LA VOIX
Dans l'ombre où Dieu te plonge Tout le ciel chante en chœur !
Qu'aucun deuil ne te ronge !
Ton âme ébauche un songe Qu'achèvera ton cœur !
L'ombre a de douces choses Pour la pauvre âme en feu.
Des étoiles, des roses, A la même heure écloses.
Pleines du même Dieu I
La nuit, sur le lac sombre, Sur le coteau dormant.
Entends ces bruits sans nombre !
C'est la chanson de l'ombre Qui monte au firmament.
Ne te plains pas encore De ne point voir le jour.
L'aube est tout près d'éclore.
La nuit contient l'aurore, L'ombre cache l'amour I
LE MASQUE, à genoux, tourné vers la cheminée d'où le chant a paru venir.
Viens I
La plaque de la cheminée tourne lentement sur elle-même comme une porte. Un rayon de lumière se fait joiu- par
cette ouverture, sur laquelle le Masque fasciné fixe son regard, en disant à voix basse :
Oh ! viens, maintenant !
Une femme vêtue de blanc paraît à l'ouverture. C'est Alix. Derrière elle, un geôlier qui tient à la main une lanterne dont la clarté se répand dans le cachot. Le Masque, toujours à genoux, contemple cette femme entourée de lumière comme une vision.