ACTE PREMIER — SCÈNE I i8i
GUILLOT-GORJU, continuant son ofl&ce de valet de chambre.
Je ne le connais pas.
Il montre une masure à droite.
Devant cette chaumière, Je l'ai vue une fois, la nuit et sans lumière.
L'HOMME
Le projet est hardi !
GUILLOT-GORJU
La danîe est de haut lieu !
L'HOMME
Quel intérêt la pousse ?
GUILLOT-GORJU
A cet âge ? Eh ! mon Dieu, On cherche à dépenser, partout où Dieu nous mène, La générosité dont on a l'âme pleine.
On veut se dévouer de toutes les façons. Et l'on prend un prétexte à défaut de raisons. Le premier vent qui passe emporte notre voile. N'allez pas l'effrayer et lui lever son voile.
L'HOMME
Et sait-elle le nom du prisonnier ?
l8o * LES JUMEAUX
Il examine avec satisfaction l'homme qu'il est en train de déguiser.
Et VOUS me ressemblez ainsi !... c'est .étonnant.
L'HOMME
Tu trouves ?... — Quand viendra la dame ?
GUILLOT-GORJU
Vers la brune.
L'HOMME
Jeune ?
GUILLOT-GORJU
Oh oui ! Vous croirez être en bonne fortune.
Mystérieusement .
Quand tout sera désert, vers huit heures du soir,
Il montre le fond de la place.
Vous entendrez frapper trois coups dans ce coin noir.
Il frappe trois coups dans sa main.
— Ainsi. — Dites alors tout haut : — Dieu seul est maître. CoMPiÈGNE ET PiERREFONDS. — Vous la vcrrez paraître.
Garde-moi le secret surtout !
GUILLOT-GORJU, protestant par un geste.
Ah ! compagnon.
Comptez sur moi !
L'HOMME
Comment 1 tu ne sais pas son nom ?