‹ TorquemadaChapitre 14 sur 176 · PREMIÈRE PARTIE — ACTE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — ACTE I

Cet ancêtre est un saint qu'ici nous invoquons, Dont le fils, Loup Centulle, était duc des gascons ; Puis Luc, roi de Bigorre, et Jean, roi de Barège, Puis le vicomte Pierre, et Gaston cinq...

Abrège.

LE PRIEUR

Le cardinal-vicomte, aujourd'hui régnant, veut Que dans ce coin secret du cloître, autant qu'on peut On les tienne cachés.

LE MARQUIS, à part.

Sanche !

LE ROI, montrant au marquis le jeune homme qu'il a aperçu, mais qu'on ne voit pas.

Il est beau ! regarde.

Le marquis regarde, avec une sorte de contemplation et d'effarement, du côté que lui désigne le roi.

LE PRIEUR, regardant aussi du même côté.

Il a droit de mener à sa suite une garde

De cinquante hidalgos que commande un abbé.

Quand il vient à l'église il prend place au jubé,

Et Penacerrada, sire, est sa capitale.

Mais, comme il semble né sous quelque ombre fatale.

Personne, excepté moi, prieur de ce moutier^

38 TOROUEMADA

Ne sait qu'il est infant et qu'il est héritier. Il l'ignore lui-même, et, pour la même cause, Elle non plus, la nièce infante dofia Rose, Ne se sait pas princesse. On craint quelqu'un.

Pardieu !

Moi ! le roi ! Je pourrais me fâcher de ce jeu.

Au prieur, et l'œil toujours fixé sur le dehors.

Ils portent comme vous une robe de serge ?

LE PRIEUR

On les a consacrés tous les deux à la vierge. Sans quoi nous ne pourrions les garder au couvent. Même ils ont fait leurs vœux de novices, devant Le chapitre.

LE ROI

Il est moine à peu près, eUe est nonne Presque.

LE PRIEUR

Oui, mais ils auront les dispenses qu'on donne Aux princes, et pourront s'épouser.

LE ROI, au marquis.

Moi le loup, J'entre en la bergerie, et je puis briser tout.

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