ACTE III — SCÈNE I
Et d'abord le traité de Londre et de Paris, Quoique secret, transpire et choque les esprits ; L'empereur s'en étonne, et le roi catholique Le trouve fort mauvais. Vous voyez, je m'expUque. A Gêne on vous escroque, et les gens de Tunis Font main basse en Provence et ne sont pas punis. Qu'on aime un roi chez lui, qu'au dehors on le craigne.
— Ne vous tourmentez pas de rentrer à Compiègne S'il se fait tard.
Elle montre la porte à droite.
Il est une chambre à côté Que j'ai dit qu'on tînt prête à votre majesté, — Je reprends. L'argent manque. On se ruine en fêtes. Monsieur de Richelieu faisait couper des têtes. Mais en grand politique, au jour, le front levé.
Elle montre le cardinal Mazarin.
Monsieur tue et se cache ; — et je sais maint pavé
Qu'on teint de sang dans l'ombre et que dans l'ombre on lave.
Le saint-père est fort vieux ; pour le cas d'un conclave,
Nulle brigue n'est prête avec les cardinaux.
Tout est pour les anglais ou pour les huguenots.
C'est honteux !... — Mais je veux m'exphquer sans colère.
Pour faire colonel un gibier de galère.
Montrant Mazarin.
— Un parent de monsieur, — un drôle, un aigrefin, On a mécontenté le régiment dauphin.
Voilà trois jours qu'ils vont, tant leurs âmçs sont lasses.
28o ' LES JUMEAUX
Aux barrières du Louvre avec les piques basses. Cela met tout Paris en émoi. C'est fort bien, Vous êtes à Compiègne et vous n'en savez rien. Moi je dis tout. Un feu couve dans les provinces ; On n'a rien accordé de raisonnable aux princes. Leur paix n'est que plâtrée, et je crains les éclats. Les ducs sont indignés, les parlements sont las. Jusque sur moi, monsieur, un bras de fer se dresse Entre mes quatre murs je ne suis plus maîtresse. On chasse mon valet de chambre, Boisthibaut. Le pain est renchéri. Tout va mal, en un mot. On ne veut rien de grand, on ne fait rien de sage ; A tous vos ennemis on montre bon visage ; Et voilà comme on perd l'état. C'est évident. Demandez à monsieur le premier président !
LE CARDINAL, bas au roi, avec un imperceptible haussement d'épaules.
Le sieur Mathieu Mole !
LA REINE
Je vous parais outrée ; Mais consultez monsieur le maréchal d'Estrée ; Madame de Targis, une femme d'honneur.
Et dont faisait grand cas le feu roi mon seigneur ; Thou, l'homme le plus pur de ces temps dif&ciles ! Souvré ! le conseiller Ledeau !...
LE CARDINAL, bas au roi.
Des imbéciles î