droit.jusques à une pelite rue qui descend de ladite boucherie + droit au chemin pour aler audit Pré aux Cleres. »
C'est du mème îlot que dépendaient l'écorcherie mentionnée plus haut et le errain de Raoul d'Aubusson, que les moines récupérèrent en 1292. faisait le coin de la rue des Boucheries. et a été morcelé de telle sorte qu'il n'en reste d'autre trace que le mur mitoyen de la maison de l'Éeu, placé à cent soixante eds environ de la rue des Mauvais-Garcons, et parallèle à sa direction M. En 125h, la place ou pièce de terre de Raoul d'Aubusson, plateam sive peciam terre,
ne contenait aucune construction. Les maisons qu'on y voit sont done d'origine
ostérieure; mais, en 12092, il y existait déjà une maison, au moins, à l'encoignure. Alors aussi elle était attenante à un manoir où habitait un évêque d'Orléans,
et qui semble avoir fait lencoignure de la rue de Bussy. L'emplacement de lilot
bordant vers l’ouest la rue des Mauvais-Garcons devait être déjà bâti en 1:
La rue des Mauvais-Garcons a donné lieu à de nombreuses contestations entre l'abbaye et l'Université. Nous lisons dans des + articles » rédigés en 1319, pour le compte des écoliers, que la vue était bien “en semblance de voye royal;» mais qu'elle n'était point + parementée à guise de voye royal,» et qu'elle constituail simplement une + voye privée ou vincinal.» En 1345, abbaye en racheta définitivement la possession de l'Université. aux pauvres écoliers de laquelle Raoul
d'Aubusson avait cédé tous ses droits quatre ans après son acquisition. COTE ORIENTAL.
JUSTICE
ET CENSIVE DE L'ABBAYE
Mason sans désignation en 1523, puis des + Trois-Mores » (1531-1959), con-
Les textes relatifs à la place de Raoul d’Au- le coin de la rue des Boucheries : Universitas dice busson ne sont pas très-faciles à interpréter graphi- bat quod se jus habebat in platea predicla ex parte quement. Toutefois le passage suivant de la charte qua continualur cum via predicta, per qua ttur ad
de 1°92 démontre bien qu elle faisait effectivement Fratres minores, in centum el sexaginta pedibus.
RUE DES MAUVAIS-GARÇONS, OU GRÉGOIRE-DE-TOURS. 177 liguë à des maisons s'étendant jusqu'au coin de la rue de Bussy. Elle semble avoir été une dépendance de l'hôtel de l'Échiquier, situé rue des Boucheries: elle y aboutissait et appartint au même propriétaire.
Perire MAISON sans désignation en 1523, puis DE La Conxe-n5-Dam (1628).
Prime Maison ayant pour enseigne Les Mauvais-Garçons (1518-1687), et contiguë à la maison du coin de la rue des Boucheries. Nous supposons que cette petite maison et les deux précédentes se confondent avec les propriétés qui sont mentionnées dans un titre de 1524 comme attenantes entre elles et consistant : 1° en un petit corps de dix-neuf pieds de longueur sur quatre toises de profondeur; 2° en une grange de pareille largeur et de six toises et demie de profondeur; 3°en un jardin également large de dix-neuf pieds et profond de huit toises. Ces propriétés touchaient, en effet, à celle de Beauvallet, laquelle s'étendait au eoin de la rue de Bussy.
CÔTÉ OCCIDENTAL
JUSTICE
ET CENSIVE DE L'ABBAYE
e Anpexrizz» où hangars contigus à la maison faisant le coin de la rue des Boucheries et en dépendant au xvr siècle, Détruits pendant les guerres de la Lioue, ils furent remplacés par trois pelites maisons qui étaient déjà construites en 1599, et qui ont été depuis rebâties de facon à n’en former que deux.
Perir arrenmis, aussi rebâti après la reddition de Paris: puis mason pu Dau- PHIN (1628). Le terrain de cette maison avait sans doute dépendu également de celle du coin.
Hôrez pe ra Fous-Renen (1399-1543). Il présentait deux pignons sur rue, et son nom donne à croire que c'était, dans l'origine, une maison de plaisance. Annexé, dans le xvr siècle, à la maison de lImage-Saint-Martin, située rue des Boucheries, il en dépendait encore en 1698. On a ensuite élevé sur son emplacement {rois maisons : celles de l'Amérique, de l'lmage-Saint-Martin et de la Reinede-France (1 687).
Maison avec JEU pe paume (1595), contiguë à celle du coin de la rue de Bussy, et provenant du morcellement, effectué postérieurement à 1547, d'une des propriétés attenantes. En 1628, le Jardin de cette grande maison, où se trouvait le jeu de paume, était séparé de la maison qui avait alors pour enseigne la Ville-de-
Prapue. Les limites de ces propriétés ressortent fort mal de la teneur des titres.
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