‹ TorquemadaChapitre 154 sur 176 · ACTE II — SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II — SCÈNE IV

LE SOLDAT, aux guichetiers, à haute voix.

De par le roi, qu'on fasse à l'instant, pour raison, Rentrer dans le château toute la garnison. Qu'on ferme le donjon. Que nul ne se hasarde A laisser au dehors un seul homme de garde. Qu'on abaisse la herse et qu'on lève le pont. Rapportez-nous les clefs. Votre tête en répond.

M. DE LA FERTÉ, aux guichetiers.

Vous entendez ? Allez.

Sortie des guichetiers.

LE SOLDAT, à M. de la Ferté.

La garnison, armée Et nombreuse, doit être avec soin enfermée. On pourrait cette nuit tenter un coup de main, Et de force enlever le prisonnier. Demain Nous aurons du renfort.

M. DE LA FERTÉ

Tu crois ?

LE SOLDAT

Son éminence Nous donne trente archers de sa propre ordonnance. Vous les verrez céans paraître au point du jour. En attendant, il faut que nous gai-dions la tour

A nous deux. Il nous reste à craindre plus d'un piège, Et nous aurons peut-être à soutenir un siège.

M. DE LA FERTÊ.

Bien. Barricadons-nous ici, mon compagnon.

LE SOLDAT, montrant la porte de fer.

Cette porte est solide ?

M. DE LA FERTÉ

Il faudrait du canon Pour l'enfoncer.

ALIX, à part.

Hélas ! plus d'espoir !

Rentrent les guichetiers avec des lanternes. La nuit est venue pendant cette scène.

UN GL^CHETIER, présentant au gouvemeiu: un trousseau de clefs.

Chaque porte Est bien close. En voici les clefs.

M. DE LA FERTÉ, prenant le trousseau qu'il suspend à sa ceinture.

Que nul ne sorte.

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