‹ TorquemadaChapitre 126 sur 176 · LE VICOMTE D'EMBRUN · texte numérisé non relu

LE VICOMTE D'EMBRUN

L'on a tant ployé les gentilshommes Qu'aujourd'hui Mazarin les frappe impunément. Chaulne a perdu sa charge.

LE COMTE DE BUSSY

Et moi, mon régiment.

LE COMTE DE BRÊZÉ

Mais un outrage, Embrun, la plus sanglante injure. Un : tu mens ! un soufflet, ce n'est rien, je vous jure, Quand on peut, comme il sied entre ennemis bien nés. Prendre au collet son homme et lui dire : Venez ! Certes, qu'Uzès offense Elbeuf, que Gontaut raille La Trémouille, qu'Albret fasse injure à Fontr aille. Après qu'il a parlé nul d'eux n'est interdit, Ce sont de braves gens, ce qu'ils ont dit est dit. Le lendemain, bravant lois et règle établie. Et maître Jean, bourreau de la connétablie, L'œil furieux, le front de colère empourpré, Épée et tête haute, ils s'en vont sur le pré ; Coup pour coup, sang pour sang, c'est bien; - tu les dénigres Je les défends ; — ce sont des lions et des tigres. Terribles, mais grands, beaux dans le cirque fumant Qui, vaillamment mordus, mordent superbement ! Mais un cuistre ! un gredin ! un odieux bélître Qui ramasse un caillou pour me casser ma vitre ! Un moine italien, mauvais drôle enfroqué. Brave à qui feraient peur les laveuses du quai. Qui, pour sublime effort de son courage insigne. Prend la griffe d'un autre et puis m'en égratigne ! Un porteur de surplis ! un gueux, par Jupiter ! Bavant sur moi dans l'ombre en disant son pater.

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