PREMIÈRE PARTIE — ACTE I
Pensif, à part.
Eh bien, non. Cardinal d'Orthez, va, tu m'arranges,
Vieux démon qui fais croître ensemble ces deux anges !
Enfants, adorez-vous avec un tendre émoi.
Ce complot contre moi, je le tourne pour moi.
Que Rose épouse Sanche ! oui, cela fait mon compte.
En mariant ta nièce à mon cousin, vicomte.
Tu veux par Salinas me dérober Burgos.
C'est bon, je laisse faire. Et nos droits sont égaux.
Et moi, qui comme toi de mon bien suis avare,
Je compte par Orthez te prendre la Navarre.
Moi, je te tiens par elle et tu me tiens par lui.
Donc, que ce mariage ait lieu. Soit. Aujourd'hui
On s'épouse ; demain on s'attaque.
Regardant au dehors.
L'infante Est belle.
Pensif.
La façon de régner triomphante.
C'est d'employer pour soi, d'un air presque endormi, Le mécanisme obscur qu'a fait votre ennemi. L'intrigue retournée entre à votre service ; Il voulait vous tuer, son bras dévie et glisse ; Le coup de poignard bête à l'endroit qui vous plaît Frappe, et votre assassin devient votre valet.
Se tournant vers le dehors.
Que disent-ils ? Tâchons d'entendre.
Il se dirige vers le fond du théâtre et disparaît dans les arbres.
GUCHO, à part, regardant le roi s'en aller.
Espion !
Dès que le roi est sorti, le marquis fait impérieusement signe au prieur de venir à lui.