ACTE TROISIÈME
Un salon magnifique et délabré ; riches tentures tombant en lambeaux. Architecture et meubles du temps de Henri IV. Vieux fauteuils dédorés à grands dossiers. De larges toiles d'araignées aux poutres peintes et sculptées du plafond. Deux grands portraits poudreux, l'un de Louis XIII, l'autre du cardinal de Richelieu, tous les deux en pied, se regardant. La tenture est bleue, semée d'H et de fleurs de lys d'or entremêlées des blasons de Créqui. Au fond, une grande porte surmontée du créquier sous couronne ducale. A droite, dans un pan coupé, une autre porte à deux battants. Au fond, une crédence à chicorées d'or marque l'angle du pan coupé opposé. A gauche, une fenêtre près de laquelle est un vieux paravent ; à droite une table et un fauteuil. Aspect humide et sombre d'un appartement inhabité depuis longues années.
Au lever du rideau, la reine mère, le roi I^uis XIV et le cardinal Mazarin sont en scène. La reine vêtue de noir avec des bandes de jais ; le cardinal sans camail, avec soutane, calotte et bas rouges, et le cordon bleu au cou. Le roi, tout jeune, vêtu de noir sous un magnifique habit de brocart d'or ; cordon bleu, chapeau à plumes blanches, épée à poignée de diamants, rabat et manchettes de dentelle.
Le roi est un bel adolescent, à petites moustaches. Le cardinal, pâle, toussant, brisé par la maladie, a l'air d'un vieillard, quoique en réalité il n'ait pas encore soixante ans.
Deux flambeaux à branches sont sur la table.