‹ TorquemadaChapitre 10 sur 176 · PREMIÈRE PARTIE — ACTE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — ACTE I

Pas vêtu comme toi, qui fléchit le genou Chaque fois qu'il rencontre une croix ?

LE PRIEUR

C'est un fou.

LE ROI

Comme il est pâle !

LE PRIEUR

Il veille et jeûne. Il s'exténue.

Il parle haut. Il marche au soleil tête nue. Il divague, il déhre. Il rêve d'aller voir Les papes, pour leur dire à genoux leur devoir. Nous devons quand il passe observer le silence. Il n'est point de notre ordre. Il est en surveillance Dans ce cloître. On enferme ainsi dans nos couvents Tous les prêtres qui sont inquiets, les savants. Les songeurs qui pourraient prêcher dans la campagne Autrement que ne veut notre égHse d'Espagne.

Quelle folie a-t-il ?

LE PRIEUR

Des visions de feu.

L'enfer. Satan. Il n'est ici que depuis peu.

LE ROI

Il est vieux.

LE PRIEUR

Il n'a pas, je crois, longtemps à vivre.

Le moine passe et disparcût sans avoir vu personne. GUCHO, à part, regardant ses marottes.

J'ai deux marottes. L'une est en or, l'autre en cuivre. L'une s'appeUe Mal, l'autre s'appelle Bien. Et je les aime autant l'une que l'autre. Rien Est mon but.

Il considère le gazon des fosses.

Là des fleurs, là des feuilles séchées.

LE ROI, au prieur.

Les mœurs dans vos couvents se sont fort relâchées, Moine.

LE PRIEUR

Seigneur...

LE ROI

On voit des femmes très souvent Dans ce cloître.

LE PRIEUR

Ce cloître est voisin d'un couvent D'ursulines, qui sont nos ouailles ; nous sommes...

LE ROI

Boucs gardant des brebis.

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